Mort d'Ali Khamenei
| Date | |
|---|---|
| Lieu | Téhéran |
| Casus belli | Conflit américano-israélo-iranien de 2026 |
| Issue |
|
| Iran |
| Donald Trump Benyamin Netanyahou |
Ali Khamenei † Massoud Pezechkian |
| Inconnues | Inconnues |
| Aucune | 5 morts (dont Khamenei) |
Guerre américano-iranienne de 2026
| Coordonnées | 35° 41′ 31″ nord, 51° 23′ 56″ est | |
|---|---|---|
La mort d'Ali Khamenei, Guide suprême de la Révolution islamique, est due à son assassinat ciblé le lors du conflit américano-israélo-iranien de 2026.
Son décès, célébré par les opposants au pouvoir en Iran et en Syrie, provoque également la colère de ses partisans en Iran et dans le monde musulman, en Inde, au Pakistan et au Liban, ce qui cause notamment les frappes entre le Hezbollah et Israël en 2026.
Contexte
Le , pendant la guerre des Douze Jours, Israël proposa un plan d'assassinat contre Khamenei, auquel le président américain Donald Trump opposa son veto[1].
Déroulement
Le , les États-Unis et Israël lancent une opération militaire conjointe contre l'Iran. De nombreuses frappes ciblent les grandes villes iraniennes, dont la capitale, Téhéran. La maison de la Direction, résidence officielle du guide de la révolution, est détruite.
Durant la journée, plusieurs médias israéliens affirment qu'Ali Khamenei est mort et que son corps a été retrouvé ; l'Iran ne confirme pas cette information[2]. Donald Trump annonce par la suite officiellement qu'il est mort[3], information confirmée par les médias d'État iraniens le à 5 h (heure locale)[4]. Ali Khamenei a été tué « aux premières heures du matin » à l’âge de 86 ans, après plus de 36 ans de règne à la tête de la République islamique. Aussitôt, 40 jours de deuil sont décrétés par les gardiens de la révolution islamique, qui promettent un « châtiment sévère aux meurtriers »[5].
Selon le New York Times, la localisation de Khamenei a été mise au jour grâce aux renseignements de la CIA, ce qui a avancé la date prévue des frappes, et celui-ci se trouvait dans un bâtiment voisin de celui où étaient Mohammad Pakpour, Ali Shamkhani, Abdolrahim Mousavi et Aziz Nasirzadeh[6].
Pertes
Outre Ali Khamenei, plusieurs membres de sa famille ont également été tués[7] :
- son épouse, Mansoureh Khojasteh Bagherzadeh , morte le des suites de ses blessures[8] ;
- sa plus jeune fille, Hoda Khamenei ;
- le mari de cette dernière, Mesbah-al-Hoda Bagheri Kani, fils de l'ancien ministre iranien des Affaires étrangères Ali Bagheri ;
- leur fille, Zahra Mohammadi Golpayegani, âgée de 14 mois[9] ;
- Zahra Haddad-Adel, épouse de Mojtaba Khamenei, deuxième fils d'Ali Khamenei, et fille de l'ancien président du Parlement iranien, Gholam Ali Haddad-Adel.
Réactions
La mort d'Ali Khamenei est saluée par les États-Unis, Israël, le Royaume-Uni, l'Australie, ainsi que le prétendant au trône de l'Iran Reza Pahlavi. Elle est dénoncée par les Gardiens de la révolution, ainsi que par les alliés de l'Iran, comme l'Irak, la Russie et le Hamas[10],[11],[12].
