Maximilien Rubel

Maximilien Rubel
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(à 90 ans)
Paris
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Maximilien Rubel, né le à Czernowitz, en Bucovine autrichienne (aujourd'hui en Ukraine), et mort le à Paris, est un marxologue naturalisé français, également conseilliste[1]. Il était un spécialiste internationalement reconnu de Karl Marx.

Biographie

De Bucovine, Maximilien Rubel vient à Paris en 1931 pour poursuivre ses études universitaires de philosophie et de sociologie. Il consacre sa thèse de doctorat à Karl Marx.

Pendant la guerre, il est doublement clandestin, du fait de son origine juive et de son activité militante. À partir de 1942, il participe au Groupe révolutionnaire prolétarien, qui déploie notamment son activité de Résistance par des appels à l'insoumission distribués aux soldats allemands. Germanophone, Rubel traduit les tracts. Il quitte cependant le GRP en 1945.

En novembre 1945, il publie un article intitulé « Signification historique de la barbarie stalinienne », où il considère que l'URSS est un capitalisme d'État[2]. En 1951, il publie « Karl Marx, auteur maudit en URSS », dans lequel il dénonce la censure de textes de Marx par le régime stalinien[3]. En 1957, il écrit dans « La croissance du capital en URSS » que « l'appareil économique de la Russie présente le double caractère du capitalisme pur, et de l'esclavagisme sans masque » [4]. Pendant la même période il publie des textes rares de Marx et de nombreux articles sur Marx.

Il fonde en 1959 la revue Études de marxologie. Il participe au « Groupe communiste de conseils », qui édite à partir de 1962 les Cahiers de discussion pour le socialisme des conseils.

Rubel devient maître de recherche au CNRS, et siège au conseil scientifique de la Fondation internationale Marx-Engels. Il a dirigé l'édition des textes de Marx parue dans la Bibliothèque de la Pléiade, traduisant de nombreux textes inédits en français.

Rubel considérait que les « marxistes » traditionnels allaient à l'encontre de la pensée de Marx, pensée qu'il appelait « pensée marxienne ».

Maximilien Rubel développe lui-même une interprétation iconoclaste : parce qu'il s'oppose à l'État, au salariat — considéré comme une forme moderne de l'esclavage — que Bakounine défend par son collectivisme auquel s'opposera le communisme de Kropotkine, et sans pour autant céder à la passion destructrice de Bakounine, Marx se révèlerait être le plus profond « théoricien de l'an-archisme », « compris tout à la fois comme mouvement d’autolibération des esclaves modernes et comme projet de construction de la communauté humaine libérée du capital et de l’État »[6].

Il éprouvait une grande admiration pour la pensée politique et morale de Georges Sorel.

Principaux ouvrages

  • Pages de Karl Marx pour une éthique socialiste (1948 ; réédition Payot, 1970, en deux tomes ; réédition Payot & Rivages, 2008, sous les titres Révolution et socialisme et Sociologie critique)
  • Bibliographie des œuvres de Karl Marx (Rivière, 1956)
  • Karl Marx, essai de biographie intellectuelle (Rivière, 1957 ; réédition revue 1971 ; nouvelle édition Klincksieck, 2016)
  • Karl Marx devant le bonapartisme (1960 ; réédition 2000, Sulliver).
  • Marx critique du marxisme (recueil, 1974 Payot ; réédition en 2000).
  • Marx théoricien de l'anarchisme (1983 ; réédition 2011, Entremonde[7]).
  • Guerre et paix nucléaires (recueil, 1997, Paris-Méditerranée).
  • Marx et les nouveaux phagocytes (recueil, 2012, éditions du Sandre).
  • Direction et annotation de l'édition de Karl Marx dans la Bibliothèque de la Pléiade : quatre volumes parus sur les six prévus (l'édition a été interrompue à la suite du décès de Maximilien Rubel ; le cinquième volume devait être consacré à ses écrits politiques de la période de l'Association internationale des travailleurs ; le sixième volume devait être consacré à la correspondance de Marx).

Bibliographie

  • Miguel Abensour et Louis Janover, Maximilien Rubel, pour redécouvrir Marx, Sens&Tonka, 2008.
  • Aude Le Moullec-Rieu, Maximilien Rubel, éditeur de Marx dans la Bibliothèque de la Pléiade (1955-1968), thèse pour le diplôme d'archiviste paléographe, 2015, Position de thèse.

Notes et références

  1. Il est également parfois décrit comme libertaire (Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, « Le Maitron » : notice biographique).
  2. La Flamme, n° 5. Il confirmera cette analyse tout au long de sa vie.
  3. Preuves, n° 7 et 8.
  4. Économie appliquée, avril 1957.
  5. Marx théoricien de l'anarchisme, Entremonde, 2011, notice éditeur.
  6. Texte intégral.
  7. Système universitaire de documentation, notice

Voir aussi

Articles connexes

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