Plantation

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Une plantation d'hévéa en Malaisie.

Une plantation est une exploitation agricole où l'on cultive des plantes à forte valeur économique destinées principalement à la vente sur les marchés internationaux. Ces cultures sont, par exemple, les agrumes, l'avocatier, le coton, la canne à sucre, le café, la banane, l'ananas, l'Aloe vera, le teck, le cacao, la coca, le chanvre, le pavot, l'hévéa, le sisal, l'indigotier (Indigofera tinctoria), le giroflier, le cocotier, le palmier à huile, le poivre, le thé, le tabac, les fleurs ou la vanille.

L'agriculture de plantation privilégie la monoculture de plantes tropicales pluriannuelles et fait appel à une main-d'œuvre à bas-salaire (à l'esclavage autrefois) mais ce n'est pas une règle.

On appelle planteur, l'exploitant d'une plantation. En France, les cultivateurs de betteraves, pommes de terre, riz, etc. sont souvent qualifiés de planteurs bien que ces exploitations soient rarement considérées comme des plantations car elles sont loin d'être conduites en monoculture.

Les premiers exemples de plantations ont été les latifundia de l'Antiquité, qui ont produit de grandes quantités de vin, olives et d'huile d'olive pour l'exportation. Les plantations ont vu leur nombre augmenter rapidement avec l'augmentation du commerce international et le développement d'une économie mondiale concomitant de l'expansion des empires coloniaux européens.

Les plantations coloniales d'Amérique et d'Afrique ont employé des populations africaines déportées et mises en esclavage, puis au XIXe siècle, des serviteurs engagés ont été employés dans toutes les régions tropicales, indépendantes ou non, comme main-d'œuvre bon marché. Dans les Antilles et en Guyane, on parle d'habitation. Les grandes plantations ont ainsi été et restent souvent associées à la production de masse, à de grandes disparités de richesse et de revenu, à la propriété étrangère, à l'influence politique et à l'acculturation.

Le terme « plantation » peut aussi être employé pour parler de la sylviculture.

Plantations agricoles

L'esclavage et les plantations

Récolte du coton par des Afro-Américains. Sud des États-Unis, 1913.
Séchage de clous de girofle à Pemba près de Zanzibar. Le clou de girofle cultivé dans des plantations esclavagistes contribua à la fortune du sultanat de Mascate et Oman et à la réputation de Zanzibar.
Edmond Albius, esclave dans une plantation à La Réunion, inventa en 1841, à l'âge de 12 ans, une méthode révolutionnaire de fécondation de la vanille. Il n'en tirera aucun profit. Statue à La Réunion.
Plantation de bananes à Sainte-Lucie en 2006.

L'esclavage ou l'exploitation à outrance des travailleurs ont longtemps été à la base de la rentabilité des plantations. Ainsi des plantations comme celles produisant du sucre et du rhum dans les Caraïbes et au Brésil, le tabac dans les Treize colonies et le coton dans le sud des États-Unis ont utilisé l'esclavage comme mode dominant de gestion des populations ouvrières. De nombreux Amérindiens ont été forcés de travailler dans les plantations et haciendas en Amérique centrale et du Sud selon le principe de l'encomienda mais aussi en Amérique du Nord (Westos de Virginie, Natchez de Louisiane)

De très nombreux africains ont été déportés comme esclaves pour travailler à grande échelle dans les plantations du Sud des États-Unis, en Amérique latine du Mexique au Pérou (mais principalement aux Caraïbes et au Brésil) et dans les régions d'Afrique occupées par les puissances colonisatrices principalement d'Europe mais aussi du Proche-Orient (Empire ottoman, Mascate et Oman).

Les esclaves occupaient parfois des emplois qualifiés dans les plantations et sont à l'origine d'avancées techniques. Ainsi Jo Anderson participa à la mise au point de la faucheuse de Cyrus Mac Cormick en Virginie et Edmond Albius améliora significativement la fécondation artificielle de la vanille à La Réunion, deux inventions majeures en agriculture.

