Poème sur le désastre de Lisbonne

Poème sur le désastre de Lisbonne
Poème sur le désastre de Lisbonne
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Poème sur le désastre de Lisbonne, Poem on the Lisbon Disaster
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Examen de cet axiome : Tout est bien
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Le Poème sur le désastre de Lisbonne est une œuvre écrite par Voltaire en 1756.

Inspiré par le tremblement de terre de Lisbonne, qui eut lieu le , le philosophe y exprime de manière pathétique son émotion devant le désastre et ses doutes quant à l'organisation rationnelle et optimale du monde défendue par les philosophes optimistes (Leibniz, Wolff).

Poème

Ô malheureux mortels ! ô terre déplorable !

Ô de tous les mortels assemblage effroyable !

D'inutiles douleurs éternel entretien !

Philosophes trompés qui criez: « Tout est bien »,

Accourez, contemplez ces ruines affreuses,

Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,

Ces femmes, ces enfants l'un sur l'autre entassés,

Sous ces marbres rompus ces membres dispersés ;

Cent mille infortunés que la terre dévore,

Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,

Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours

Dans l'horreur des tourments leurs lamentables jours !

Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,

Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,

Direz-vous : « C'est l'effet des éternelles lois

Qui d'un Dieu libre et bon nécessitent le choix » ?

Direz-vous, en voyant cet amas de victimes :

« Dieu s'est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes » ?

Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants

Sur le sein maternel écrasés et sanglants ?

Lisbonne, qui n'est plus, eut-elle plus de vices

Que Londres, que Paris, plongés dans les délices ?

Lisbonne est abîmée, et l'on danse à Paris.

Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,

De vos frères mourants contemplant les naufrages,

Vous recherchez en paix les causes des orages :

Mais du sort ennemi quand vous sentez les coups,

Devenus plus humains, vous pleurez comme nous.

Croyez-moi, quand la terre entrouvre ses abîmes

Ma plainte est innocente et mes cris légitimes.

[...]

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