Loyset Liédet

Loyset Liédet
Naissance
Décès
Après ou après
Bruges
Période d'activité
Activités
Enlumineur, peintre
Lieux de travail
Mécènes
Influencé par
Œuvres principales

Loyset Liédet est un enlumineur actif en Flandre entre 1454 et 1483. Il travaille principalement pour les ducs de Bourgogne Philippe le Bon et Charles le Téméraire.

Biographie

La plus ancienne mention de Loyset Liédet remonte à 1460. À cette date, il est payé pour la décoration d'un manuscrit en deux volumes des Histoires romaines de Jean Mansel, commandé par le duc de Bourgogne Philippe le Bon. D'après son colophon, l'ouvrage a été entamé en 1454. D'autres artistes y ont collaboré, dont le Maître de Rambures. Loyset Liédet est sans doute alors un enlumineur déjà confirmé, installé à Hesdin. Jean Mansel, auteur du texte et lui aussi originaire de Hesdin, l'a peut-être introduit à la cour de Bourgogne[1],[2].

À partir de 1468, Loyset Liédet appartient à la guilde de Saint-Jean-l'Évangéliste de Bruges, une confrérie des gens du livre. La même année, les archives des comptes des ducs de Bourgogne le disent résident de cette ville. Les documents attestent qu'il a aussi enluminé un manuscrit de Renaut de Montauban ou encore une Bible moralisée aujourd'hui disparue. À la demande de Charles le Téméraire, il décore également plusieurs ouvrages laissés inachevés à la mort de son père Philippe le Bon, comme les deux volumes de l'Histoire de Charles Martel où il appose sa signature sur l'un des murs (f.7 du Ms. 9). Outre les ducs de Bourgogne, il travaille pour de grands commanditaires appartenant à leur entourage immédiat, tels Louis de Gruuthuse (pour qui il décore notamment des Chroniques de Froissart) ou Ferry de Clugny[2],[1].

Il apparaît pour la dernière fois en 1478 dans les archives de la guilde de Bruges. En 1483 on le trouve à Lille, dont les archives mentionnent sa présence et celle de son frère Husson, lui aussi peintre[2].

Style

Réalisées à Hesdin dans les années 1450, les premières miniatures de Loyset Liédet trahissent une forte influence de Simon Marmion. Les personnages possèdent des têtes rondes et sans expression ; les coloris sont vifs ; très peuplés, les paysages sont dominés par un horizon placé très haut. Au cours des années 1460, son style évolue. Les commandes ducales qui se multiplient nécessitent sans doute une exécution plus rapide. Mais si les personnages sont plus élancés, leurs visages - masculins comme féminins - restent standardisés et dépourvus d'expression. Répétitives, les compositions portent la marque de fabrique de l'atelier. Bien qu'aucun document ne le prouve, la qualité d'exécution très variable semble indiquer qu'un atelier secondait le maître[2],[1].

Œuvre

Histoire de Charles Martel, feuillet conservé au J. Paul Getty Museum.

Ne décorant que très peu de manuscrits religieux, Loyset Liédet semble s'être spécialisé dans les ouvrages laïcs. Destinée principalement aux ducs de Bourgogne, sa production s'avère considérable.

Voir aussi

Bibliographie

  • Bernard Bousmanne et Thierry Delcourt (dir.), Miniatures flamandes, Bibliothèque nationale de France/Bibliothèque royale de Belgique, , 464 p. (ISBN 9782717724998), p. 266-277
  • (en) Scot McKendrick et Thomas Kren, Illuminating the Renaissance : The Triumph of Flemish Manuscript Painting in Europe, Los Angeles, Getty Publications, , 591 p. (ISBN 978-0-89236-704-7, lire en ligne), p. 230-233
  • (en) Colum Hourihane (dir.), The Grove Encyclopedia of Medieval Art and Architecture, (ISBN 9780195395365, lire en ligne), p. 61-62
  • Anne Dubois, « Loyset Liédet », dans François Avril, Nicole Reynaud, Dominique Cordellier, Les Enluminures du Louvre, Moyen Âge et Renaissance, Hazan - Louvre éditions, , 384 p. (ISBN 978-2-75410-569-9), p. 292-294 (notice 155)

Articles connexes

Liens externes

Références