La mort de Khamenei a provoqué des rassemblements joyeux. Depuis leurs fenêtres, des Iraniens hostiles au régime ont crié leur joie. « Aujourd’hui, beaucoup de gens ressentent la même joie que moi »[13]. Des riverains ont applaudi et mis de la musique accompagnée de vives acclamations peu après 23 h, dans des rues de la capitale iranienne[14]. Dans la journée, des manifestants mobiles — de quartier en quartier pour échapper à la répression — ont dansé à Téhéran. Dans les zones rurales, les célébrations ont été moins discrètes du fait d'une présence moindre des forces de sécurité. Enfin, sa mort a également été célébrée en Syrie[15]. Notamment à Homs : « l’ayatollah était un allié du dictateur syrien déchu Bachar Al-Assad »[16]. Enfin, des Iraniens de la diaspora ont également exprimé leur joie, notamment en France[17].
La mort de Khamenei a également déclenché une vague de manifestations et d'émeutes, orchestrée par ses partisans, d'abord en Iran. À Bagdad, des manifestants ont affronté les forces de sécurité près de la Zone verte et ont tenté de prendre d'assaut l'ambassade américaine et de bloquer les routes y menant. Des manifestants brandissaient des drapeaux et scandaient des slogans en hommage à Khamenei[18]. Des manifestations ont également été signalées au Cachemire sous administration indienne, à Lucknow et dans d'autres régions du pays comptant d'importantes populations chiites. Sur la place principale de Srinagar, des personnes ont brandi des drapeaux noirs, rouges et jaunes et scandé des slogans anti-israéliens et anti-américains[19],[20]. À Karachi, au Pakistan, des émeutes ont éclaté près du consulat américain en réaction à l'assassinat, des manifestants ont incendié et sali les vitres du bâtiment et ont tenté de l'envahir[21],[22]. Les émeutes ont fini par faire neuf morts et plusieurs blessés, les manifestants ont également vandalisé plusieurs bâtiments, dont un bureau régional affilié aux Nations Unies à Skardu, Gilgit-Baltistan, en solidarité avec l'Iran[23].
Analyses
The Economist qualifie l'opération d'« énorme succès » pour les États-Unis et Israël, arguant que la capture de Saddam Hussein après l'invasion de l'Irak a pris neuf mois et que la Russie n'a pas réussi à tuer le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie[24]. Selon The New York Times, Israël a « franchi un nouveau Rubicon, en tuant le chef d'État d'un pays souverain, une chose qu'Israël avait hésité à faire au début du conflit en juin dernier »[25]. The Atlantic décrit l'événement comme le résultat d'une longue déliquescence interne, arguant que l'effondrement du régime était moins dû à la puissance de feu qu'à la corruption de l'intérieur. Selon Graeme Wood, « les défenses les mieux conçues ne servent à rien si ceux à qui l'on confie leur gestion sont prêts à vous trahir »[26].
Selon Karim Sadjadpour, Khamenei était le gardien inflexible d'une révolution qui avait survécu à la société. Il le décrit comme « le porte-parole d'un fantôme », gouvernant non par un « contrat social mais comme un bail prédateur », et son anti-américanisme était motivé par la survie du régime plutôt que par ses convictions. Finalement, il rappelle que Khamenei « a vécu pour « mort à l'Amérique » et « mort à Israël ». Il est mort de la mort de l'Amérique et d'Israël »[27].
Conséquences
Un triumvirat, le « Conseil de direction intérimaire », est instauré pour former un gouvernement de transition, composé de Massoud Pezechkian, président de la république islamique d'Iran, de Gholamhussein Mohseni Ejei, juge en chef, et d'Alireza Arafi, vice-président de l'Assemblée des experts[28].
Notes et références
- ↑ Steve Holland, Michelle Nichols et Diane Craft, « Trump vetoed Israeli plan to kill Iran's supreme leader, US officials say », sur Reuters,
- ↑ (en) « Live: Khamenei's body has been found and he is confirmed dead, Israeli official says », sur Reuters, (consulté le )
- ↑ « Frappes israélo-américaines en Iran : Donald Trump confirme que le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, «est mort» », Libération, (lire en ligne)
- ↑ Le Monde, « EN DIRECT, Iran : la mort du Guide suprême, Ali Khamenei, est confirmée par les médias d’État iraniens », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « EN DIRECT, Iran : la mort du Guide suprême, Ali Khamenei, est confirmée, les gardiens de la révolution promettent « un châtiment sévère » à ses « meurtriers » », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « The C.I.A. Helped Pinpoint a Gathering of Iranian Leaders. Then Israel Struck. ».