Les « habitations agricoles » des colonies françaises

Dans les anciennes colonies françaises (Antilles, Guyane, Mascareignes), les plantations portent le nom d'« habitation ». Ces exploitations agricoles regroupent, autour de la maison du maître, les cases à esclaves, les bâtiments agricoles et les plantations.

Jusqu'à la seconde abolition de l'esclavage en 1848, le travail était effectué par des esclaves africains et quelques ouvriers blancs. Ensuite, pour pallier le manque de main-d’œuvre, les planteurs importèrent des travailleurs immigrés en provenance des comptoirs français aux Indes.

Vue d'artiste d'une habitation sucrière typique au XVIIIe siècle

Les « plantations » du Sud des États-Unis

Aux États-Unis, l'esclavage était pratiqué essentiellement dans les plantations de tabac puis de coton. Ainsi la Virginie est connue pour avoir, avant la révolution, une part importante de son élite issue des planteurs de tabac possesseurs d'esclaves.

En 1860, une famille sur quatre était propriétaire d'esclaves en Virginie. Les chiffres cités ici sont tirés du recensement de 1860.

  • Nombre d'esclaves dans le Sud profond : 2 312 352 (47 % de la population totale).
  • Nombre d'esclaves dans le Sud supérieur : 1 208 758 (29 % de la population totale).
  • Nombre d'esclaves dans les États frontaliers : 432 586 (13 % de la population totale).

Moins d'un tiers des familles du Sud possédait des esclaves à l'apogée de l'esclavage avant la guerre de Sécession. Dans le Mississippi et la Caroline du Sud, la proportion était proche de la moitié.

Dans une plantation typique de plus de 20 esclaves, la valeur en capital des esclaves était supérieure à la valeur en capital des terres et des outils.

Plantations de canne à sucre

La culture de la canne à sucre était très développée dans les Caraïbes aux XVIIIe siècle, XIXe siècle et XXe siècle et la consommation de sucre en Europe a sensiblement augmenté pendant cette période. Les plantations de canne à sucre se concentrent alors dans des pays comme Haïti, la Barbade et Cuba, en raison de la fertilité du sol et des faibles coûts de la main d'œuvre, seulement possible grâce à l'arrivée d'esclaves africains. Ces plantations produisaient 80 à 90 % du sucre consommé en Europe occidentale, sans compter les produits connexes comme le rhum et la mélasse qui ont eux aussi une forte valeur commerciale.

La récolte mécanisée de la canne à sucre près de Khon Kaen en Thaïlande.

Au XVIIe siècle, la canne à sucre a été introduite dans les Antilles britanniques notamment la Barbade par des colons venus du Brésil. La production est rapidement passée de la culture du coton et du tabac à celle de la canne à sucre, à cause de la baisse des prix du coton et du tabac qui subissaient la concurrence des colonies nord-américaines. Pendant environ un siècle, la Barbade est ainsi restée la plus riche de toutes les colonies européennes dans la région des Caraïbes. La prospérité de la colonie de la Barbade au niveau régional est resté inégalée jusque dans les années 1740, où la production de canne à sucre a augmenté dans des pays plus grands comme Hispaniola et la Jamaïque. Durant le XIXe siècle, la canne à sucre était très présente en Martinique, à Grenade, à Sainte-Croix, en Jamaïque, à la Barbade, dans les îles Sous-le-Vent, à Saint-Domingue, à Cuba et en Guyana.

Avec l'abolition de l'esclavage au XIXe siècle, les productions de canne à sucre ont continué de croître, mais les betteraves à sucre cultivées dans les climats tempérés, ont augmenté leur part de marché.

