Madeleine Poulin

Madeleine Poulin

Madeleine Poulin en 1983.

Naissance
Décès
Montréal
Profession Journalisme
Années d'activité 1965 - 1997
Médias actuels
Pays Drapeau du Canada Canada
Fonction principale Animatrice de télévision
Historique
Télévision Société Radio-Canada (1965-1997)

Madeleine Poulin, née en et morte le à Montréal[1], est une journaliste et animatrice de télévision canadienne, québécoise. Elle travaille pour la Société Radio-Canada de 1965 à 1997.

Biographie

Après une licence en lettres à l’Université de Montréal, des études doctorales de littérature comparée à l'Université d’Oxford, Madeleine Poulin s'installe à Paris pour écrire sa thèse sur Samuel Beckett[1]. Elle entre ensuite à Radio-Canada en 1965. Elle est d’abord dactylographe à l'occasion d'un emploi d'été[2], puis elle devient, trois ans plus tard, rédactrice dans la salle de nouvelles[3]. En 1975, elle est la première animatrice de l'émission Second regard[4].

Pionnière, elle est la deuxième femme journaliste du diffuseur public à être envoyée à l’étranger pour faire des reportages, après Judith Jasmin, puis la première femme correspondante de Radio-Canada sur la colline parlementaire à Ottawa, en 1976, puis à Paris, trois ans plus tard. Elle a également été reporter en zone de guerre, notamment au Liban, en 1982[3].

« Elle est allée sur le terrain, elle a couvert des conflits, elle faisait le même travail que les hommes à un moment où la présence des femmes en journalisme était presque inexistante », a affirmé Éric-Pierre Champagne, le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), en entrevue au Devoir. « Elle a brisé un plafond de verre », a-t-il ajouté[2].

La journaliste Anne-Marie Dussault, qui a travaillé avec Madeleine Poulin au sein de l'équipe de l'émission Le Point, a mentionné plusieurs faits d'armes de la pionnière, comme l'entrevue du commandant Massoud en Afghanistan[5].

En entrevue au Journal de Montréal, Alexandra Szacka, journaliste et ex-correspondante à l’étranger pour Radio-Canada, qui a côtoyé Mme Poulin pendant plusieurs années, a exprimé combien celle-ci a été une inspiration pour beaucoup de femmes qui voulaient devenir journalistes dans le Québec de la fin du 20e siècle: «Quand on entrait [à Radio-Canada], il y avait un long corridor avec des photos d'animateurs [...]. Il n'y avait que des hommes. Et elle, elle avait animé Le Point, mais avec Simon Durivage. [...] Elle montrait vraiment la voie[6]

Madeleine Poulin a été animatrice de l’émission Le Point pendant plusieurs années[2]. En 1987, elle interviewe l'ex-premier ministre Pierre Elliott Trudeau[7] et ce dernier se montre condescendant et tente de la déstabiliser, sans succès, en insinuant que ses questions manquaient de profondeur[5]. Cette entrevue a marqué l'histoire du journalisme télévisuel au Québec[3]. De 1992 à 1997, elle anime Le Point-Médias, émission consacrée à l'examen du travail et du rôle des médias[8],[9]. Elle est modératrice au débat des chefs fédéraux en 1993[10] et dirige le plateau d'analyses politiques de la soirée électorale fédérale de 1997 à Télé-Québec[11]. Elle se retrouve ensuite sur les ondes de TV5 pour animer 13 épisodes d'émissions hebdomadaires, d'abord en 1998 avec La 50e Avenue[12], puis en 2002 à la barre de Plein sud[13]. Elle anime en 2007 les forums régionaux de la Commission Bouchard-Taylor[14].

Une retraite précoce

Dans un article paru dans Le Devoir en 1997, au moment de la retraite de Madeleine Poulin, la journaliste Paule Des Rivières mentionne que l'animatrice de renom a été « subtilement invitée par son employeur à prendre une retraite précoce », au grand dam de son coanimateur, Simon Durivage, qui « se demande bien pourquoi ce sont les jeunes blondes plutôt que les vieilles têtes blanches comme lui qui lèvent les pattes »[15].

