Patrick Combes

Patrick Combes

PATRICK COMBES

Docteur ès lettres (sociologie de la littérature, EHESS, Paris ; DEA avec Roland Barthes). A enseigné les lettres. Membre vingt ans du comité de l’Union des écrivains (créée en mai 68, président J.-P. Faye), qui fut à l’origine de la Maison des écrivains à Paris et d’avancées juridiques pour les auteurs. En a amorcé le dépôt des archives à l’IMEC, avec l’éditrice Claire Paulhan, et travaillé sur l’histoire du groupe. Représentant de l’Union à l’Agessa, 2006-2009.

A fondé avec la comédienne et historienne Marie Balvet la compagnie théâtrale « La Thébaïde » (1984-1995) ; associé à la compagnie Obéron-La Part du rêve, avec Béatrice Seiden de Ruy (2012). Président de l’ association « Basilis » (2014). Vit et travaille à Paris et en Bretagne.

Publications: douze volumes, articles, ouvrages collectifs. D’abord chercheur attaché à la relation politique/idéologie/littérature (Mai 68, les écrivains, la littérature, 2008), a écrit sur le diarisme, la peinture, l’adoption, la disparition,  la lecture...

Dans l’itinéraire personnel, place privilégiée de Simone Weil, Proust, Pascal, Kafka, Sartre, Rousseau, Montaigne, Stendhal, le Tolstoï des derniers carnets, etc.

Le Journal, les Carnets (commencés à 18 ans, ininterrompus depuis lors), interrogent d’abord, comme les autres travaux, la question existentielle du rapport au monde, au temps, à l’autre, à la création – et la place de l’écriture même (imaginaire, vérité et fiction) dans celle-ci.

« C’est que l’écriture génère sans discontinuer ses propres questions. C’est toujours une histoire double : les mots peuvent-ils dire le réel ? La mémoire ? Leur propre histoire ? Parce qu’il est un texte, le Journal est d’abord, de fait, une fiction – celle des mots – et donc une aventure de l’imaginaire. Sans fin. Peut-être parce que l’entreprise diariste est à l’image même du Plongeur de la fresque grecque de Paestum : un saut (pas sans bonheur, même si sans destination assurée) dans l’inconnu, le vide du temps …  La question du temps occupe toujours le centre. « L’amour, dit Proust, c’est le temps et l’espace rendus sensibles. » L’écriture est elle aussi un amour. De quoi ? De ce qui est devant soi, qui nous dépasse, nous invite à vivre (nous recrée parfois) : parole tendue à l’autre dans le silence du travail, suspension entre mémoire et avenir, volupté du présent, humilité, quête et son trouble. Tous les signes. Une épiphanie de l’instant, chaque fois, chaque jour, chaque ligne. » (Falaises de Yui).

* Article publié sur Wikimonde Plus