Plantation d'indigo

L'indigotier était une culture importante pendant la période coloniale tant aux États-Unis, qu'en Haïti, au Guatemala, et en Inde. L'indigo était cultivé pour la fabrication de teinture indigo à l'époque pré-industrielle. Au début du XXe siècle, l'indigo est synthétisé par BASF ce qui sonne le déclin des cultures d'indigotier.

Plantations d'oléagineux

Destruction irréversible de l'habitat forestier due aux plantations de palmier à huile à Borneo.

Les principales productions d'huiles végétales sont dans l'ordre d'importance en 2012 : les huiles de palme, de soja, de colza, de tournesol, de palmiste, de coton, d'arachide, de coprah, d'olive[1].

Les cultures de tournesol et de colza ne sont pas considérées comme des plantations. Ce peut être le cas pour les cultures d'arachides et de soja menées souvent à la manière des plantations. L'huile de palme et l'huile de palmiste sont produites sur la même plante, Elaeis guineensis, le palmier à huile. L'huile de coton est un coproduit de la culture du coton, principale plante textile.

Le développement récent des plantations de palmier à huile, devenue la première huile consommée dans le monde, a entraîné une controverse portant sur les déforestations que cette culture entraîne[2]. Une culture intensive de palmier à huile peut fournir jusqu'à 8 tonnes d'huile/ha (en moyenne en Malaisie: 4,5 tonnes/ha[3]) contre 1,4 tonne/ha pour le colza ou le soja, ce qui explique certains termes de la controverse comme celui de la souveraineté alimentaire. Il y a cependant bien des façons de conduire des plantations tropicales mais le problème de la déforestation reste réel et se pose à peu près dans les mêmes termes que pour la culture du soja au Brésil[4] ou pour les forêts de plantation en zone équatoriale [2].

Voir chapîtres ci-dessous Perte de forêt naturelle et suivant.

Plantations fruitières

Selon l'Atlas of Food History, d'après la FAO[5] :

Plantation industrielle de fraisiers sous plastique. Ce système est aussi très utilisé pour le melon de plein champ.

Les principales plantations fruitières sont dans l'ordre d'importance en 2011 : le bananier, la pastèque, la pomme, l'orange et le raisin.

Historiquement, les plantations fruitières tropicales ont été dominées par de très grandes sociétés comme la United Fruit Company (aujourd'hui Chiquita Brands International) qui sont devenues plus puissantes que certains états sur le territoire desquels elles opéraient (République bananière). La Dole Food Company et ses planteurs réussiront ainsi à faire annexer le royaume d'Hawaï par les États-Unis en 1898[6]. Cette position dominante permettait bien des abus, en particulier la pratique de contrats léonins d'engagisme. Ces compagnies ont de fait popularisé la consommation de fruits comme la banane ou l'ananas sur toute la planète.

Plantations de plantes à parfum, médicinales, aromatiques et industrielles

Houblonnière à l'approche de la récolte.

En France, les cultures de plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM), concernent surtout les plantes à parfum et médicinales et sont en développement[7]. Elles concernent des cultures très variées dont beaucoup sont des ligneuses menées en plantations pluriannuelles : lavandes, sauge sclarée, fleur d'oranger ou annuelles : marjolaine. La principale production est le lavandin (hybride de lavandes) pour 16000 ha en Provence[8].

Dans le monde, les principales épices de plantation sont les poivres, la cannelle, la girofle, la badiane chinoise, la vanille et le gingembre.

Plantations forestières

Evolution des forêts plantées sur trente ans
Plantation de peuplier dédiée à la biomasse (Espagne)
Pépinière d'épicéa commun (Norvège)
Planteuse forestière (France)
Exemple de ripper pouvant être utilisé avant plantation forestière ou fruitière.

