Marc Cécillon

Marc Cécillon

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Fiche d'identité
Naissance (63 ans)
à Bourgoin-Jallieu (France)
Taille 1,92 m (6 4)
Surnom Marco
Poste troisième ligne centre
troisième ligne aile
deuxième ligne
Carrière en junior
PériodeÉquipe 
Saint-Savin
Carrière en senior
PériodeÉquipeM (Pts)a
1970-1976
1976-1999
1999-2003
Saint-Savin
Bourgoin-Jallieu
Beaurepaire
Carrière en équipe nationale
PériodeÉquipeM (Pts)b
1988-1995 France47 (40)

a Compétitions nationales et continentales officielles uniquement.
b Matchs officiels uniquement.
Dernière mise à jour le 12 juillet 2011.

Marc Cécillon, né le à Bourgoin-Jallieu, est un joueur de rugby à XV international français évoluant au poste de troisième ligne centre, troisième ligne aile ou deuxième ligne. Il tue son épouse en 2004 et est incarcéré. Condamné à 14 ans de réclusion criminelle en , il sort de prison en , bénéficiant d'une libération conditionnelle.

Biographie

Débuts à Bourgoin

Il se forme au métier de pâtissier mais, doté d'un gros gabarit (1,92 m, 112 kg[1]), il fait ses classes au club de Saint-Savin, avant de rejoindre celui de Bourgoin-Jallieu.

Il intègre l'équipe première de Bourgoin en 1977 et reste 22 ans en équipe première. Le , il joue avec les Barbarians français contre le Penarth RFC à Penarth au Pays de Galles. Les Baa-Baas l'emportent 48 à 13[2].

Débuts en équipe de France

Troisième ligne centre (ou aile) ou deuxième ligne, il compte 46 sélections en équipe de France de 1988 à 1995, dont il a été cinq fois le capitaine[3]. Il a participé aux tournées en Argentine en 1988 et 1992, en Nouvelle-Zélande en 1989, aux États-Unis en 1991, et en Afrique du Sud en 1993.

Le , il est capitaine des Barbarians français contre le Cambridge RUFC à Cambridge en Angleterre. Les Baa-Baas s'imposent 76 à 41[4]. Le , il joue de nouveau avec les Barbarians français contre l'Afrique du Sud à Brive. Les Baa-Baas s'imposent 30 à 22[5].

Marc Cecillon emmène le CSBJ au sommet

En 1997, Bourgoin atteint la finale des trois compétitions qu'il dispute, finaliste du championnat de France en 1997, de la Coupe de France et vainqueur du Challenge européen 1996-1997.

Il dispute aussi 2 autres demi-finales avec Bourgoin en 1995 et 1999 (dernier match avec les ciels et grenats), 2 autres quarts de finales en 1994 et 1996 et est également finaliste du Challenge européen en 1999.

Le , il joue une nouvelle fois avec les Barbarians français contre l'Argentine dans sa ville natale Bourgoin-Jallieu. Les Baa-Baas s'imposent 38 à 30[6].

Convivial, fêté pour ses exploits, il est celui qui « fait plus que la troisième mi-temps », et seul son père réussit à le calmer lorsqu'il dérape dans les boîtes de nuit de la région. Son addiction à l'alcool n'était un secret pour personne à Bourgoin-Jallieu[7].

En 1998, Guy Leduc lui consacre un livre intitulé Marc Cécillon, l'homme tranquille du rugby français. Il fait partie, selon un article du quotidien britannique The Times publié en 2006, des dix joueurs français de rugby « les plus effrayants »[8],[Note 1].

Meurtre et procès

Après sa retraite en 1999 (il est alors encore demi-finaliste du championnat au printemps), il devient entraîneur-joueur du club de l'US Beaurepaire en Nationale 2. Par la suite, il devient « ambassadeur » du CSBJ à la demande du président berjallien Pierre Martinet, mais l'inactivité le ronge. Il semble que peu à peu, l'ancien champion sombre dans la dépression, l'alcoolisme et les médicaments[9].

Le , ivre, il tue sa femme Chantal, secrétaire médicale avec qui il était marié depuis 24 ans, de cinq coups de feu au cours d'une soirée réunissant une soixantaine de personnes à Saint-Savin (38). Son épouse veut demander le divorce, ne supportant plus l'alcoolisme, la violence exacerbée et le harcèlement jaloux de son époux, par ailleurs fréquemment infidèle. Ne supportant pas la volonté de départ de son épouse, Marc Cécillon lui demande lors de cette soirée de revenir avec lui, ce qu'elle refuse. Il frappe alors une amie qui s'interpose et est chassé par leur hôte. Il part chercher son pistolet, une arme 357 Magnum, en voiture à son domicile, ce qui pour la justice constitue la préméditation, avant de revenir et de tuer son épouse. Les convives ont ensuite le plus grand mal à le maîtriser[10]. Son alcoolémie mesurée ensuite est de 2,65 grammes.

Le couple a eu deux filles, Céline et Angélique, présentes lors du procès en 2006.

Le procès de Marc Cécillon devant la Cour d'assises de l'Isère commence le . La défense porte surtout sur les difficultés de reconversion d'un ancien champion, laissé à lui-même après avoir connu la gloire, et sur ses difficultés à exprimer ses sentiments. Le , bien que le procureur n'ait requis que 15 ans, le jury le condamne à 20 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat de son épouse[11]. La semaine suivante, Marc Cécillon fait appel de sa condamnation.

