Olive Thomas

Olive Thomas
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Olive Thomas en 1918.
Nom de naissance Oliva R. Duffy
Naissance
Charleroi (Pennsylvanie)
États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Décès (à 25 ans)
Neuilly-sur-Seine (France)
Profession Actrice, Ziegfeld girl

Olive Thomas, née le à Charleroi (Pennsylvanie, États-Unis) et morte le à Neuilly-sur-Seine, est une actrice du cinéma muet américaine. Ziegfeld Girl et toute première garçonne, elle est surtout connue pour son mariage avec Jack Pickford et sa mort prématurée[1].

Biographie

Premiers pas

Olive Thomas est née Oliva R. Duffy[2] même si elle déclare parfois que son nom de naissance est Oliveretta Elaine Duffy[3]. La plupart de ses amis l'appellent « Ollie ».

Olive Thomas vient d'une famille ouvrière de la périphérie de Pittsburgh[4]. Après la mort prématurée de son père, elle est contrainte de quitter l'école pour aider sa mère et ses deux jeunes frères, James et Williams. En , à l'âge de 16 ans, elle épouse Bernard Krugh Thomas à McKees Rocks. Durant les deux ans de son mariage, elle aurait travaillé dans un grand magasin Kaufman de Pittsburgh. Après le divorce, elle s'installe avec un membre de la famille à New York où elle trouve du travail dans un grand magasin d'Harlem.

En 1914, après avoir postulé à une offre publicitaire d'un journal, elle remporte le concours de « La Plus Belle Fille de New York » organisé par le peintre Howard Chandler Christy. Elle pose ensuite pour le dessinateur Harrison Fisher et se retrouve bientôt en couverture du Saturday Evening Post[4].

En route pour la gloire

Peinture d'Alberto Vargas représentant Olive Thomas en 1920.

Fisher écrit pour Olive une lettre de recommandation adressée à Florenz Ziegfeld, pour lequel elle deviendra une Ziegfeld Girl au sein de la troupe des Ziegfeld Follies[Quand ?]. Plus tard, l'actrice démentit cette version des faits en racontant qu'elle s'est directement imposé en quête du job[4]. Elle danse ensuite dans le spectacle plus risqué des Midnight Frolic, qui a lieu aux petites heures de la nuit dans le jardin du toit du New Amsterdam Theatre. Les danseuses y portent des ballons pour tout vêtement, que les hommes du public peuvent faire éclater avec leurs cigares. La réputation qu'y acquiert alors Thomas sera sans doute la raison de son rejet par la famille Pickford. Mais la société de l'époque ne jette pas l'opprobre sur ce genre de spectacle. Parmi les danseuses lancées dans un tel contexte, on retrouve ainsi Céleste Mogador, qui devient la duchesse de Chibrillon, Liane de Pougy, qui devient la princesse Ghika, et Sarah Bernhardt, actrice de légende[2].

Carrière au cinéma

En raison de sa renommée nouvelle, elle signe avec la compagnie International Film pour jouer le premier rôle des films du danseur Harry Fox [4]. Elle tourne plus de vingt films à Hollywood pendant les quatre années suivantes. Elle fait ses débuts sous son nom de femme mariée, Olive Thomas, dans le film A Girl Like That , à l'époque où elle tourne son dernier court métrage de la série Beatrice Fairfax .

En octobre 1916, elle rejoint Triangle Pictures où elle travaille avec Thomas Ince[5].

Peu après paraît l'annonce de son mariage avec Jack Pickford, qu'elle avait en réalité épousé un an plus tôt. À ce sujet, elle dit « Je ne veux pas que les gens croient que je réussisse grâce au nom de Pickford[4]. »

En référence à la compagnie, Olive Thomas est surnommée « The Triangle Star »[4]. Son rôle de Betty dans Madcap Madge lui apporte son plus grand succès, en 1917, trois ans avant qu'on lui propose un nouveau rôle d'adolescente.

En décembre 1918, elle est convaincue par Myron Selznick de signer avec la Selznick Pictures Company. Elle espère obtenir des rôles plus sérieux, en ayant plus d'influence avec son mari employé dans la même compagnie. Elle devient aussitôt la première star Selznick à incarner un personnage de « baby vamp[4] ».

En 1920, Thomas rejoue une adolescente dans The Flapper, écrit par Frances Marion. À une époque où les acteurs sont définis par le type de rôle qu'ils interprètent, Olive a l'impression de n'avoir aucune étiquette. « Mais je veux créer un certain rôle, voyez, Mary est l'enfant dans les films ; Norma fait du drame, Constance est l'épouse désinvolte et frivole ; Dorothy le garçon manqué ; Nazimova est exotique et nimbée de mystère, mon Jack joue les garçons, alors que moi... moi... voyez, je ne suis juste rien du tout ! »[4]. La même année, en posant pour un portrait peint par l'artiste péruvien Alberto Vargas, Memories of Olive, elle devient la première « Vargas Girl »[6],[2].