Définitions et statistiques

Dans le Monde

La FAO distingue depuis 2020 (FRA 2020 - Forest Resources Assessment - Évaluation des ressources forestières) au sein de la catégorie des « forêts plantées » (« planted forest »), deux sous-catégories : les « forêts de plantation » (« plantation forest ») gérées de manière intensive et les « autres forêts plantées » (« other planted forest ») qui ne sont pas gérées de manière intensive[9]. Les forêts plantées sont des forêts principalement composées d'arbres installés par plantation et/ou semis délibéré.

Les forêts de plantation sont des forêts plantées gérées de manière très intensive et répondant à tous les critères suivants : une (monoculture) ou deux essences de même classe d'âge (équienne) et espacées à intervalles réguliers. Les forêts de plantation sont établies pour la production exclusive de bois, de fibres, d'énergie (biomasse) et de produits forestiers non ligneux (résine, sirop d'érable, truffes, par exemple). Les forêts de plantation sont principalement composées d'espèces introduites[10].

Ces plantations occupent en 2020 une surface de 131 millions d’hectares soit 3,2 % de la superficie forestière mondiale[11]. En 2000, alors qu’elles occupaient 5% du couvert forestier mondial, la FAO estimait que les plantations ont alors fourni 35% du bois rond mondial[12].

Les autres forêts plantées sont des forêts plantées qui ne répondent pas aux critères d'une forêt de plantation et peuvent même ressembler à des forêts naturelles à la maturité du peuplement. les autres forêts plantées peuvent être établies à des fins telles que la restauration des écosystèmes et la protection du sol et de l'eau[10].

Les autres forêts plantées occupent en 2020 une surface de 163 millions d’hectares soit 4,0% de la superficie forestière mondiale[13].

Ainsi la « forêt plantée » mondiale occupe une surface estimée par la FAO en 2020 de 293 millions d'hectares (Mha). En trente ans, de 1990 à 2020, elle a augmentée en moyenne de 4,1 Mha/an, avec un bond entre 2000 et 2010 de 5,1 Mha/an, localisé en Asie et plus particulièrement en Chine (voir graphique ci-dessus)[13].

En France

En France, les forêts plantées couvrent en 2016 au minimum 2,1 millions d’hectares soit 13 % de la superficie des forêts de production. Elles comprennent les peupleraies correspondant à 8 % des forêts plantées. L'inventaire forestier français distingue deux types de forêt plantée : les « plantations régulières » et les « autres plantations », pour les autres situations ; considérant que le principe de multifonctionnalité de la forêt s'applique en France, la totalité des deux types est affectée à la seule sous-catégorie « autres forêts plantées » de la FAO, soit d'après cette statistique aucune « forêt de plantation » en France[14]. La quasi-totalité des pays du continent européen appliquent le principe de multifonctionnalité et adoptent la même affectation que la France. Une plantation ratée, c'est-à-dire dont la densité est inférieure à 500 plants forestiers à l'hectare, n’est pas considérée comme une plantation[15].

Sur les 2,1 millions d'hectares de forêts plantées en France, 84% sont mono spécifiques, 80% sont résineuses, les 5 essences majeures (> 100 000 ha) sont dans l'ordre décroissant, le pin maritime, le douglas, l'épicéa commun, les peupliers et le pin laricio[15].

Comparativement aux forêts semi-naturelles, les forêts plantées française ont une production nette deux fois supérieure, et le prélèvement est proche des 2/3 au lieu d'être de moitié (voir tableau suivant)

Comparaison (source : EFESE, 2016)[16]
Caractéristiques Forêt plantée Forêt semi-naturelle
Superficie (million ha) 2,1 10,3
Production nette (m3/ha/an) 10,6 5,3
récolte (m3/ha/an) 6,9 2,7
Taux de prélèvement 65% 51%

