Patrocle de Bourges

Patrocle de Bourges
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Ermite, religieux
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Patrocle de Bourges, né à Bourges vers 496 et mort le , est un ermite et un saint de l'église catholique.

Biographie

Sa vie a été racontée par Grégoire de Tours[1].

Né vers 496, Patrocle est berger avant de mener des études brillantes et d'entrer dans les ordres ; il est envoyé à la cour du roi Childebert Ier, fils de Clovis, mais revient à Bourges après la mort de son père.

Plutôt que de rester dans l'entourage de l'archevêque, il décide de se rendre à Néris où il passe une quinzaine d'années à consolider le christianisme et élève une chapelle dédiée à saint Martin. Mais il se sent appelé vers une vie de méditation dans la solitude, quitte Néris et s'installe à quelques kilomètres, à La Celle, où il vit en ermite.

Sa réputation de sainteté se répand et attire des disciples ; il décide alors d'établir un monastère à Colombier. Il meurt en 576, octogénaire, et est enterré dans l'église de Colombier, où ses reliques sont conservées dans une châsse.

Culte

Le tombeau de saint Patrocle devint rapidement le centre d'un pèlerinage qui attirait de nombreux fidèles venus du Bourbonnais et du Berry, mais aussi de la Marche et du Limousin[2]. Divers miracles lui furent attribués[3], comme celui du jaillissement de la fontaine Saint-Patrocle, située non loin de l'église[4].

Richard II, archevêque de Bourges, fit exhumer son corps le et autorisa son culte.

Il y avait dans les derniers siècles deux pèlerinages annuels, le (avec veillée le 8) et le . Ces pèlerinages semblent être tombés en désuétude dans le courant du XXe siècle[2], mais plus récemment la tradition a été reprise sous la forme d'une procession le dernier dimanche de juillet[5].

Sa fête est fixée au , anniversaire de sa mort, dans le propre du diocèse de Moulins.

Les églises de Colombier et de La Celle lui sont dédiées, mais aussi celle de Vitrac (Puy-de-Dôme), dans la proche Combraille auvergnate. Une église qui précéda au Moyen Âge l'actuelle église Saint-Eutrope de Clermont-Ferrand était sous le vocable de saint Patrocle.

Saint Patrocle était considéré comme un protecteur du bétail. Sa statue dans l'église de Colombier le représente avec une vache à ses pieds.

Du XVIIe au XIXe siècles, le prénom de Patrocle était fréquemment donné aux garçons dans la Combraille bourbonnaise, autour de Colombier[6].

Chaque année, un pèlerinage a lieu. Une randonnée d'environ 6,5 km part de l'église de La Celle et aboutit à celle de Colombier, puis une messe est célébrée dans l'église de Colombier ; enfin, une procession mène les reliques de saint Patrocle jusqu'à la fontaine.

Notes et références

  1. Histoire des Francs, V, 10 et Vie des Pères, 9.
  2. a et b Jean Débordes, op. cit., p. 20.
  3. De nombreux miracles, ainsi que des exorcismes, lui sont attribués par Grégoire de Tours.
  4. Cette source, qui comporte plusieurs bassins successifs, a la réputation de guérir les maladies des yeux. Il est probable que sa vocation guérisseuse était déjà connue à l'époque gallo-romaine.
  5. Site des Amis de saint Patrocle.
  6. On manque de données pour les siècles antérieurs.

Bibliographie

  • Maurice de Laugardière, L'Église de Bourges avant Charlemagne, Tardy, 1951.
  • Jean Débordes, Les mystères de l'Allier : histoires insolites, étranges, criminelles et extraordinaires, Éditions de Borée, 2001. (ISBN 9782844940858)
  • Jacques Baudoin, Grand livre des saints : culte et iconographie en Occident, Éd. Créer, 2006, notice no 435, p. 385 : « Saint Patrocle de Néris » (en ligne).

Lien externe