La même année, Madeleine Poulin raconte à l'agence La Presse canadienne qu'alors qu'elle coanimait l'émission Le Point avec Simon Durivage, elle a découvert que le salaire de ce dernier était plus élevé que le sien d'environ 35 %[16]. Dans la même entrevue, Mme Poulin note aussi que, dans le cadre d'une vague de départs, dont le sien, causés par des compressions budgétaires, ce sont surtout les femmes qui ont été sacrifiées, notamment Francine Bastien, journaliste au Point, Suzanne Laberge, lectrice du Téléjournal du Midi et, derrière la caméra, Pauline Payette, rédactrice en chef aux affectations au Point.

Une décennie après sa retraite, en entrevue avec la journaliste Marilyse Hamelin, Madeleine Poulin déclare : « J'ai toujours aimé voyager, apprendre et comprendre des réalités différentes pour ensuite les transmettre aux téléspectateurs. Je n'ai jamais cherché le scoop, le sensationnel, je voulais aller en profondeur des choses. Ce genre de journalisme est souvent jugé moins prestigieux dans les salles de rédaction, mais moi c'est ce qui me passionnait. Je ne sais pas si c'est lié au sexe, mais je remarque que les femmes ont souvent un côté pédagogue alors que les journalistes qui courent après les nouvelles chocs sont souvent des hommes[17]

Prix et récompenses

Notes et références

  1. a et b Zone Société- ICI.Radio-Canada.ca, « La journaliste Madeleine Poulin est décédée à l’âge de 87 ans », sur Radio-Canada, (consulté le )
  2. a b et c Sarah Collardey, « La journaliste Madeleine Poulin est décédée », sur Le Devoir, (consulté le )
  3. a b et c Chloé Bourquin, « La journaliste Madeleine Poulin n’est plus », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. Paule des Rivières, « Les 20 ans de Second Regard », Le Devoir,‎ , B8 (lire en ligne)
  5. a et b Zone Arts- ICI.Radio-Canada.ca, « Le Québec salue Madeleine Poulin, une pionnière du journalisme », sur Radio-Canada, (consulté le )
  6. Alexandra Lopis, « Madeleine Poulin: une «pionnière» qui a ouvert la voie aux femmes journalistes », Le Journal de Montréal,‎ dimanche, 23 novembre 2025 (lire en ligne)
  7. Zone Société- ICI.Radio-Canada.ca, « Il y a 40 ans débutait l’émission d’actualité Le point », sur Radio-Canada, (consulté le )
  8. « Une Confédération monoparentale », Le Devoir,‎ , B2 (lire en ligne)
  9. Paule des Rivières, « Les grands départs: Radio-Canada laisse partir ses femmes et TVA perd Stéphan Bureau », Le Devoir,‎ , B7 (lire en ligne)
  10. Marie-Claude Lortie, « Le débat français le 3 octobre; le débat anglais le 4 octobre », La Presse,‎ , B1 (lire en ligne)
  11. Suzanne Colpron, « Les élections à Télé-Québec : pas de show techno », La Presse,‎ , p. D6 (lire en ligne)
  12. Paul Cauchon, « Vivre sa cinquantaine à l'antenne », Le Devoir,‎ , A1 (lire en ligne)
  13. Anne-Marie Cloutier, « Plein sud prend son envol pour 13 semaines à TV5 », Le Soleil,‎ , p. 6
  14. Stéphane Baillargeon, « La table est mise », Le Devoir,‎ , A7 (lire en ligne)
  15. Paule des Rivières, « Madeleine Poulin, 27 ans plus tard, Radio-Canada diffuse vendredi une entrevue avec celle qui créa le Point », Le Devoir,‎ , B8 (lire en ligne)
  16. La Presse canadienne, « Madeleine Poulin fait ses adieux », Le Droit, vol. Les Arts,‎ , p. 26
  17. Marilyse Hamelin, « Madeleine Poulin: femme du monde », La Voix Pop, vol. 57, no 10,‎ , p. 6

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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