Les forêts de plantation sensu stricto

Des plantations forestières industrielles sont établies pour produire le plus de volume de bois, le plus rapidement possible. Les plantations sont installées par des organismes forestiers de l'État (par exemple, la Commission des forêts du Royaume-Uni en Grande-Bretagne, l’Office national des forêts en France) et les propriétaires fonciers privés. Ces derniers sont parfois des industries du papier et du bois (tels que Weyerhaeuser aux États-Unis, Asia Pulp & Paper en Indonésie ). Les sapins de Noël sont également des plantations dédiées. En Asie du Sud-Est, les plantations de teck ont récemment remplacé la forêt naturelle. Elles occupent généralement de vastes territoires décomposées en grandes parcelles unitaires. Les espèces forestières peuvent être exotiques ou indigènes. Les plantes utilisées pour la plantation sont souvent génétiquement améliorées, voire modifiées, pour les caractéristiques souhaitées. Celles-ci sont la croissance en volume, la qualité telle que la rectitude de la tige, et la résistance aux ravageurs et aux maladies en général. Les ressources génétiques forestières sont à la base de l'amélioration génétique. Celle-ci passe par la sélection d'individus performants, leurs croisements puis les arbres améliorés sont installés dans des vergers à graines, afin d’obtenir le matériel végétal adéquat. La production de bois sur une plantation d'arbres est généralement supérieure à celle des forêts naturelles.

Cycle de croissance

  • Au cours de la première année, le sol est généralement préparé par la combinaison de brûlage, de pulvérisation d'herbicides et de travail du sol. La préparation du sol peut être plus profonde qu'en agriculture générale. Lorsque la situation l'exige, pour sortir les restes de dessouchage ou si le sol est compacté, on procède à un passage profond de ripper . Ensuite les jeunes arbres sont plantés manuellement ou à la machine. Les jeunes plants proviennent généralement de pépinières industrielles, qui produisent des variétés à croissance rapide éventuellement résistantes aux maladies. Ces plants sont parfois mycorhizés. Cette pratique est vue comme prometteuse (Mycorhize#Prise en compte dans la gestion des forêts et des cultures).
  • Au cours des premières années jusqu'à la fermeture de la canopée, les jeunes arbres sont entretenus par débroussaillement mécanique parfois accompagné d’apport d’herbicides et d’engrais.
  • Après la fermeture de la canopée, les cimes des arbres se touchant, la plantation devient trop serrée et la croissance des arbres est ralentie en raison de la concurrence. Lorsque la concurrence devient trop intense le peuplement subit une éclaircie . Il existe plusieurs types d'éclaircie, la plus fréquente est l'éclaircie systématique généralement avec une abatteuse. De nombreux arbres sont supprimés, laissant des espaces vides réguliers à travers la parcelle afin que les arbres restants aient de la place pour se développer à nouveau. Les arbres supprimés sont ébranchés, acheminés vers une route forestière, chargés sur des camions et envoyés à une usine. Un arbre typique de plantation au stade de l’éclaircie mesure 7 à 30 cm de diamètre à hauteur de poitrine (dhp). Ces arbres ne conviennent parfois pas au bois d’œuvre, mais sont utilisés comme « bois d’industrie » pour fabriquer la pâte à papier, les panneaux de particules (« aggloméré »), et comme copeaux pour les panneaux de grandes particules orientées (OSB).
  •  Au fur et à mesure que les arbres grandissent et redeviennent trop serrés, le processus d'éclaircie se répète. Selon le taux de croissance et les espèces, les arbres à cet âge peuvent être assez gros pour la scierie ; sinon, ils sont à nouveau utilisés comme pâte, particules et copeaux.
  • Vers 10 à 60 ans, la plantation est maintenant « mature  » et atteint sur sa courbe de croissance un maximum de valeur économique. Elle est donc prête pour la récolte finale. Tous les arbres sont abattus, ébranchés et transportés à l’usine pour être transformés, généralement par sciage.
    Abatteuse Komatsu 941 au travail (éclaircissage).
    Après cette coupe rase, le sol est nettoyé et le cycle peut recommencer.