Le procès en appel se déroule du 1er décembre au à Nîmes. Les juges de la Cour d'appel ne retiennent pas la préméditation, et réduisent la peine de Marc Cécillon à 14 ans de réclusion criminelle. Il est assisté à ce procès par Maître Éric Dupond-Moretti[12]. Le soutien de ses filles mais également de la mère de l'épouse assassinée jouent en sa faveur. Pour Me Xavier Rodamel, l'avocat des deux filles de l'accusé et de sa belle-mère, ce verdict est « une décision apaisante pour les deux familles, qui permet de conserver leur cohésion ».

Le , il sort de prison, bénéficiant d'une libération conditionnelle pour bonne conduite[9] après 7 ans de prison effective. Il est depuis devenu paysagiste et vit à Collioure, au bord de la Méditerranée[13].

Vie privée

En , Marc Cécillon, qui a refait sa vie avec une nouvelle compagne dans les Pyrénées-Orientales, assigne en justice ses deux filles, estimant qu'elles ont mal géré, pendant son incarcération, les comptes de la famille, dont l'héritage de l'épouse. En tant que meurtrier de son épouse, il ne peut hériter de la part de celle-ci, mais en tant qu'époux marié sous le régime de la communauté réduite aux acquêts, il était propriétaire à 50 %, en indivision, des biens acquis pendant le mariage, notamment plusieurs appartements et voitures[14]. L'avocat de ses filles qualifie cette démarche de « moralement abjecte » et Céline Cécillon dénonce un acharnement de la part de Marc après qu'il a tué leur mère, bénéficié de leur soutien lors du procès et qu'elles ont assuré la gestion des biens en son absence[14]. Une audience au tribunal de Bourgoin-Jallieu le a conduit à un accord à l'amiable, un notaire étant chargé de la répartition de la succession entre Marc Cécillon et ses filles[15].

En , le rugbyman international Alexandre Dumoulin confirme par l'intermédiaire de son agent la rumeur selon laquelle Marc Cécillon serait son père. Ils ne se sont jamais rencontrés, Alexandre Dumoulin ayant été élevé par sa mère et son beau-père Xavier Montméat, lui aussi rugbyman berjallien.

Le , il est condamné par le tribunal correctionnel de Perpignan pour conduite en état d'ivresse, sans permis et à une vitesse excessive, violences par personne en état d'ivresse manifeste et vol. Outre 350 € d'amende, le tribunal prononce une peine de douze mois de prison dont six mois avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans. Marc Cécillon doit se soumettre à une obligation de soins, à une obligation de travailler et de réparer le préjudice[16].

Palmarès

Distinctions

Notes et références

Notes

Références

  1. AFP, « Procès Cécillon: "Par pitié, ne dites pas qu'il avait tout prévu" », sur www.google.com, (consulté le )
  2. « Penarth vs Barbarian Rugby Club », sur www.barbarianrugbyclub.com, Barbarians français (consulté le )
  3. (en) « Marc Cecillon », sur www.espnscrum.com, ESPN (consulté le )
  4. « Cambridge vs Barbarian Rugby Club », sur www.barbarianrugbyclub.com, Barbarians français (consulté le )
  5. « Barbarian Rugby Club vs Afrique du Sud », sur www.barbarianrugbyclub.com, Barbarians français (consulté le )
  6. « Barbarian Rugby Club vs Argentine », sur www.barbarianrugbyclub.com, Barbarians français (consulté le )
  7. Olivier Bertrand, « Marc Cécillon, naufragé de l'alcool », Libération,‎ (lire en ligne)
  8. (en) Stephen Jones, « The top 10 frightening Frenchmen », The Times, .
  9. a et b Pascale Robert-Diard, « Marc Cécillon en liberté conditionnelle », sur prdchroniques.blog.lemonde.fr, Le Monde, (consulté le )
  10. Stéphane Durand-Souffland, « Le rugbyman Cécillon jugé pour l'assassinat de sa femme », sur www.lefigaro.fr, Le Figaro, (consulté le )
  11. Alice Géraud, « Marc Cécillon en prend pour vingt ans », sur www.liberation.fr, Libération, (consulté le )
  12. Pascale Robert-Diard, « Cécillon, à « hauteur d’homme » », sur prdchroniques.blog.lemonde.fr, Le Monde, (consulté le )
  13. « Cécillon, le grand rugbyman qui tua sa femme », sur rmcsport.bfmtv.com,
  14. a et b Marc Cécillon demande des comptes à ses filles, Le Parisien, 25 janvier 2014, Serge Pueyo
  15. « Marc Cécillon renonce à poursuivre ses filles. », Le Petit Bleu de Lot-et-Garonne,‎ (lire en ligne)
  16. Laure Moysset, « L’ex-rugbyman Marc Cécillon à nouveau condamné après une soirée arrosée », Midi Libre,‎ (lire en ligne).
  17. Décret du 14 novembre 1996 portant promotion et nomination

Annexes

Bibliographie

  • Guy Leduc, Marc Cécillon : L'homme tranquille du rugby français, Arts et Littérature, , 189 p. (ISBN 978-2-912351-02-9)

Liens externes