Organisation spéciale (Algérie)

L'Organisation spéciale (OS), fondée officiellement le , était le bras armé clandestin du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), parti de Messali Hadj. L'OS fut démantelée par la police française à la fin de l'année mars 1950.

Contexte politique et fondation

Les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata du renforcent la position des partisans d'actions violentes pour l'indépendance de l'Algérie.

Après sa dissolution en 1939 par les autorités françaises, le Parti du peuple algérien (PPA) n'avait plus d'existence légale.

Le congrès du mouvement nationaliste convoqué du 15 au entérina la voie électoraliste.

Alors que le PPA désormais clandestin surveillait le MTLD[Note 1], en coexistant avec lui, une organisation militaire secrète était mise sur pied : l'Organisation spéciale[1], officiellement fondée le  ; cette date du 18 février fut en tous cas retenue en 1992 pour instaurer la « Journée nationale du Chahid »[2].

Organisation

La direction de l'Organisation spéciale était composée par :

Mohamed Belouizdad devait assurer la liaison avec le bureau politique du PPA-MTLD, dont il était membre.

Le premier état major de l'Organisation spéciale, après le congrès du 15 au 16 février 1947, était composée par :

  • Mohamed Belouizdad, chef d'État major
  • Mohamed Lamrani, Commisaire Politique du département d'Alger
  • Hocine Aït Ahmed, adjoint
  • Ahmed Ben Bella, responsable du département d'Oran
  • Abdelkader Belhadj Djilali, responsable du département d'Alger II (Chlef, Dahra)
  • Djilali Reguini, responsable du département d'Alger I (Alger, Metidja, Titteri)
  • Hocine Aït Ahmed, responsable du département de la Kabylie
  • Mohamed Boudiaf, responsable du département de Constantine[4]

Le deuxième état major de l'Organisation spéciale, fin 1947 jusqu’à l'été 1949, était composée par :

  • Hocine Aït Ahmed, chef d'État major
  • Abdelkader Belhadj Djilali, instruction militaire, inspection générale
  • Ahmed Ben Bella, responsable du département d'Oran
  • Mohamed Maroc, responsable du département d'Alger II (Chlef, Dahra)
  • Djilali Reguini, responsable du département d'Alger I (Alger, Metidja, Titteri, Kabylie)
  • Mohamed Boudiaf, responsable du département de Constantine[4]

Le troisième état major de l’Organisation Spéciale, été 1949 jusqu’à mai 1950, était composée par:

  • Ahmed Ben Bella, chef d'État major
  • Mohamed Yousfi, services généraux, artificiers, transmissions
  • Abdelkader Belhadj Djilali, instruction militaire, inspection générale
  • Abderahamane Bensaid, responsable du département d'Oran
  • Ahmed Mahsas, responsable du département d'Alger II (Chlef, Dahra)
  • Djilali Reguini, responsable du département d'Alger I (Alger, Mitidja, Titteri, Kabylie)
  • Mohamed Boudiaf, responsable du département de Constantine avec son adjoint Larbi Ben M'hidi[5].
  • Abane Ramdane [réf. nécessaire]

Démantèlement

En 1950 l'Organisation spéciale fut démantelée par la police française, détruisant ses structures, arrêtant des centaines des militants et contraignant ceux qui furent en fuite à l'inactivité[5].

La découverte de l'OS par les autorités françaises conduit à sa dissolution. Plusieurs membres dirigeants de l'OS sont jugés et condamnés par contumace pour leur responsabilité dans différents attentats. L'OS va choisir de se tenir à l’écart des dissensions qui opposent les deux clans antagonistes, centralistes et messalistes, au sein du MTLD.

Notes et références

Notes

  1. Le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) avait été créé pour les élections de novembre 1946

Références

  1. Guerfi et Chaïb 1992, p. 26.
  2. AS. Mohsen, « Journée nationale du Chahid du 18 février : Que retiennent les jeunes générations de cette date historique ? », sur reflexiondz.net le site du quotidien national algérien d'information « Réflexion », (consulté le 18 février 2018)
  3. Guerfi et Chaïb 1992, p. 27.
  4. a et b Guerfi et Chaïb 1992, p. 28.
  5. a et b Guerfi et Chaïb 1992, p. 29.

Voir aussi

Bibliographie

  • Azeddine Guerfi et Aïssa Khaled Chaïb, Boudiaf, l'homme des ruptures, Batna, éditions Chihab, , 442 p.
  • Ramdane Asselah, Mémoires d’un militant de l’OS, éditions Gaïa, , 260 p.