Comme dans les autres cas d'exploitation forestière et d'arbres fruitiers, les déchets ultimes peuvent servir comme bois énergie (plaquettes, granulés), ou être conditionnés en bois raméal fragmenté.

Certains espèces de plantation, tels que les pins et les eucalyptus, peuvent être à haut risque de dommages causés par le feu parce que leurs huiles et résines de leur feuillage sont inflammables.

Perte de forêt naturelle

De nombreux experts forestiers affirment que l'établissement de plantations réduira ou éliminera la nécessité d'exploiter la forêt naturelle pour la production de bois. En principe, cela est vrai parce qu'en raison de la productivité élevée des plantations, moins de terres sont nécessaires. Beaucoup citent l'exemple de la Nouvelle-Zélande, où 19% de la superficie forestière fournit 99% de l'approvisionnement en bois rond industriel. On a estimé que la demande mondiale de bois pourrait être satisfaite par seulement 5% de plantations intensives de la forêt mondiale[17].

Cependant, dans la pratique, les plantations remplacent la forêt naturelle, par exemple en Indonésie. Selon la FAO, environ 7% de la forêt naturelle tropicale fermée perdue sont des terres converties en plantations. Les 93% restants de la perte sont des terres converties à l'agriculture et à d'autres utilisations. Dans le monde, environ 15% des plantations des pays tropicaux sont établies dans des forêts naturelles à couvert fermé.

Dans le protocole de Kyoto, il y a des propositions encourageant l'utilisation des plantations pour réduire les niveaux de dioxyde de carbone (bien que cette idée soit remise en question par certains groupes au motif que le CO2 séquestré est finalement libéré après la récolte).

Critiques des plantations forestières

Contrairement à une forêt naturellement régénérée, les plantations sont généralement cultivées comme des monocultures équiennes, principalement pour la production de bois.

  • Les plantations sont généralement des monocultures totales ou quasi-totales. Autrement dit, la même espèce d'arbre est plantée dans une zone donnée, alors qu'une forêt naturelle contiendrait une gamme beaucoup plus diversifiée d'espèces d'arbres et d’arbustes.
  • Les plantations peuvent inclure des espèces d'arbres qui n'existeraient pas naturellement dans la zone. Ils peuvent inclure des types non conventionnels tels que les hybrides, et des arbres génétiquement modifiés qui pourront être utilisés dans le futur. Comme l'intérêt principal des plantations est de produire du bois ou de la pâte, les types d'arbres que l'on trouve dans les plantations sont ceux qui conviennent le mieux aux applications industrielles. Par exemple, les pins, les épicéas et les eucalyptus sont largement plantés bien au-delà de leur aire de répartition naturelle en raison de leur taux de croissance rapide, de leur tolérance aux terres agricoles, riches ou dégradées et de leur potentiel à produire de grands volumes de matières premières à usage industriel.
  • Les plantations sont toujours de jeunes forêts en termes écologiques. En règle générale, les arbres cultivés dans les plantations sont récoltés après 10 à 60 ans, rarement jusqu'à 120 ans. Cela signifie que les forêts produites par les plantations ne contiennent pas le type de croissance, de sol ou de faune typique des forêts primaires. Le plus remarquable est l'absence de bois mort en décomposition, une composante cruciale des écosystèmes forestiers naturels.

Dans les années 70, le Brésil a commencé à établir des plantations à rendement élevé, à gestion intensive et à courte rotation. Ces types de plantations sont parfois appelés plantations à bois rapide (fast-wood plantations) ou fermes à fibre et sont souvent gérés sur une base de rotation courte, d’à peu près de 5 à 15 ans. Ils sont de plus en plus répandus en Amérique du Sud, en Asie et dans d'autres régions. Les impacts environnementaux et sociaux de ce type de plantation les ont rendus controversés. En Indonésie , par exemple, de grandes entreprises multinationales de pâte à papier ont récolté de vastes zones de forêt naturelle sans se soucier de la régénération. De 1980 à 2000, environ 50% des 1,4 million d'hectares de plantations de bois à pâte en Indonésie ont été établis sur ce qui était autrefois des terres forestières naturelles.