Olive Thomas est la première actrice qualifiée par le terme flapper (garçonne) avant Clara Bow, Louise Brooks, et Joan Crawford[2]. Elle continue d'incarner la garçonne dans ses derniers films, dont A Youthful Folly et son tout dernier, Everybody's Sweetheart. La formule s'avère rentable, puisqu'elle est alors payée 3 000 $ par semaine[4].

Olive Thomas sur un poster de Midnight Frolic en 1916.

Vie privée

Nigel Barrie et Olive Thomas dans le serial de 1916 Beatrice Fairfax.

Olive rencontre l'acteur Jack Pickford[Quand ?], le frère de la plus puissante star du cinéma muet Mary Pickford, dans un café de plage de Santa Monica Pier. Il est connu pour son goût immodéré de la fête et des excès. La scénariste Frances Marion remarque ainsi : « […] Je l'ai souvent croisée à Pickfair, de par sa relation avec le frère de Mary, Jack. Deux gamins d'allure innocente, ils étaient les enfants gâtés les plus sauvages et gais à avoir atteint la gloire à Broadway. Ils étaient tous les deux talentueux, mais ils perdaient plus de temps à jouer à la grande roulette de la vie qu'à se concentrer sur leurs carrières[7]. »

Olive Thomas et Jack Pickford se marient secrètement le dans le New Jersey, en l'absence de leur famille ; seul l'acteur Thomas Meighan est leur témoin[4].

Dans un entretien de 1919 avec Louella Parsons, Olive exprime son désir d'enfantement : « Un de ces jours nous aurons une petite famille. J'adore les enfants[4]. Le couple n'eut pas d'enfants mais l'année suivante ils adoptèrent leur neveu de six ans à la mort de sa mère[4]. »

Mort précoce

Dans un entretien publié en , elle évoque ainsi la mort : « Je pense qu'on meurt quand le temps est venu, et pas avant. Je ressens la même intuition pour le reste. Je ne crois pas qu'on puisse changer quoi que ce soit à ce qui va vous arriver, ni à ce qui vous est déjà arrivé. C'est pourquoi je ne m'en fais pas, et c'est pourquoi je pense que les gens ne devraient pas se considérer inutiles ou meilleurs que d'autres[4]. »

Elle meurt accidentellement empoisonnée au mercure, au cours d'un voyage à Paris, le [8].

Filmographie

Toton (1919).
  • 1916
    • Beatrice Fairfax : Rita Malone
    • Beatrice Fairfax Épisode 10 : Playball : Rita Malone
  • 1917
    • A Girl Like That : Fannie Brooks
    • Madcap Madge : Betty
    • An Even Break : Claire Curtis
    • Broadway Arizona : Fritzi Carlyle
    • Indiscreet Corinne : Corinne Chilvers
    • Tom Sawyer de William Desmond Taylor : membre du chœur (non créditée)
  • 1919
    • Toton (Toton the Apache) de Frank Borzage : Toton/Yvonne
    • The Follies Girl : Doll
    • Upstairs and Down : Alice Chesterton
    • Love's Prisoner : Nancy, puis Lady Cleveland
    • Prudence on Broadway : Prudence
    • The Spite Bride : Tessa Doyle
    • The Glorious Lady : Ivis Benson
    • Le Phare dans la tempête (Out Yonder) de Ralph Ince : Flotsam
  • 1920
    • Footlights and Shadows : Gloria Dawn
    • Youthful Folly : Nancy Sherwin
    • The Flapper d'Alan Crosland : Ginger King
    • Darling Mine : Kitty McCarthy
    • Everybody's Sweetheart : Mary

Références

  1. (en) Denise Lowe, An Encyclopedic Dictionary of Women in Early American Films, 1895-1930 : 1895-1930, New York, Haworth Press, , poche (ISBN 978-0-7890-1843-4, LCCN 2003025274), p. 526.
  2. a b c et d Memories of Olive. The E Pluribus Unum Project: Assumption College. Worcester, MA.
  3. (en) Eve Golden, Golden Images: 41 Essays on Silent Film Stars, Jefferson, McFarland, , poche (ISBN 978-0-7864-0834-4, LCCN 00066236), p. 181.
  4. a b c d e f g h i j k l et m Long, Bruce. Editor. « The Life and Death of Olive Thomas ». Taylorology Newsletter. Issue 33, septembre 1995.
  5. (en) Eve Golden, Golden Images: 41 Essays on Silent Film Stars, Jefferson, McFarland, , poche (ISBN 978-0-7864-0834-4, LCCN 00066236), p. 182.
  6. Fleming 2008, p. 54.
  7. Olive Thomas death. Silentsaregolden.com.
  8. (en) Lussier, Tim, « The Mysterious Death of Olive Thomas ».

Bibliographie

  • (en) E.J. Fleming, Paul Bern : The Life and Famous Death of the MGM Director and Husband of Harlow, McFarland, (ISBN 978-0-7864-3963-8)

Liens externes