- ↑ « إيران.. مقتل صهر خامنئي وزوجة ابنه في القصف الإسرائيلي » [« Iran… le gendre de Khamenei et l'épouse de son fils tués dans un bombardement israélien »], sur Al-Ain News , (consulté le )
- ↑ (en) « Wife of Iran's killed supreme leader succumbs to injuries: State media », The Business Standard , (consulté le )
- ↑ (es) EFE, « La mujer de Jamenei y su nieta de 14 meses también murieron en los ataques de Israel y EEUU », 20 Minutos, (consulté le )
- ↑ « « Justice a été rendue »… Les réactions dans le monde à la mort de Khamenei », sur 20 Minutes, (consulté le ).
- ↑ « "Justice a été rendue", "profonde tristesse"... Les réactions internationales à la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei », sur BFM (consulté le ).
- ↑ « Mort d'Ali Khamenei : en larmes ou tout sourire, les deux réactions très contrastées en direct à la télévision », sur Franceinfo, (consulté le ).
- ↑ « Après la mort d’Ali Khamenei, le régime iranien s’organise pour survivre », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Cris de joie et acclamations à Téhéran après l’annonce de la mort de Khamenei », sur Challenges, (consulté le )
- ↑ (en) « Tehran after Khamenei's death: Rallies of mourning but also dancing in the streets », sur Los Angeles Times, (consulté le ).
- ↑ Service vidéo du Monde (avec AFP), « La mort du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, provoque des manifestations dans plusieurs pays voisins », (consulté le )
- ↑ « Plusieurs rassemblements d'Iraniens en France pour célébrer la mort du guide suprême Ali Khamenei », sur Franceinfo, (consulté le ).
- ↑ « Angry protesters, security forces face off as demonstration erupts near US embassy in Iraq », sur Al Jazeera,
- ↑ (en) « J&K protest, mourning march in UP, silence in Bengaluru village: Khamenei's death sparks reactions across India », sur Wion
- ↑ « Thousands protest in Indian-administered Kashmir against », sur Al Jazeera,
- ↑ « Protesters attempt to storm US consulate in Pakistan’s Karachi », sur Al Jazeera,
- ↑ « At least 9 killed in protests at US consulate in Pakistan’s Karachi », sur Al Jazeera,
- ↑ « Protesters damage buildings in Pakistan’s north », sur Al Jazeera,
- ↑ (en) « Ali Khamenei may be dead, but Donald Trump has unfinished business », The Economist, (lire en ligne)
- ↑ (en) David M. Halbfinger, « How the Assault on Iran Unfolded », The New York Times, (lire en ligne)
- ↑ (en) Graeme Wood, « Why Khamenei Is Dead » [archive du ], sur The Atlantic, (consulté le )
- ↑ (en) Karim Sadjadpour, « The Death of Khamenei and the End of an Era » [archive du ], sur The Atlantic, (consulté le )
- ↑ (en-US) Tucker Reals, « Iran names three men for interim Leadership Council to pick next supreme leader », sur CBS News
Articles connexes
- Assassinat de Qassem Soleimani
- Accident de l'hélicoptère d'Ebrahim Raïssi
- Mort de Yahya Sinwar
- Enlèvement de Nicolás Maduro par les États-Unis
- Événement récent
- Conflit américano-israélo-iranien de 2026
- Relations entre les États-Unis et l'Iran
- Assassinat en Iran
- Assassinat d'un chef d'État
- Assassinat ciblé (Israël)
- Assassinat ciblé (États-Unis)
- Février 2026
- 28 février
- Seconde présidence de Donald Trump
- 2026 en Iran
- Conflit israélo-iranien