Le remplacement de la forêt naturelle par des plantations d'arbres a également causé des problèmes sociaux. Dans certains pays, notamment et de nouveau en Indonésie, les conversions de forêts naturelles se font sans grand souci des droits des populations locales. Les plantations établies uniquement pour la production de fibres fournissent pour les populations locales une gamme de services beaucoup plus restreinte que la forêt naturelle d'origine. L'Inde a cherché à limiter ces dommages en limitant la superficie des terres appartenant à une seule entité et, par conséquent, les petites plantations appartiennent à des agriculteurs locaux qui vendent ensuite le bois à de plus grandes entreprises. Certaines grandes organisations environnementales critiquent ces plantations à haut rendement et mènent des campagnes anti-plantation, notamment le Rainforest Action Network  et Greenpeace.

A l'été 2020, le botaniste Francis Hallé dénonce la confusion entretenue par certains entre « plantation » et « forêt » en déclarant « Ne prenons plus les plantations d'arbres pour des forêts »[18]. Le chercheur Hervé Jactel lui rétorque que les plantations possèdent un niveau de biodiversité à peu près équivalent au forêts semi-naturelles[19].

Liste des noms français donnés aux plantations selon l'espèce cultivée

Voir : Noms des plantations

Notes et références

  1. « Oléagineux : production d’huiles », universalis.fr,‎ (lire en ligne)
  2. a et b Alain Rival, « Huile de palme : sortir de la controverse », sur Cirad, (consulté le )
  3. (en) « Malaysian Palm Oil Industry », sur MPOB (site gouvernemental) (consulté le )
  4. Clothilde Tronquet, « Comprendre les processus de déforestation au Brésil pour éviter le point de non-retour », sur I4CE, (consulté le )
  5. « Atlas of Fruits History », sur Fruits Atlas (consulté le )
  6. Russ, William Adam, 1903-, The Hawaiian Revolution (1893-94), Susquehanna University Press, (ISBN 0-945636-43-1, 978-0-945636-43-4 et 0-945636-53-9, OCLC 24846595, lire en ligne)
  7. « La filière PPAM », sur Itepmai (consulté le )
  8. « Les plantes médicinales et l'herboristerie : à la croisée de savoirs ancestraux et d'enjeux d'avenir », sur Sénat (consulté le )
  9. « Termes et définitions (p. 6/27) », sur fao.org, (consulté le )
  10. a et b (en) « Global Forest Resources Assessment 2020 (p. 27/184) », sur fao.org, (consulté le )
  11. « Évaluation des ressources forestières mondiales 2020 - Principaux résultats », (plantations - p. 5/14), sur fao.org, (consulté le )
  12. « Chapitre 3 - Plantations forestières - (p. 23-38) », sur fao.org, (consulté le )
  13. a et b (en) « Global Forest Resources Assessment 2020 (184 p.) », sur fao.org, (consulté le )
  14. « Evaluation des ressources forestière mondiales 2020, rapport France (p. 13/86) », sur fao.org, (consulté le )
  15. a et b « La forêt plantée en France : état des lieux (16 p.) », sur inventaire-forestier.ign.fr, (consulté le )
  16. « Rapport sur les écosystèmes forestiers », sur vie-publique.fr, (consulté le )
  17. (en) Roger A. Sedjo & Daniel Botkin, « Using forest plantations to spare natural forests », Environment : Science and Policy for Sustainable Development, vol. 39, no 10,‎ , p. 14-30 (lire en ligne)
  18. « Ne prenons plus les plantations d’arbres pour des forêts », sur lemonde.fr, (consulté le )
  19. Hervé Jactel, « Les forêts de plantations possèdent la plupart des attributs des forêts dites naturelles », sur lemonde.fr, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes