Louis Nicolas Davout

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Louis Nicolas Davout
Louis Nicolas Davout
Le maréchal Louis Nicolas Davout, duc d'Auerstaedt et prince d'Eckmühl de Tito Marzocchi de Bellucci d'après Claude Gautherot, 1852, château de Versailles.

Surnom « Le Maréchal de fer »
« La Bête de Hambourg »
Naissance
Annoux, Yonne
Décès (à 53 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 1788-1815
Commandement 3e corps, 1er corps et 13e corps
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Bataille de Pozzolo
Bataille d'Aboukir
Bataille d'Austerlitz
Bataille d'Auerstaedt
Bataille d'Eylau
Bataille de Teugen-Hausen
Bataille d'Eckmühl
Bataille de Wagram
Bataille de la Moskova
Bataille de Krasnoï
Siège de Hambourg
Bataille de Rocquencourt
Distinctions Maréchal d'Empire
Grand aigle de la Légion d'honneur
Duc d’Auerstaedt
Prince d'Eckmühl
Pair de France
voir section « Décorations »
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile (13e colonne, DAVOUST).
Autres fonctions Gouverneur-général du
Duché de Varsovie
Gouverneur-général des villes hanséatiques
Ministre de la Guerre
Maire de Savigny-sur-Orge

Louis Nicolas d’Avout puis Davout, duc d'Auerstaedt, prince d'Eckmühl, né le à Annoux dans l'Yonne et mort le à Paris, est un général français de la Révolution et de l’Empire, élevé à la dignité de maréchal d'Empire par Napoléon en 1804.

Issu d'une famille de petite noblesse, Davout fait ses premières armes dans l'armée de l'Ancien Régime avant d'embrasser les idées révolutionnaires et de devenir dès 1791 chef de bataillon des volontaires de l'Yonne. Dès lors, son avancement est fulgurant : général de brigade en , il participe à la campagne d'Égypte sous les ordres de Napoléon Bonaparte avant d'être promu général de division en 1800. Il inaugure son nouveau commandement en prenant la tête de la cavalerie de l'armée d'Italie avec laquelle il se signale à Pozzolo. Le , Napoléon, devenu empereur, élève Davout à la dignité de maréchal d'Empire.

Davout joue un rôle majeur lors des guerres napoléoniennes, notamment à Austerlitz en 1805 et à Auerstaedt en 1806 où il met en déroute la principale armée prussienne. En récompense de cette dernière victoire, l'Empereur lui octroie, le , l'honneur d'entrer le premier dans Berlin. Davout se distingue par la suite à la bataille d'Eylau, avant d'occuper les fonctions de gouverneur général du duché de Varsovie. Commandant en chef de l'armée d'Allemagne en l'absence de l'Empereur, il participe avec brio à la campagne d'Allemagne et d'Autriche à l'issue de laquelle il reçoit le titre de prince d'Eckmühl. Employé en Russie, où il dirige le Ier corps, puis en Allemagne après la retraite des troupes françaises, Davout s'enferme dans Hambourg et parvient à résister aux attaques des armées alliées jusqu'à la chute du régime impérial. Passif sous la Première Restauration, le maréchal se rallie pendant les Cent-Jours à Napoléon Ier qui le nomme ministre de la Guerre. Après la défaite de Waterloo, il se retire dans ses terres de Savigny-sur-Orge.

Considéré comme le meilleur subordonné de Napoléon sur le plan tactique, Davout est le seul maréchal de l'Empire à être resté invaincu au cours de sa carrière militaire. D'un caractère difficile et exigeant envers ses officiers, il se montre particulièrement sévère sur l'entraînement et la discipline de ses troupes. Il est toutefois critiqué par l'Empereur à Sainte-Hélène qui déclare, amer : « Il a fini par trahir comme les autres quand il a vu ma cause en péril, et, quand il l'a vue perdue, il a voulu conserver ses honneurs et tout ce qu'il me devait de richesses et de grandeurs ; il m'a mal servi […] Vous ne connaissez pas les hommes, vous ne connaissez pas Davout comme moi ».

Jeunesse et origines familiales

« Quand un D'Avout sort du berceau, une épée sort de son fourreau. »

— Adage de la famille D'Avout[1].

Louis Nicolas d’Avout, né le à Annoux dans l'Yonne[2], est le fils de Jean François d’Avout et d’Adélaïde Minard de Velars[3]. Issu d’une famille de noblesse d’épée destinant traditionnellement ses enfants au service du roi[4], Louis Nicolas, qui s'affirme au cours de sa carrière comme un spécialiste du combat d’infanterie, naît paradoxalement dans une famille tournée vers la cavalerie. Son père, comme son grand-père avant lui, est officier au régiment Royal-Champagne cavalerie.

En 1779, alors qu’il a neuf ans, son père meurt des suites d’un accident de chasse[5]. Davout est alors placé, en début d’année 1780, au collège bénédictin d'Auxerre[6] jusqu’à ce que ses aptitudes lui permettent, à la fin de l’été 1785, de faire partie des quelques cadets gentilshommes désignés pour l'École militaire supérieure de Paris[Note 1]. Il intègre l’école militaire le [7], pour y rester trois ans[8]. Le jeune Napoléon Bonaparte, également pensionnaire de cet établissement, la quitte un mois plus tôt.

À sa sortie en , la France est en ébullition : la Révolution en gestation glisse inexorablement des salons vers la rue. Louis Nicolas, qui rejoint le régiment de Royal-Champagne en qualité de sous-lieutenant, embrasse avec engouement la cause révolutionnaire. Sa sympathie pour les idées nouvelles le fait rapidement abandonner la particule ainsi qu’une pension de 200 livres[9] qu’il tient du roi depuis son entrée au collège d’Auxerre. Devenu l'un des principaux fauteurs de troubles du régiment[10], Davout organise des banquets civiques, constitue un club politique et défie de manière systématique sa hiérarchie[Note 2].

Cette attitude lui vaut d'être mis aux arrêts pendant six semaines à la citadelle d'Arras avant d’être libéré contre sa démission de l'armée[12].

Révolution française

Louis Nicolas Davout en uniforme de lieutenant-colonel des volontaires de l'Yonne, 1792.

Le , l’Assemblée constituante décrète la levée de 169 bataillons appelés à renforcer l’armée régulière affaiblie par les troubles internes et l’émigration des cadres[13]. La levée par le département de l’Yonne de quatre bataillons donne à Davout l’occasion de réintégrer l’armée. Il s’enrôle en tant que volontaire et est élu[Note 3] le , par 400 voix sur 585 votants, lieutenant-colonel du 3e bataillon de volontaires de l'Yonne[14]. Il se marie dans la foulée avec Marie de Séguenot — dont il divorce deux ans plus tard du fait de l'inconduite de cette dernière[14].

Affecté le à l'armée du Nord, après plusieurs mois de cantonnement à l'armée du Centre, Davout se voit chargé, avec son bataillon, de surveiller les mouvements de l'ennemi et de sécuriser les communications entre les garnisons de Condé et de Valenciennes[15]. Réputé pour la bonne tenue de ses troupes et pour l’énergie qu’il déploie à harceler l’ennemi[16], Davout se distingue rapidement. Il parvient à prendre d’assaut le château de l'Hermitage dans le secteur de Péruwelz en [17], poursuit vigoureusement les troupes du feld-maréchal Clerfayt après la bataille de Jemappes et se signale avec son bataillon, malgré la défaite, à la bataille de Neerwinden, en [18]. C'est toutefois un événement singulier, paradoxalement éloigné des champs de bataille, qui met en lumière les capacités du jeune Davout. Le , le général Dumouriez — alors commandant de l'armée du Nord — fait arrêter et livrer à l’ennemi le ministre de la Guerre Beurnonville ainsi que quatre commissaires envoyés par la Convention afin d'obtenir des éclaircissements sur sa conduite[19]. Les rumeurs de trahison se confirmant, Davout prend l'initiative — alors que la confusion est générale — de faire arrêter le général Dumouriez[20]. À leur rencontre, des coups de fusils sont tirés, mais le général parvient à s'enfuir et rejoint en fugitif le camp des coalisés[20].

Ce coup d'éclat vaut au 3e bataillon de l'Yonne, ainsi qu'à son chef, d’être distingués par décret pour avoir « bien mérité de la patrie »[21]. Davout reçoit également, en récompense de ses actions, le grade de général de brigade en avec affectation provisoire à l'armée de l'Ouest[22]. Déployé sur le front vendéen, il participe en tant qu'officier de cavalerie à quelques combats mineurs, dont la bataille de Vihiers qui lui vaut d'être promu au grade de général de division[23], un avancement que Davout refuse cependant du fait de son manque d’expérience dans le commandant d'une grande unité combattante[24]. Toutefois ce refus, loin d'être pris pour un acte d'humilité, le rend au contraire suspect, en raison de son ascendance noble et du contexte de Terreur qui règne alors en France[Note 4]. Accusé d'être un ennemi de la Révolution, mis en disponibilité puis arrêté quelques heures avant d'être relâché, il est contraint de démissionner des armées le pour la seconde fois de sa carrière[24].

Davout ne réintègre l'armée qu'après la chute de Robespierre pour prendre part, durant l’hiver 1794, au siège de Luxembourg sous les ordres du général Debrun[25]. Reversé à l'armée de Rhin-et-Moselle en 1795, il participe aux combats pour la prise puis la défense de Mannheim durant laquelle il est fait prisonnier avec toute la garnison, avant d'être relâché sur parole[26]. De retour en activité en , il rejoint l'armée du Rhin commandée par Moreau et participe à l'avance victorieuse à travers l'Allemagne[27] mais aussi à la retraite restée célèbre qui le ramène à Kehl[28]. C'est au cours du siège de cette ville que Davout se lie d'amitié avec Desaix, dont il reste le plus fidèle ami jusqu'à la mort de ce dernier[29].

Campagne d’Égypte

Davout parvient à rencontrer, grâce à l’entremise de Desaix, le général Bonaparte[30]. Ce dernier, auréolé de ses victoires contre les Autrichiens sur le front italien, est alors employé à former une nouvelle armée destinée à une expédition contre la Grande-Bretagne[30]. Leur première rencontre, qui a lieu le à l’hôtel parisien de la rue Chantereine, est un échec[31]. La première impression est mauvaise[32]. Toute l’influence du général Desaix est nécessaire pour permettre à Davout d’être intégré à la campagne d'Égypte à venir[31]. Affecté à l’armée d’Orient en tant que général de cavalerie, Davout embarque à Marseille à bord de l’Alceste le à destination d'Alexandrie[33]. Il reçoit alors très vite le commandement de la cavalerie de Desaix (en remplacement du général de brigade Mireur, tué par un tir isolé[33]) et se dirige vers Le Caire. La marche de l'armée est signalée par la bataille de Chebreiss, le , et enfin par la bataille des Pyramides le , qui ouvre les portes du Caire aux Français[34].

Gravure de François Louis Couché représentant Davout menant l'assaut d'une position mamelouk.

Davout, tombé malade, reste cantonné au Caire tandis que Desaix effectue plusieurs percées en Haute-Égypte[35]. Il s’acquitte néanmoins durant sa convalescence de la remonte complète de la cavalerie[Note 5]. Grâce aux réquisitions drastiques qu'il opère dans la région, la cavalerie ainsi que l’artillerie deviennent opérationnelles en quelques mois. Disposant dès décembre de 1 000 cavaliers montés[37], il part rejoindre Desaix afin de poursuivre les troupes de Mourad Bey qui ne cessent d’échapper aux Français[37]. Toutefois, le départ de Bonaparte pour la Syrie en finit par créer en Basse-Égypte un vide aspirant toutes les rébellions[38]. Arabes et mamelouks, traqués sans répits en Haute-Égypte par les troupes de Desaix, viennent chercher refuge plus bas dans la vallée. Davout est alors envoyé à la tête de sa colonne mobile pour réprimer durement tout acte de rébellion[38]. Il y maintient l’ordre jusqu’au , date de retour au Caire de Bonaparte[38].

Le , 16 000 Ottomans convoyés par une flotte britannique débarquent à Aboukir, dans la baie d’Alexandrie. Davout, à peine rétabli d’un nouvel épisode dysentérique, est relégué sur l’aile gauche de l’armée en vue de prévenir un éventuel retour offensif des mamelouks dans le dos des Français[39]. La bataille, menée par le général Bonaparte, donne lieu à une brillante victoire de l'armée d'Égypte. Murat, à la tête de la cavalerie, s’attribue une grande part de la victoire et se voit promu le soir même au grade de général de division[39]. Déçu de n’avoir pu se distinguer au cours de cette bataille, Davout sollicite la faveur de participer au blocus de la citadelle encore aux mains des Ottomans[39]. C'est sous son commandement que le camp français parvient dans la nuit du 29 au à repousser une sortie des assiégés, à les suivre dans leur retraite et à enlever leurs dernières positions. Complètement isolée et torturée par la soif, la garnison se rend le à la discrétion des Français[39],[Note 6].

Le , Bonaparte, apprenant la dégradation de la situation politique en France, quitte l’Égypte et confie le commandement supérieur à Kléber. Les généraux restés sur place, découragés par ce départ, décident de ne pas suivre les instructions laissées par Bonaparte et entament dès le mois d'octobre des négociations afin de procéder au rapatriement du corps expéditionnaire français. Lors du conseil de guerre réuni par Kléber le à Salahieh, Davout est le seul officier présent à s'opposer à la ratification de la capitulation d'El Arisch qui prévoit l’abandon de l’Égypte aux Anglais et aux Turcs[40],[41]. Alléguant à la suite de cet événement la fragilité de son état de santé, Davout obtient l'autorisation de rentrer en France[42]. Kléber cherche toutefois à le retenir en lui offrant le grade de général de division que Davout refuse, saisissant ainsi habilement cette occasion pour marquer avec davantage d'éclat sa désapprobation vis-à-vis du traité[43].

Après une navigation tumultueuse en Méditerranée, au cours de laquelle les navires français sont interceptés par la Royal Navy et retenus malgré leurs laissez-passer[41], Davout finit par débarquer à Toulon le . Alors que Desaix part aussitôt rejoindre Bonaparte en Italie afin de lui rendre compte des événements qui se sont déroulés depuis son départ d'Égypte, Davout se retire auprès de sa famille en Bourgogne. Le témoignage appuyé que procure Desaix à Bonaparte fixe définitivement l'attention du nouveau Premier consul sur ce général connu jusqu’ici pour ses propos cyniques et ses excès jacobins de jeunesse. Desaix est tué quatre jours plus tard à la bataille de Marengo[44]. Le Premier consul, rentré le à Paris, nomme le même jour Davout général de division et commandant de la cavalerie de l'armée d'Italie[42].

Le Consulat

Napoléon inspectant les troupes de l'armée des côtes de l'Océan, armée regroupant les trois camps (Boulogne, Bruges et Montreuil) destinés à préparer l'invasion de l’Angleterre.

La seconde campagne d'Italie arrive à sa conclusion lorsque Davout prend ses fonctions à la tête de la cavalerie. Malgré sa mésentente[45] avec le général Brune[Note 7], il se signale en à la bataille de Pozzolo où il force le passage du Mincio et décide du sort de la journée[46]. Ce brillant fait d'armes est toutefois éclipsé par l'éclatante victoire d'Hohenlinden remportée quelques jours plus tôt par l'armée du Rhin et qui contraint les Autrichiens à demander la paix.

De retour à Paris en , ses amis Junot et Marmont l’introduisent dans le cercle des habitués de la Malmaison afin qu'il puisse se faire mieux connaître de Bonaparte. Le Premier consul découvre alors un homme dévoué et instruit mais également préoccupé par certains aspects de la science militaire que les Français affectent de tenir généralement pour négligeables[47], tels que l'organisation militaire, l'instruction et la discipline[48]. À l'heure où Bonaparte projette de faire des armées débraillées de la République le garant d'une paix inviolable, l'occasion lui est offerte de mettre en pratique ses idées à travers un homme capable de les comprendre et de les appliquer. Le , Davout est nommé inspecteur général des troupes à cheval[49] puis, le , commandant des grenadiers à pied de la Garde consulaire[49]. Signe de son intérêt et de sa confiance grandissante pour Davout, Napoléon décide également de le marier à Aimée Leclerc, sœur du général Leclerc. Par cette alliance matrimoniale, Davout intègre le cercle familial du Premier consul en devenant son beau-frère au second degré. Le mariage est célébré le .

Le , après un an de paix, le gouvernement britannique décide, sans déclaration de guerre préalable, de saisir tous les navires français et hollandais à sa portée. Conséquence de la reprise des hostilités, Davout reçoit dès le mois d'août le commandement du camp de Bruges[50] avec pour mission de protéger les côtes de l'embouchure de l'Escaut jusqu'à Calais, et d'organiser sur cette partie du littoral l'armée qui doit permettre la conquête du Royaume-Uni. Il déploie, au cours de ces deux années, une activité frénétique[51] qui lui permet de façonner les 25 000 hommes[47] dont il a la charge et de tisser un esprit de corps qui va distinguer sous l'Empire le 3e corps de tous les autres[52],[53].

Maréchal d'Empire

Les débuts de l'Empire et la bataille d'Austerlitz

La Distribution des Aigles de David (1810) dépeint la cérémonie du Serment de l'armée à l'Empereur du 5 décembre 1804. Les maréchaux d'Empire sont représentés à gauche en tenues d'apparat. Le maréchal Davout figure à la droite de ses pairs, au centre du tableau.

Le , au lendemain de la proclamation du régime impérial, Davout est élevé à la dignité de maréchal d'Empire[54]. Encore relativement méconnu tant du grand public que de ses pairs, sa nomination apparaît comme une surprise[55] dans cette liste où se côtoient les noms les plus prestigieux des guerres de la Révolution[Note 8]. Il devient, à 34 ans, le plus jeune des maréchaux de la première promotion et l'un des quatre maréchaux à être distingué du titre de colonel général de la Garde impériale[56].

Confronté à la formation d'une nouvelle coalition européenne financée par la Grande-Bretagne et à l'inaction du vice-amiral Villeneuve, alors réfugié à Cadix, Napoléon se voit contraint à l’été 1805 de renoncer à son projet d'invasion de l’Angleterre et à marcher contre les armées austro-russes qui viennent d'envahir la Bavière, alors alliée de la France[57]. En conséquence, le , l'aile droite de l'armée de l'Océan commandée par Davout, qui devient officiellement le 3e corps de la Grande Armée[58], reçoit l'ordre de marcher sur Vienne. Davout franchit le Rhin le à Mannheim[59], écrase le à Mariazell le corps d'armée du général Merveldt[60], rescapé de l'encerclement des forces autrichiennes à Ulm, et fait son entrée dans la capitale autrichienne.

Alors que Napoléon s'est avancé en Moravie afin d'attirer les forces austro-russes dans une bataille qu'il espère décisive[61], Davout tient garnison à Vienne afin de protéger le flanc est du dispositif français et de prévenir toute surprise venant de Hongrie[61]. Il reçoit l'ordre, le au soir, de rallier en toute hâte le gros de l'armée et de se placer sur son flanc droit. Il effectue alors avec ses troupes une marche de 112 km en 44 heures qui lui permet de rejoindre la Grande Armée le soir précédant la bataille. Afin de persuader les Alliés que son aile droite est le point faible de son dispositif, Napoléon place délibérément peu de troupes sur son flanc droit afin d'inciter les Alliés (qui ne peuvent croire en la présence du 3e corps dans des délais si restreints) à quitter leur position dominante du plateau de Pratzen pour envelopper les Français par la droite et ainsi dégarnir leur centre[62]. Le 3e corps de Davout, amputé de la division Caffarelli détachée auprès de Lannes[63], contient ainsi pendant toute la matinée du l’offensive ennemie sur Sokolnitz et Telnitz, dirigée en quatre colonnes par les généraux Przybyszewski, Langeron, Dokhtourov et Kienmayer[64].

La solidité des régiments du 3e corps est telle que les vagues successives du corps d'armée entier qui est engagé contre eux ne parviennent à les rompre[65]. Le village de Sokolnitz, qui connaît de 10 heures à midi le plus fort des combats[66], change de main à six reprises avant de rester définitivement au pouvoir des Français. Davout, qui dispose d'un faible nombre de troupes pour verrouiller l’aile droite française, parvient grâce à l’utilisation intensive de l’infanterie légère à fixer ses adversaires et à couper leur communication, lui permettant d’alterner au gré des manœuvres de l’ennemi les contre-offensives sur l'un des deux villages qu'il lui a été ordonné de défendre[67]. Les pertes sont toutefois sévères : le 3e corps perd en une journée de bataille le tiers de son effectif[65]. La division Friant du 3e corps est la division de la Grande Armée à avoir le plus souffert au cours de cet affrontement, perdant les 3/5e de son effectif, soit 325 tués et 1 660 blessés[68]. Il est à noter qu'au cours de cette campagne, le maréchal opère pour la première fois sous les ordres de l'Empereur, qui lui a confié le commandement de son aile droite, honneur traditionnellement réservé dans l'armée française, au plus ancien des généraux[65].

Bataille d'Auerstaedt

L’Entrée de Napoléon à Berlin par Charles Meynier (1810). Suite à sa victoire à Auerstaedt, le 3e corps a l'honneur d'entrer le premier à Berlin. À ce titre, Davout est représenté au premier plan aux côtés de Soult, à droite de l'Empereur[69].

« Le corps du maréchal Davout a fait des prodiges ; non seulement il contint, mais mena battant, pendant plus de trois heures, le gros des troupes ennemies qui devaient déboucher du côté de Köesen. Ce maréchal a déployé une bravoure distinguée et de la fermeté de caractère, première qualité d'un homme de guerre. »

— 5e bulletin de la Grande Armée, 15 octobre 1806[70].

La Prusse refusant d'admettre la constitution d'une confédération allemande sous hégémonie française[71] et craignant, à la suite du traité de Presbourg, d'être la grande perdante des négociations en cours entre la France, la Russie et le Royaume-Uni[71], décide de sortir de sa neutralité et d'affronter seule les vainqueurs d'Austerlitz. Le , Frédéric-Guillaume III décrète la mobilisation de son armée et entre le en Saxe[72]. Tandis que Napoléon se dirige vers Iéna qu'il pense occupé par le gros des troupes prussiennes, le 3e corps reçoit l'ordre de se porter en direction de Naumburg afin de prendre l'ennemi à revers et frapper ses arrières[Note 9]. Les renseignements concernant la présence à proximité d'un « grand corps de troupes »[74] se précisant, Davout verrouille les passages de l'Unstrut à Freyburg et de la Saale à Kösen, avant de diriger ses troupes dans la nuit du 13 au en direction du plateau de Hassenhausen. C'est sur cette position surélevée, amenée à devenir le pivot du dispositif tactique français[75] que vont se succéder par vagues, dès l'aube, les principales attaques des forces prussiennes.

Combattant en large infériorité numérique, à un contre deux face aux principaux commandants de l'armée prussienne, Davout dirige toute la matinée la résistance des carrés de la division Gudin de part et d'autre de Hassenhausen. Il ne cède la responsabilité des combats sur son centre à Gudin qu'à partir de 11 heures pour prendre en charge le mouvement de la division Morand sur sa gauche et entamer sa contre-offensive. L'armée prussienne, épuisée, mal coordonnée et déstabilisée par ses lourdes pertes, dont celle de son général en chef le duc de Brunswick, est dès lors rejetée au-delà du Lissbach. La division Gudin, fortement diminuée par les combats de la matinée, reçoit à 15 heures[76] l'ordre de quitter ses positions et de marcher sur l'ennemi, une audace psychologique qui précipite définitivement la retraite prussienne.

L'armée prussienne forte de 54 000 hommes, dont 14 000 cavaliers, est défaite. 10 000 prussiens sont mis hors de combat contre 7 000 côté français. Le 3e corps fait 3 000 prisonniers et prend 115 pièces d'artillerie à l'ennemi. La cavalerie prussienne, alors la plus réputée d'Europe, est anéantie. De ses troupes, Davout écrit le soir du à Berthier : « tout le monde a fait son devoir. L'infanterie a fait ce qu'on devait attendre de la meilleure infanterie du monde »[77]. Cette victoire face à l'élite de l'armée prussienne est d'autant plus brillante que Bernadotte, laissé en réserve sur les hauteurs de Dornbourg, à quelques kilomètres, lui refuse au cours de cette journée le soutien de son propre corps d'armée[78],[79]. Ce grand fait d'armes aurait probablement dû rendre Davout plus célèbre, si Napoléon n'avait remporté le même jour la bataille d'Iéna face à des troupes pourtant moins nombreuses. Le 3e corps reçoit toutefois en récompense de cette victoire l'honneur d'entrer, le , le premier dans Berlin. Davout est quant à lui fait duc d'Auerstaedt le [80].

Davout et la Pologne (1806-1808)

Napoléon sur le champ de bataille d'Eylau par Antoine-Jean Gros (1808). Napoléon, entouré de ses maréchaux, visite le champ de bataille d'Eylau au lendemain des combats. Davout figure dans cette scène, derrière Soult, à droite de l'Empereur[81].

Alors que les débris de l'armée prussienne sont achevés à Lübeck et Magdebourg[82], les hostilités qui se poursuivent contre les Russes transforment la campagne de Prusse en campagne de Pologne. L'armée russe, prise de vitesse par les fulgurantes victoires d'Iéna et d'Auerstaedt, est contrainte de se replier derrière la Vistule[83]. Après une combinaison de combats d’arrière-garde non décisifs, Napoléon décide de les contraindre à la bataille.

Le , Davout reçoit à Eylau l'ordre de se déployer face à la gauche de l'armée russe commandée par Bagration et de la déborder vers le nord en direction de la route de Friedland[84]. Ne disposant pas d'artillerie jusqu'à 18 heures en raison des conditions météorologiques, le 3e corps paye un lourd tribut dans sa progression. Davout est également légèrement atteint, son cheval tué sous lui. Si la charge générale conduite par Murat rétablit la situation, suite à l'anéantissement dans la tempête du corps d'Augereau, c'est la progression ininterrompue du corps de Davout sur le flanc russe, combinée au débordement tardif de Ney sur la route de Königsberg[85] qui, en menaçant les arrières et les voies de retraite des forces de Bennigsen, finit par décider du sort de la journée[86],[87]. À l'image de l'armée française, le 3e corps de Davout est durement touché. La division Morand perd au cours de cette journée son divisionnaire, blessé, ainsi que la moitié de son effectif mis hors de combat.

Uhlans de l'armée du duché de Varsovie, par Janvier Suchodolski.

Les hostilités reprennent en et s'achèvent 14 jours plus tard avec la victoire de Friedland, à laquelle le 3e corps ne participe pas[88]. À la suite de la signature des traités de Tilsit, la Pologne, partagée douze ans auparavant entre la Russie, la Prusse et l'Autriche, est partiellement reconstituée sous le nom de Duché de Varsovie.

Davout, apprécié pour ses talents d'organisateur, est nommé par l'Empereur, le , gouverneur général de ce nouvel État[89]. À ce titre, il reçoit le commandement de toutes les troupes stationnées sur le territoire du duché et la charge d'organiser la création d'une armée nationale de 30 000 hommes. Il acquiert pour prix de ses services au cours de la précédente campagne et au titre de ses nouvelles fonctions 18 % des domaines polonais récupérés par la France sur la Prusse, faisant de lui le donataire le mieux pourvu sur les vingt-six généraux concernés par le décret du [90]. Il devient ainsi, avec Berthier, l'un des maréchaux les mieux dotés de l'armée, disposant au printemps 1809 d'une rente annuelle estimée à 910 840 francs[91].

Au cours de son mandat, le maréchal exerce une tutelle sévère et parfois envahissante. Du fait de la prédominance des questions militaires, de l'éclat de son nom et de l'état de désorganisation du jeune État polonais, il intervient sur tous les sujets qu'il juge concerner l’intérêt de la Pologne et de la France. Partisan enthousiaste de l’indépendance polonaise, Davout est également apprécié de la population locale[92]. Il n'hésite d'ailleurs pas à rappeler à l’Empereur, au sujet de la Pologne : « qu’un allié vaut plus qu’un esclave ». Ses opinions pro-polonaises sont toutefois interprétées à Paris comme étant intéressées. Si un royaume polonais indépendant venait à être créé, un roi serait nécessaire et Davout par son zèle affichait sa disponibilité. Cette ambition, largement instrumentalisée par ses ennemis au cours des années suivantes, marque le premier signe d’un déclin dans ses rapports avec Napoléon. L'Empereur aurait un jour déclaré au maréchal : « eh bien, Davout, les commérages disent que vous êtes devenu obsédé avec l’ambition et que vous travaillez à devenir le roi de ce pays »[93].

Campagne d'Allemagne et d'Autriche (1808 - 1809)

« Regardez ce Davout comme il manœuvre. Il va encore me gagner cette bataille-là ! »

— Napoléon, le quatorze heures, sur les hauteurs de Lintach - Campagne d'Eckmühl[94].

Au printemps 1808, le climat change brusquement. Le soulèvement de Madrid puis la promotion de Joseph Bonaparte au trône d'Espagne attisent le désir de revanche des chancelleries européennes[95]. Napoléon, qui est contraint d'intervenir personnellement en Espagne, nomme par décret du Davout au commandement de la nouvelle armée du Rhin[96]. Il dispose à ce titre de l'ensemble des troupes stationnées en Allemagne, soit un total de 100 000 hommes[97] ; chiffre considérable qui mesure la confiance que l'Empereur lui porte.

Le , l'Autriche envahit la Bavière sans déclaration de guerre. Berthier, qui, en l'absence de Napoléon, détient le commandement des opérations sur ce front, multiplie au cours de ce début de campagne les ordres et les contres-ordres à l'attention du corps de Davout fraîchement reconstitué. Le 3e corps, qui couvre la rive nord du Danube, reçoit l'ordre d'effectuer un mouvement rétrograde sur Ratisbonne[98]. Malgré de vives protestations face à cette décision qu'il juge insensée[99], Davout est contraint de s'incliner face à un ordre formel[98]. Rentré d'Espagne le , Napoléon prend la mesure de l'erreur commise par Berthier : « ce que vous avez fait là me parait si étrange que si vous n'étiez pas mon ami, je pourrais croire que vous me trahissez car enfin, Davout se trouve en ce moment plus à la disposition du prince Charles qu'à la mienne ! »[100]. De cet épisode naît une haine profonde et mutuelle entre les deux maréchaux. Berthier est humilié publiquement tandis que Davout, dangereusement isolé sur la ligne de front, est contraint d'évacuer en toute hâte sa position.

Le maréchal Davout en campagne, par Louis Bombled.

Le au matin, alors que Davout évacue Ratisbonne, l'archiduc Charles parvient à accrocher le 3e corps à Teugen-Hausen sur la route de Neustadt[101]. Les troupes autrichiennes, dispersées et lentes à manœuvrer, laissent au 3e corps, privé de son artillerie ainsi que de ses deux divisions de tête, le temps de s'installer solidement sur les hauteurs du Kirchberg[102]. Davout, n'ayant que les divisions Saint-Hilaire et Friant à opposer au 3e corps autrichien d'Hohenzollern, parvient à se servir du paysage morcelé et boisé, propice aux harcèlements des tirailleurs, pour repousser les assauts des Autrichiens et leur infliger de lourdes pertes. Peu habitués à combattre sur un terrain limitant les grandes manœuvres et ce face à un adversaire sachant tirer parti des avantages du terrain, les Autrichiens ratent l'occasion offerte par l'erreur de Berthier d’anéantir l'un des corps d'élite de l'armée napoléonienne.

La campagne d'Eckmühl dite des « Quatre-Jours » se poursuit le pour Davout. Sa jonction opérée avec les forces de Lefebvre le 20 lui permet d'attaquer près d’Eckmühl ce que Napoléon pense être l'arrière-garde autrichienne. Les troupes qu'il conduit se trouvent en définitive rapidement engagées contre cinq corps d’armée dirigés par l'archiduc Charles[103]. Malgré la disproportion des forces, Davout parvient à conserver l'initiative et à se rendre successivement maître de plusieurs positions clés[104]. Par son activité, son sens tactique et son utilisation intensive de l'artillerie, qu'il dirige personnellement une grande partie de la journée[105], Davout réussit à fixer l'armée autrichienne qui, craignant de faire déjà face à Napoléon, reste ce jour-là, au rebours de ses projets, sur une prudente expectative[Note 10]. Napoléon, qui n'a pas accordé jusqu'ici une foi entière aux nombreux courriers de Davout faisant état de la supériorité numérique des troupes qui lui sont opposés depuis trois jours, finit par se rendre à l'évidence au soir du 21. Il se résout à marcher, à la suite de sa victoire à Landshut, en direction d'Eckmühl et charge le 3e corps d'attaquer le centre ennemi dès l'arrivée de son avant-garde.

Les Autrichiens, peu fixés dans leurs intentions, restent inactifs le jusqu'à ce que Davout lance, conformément aux ordres reçus, son attaque sur les lignes autrichiennes. Il parvient avec 30 000 hommes à prendre les villages d'Unter et d'Ober-Leuchling et à repousser, après d'âpres combats et de violents duels d'artillerie, le corps de Rosenberg vers la chaussée d'Eckmühl. Son centre enfoncé, sa gauche acculée par les forces combinés de Lannes et de Vandamme, le prince Charles n'a plus d'autres choix que de se retirer sur Ratisbonne et de sacrifier sa cavalerie lourde pour couvrir sa retraite. Le maréchal Davout, pour avoir si exactement rempli les intentions de l'Empereur au cours de ce début de campagne, reçoit le titre de prince d'Eckmühl.

Après la prise de Ratisbonne le [106], l'armée impériale amorce son mouvement sur Vienne. Le 3e corps, laissé en arrière-garde, ne fait son entrée dans la capitale autrichienne que le , au premier soir de la bataille d'Essling. La victoire qui semble se dessiner pour les Français le 21 leur échappe le 22. Le Danube en crue disloque les ponts et isole Napoléon ainsi que la moitié de l'armée sur la rive gauche du Danube. Davout, impuissant, ne peut qu'assister à la lutte de 50 000 Français contre 90 000 Autrichiens[107]. Prenant en charge le sauvetage de l'armée, Davout organise la réparation des ponts, la réquisition des bateaux et des munitions[108] afin d'approvisionner au plus vite l'armée[109]. Il parvient dans ce laps de temps à contenir également l'insurrection qui menace à Vienne en dispersant les attroupements à l'aide des cuirassiers de Nansouty et de l'infanterie de Morand[110]. Dans la nuit du 22 au , le premier pont est opérationnel. Davout se place alors en personne à son entrée pour organiser, sous le feu de l'ennemi, l'évacuation des blessés et l'arrivée des renforts[111]. La situation de l'armée française stabilisée, les deux armées se retranchent progressivement sur leurs rives et se livrent au cours du mois de juin à des duels à distance.

L'Empereur Napoléon Ier à Wagram, juillet 1809 par Hippolyte Bellangé (1841). Napoléon observe sur sa droite les colonnes de fumées dépassant de la tour de Markgrafneusiedl qui annonce le succès de Davout et par conséquent celui de la journée[112],[113].

L'arrivée le de l'armée d'Italie[114], commandée par le prince Eugène, permet à Napoléon d'envisager une nouvelle bataille. Le 3e corps, dispersé depuis plus de deux mois, est finalement regroupé sous l'autorité de Davout. Aux divisions Gudin, Friant et Morand, surnommés par Napoléon le « brelan », vient également s'ajouter la division Puthod[115]. Le 3e corps, qui forme l'aile droite de l'armée, marche le sur la route Vienne-Brünn sans rencontrer de réelle opposition. Ce n'est qu'à 19 heures qu'ordre est donné par Napoléon de prendre le village de Neusiedl, position clé dans la prise du plateau de Wagram[116]. Toutefois, en raison d'un ordre tardif et d'un manque de coordination avec les corps d'Oudinot et de Bernadotte, l'attaque manque d'ensemble et finit par échouer face à des forces autrichiennes bien retranchées[116]. Cet échec contraint Napoléon à laisser l'initiative aux autrichiens[117]. Seul Davout, reçoit, en prévision de la journée du 6, un ordre de mouvement visant à déborder l'armée autrichienne par la droite[117].

Le , à l'aube, le corps de Rosenberg franchit la Russbach et prend d'assaut la droite française. Le 3e corps, qui se prépare à passer à l'offensive, repousse l'attaque et fait près de 800 prisonniers[118]. Davout, souhaitant économiser le sang de ses hommes, décide — malgré la vive insistance de Napoléon — de ne pas poursuivre les Autrichiens et de faire précéder l'assaut de son infanterie par une intense préparation d'artillerie. Le 3e corps attaque, deux heures plus tard, le corps de Rosenberg, le culbute avant d'aborder sous un feu nourri les hauteurs fortifiées de Markgrafneusiedl que ses soldats parviennent à prendre sous les yeux de l'armée française, laquelle attend dans la plaine le succès de ce mouvement, d'autant plus important qu'elle connaît, sur sa gauche, de sensibles revers. Le maréchal Davout poursuit alors sa marche victorieuse sur Wagram, qu'il enlève conjointement avec Oudinot, forçant ainsi les Autrichiens à battre en retraite.

Le 3e corps comptabilise à lui seul au cours de cette journée 6 000 tués ou blessés, soit l’effectif d'une division[119]. Davout et la plupart des officiers généraux ont été démontés, Gudin blessé à plusieurs reprises est évacué du champ de bataille. Les Autrichiens, battus à Znaïm le , finissent par demander un armistice qui est signé à Schönbrunn le .

Davout et l'Allemagne (1809-1812)

Le maréchal Davout par Bénédict Masson.

Après avoir réorganisé les unités du 3e corps durement touchées au cours de la précédente campagne, le maréchal rentre à Paris en . Il assiste en sa qualité de prince d'Empire à l'arrivée de Marie-Louise à Compiègne puis aux cérémonies du mariage impérial[120]. Il participe également le à la translation des cendres du duc de Montebello au Panthéon et prononce, au nom de l'armée, son oraison funèbre[121].

Rentré en à son quartier général d'Erfurt, Davout est nommé gouverneur général des villes hanséatiques en addition à ses fonctions de Commandant en chef de l'Armée d'Allemagne. Il doit alors équiper, armer et entraîner les nouveaux contingents, français comme étrangers qui lui sont envoyés mais également renforcer la mise en application du blocus continental, administrer les territoires occupés par ses troupes et surveiller l'opinion des territoires placés sous son autorité ainsi que de la Prusse, de la Pologne et de la Russie[80]. Il s'occupe de toutes ces tâches avec l'énergie et la minutie qui lui sont coutumiers, non sans se créer de nouvelles inimitiés, à commencer par le roi de Prusse qui lui fait parvenir le , une provocation en duel auquel, sur ordre de Napoléon, il ne répond pas[122].

Remettant de l'ordre dans le nouveau département français des Bouches-de-l'Elbe, Davout parvient en quelques mois à limiter drastiquement le trafic de contrebande dans la région, avec pour conséquence l’asphyxie de son économie et un vif ressentiment de la population hambourgeoise à son égard[123]. Il démantèle, au cours de son mandat, un système de corruption et de malversations financières à grande échelle visant à contourner le blocus continental et impliquant de nombreux dignitaires d'Empire[124],[125] dont Bourrienne, ministre de France à Hambourg et ancien secrétaire personnel de Napoléon[124].

En , confronté au réarmement de plus en plus ostensible de la Prusse, Napoléon ordonne à Davout de prendre ses dispositions pour marcher sur Berlin et occuper les principaux ports et villes prussiennes. La simple concentration des troupes françaises dirigées par le vainqueur d'Auerstaedt suffit à mettre un terme aux velléités du roi de Prusse qui s'empresse de sceller une nouvelle alliance avec la France[126]. En 18 mois, Davout a réussi à faire des 150 000 hommes qu'il a sous ses ordres un ensemble cohérent et solide[127]. Seule la Russie semble avoir encore la volonté et la capacité de défier l'Empire français, en massant ses troupes à sa frontière avec le duché de Varsovie et en donnant libre accès aux navires anglais dans ses ports.

La campagne de Russie

« Si Davout avait été dans cette campagne ce que je l'avais toujours connu, l'armée russe aurait été entièrement détruite, et de bien grands malheurs n'auraient pas eu lieu. »

— Napoléon, le à Saint-Hélène[128].

Le maréchal Davout et son état-major en campagne par Henri-Louis Dupray.

Le , le 3e corps est officiellement renommé 1er corps de la Grande Armée. Il reçoit en addition des divisions Friant, Gudin et Morand les divisions Compans et Dessaix, faisant de ce corps de 72 000 hommes[129], le plus étoffé de l'armée française à l'ouverture de cette campagne[129].

Première force française à franchir le Niemen le [130],[131], le 1er corps participe à l'avancée de la Grande Armée qui permet la prise rapide de Vilnius[131]. Les Russes, surpris par la soudaineté de l'offensive française, laissent un vide entre leurs armées en précipitant leur retraite. Profitant de cette erreur tactique, Davout est chargé de poursuivre Bagration en direction de Minsk avec deux de ses divisions tandis que le corps de Jérôme doit l'attaquer sur ses arrières[132]. Toutefois, la lenteur et le manque d'entrain affiché par le cadet de la famille Bonaparte[133] viennent compromettre la manœuvre et obligent Davout à faire prématurément valoir un ordre écrit de l'Empereur, lui octroyant toute autorité sur ses troupes[134]. Jérôme, vexé d'être, à la suite de son laxisme, placé sous les ordres d'un simple maréchal, quitte l'armée[134], laissant ainsi à Bagration la possibilité d'échapper à un anéantissement certain[135].

Davout, contraint de limiter ses ambitions à la suite de cet incident, parvient toutefois à barrer la route de Vitebsk à Bagration près de Mohilev, sur les bords du Dniepr. A la tête des divisions Compans et Dessaix[136], il s'oppose durant toute la journée du à la seconde armée de l'Ouest russe, composée de quatre divisions et d'un corps d'armée en réserve[137]. Reproduisant le schéma tactique d'Auerstaedt[137] visant à choisir méticuleusement son terrain, à fortifier ses positions et à attendre l'ennemi, Davout repousse de 7 heures à 16 heures les assauts répétés du général Raïevski. Les Russes ne pouvant, en raison de la configuration du terrain, qu'engager des effectifs réduits sans possibilité de les appuyer par leur cavalerie ne peuvent percer et finissent, après 9 heures d'un sanglant combat, par se retirer[138]. La route de Vitebsk coupée, Bagration est contraint d'effectuer un détour par l'est pour retrouver Barclay de Tolly à Smolensk, laissant 4 000 soldats russes blessés ou tués sur le champ de bataille contre 1 000 pour les Français[138].

Le , le maréchal retrouve l’Empereur devant Smolensk. Napoléon espère que les Russes, désireux de défendre la ville, accepteront enfin de lui livrer bataille[139]. Davout, placé au centre, dirige l'assaut principal à la tête des divisions Friant, Gudin et Morand, remises à disposition du 1er corps. Les Russes opposent tout d'abord une forte résistance avant de reculer puis décrocher à la faveur de la nuit[140]. Installé dès le lendemain à Smolensk, Napoléon hésite à poursuivre la campagne. Autour de lui, les avis sont partagés. Le maréchal Davout qui, dans sa poursuite des forces de Bagration, n'a pas eu à souffrir des conséquences de la politique de la terre brûlée, prend position pour marcher sur Moscou[141].

Le , reprenant la poursuite des forces russes, Ney se heurte à leur arrière-garde sur la colline de Valoutina. Le général Gudin, fidèle divisionnaire et ami personnel de Davout, envoyé par l'Empereur à la tête de sa division pour débloquer la situation, y trouve la mort. Très affecté, le maréchal pleure en apprenant la nouvelle[142]. En relève de Ney, dont les troupes sont harassées, Davout est alors placé au service de l'avant-garde au côté de Murat. Connaissant les deux maréchaux et leurs caractères antagonistes, l'Empereur décide de n'en subordonner aucun à l'autre afin de ménager leur susceptibilité ; une disposition compliquant d'autant le commandement de l'ensemble[143]. De réconciliations factices en menaces de duel, cette pénible cohabitation (dont aucun des deux protagonistes ne sort grandit), dure jusqu'à la bataille de la Moskova[144].

L’artillerie du général Friant canonne les « flèches de Bagration ». Détail du Panorama de Borodino par Franz Roubaud (1912).

Le , sur la route de Moscou, l'avant-garde française bute à Borodino sur l'armée russe retranchée derrière un large dispositif défensif. Après avoir enlevé la flèche isolée de Chevardino[145] puis effectué une reconnaissance des lignes ennemies le 6, Napoléon réunit un conseil de guerre pour élaborer la stratégie du lendemain. Davout, qui est destiné à combattre l'aile gauche russe, propose d'opérer avec ses cinq divisions et les troupes de Poniatowski un large mouvement tournant pour la bousculer puis l'envelopper. Malgré l'entêtement du maréchal, l'Empereur décide que le mouvement est trop risqué[Note 11]. La crainte que l'armée russe ne lui échappe une nouvelle fois le pousse à privilégier un choc frontal[147]. L'insistance de Davout est telle qu'elle finit par irriter l'Empereur qui le rabroue publiquement : « Ah ! Davout, vous êtes toujours pour tourner l'ennemi. C'est un mouvement trop dangereux ! »[148].

À la tête de trois de ses divisions — celles de Gérard (ex-Gudin) et Morand ayant été détachées auprès du prince Eugène —, Davout reçoit pour mission d'enfoncer la gauche russe, couverte par les flèches dites de Bagration[149]. La flèche la plus au sud de ce dispositif est attaquée dès l'aube par les divisions Compans et Dessaix. Les Français, canonnés massivement par l’artillerie russe, avancent péniblement[150]. Les fortes pertes subies finissant par ébranler la confiance de ses troupes, Davout est contraint de diriger personnellement l'un de ses régiments lorsqu'un boulet vient le frapper. Sa chute est si violente que Sorbier, témoin de la scène[151] annonce sa mort à Napoléon, qui envoie Murat le remplacer et Larrey lui porter les premiers secours. Le boulet, amorti par son cheval qui est tué sur le coup et par l'un de ses pistolets, qui est brisé dans la fonte, le laisse miraculeusement en vie, lui occasionnant une perte de connaissance et une blessure au ventre[152].

Après avoir changé de mains à cinq reprises au cours de la matinée, les flèches restent à partir de midi en la possession des corps de Davout et de Ney. Davout poursuit alors sa difficile progression face aux réserves de Koutouzov lancées sur son aile gauche lorsqu'il est touché, au niveau de la cuisse, par des biscaïens[153]. Son chef d'état-major, le général Romeuf, est, lui, tué par un boulet. Fortement commotionné, le maréchal ne tient dès lors que péniblement à cheval et en est réduit à donner l'exemple le reste de la journée[154]. Le 1er corps perd au cours de la bataille son chef d'état-major, tué, ainsi que tous ses divisionnaires, blessés, à l'exception de Gérard. Les généraux Dessaix, Morand, Friant, grièvement touchés, sont même dans l'incapacité de poursuivre la campagne[150]. En quinze jours, Davout perd les trois divisionnaires qu'il commande depuis 10 ans. Le maréchal, lui-même, est blessé au combat pour la première fois de sa carrière. Cantonné à un rôle secondaire au cours de cette bataille, en raison de l'absence de véritable manœuvre, et dépossédé de deux de ses divisions d'origine, son impact sur l'issue de la bataille reste limité[150].

La retraite de Russie

« On le voyait encore, suivant son habitude, s’arrêter à tous les défilés, et y rester le dernier de son corps d’armée, renvoyant chacun à son rang, et luttant toujours contre le désordre. Il poussait ses soldats à insulter et à dépouiller de leur butin ceux de leurs compagnons qui jetaient leurs armes ; seul moyen de retenir les uns et de punir les autres. »

— Description du maréchal Davout lors de la retraite de 1812 par le comte de Ségur[155].

Le maréchal Davout au monastère de Tchoudov, Moscou par Vassili Verechtchaguine (1900).

Davout entre dans Moscou avec les blessés le au soir. Le 16, la ville commence à brûler. La prise de Moscou, ce qu'aucun peuple européen n'a réussi jusqu'alors, connaît un grand retentissement en Europe[156]. Napoléon, persuadé qu'avec la chute de son ancienne capitale et les pertes infligées à son armée, le tzar Alexandre serait dans l'obligation de demander la paix, voit ses espoirs s'écrouler. Après cinq semaines d'occupation et l'arrivée des premiers froids, la retraite est ordonnée[157].

Le , au départ de Moscou, le 1er corps ne compte plus que 25 000 hommes, dont 1 500 cavaliers[158]. Le plan, suggéré par Davout et arrêté par l'Empereur, consiste à éviter les contrées ravager à l'aller et à rentrer en Europe par une route plus méridionale, mais la pression exercée par les forces de Koutouzov, notamment à Maloyaroslavets, pousse Napoléon à bouleverser ses plans et à réemprunter la route menant à Smolensk. Placé à l'arrière-garde, le 1er corps est alors confronté aux destructions et maraudes opérées par les corps qui le précèdent et qui le laissent sans ressources[Note 12]. Les routes encombrées par les traînards et piétinées par la multitude se transforment en bourbiers et fournissent à l’ennemi de fréquentes occasions de les retarder. Napoléon, informé par le maréchal des conditions de sa retraite, n'y trouve que des motifs de reproche à lui adresser[Note 13] et envoie Ney, le remplacer[161].

La bataille de Viazma du 03 novembre 1812 par Peter von Hess (1812).

Le , au moment d'atteindre Viazma que garde le corps de Ney, Davout est attaqué, ainsi que les troupes d'Eugène qui le précèdent, par le corps du général Miloradovitch et les cosaques de Platov. Menacés d'être coupés, les deux commandants de corps français, conjuguant leurs efforts, parviennent à gagner la ville au prix de lourdes pertes et dans une confusion jusqu'alors inédite, qui frappe les esprits : « L'ennemi, [...] perdit beaucoup de monde, sans obtenir d'autre résultat que d'avoir fait beaucoup de mal au 1er corps, dans lequel il se manifesta quelque désordre au moment où il dépassa celui du Vice-roi. Ce désordre fut encore plus grand au passage du pont de Viasma. Jusque-là et tant qu'il avait dû, seul, faire face aux attaques de l'ennemi, le 1er corps avait soutenu l'honneur de sa réputation, quoique vivement harcelé et entamé par l'artillerie. On remarqua ce désordre momentané, parceque c’était la première fois que cette valeureuse infanterie rompait ses rangs et obligeait son tenace chef à céder. [...] C'est de là que datent la désorganisation et nos malheurs. Ce 1er corps qui était le plus nombreux, le plus beau, l'émule de la Garde en entrant en campagne, était alors le plus défait et le mal ne fit que s’accroître. »[162].

Le , le 1er corps atteint Smolensk avec 12 000 hommes et 24 pièces de canon[163]. Il en repart le 16, avec moins de six jours de provisions[164]. Les Russes, réitérant leur stratégie de Viazma, profitent de la marche en échelon opérée par l'armée française pour s'intercaler entre les corps français et leur barrer la route en avant de Krasnoï. Informé de la situation du corps d’Eugène, qui ne doit son salue qu'au sacrifice de la division Broussier[165], le 1er corps parvient, en dépit des ravages causés par l'artillerie russe, à effectuer sa jonction avec la Jeune Garde de Mortier envoyée à son secours. Il profite de l'indécision du commandement russe[165] pour percer les lignes adverses à la suite d'un assaut initié par la division Morand. Les bagages du 1er corps sont abandonnés dans la retraite[165], y compris les équipages personnels de Davout dont son bâton de maréchal, aujourd'hui exposé à Moscou[166].

Le 1er corps, exsangue, ne se résume dès lors plus qu'à une masse de piétons : « le maréchal lui-même avait tout perdu ; il était sans linge et exténué de faim. Il se jeta sur un pain qu'un de ses compagnons d'arme lui offrit et le dévora. »[155]. Napoléon qui ne peut se résoudre à abandonner Ney, charge alors Davout d'attendre « le temps qu'il jugerait convenable » le 3e corps qui ferme la marche. Menacé de voir sa retraite coupée, sans possibilité de communiquer avec Ney et avec moins 5 000 hommes en état de combattre[167], Davout décide, sous −25 °C et après de longues heures d'attente, d'abandonner le 18 au soir ses positions pour rejoindre Napoléon à Orcha. Ney, qui trouve la route de Krasnoï coupée, réalise une percée héroïque par le nord qui lui permet, alors qu'on le croit perdu, de rejoindre finalement l'armée. Davout, bien que dans l'impossibilité matérielle de lui porter assistance, est vertement critiqué et publiquement accusé de l'avoir abandonné[168],[Note 14].

Du 27 au , le maréchal organise, sur la rive gauche de la Bérézina, le passage de son corps (réduit à quelques centaines d'hommes[Note 15]), de l'artillerie ainsi que de tous les traînards[171]. L'armée sauvée, Napoléon annonce son départ pour Paris et son remplacement par Murat qui s'acquitte de cette tâche jusqu'au , date à laquelle il regagne son royaume. Ne pouvant alors justifier d'une permission impériale, Murat se lance dans une violente diatribe contre l'Empereur au cours de laquelle il déclare ne plus vouloir servir un « insensé »[172]. Ces mots sont l'occasion d'une nouvelle altercation entre Davout et Murat qui l'accuse « d'une noire ingratitude », lui rappelant « qu'il n’était roi que par la grâce de Napoléon et du sang français »[173].

Campagne d'Allemagne (1813)

Carte du siège de Hambourg (1813 - 1814).

A la suite de la retraite de Russie, Davout, isolé en Allemagne et sans ordre de Paris, s’attelle à réorganiser l’armée et à assurer la défense de l’Oder[174] puis de l’Elbe[175]. Ses mesures immédiates permettent de renforcer, face à l'avancée russe, les citadelles de Stettin et de Custrin qui ne capitulent respectivement que le et le [176]. Sans commandement fixe, le maréchal organise du 13 au , la défense de Dresde. Il s'attire, à cette occasion, les foudres de la population allemande[Note 16], alors en pleine fermentation nationaliste[178], en faisant sauter une partie du pont Auguste[179].

Nommé à partir d', au commandement de l’aile gauche de l'armée, avec siège à Hambourg, Davout parvient à soumettre cette région, soulevée contre l'autorité française, avant la signature de l'armistice de Pleiswitz. Souhaitant faire un exemple de ces départements hanséatiques, Napoléon ordonne une répression sévère[180] que Davout parvient toutefois à tempérer[181] jusqu'à obtenir la promulgation d'une amnistie le 26 juillet[182].

Le , en remplacement du 1er corps, le 13e corps, fraîchement constitué de 30 000 jeunes recrues, est placé sous son commandement[183]. Il comprend, en plus des unités françaises, une division danoise commandée par le Prince de Hesse[183]. L'armistice n'étant pas reconduite et la Prusse s'étant rangée dans le camp ennemi, Napoléon décide de monter une offensive visant Berlin[184]. Dans cette optique, le 13e corps se voit chargé de contenir l'armée alliée commandée par Bernadotte dans le Nord de l'Allemagne, puis d'appuyer le mouvement des forces françaises dans leur action contre la capitale prussienne. Le , Davout lance les hostilités en Mecklembourg, perce la ligne de défense ennemie[185] et atteint Wismar puis Schwerin[185] ; mais l'entrée en guerre de l'Autriche, contraint l'Empereur à bouleverser ses plans[185]. Sa campagne commencée victorieusement tourne court, l'éparpillement de ses forces, nécessité par la nouvelle situation, entraîne les défaites successives des différents chefs de corps français[185].

Davout, invaincu mais isolé, ne reçoit dès lors plus aucune communications du Q.G. impérial[186]. Livré à lui-même, il se replie sur le secteur de Hambourg et fait fortifier la ville, ainsi que Harbourg, qui ne comportent pas de défense[185]. Il emmagasine 9 mois de vivres, chasse les bouches inutiles sur la ville neutre d'Altona[187] et fait raser les habitations construites sur les glacis afin de dégager les champs de tir et éviter les infiltrations ennemies[188]. Enfin, devant la passivité des notables et des commerçants à régler les contributions préalablement fixés, il fait saisir et mettre sous séquestre, conformément aux ordres de l'Empereur et aux lois de la guerre, la banque de Hambourg afin d'assurer les besoins de la défense et le maintien de l’ordre public[189],[Note 17].

Il tient ainsi la place tout l'hiver repoussant toutes les attaques d'un adversaire pourtant nettement supérieur en nombre et en moyens et effectue même au printemps 1814 plusieurs sorties destinées à se donner de l'air et à procurer du fourrage aux chevaux[191]. En vain, les armées russes, prussiennes et suédoises[Note 18], totalisant durant ce siège jusqu'à 120 000 hommes[186], cherchent-elles à s’emparer de la ville et à ébranler la fermeté du prince d’Eckmühl.

Il tient Hambourg jusqu'à l'abdication de Napoléon en . N'ayant aucune confiance dans les officiers russes qui lui livrent une guerre psychologique depuis plusieurs mois, il refuse d'accorder le moindre crédit aux affirmations du général Benningsen se déclarant porteurs d'instructions du gouvernement français[193] et fait tirer sur le drapeau fleurdelisé du roi de France, maladroitement hissé pour tenter de le convaincre[194]. Il ne consent à remettre la ville que le , au général Gérard, chargé officiellement par Louis XVIII de le relever de son commandement et de l'évacuer de Hambourg[195].

Première Restauration

Domaine de la famille Davout à Savigny sur Orge.

À peine rentré en France, le maréchal Davout se voit signifier par le ministre de la Guerre l'ordre de ne pas résider à Paris[196]. Il se retire alors dans son domaine de Savigny-sur-Orge[197]. Le , moins d'une semaine après son arrivée, le général Dupont de l'Étang l'informe que le roi a reçu des plaintes sur son comportement à Hambourg[197]. Trois accusations sont portées contre lui : avoir fait tirer sur le drapeau blanc après avoir acquis la certitude du rétablissement des Bourbons, avoir accaparé les fonds de la banque de Hambourg et avoir « commis des actes arbitraires qui tendaient à rendre odieux le nom français[196] ». Après avoir reçu fin juin les archives de son commandement, Davout rédige le Mémoire de M. le Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl au Roi qu'il envoie à Louis XVIII le [198]. Dans cet ouvrage d'une trentaine de pages, il réfute scrupuleusement toutes les accusations portées contre lui, sans céder au style courtisan en vogue à l'époque[199]. Le , le ministre de la Guerre l'informe que le roi a accepté son Mémoire, qu'aucune poursuite ne sera menée contre lui, et qu'il est même autorisé à publier le document pour faire taire les critiques[199].

Malgré cela, le maréchal est poursuivi par la vindicte des milieux ultra-royalistes et Louis XVIII est contraint de le maintenir en disgrâce[200]. Une démarche collective des maréchaux, y compris des très « en cour » Ney et Soult, ne parvient pas à faire infléchir la position du souverain[201]. Cette disgrâce a deux conséquences : la propriété de Davout devient assez vite un repaire de mécontents et de bonapartistes, et le maréchal lui-même n'est pas appelé à venir prêter son serment de fidélité au nouveau souverain[202]. C'est donc sans états d'âme qu'il rallie Napoléon dès son entrée aux Tuileries lors des Cent-Jours[203].

Les Cent-Jours

Après le retour de l’île d'Elbe, appelé par Napoléon Ier au ministère de la Guerre[7], Davout, de concert avec l’Empereur, organise en trois mois l’armée française en l'état où elle se trouvait avant les événements de 1814, et crée d’immenses ressources militaires pour la défense du pays. Toutes les mesures ont été prises pour que, dans le courant du mois d’août, 800 000 hommes soient sur pied, armés et équipés[204].

Fin de carrière

Tombe du maréchal Davout au cimetière du Père-Lachaise à Paris (28eme division).

Il reçoit le commandement général de l’armée sous les murs de Paris après la bataille de Waterloo, à laquelle il n’a pas participé. Le , il se dispose à livrer bataille à Wellington et à Blücher, lorsqu’il reçoit du gouvernement provisoire l’ordre de traiter avec l’ennemi. Ce même jour, il signe à Saint-Cloud la convention de Paris, d’après laquelle l’armée française doit se retirer derrière la Loire. Le , le prince d’Eckmühl se met à la tête des troupes qui abandonnent la capitale.

Avant de partir, il a fait disposer dans le fort de Vincennes environ cinquante mille fusils, en donnant des ordres au général Daumesnil pour que ce fort ne soit, en aucun cas, livré à l’étranger. Il organise l’armée française en deçà de la Loire, en faisant évacuer tous les objets de valeur du musée d’artillerie[Note 19].

Quand les Autrichiens franchissent le fleuve, il lui suffit de les menacer d’une bataille pour que ceux-ci fassent chemin inverse. Son seul nom suffisait à faire trembler ses adversaires, même après l’abdication de Napoléon.

Le maréchal fait sa soumission au gouvernement royal le , au château de la Source, près d'Orléans (actuel siège de l'université). Il remet le commandement de l’armée au maréchal Macdonald, chargé de la licencier. Quand il a connaissance de l’Ordonnance du 24 juillet 1815, qui proscrit les généraux Gilly, Grouchy, Exelmans, Clauzel, etc., il écrit au maréchal Gouvion-Saint-Cyr, ministre de la Guerre, pour demander qu’on substituât son nom à celui de ces généraux, attendu qu’ils n’ont fait qu’obéir à ses ordres. Sa lettre restera sans réponse.

Retiré sur ses terres, il revient toutefois pour défendre Ney, mis en accusation[Note 20] mais en vain. Privé de ses traitements, il connut une période difficile qu'il passe à Louviers[205] avant de recouvrer finalement ses titres en 1817 (le , il reçoit des mains du roi son bâton de maréchal)[Note 21]. Il ne parut à la cour de Louis XVIII qu’en 1818.

Le , il est élevé à la pairie avec le titre héréditaire de duc, le il rentre à la Chambre des pairs et se rallie complètement à la cause de la Restauration. Il est élu maire de Savigny-sur-Orge de 1822 à 1823, ainsi que son fils de 1843 à 1846 et plus tard son beau-fils, le comte Vigier. Une des places principales de la ville porte leur nom.

Davout meurt le , dans l'hôtel parisien du 107, rue Saint-Dominique[2] de phtisie pulmonaire. Il est enterré à Paris, au cimetière du Père-Lachaise (28e division) dans une sépulture qu’il a fait préparer pour sa famille. Sa veuve revend en 1838 l'hôtel de Monaco, son hôtel particulier, au banquier William Hope.

À Sainte-Hélène, Napoléon déclare au sujet de Davout : « il a fini par trahir comme les autres quand il a vu ma cause en péril, et, quand il l'a vue perdue, il a voulu conserver ses honneurs et tout ce qu'il me devait de richesses et de grandeurs ; il m'a mal servi […] Vous ne connaissez pas les hommes, vous ne connaissez pas Davout comme moi »[206].

Activité municipale

Il a été maire de la ville de Savigny-sur-Orge de 1822 à sa mort en 1823.

Titres et distinctions

Davout est fait duc d'Auerstaedt par lettres patentes du [80] et prince d'Eckmühl par lettres patentes du [80].

Il se voit attribuer, en outre, plusieurs décorations françaises et un nombre exceptionnel de décorations étrangères :

Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Est, 13e et 14e colonnes.

Françaises:

Étrangères:

Armoiries

Figure Blasonnement
Blason fam fr d'Avout (Ancien Régime).svg Armes des d'Avout

De gueules, à la croix d'or chargée de cinq molettes de sable.[210]

  1. Justum et Tenacem
  2. Virtuti Pro Patria
  • Adage : « Quand un Davout sort du berceau, une épée sort de son fourreau. »[1]
Orn ext Maréchal-Duc de l'Empire GCLH.svg
Blason Louis Nicolas d'Avout (1770-1823).svg
Armes de Davout

D'or, à deux lions léopardés rampants de gueules, tenant de la patte dextre une lance polonaise de sable, l'un en chef à dextre, et le second contourné en pointe à sénestre, bordure componée d'or et de gueules ; au chef des ducs de l'Empire brochant.[211],[212].

Maréchal de l'Empire (), 1er duc d'Auerstaedt et de l'Empire (, lettres patentes du ), 1er prince d'Eckmühl et de l'Empire (, lettres patentes signées au palais de Schönbrunn), pair de France ( - Cent-Jours), duc et pair (le , lettres patentes du ).

Œuvres

  • Mémoire de M. le Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl au Roi, Paris, Éditions Gabriel Warée, Réimpression par les Éditions Berger-Levrault, 1814 (réimp. 1890), 172 p. (lire en ligne).
  • Correspondance du maréchal Davout, prince d'Eckmühl : ses commandements, son ministère, 1801-1815. : avec introd. et notes, par Ch. de Mazade, vol. 4, Paris, Éditions Plon, (lire en ligne).
  • Le Maréchal Davout, Prince d'Eckmühl. Correspondance inédite (1790-1815). Pologne, Russie, Hambourg., Paris, Éditions Perrin, (lire en ligne).
  • Opérations du 3e corps (1806-1807) : Rapport du Maréchal Davout, Duc d'Auerstaedt, Paris, Éditions Calmann-Lévy, , 385 p. (lire en ligne).

Les papiers personnels de Louis Nicolas Davout sont conservés aux Archives nationales sous la cote 133AP[213].

Mémoire

Hommages

Notes et références

Notes

  1. Une nomination probablement aidée par l’intervention de son oncle paternel, alors major à Royal-Champagne.
  2. Ces convictions se renforcent à la faveur d'une circonstance familiale. Le , sa mère épouse en secondes noces Louis Turreau de Linières, ancien officier acquis aux idées nouvelles, membre de la Convention et partisan de la mort du roi ; ce dernier a une influence certaine sur le jeune Davout[11]
  3. Les volontaires présentent la particularité, contrairement aux soldats de tradition, de pouvoir choisir leurs officiers et sous-officier par voie d’élection.
  4. Joignant le geste au principe, une loi d'exception dite « Loi des suspects » sera voté, un mois plus tard le , afin de pouvoir purger la société ainsi que les armées des nobles, jugés comme étant des ennemis naturels de la révolution : « Sont réputés suspects les ci-devant nobles qui n'ont pas constamment manifesté leur attachement à la Révolution ».
  5. La flotte française ne transporte à son départ de Marseille que 300 chevaux pour 2 800 cavaliers, un faible nombre de montures que l’épreuve de la traversée diminue encore[36].
  6. Le lendemain de cette action qui faisait présager la chute imminente du fort, le général Menou, alors chargé de la conduite des opérations, écrit à Bonaparte : « bonne nouvelle ! Le général Davout s’est conduit avec la plus grande distinction. À la tête de la 22e, un bataillon de la 25e, de la 18e et de trois compagnies d’éclaireurs, il a repris le village entier jusqu’au fort, une pièce de 8 et deux de 16 qu’on vient d’enclouer. Ils ne s’attendaient pas à une attaque aussi vigoureuse ! ».
  7. Dans une lettre adressée à Bonaparte en date du 11 février 1801, Davout décrit Brune comme étant un commandant : « sans talents, sans courage, sans caractère et sans bonne foi ! », SHAT, Vincennes, dossier K1-50.
  8. Le comte de Ségur déclare dans ses mémoires : « Il semblait qu'en lui, l'Empereur eût voulu récompenser surtout des services privés et qu’il avait moins consulté la renommée que le dévouement à sa personne ». In Philippe-Paul de Ségur, De 1800 à 1812, un aide de camp de Napoléon : mémoires du général comte de Ségur, t. 1, Paris, , p. 308.
  9. Correspondance de Davout à Berthier : « Tout concourt à démontrer que l'armée prussienne, massée entre Erfurt et Weimar, a été prise de vitesse par l'armée française qui a gagné une à deux marches sur elle. Quelle fasse retraite par Leipzig ou par Magdebourg, elle sera surprise à revers »[73].
  10. Rapport de la deuxième division du 3e corps : « cette journée n'offre pas, comme celle du 19 avril, de résultat éclatant ; cependant la division a voulu prendre des positions et les a obtenues ; elle a voulu les conserver et elle les a maintenues ; elle a eu à combattre des forces triples et elle les a repoussées ».
  11. Proposition que les observateurs militaires de l'époque validèrent pourtant à posteriori. Jomini estime par exemple dans son Précis politique et militaire des campagnes de 1812 à 1814 que : « l'idée était excellente »[146]. Clausewitz qui fit campagne côté russe soutient la même opinion dans La Campagne de 1812 en Russie : « Si Napoléon avait essayé de tourner cette gauche non pas avec dix mille hommes mais avec cinquante mille, la bataille eut été décidée plus tôt et eut donné sans doute de plus grands résultats. ».
  12. La rareté des vivres est telle, que la cavalerie est incapable de jouer son rôle tant pour éclairer la marche que pour mener une charge.[159]
  13. Le général Pelleport déclare dans ses mémoires : « On se plaignait généralement du maréchal Davoust, trop méthodique pour une retraite irrégulière ; on le blâmait de s’arrêter trop souvent, de manœuvrer devant les Cosaques, et de ne pas faire la part du diable. Cependant il convient de faire remarquer, pour être juste envers le maréchal que des gués défoncés, des ponts rompus, et qu’une foule indisciplinable de traînards, à pieds, à cheval et en voiture, retardaient sa marche et fournissaient à l'ennemi de fréquentes occasions de l’inquiéter, de le serrer de près et de le forcer à combattre. »[160]
  14. Le général Caulaincourt déclare dans ses mémoires : « On ne peut se faire une idée du déchainement, de la rage qu'on manifesta contre le prince d'Eckmühl... On ne garda aucune mesure en parlant de lui et très peu même quand il vint chez l'Empereur et quand on le rencontrait. »[169]
  15. Davout ne réunit pas plus de 500 hommes autour de lui. La majorité a péri ou a été fait prisonnier, beaucoup cependant atteindront la Pologne par leurs propres moyens pour être réintégrés dans les premiers mois de 1813 au sein de leur régiment d'origine[167]. Après le passage de la Bérézina, le général Gérard lui montrant les soldats couchés autour d'eux, lui dit : « il y a six mois votre corps d'armée défilait devant cette grange dans laquelle il tient tout entier aujourd'hui. »[170]
  16. Le Lcol Charras déclare dans ses mémoires : « Le dommage était donc bien peu considérable et très facile à réparer… Elle souleva cependant tous les esprits du Niémen au Rhin et excita une véritable fureur contre Davout. Le roi de Saxe et sa cour, habituellement si circonspects, si timides, en jetèrent les hauts cris. Davout fut traité de vandale, de barbare et son nom fut voué à l’exécration du monde civilisé. »[177]
  17. Cette affaire, manipulée et amplifiée par la propagande d'alors, s'encra dans l'imaginaire allemand comme l'exemple type de l'arbitraire français. En 1890, soit 73 ans après les événements de Hambourg, le maréchal Von Moltke la brandissait encore pour soulever l'indignation des parlementaires allemands et leur arracher le vote des crédits de l'armée[190].
  18. Bernadotte, devenu roi de Suède, évita tout au long de l'année 1813 de se mesurer à Davout par prudence tactique autant que par calcul politique. Qu'il ait fixé son quartier général à Goettingen, à 200 km au sud de Hambourg, trahit son souci de ne pas exposer sa renommée à un contact trop direct avec son redoutable adversaire[192].
  19. Il a aussi fait évacuer, sur La Rochelle, le musée d’artillerie, et, pendant sa route, il fait jeter dans les places fortes près de treize mille pièces de canon qui sont ainsi conservées à la France.
  20. Lors du procès du maréchal Ney, Davout, interpellé sur l’extension que doit avoir la convention du 3 juillet, relativement au prince de la Moskowa, répond que, si la sûreté des militaires qui se trouvaient alors à Paris n’eût pas été garantie par les alliés, il n’aurait pas signé la convention et aurait livré bataille.
  21. Il vécut jusqu’en 1818 dans la disgrâce des Bourbons. On alla jusqu’à faire enlever son portrait de la salle des maréchaux aux Tuileries.

Références

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  2. a et b A. d’Avout, « Maison d’Avout : sa généalogie avec pièces à l’appui », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, Auxerre, s.n. (impr. de La Constitution), série IV (Ve de la série), vol. LV,‎ , p. 427 – 428 (lire en ligne).
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  30. a et b Reichel 1975, p. 274.
  31. a et b Charrier 2005, p. 62.
  32. Mémoires de Bourrienne, T. IV, Paris, 1829, p. 294 : « je l'avais pris pour une foutue bête, mais je ne le connaissais pas bien. Il vaut mieux que sa réputation, vous en reviendrez aussi ». Paroles de Napoléon à Bourrienne concernant Davout.
  33. a et b Charrier 2005, p. 67.
  34. Chénier 1866, p. 75.
  35. Reichel 1975, p. 280.
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  37. a et b Reichel 1975, p. 281.
  38. a b et c Charrier 2005, p. 78.
  39. a b c et d Reichel 1975, p. 291.
  40. Pierre de Pelleport, Souvenirs militaires et intimes, t. 1, Paris, , p. 167.
  41. a et b Reichel 1975, p. 292.
  42. a et b Charrier 2005, p. 83.
  43. Commandant Rougelin, Journal des campagnes, Paris, , p. 11. Rougelin fait dire à Davout au sujet de Kléber : « quand on capitule à la tête d'une pareille armée, on n'est pas digne de faire nommer un caporal ».
  44. Charrier 2005, p. 86.
  45. Reichel 1975, p. 295.
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  47. a et b Charrier 2005, p. 111.
  48. Charrier 2005, p. 90.
  49. a et b Reichel 1975, p. 297.
  50. Chénier 1866, p. 113.
  51. Reichel 1975, p. 305.
  52. Dezydery Chłapowski, Mémoires sur les guerres de Napoléon, 1806-1813, Paris, Plon, , p. 193. Chłapowski écrit à ce sujet : « il régnait toujours un grand désordre dans les armées de Napoléon. Un seul corps faisait exception : celui du maréchal Davout, qui se distinguait toujours par son ordre et sa discipline. »
  53. Armand de Caulaincourt, Mémoires du général de Caulaincourt, duc de Vicence, grand écuyer de l’empereur, Paris, Plon, , p. 342 : « les hommes du Premier Corps (Davout) étaient reconnaissables par leur belle allure et leur élégance. Venant de quartiers excellents, directement des mains de commandants qui les avaient entraînés longtemps et bien, ils pouvaient rivaliser avec la Garde ».
  54. Reichel 1975, p. 300.
  55. Charrier 2005, p. 124.
  56. Charrier 2005, p. 92.
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  59. Chénier 1866, p. 147.
  60. Chénier 1866, p. 148.
  61. a et b Charrier 2005, p. 143.
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  64. Général Mikhailovskii-Danilevskii, Relation de la campagne de 1805 (Austerlitz), Paris, J. Dumaine, , p. 243.
  65. a b et c Reichel 1975, p. 310.
  66. Général Mikhailovskii-Danilevskii, Relation de la campagne de 1805 (Austerlitz), Paris, J. Dumaine, , p. 268.
  67. Louis-François Lejeune, Souvenirs d'un officier de l'Empire, vol. 1, Paris, Firmin-Didot, , p. 38.
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  87. Pierre Berthezène, Souvenirs militaires de la République et de l'Empire, vol. 1, Paris, (lire en ligne), p. 128 : « il n'est pas inutile de remarquer que, jusqu'à l'arrivée du corps de Davoust, l'action fut indécise, et qu'ainsi l'on doit à son patriotisme le succès de la journée. Que serait-il arrivé en effet, si ce maréchal, se renfermant dans les règles ordinaires, eût attendu des ordres pour se porter au feu ? Non seulement la bataille eût été perdue, mais le salut même de l'armée eût pu être compromis ».
  88. Charrier 2005, p. 261.
  89. Charrier 2005, p. 268.
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  92. Józef Załuski, La Pologne et les Polonais, Paris, Librairie Dumineray, (lire en ligne), p. 51 : « de tous les maréchaux français que j'ai eu l'honneur de connaître, le maréchal Davout est celui qui a le plus apprécié les Polonais et, par la suite, leur a inspiré le plus de confiance et d'attachement. »
  93. Le Maréchal Davout prince d’Eckmühl : correspondance inédite 1790-1815 : Pologne, Russie, Hambourg, vol. 2, Perrin (Paris), , p. 261.
  94. Le maréchal Davout, prince d'Eckmühl, correspondance inédite, 1790-1815 : Pologne, Russie, Hambourg / A.-L. d'Eckmühl, Marquise de Blocqueville, Paris, Perrin (Paris), , 320 p. (lire en ligne), p. 109
  95. Charrier 2005, p. 296.
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  100. Anne Jean Marie René Savary, Mémoires du duc de Rovigo, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon, t. 4, Paris, , p. 69.
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  108. Jean-Baptiste Antoine Marcellin de Marbot, Mémoires du général baron de Marbot, t. 2, Paris, Plon, , p. 200 : « nous aurions totalement manqué de munitions sans l'activité du brave maréchal Davout ».
  109. Mémoires de Masséna, t. VI, Paris, Paulin & Lechevalier, 1849-1850, p. 261 : « le concours du duc d'Auerstaedt et de son état-major facilita cette opération laborieuse pendant la soirée et la journée du lendemain ».
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  112. Souvenirs du lieutenant général comte Mathieu Dumas : de 1770 à 1836., vol. I, Paris, Charles Gosselin, , p. 325
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  170. Vincent Bertrand, Mémoires du Capitaine Bertrand (Grande armée, 1805-1815), recueillis et publiés par le colonel Chaland de La Guillanche, Angers, , p. 163.
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  203. Jean-Claude Gillet, La part d'ombre des maréchaux de Napoléon, Bernard Giovanangeli Éditeur, (ISBN 978-2-7587-0092-0), p. 379
  204. C. Mullié indique que tous les ordres, toutes les instructions émises par le maréchal prince d’Eckmühl peuvent être considérés comme des modèles d’organisation tant pour l’offensive que pour la défensive. À Paris, on fabriquait ou l’on réparait jusqu’à 2 000 fusils par jour ; l’activité de toutes les manufactures d’armes fut quadruplée ; le ministre de la guerre fit donner à la cavalerie 12 000 chevaux de gendarmes tout dressés, et quinze jours après ceux auxquels on avait payé comptant le prix de leurs chevaux, se trouvaient déjà remontés.
  205. « Hôtel de Graveron, dit hôtel de la sous-préfecture. », notice no IA00019096, base Mérimée, ministère français de la Culture
  206. Charles-Tristan de Montholon, Récit de la captivité de l'Empereur Napoléon à Sainte-Hélène, t. 1, Paris, , p. 150.
  207. a et b Almanach impérial 1810.
  208. Base Léonore n° de notice : L0675037
  209. a b c d e f g h i et j André F. Borel d'Hauterive 1845, p. 95.
  210. Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. 1 et 2, Gouda, G.B. van Goor zonen, 1884-1887.
  211. Arnaud Bunel, « Héraldique européenne : France Maison ducale – 1er Empire - Avout Davout », sur blog personnel via Blogger (consulté le 9 décembre 2014).
  212. J. F. Jules Pautet du Parois (appartient aux manuels Roret), Nouveau manuel complet du blason : ou code héraldique, archéologique et historique, avec un armorial de l'Empire, une généalogie de la dynastie impériale des Bonaparte jusqu'à nos jours, etc., ect., Paris, Nicolas Roret, , 2e éd. (1re éd. 1842), VI-340 p., in-16° (lire en ligne), partie 5, « Signes distinctifs de la noblesse de l’Empire. Ornements extérieurs. Signes intérieurs », p. 185 (fig. 150 : vue 355/360), 195 (fig. 205 : vue 337/360).
  213. Archives nationales.
  214. Source : https://e-monumen.net/patrimoine-monumental/monument-au-marechal-davout-auxerre/.

Annexes

Sources et bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Pierre Charrier, Le Maréchal Davout, Paris, Nouveau Monde - Fondation Napoléon, , 806 p. (ISBN 2-84736-111-1). .
  • Daniel Reichel, Davout et l'art de la guerre : recherches sur la formation, l'action pendant la Révolution et les commandements du maréchal Davout, duc d'Auerstaedt, prince d'Eckmühl, 1770-1823, Neuchâtel, Delachaux et Niestlé, , 438 p. (ISBN 2603000373). 
  • Louis Joseph Gabriel de Chénier, Histoire de la vie militaire, politique et administrative du maréchal Davout, Paris, Éditions Cosse-Marchal, (lire en ligne). 
  • Frédéric Hulot, Le Maréchal Davout, Pygmalion, , 265 p. (ISBN 2-85704-792-4, notice BnF no FRBNF38978431). 
  • Jean Linden, Revue du Souvenir napoléonien : Davout, homme de devoir. 1. Le soldat., Paris, Souvenir napoléonien, , 303e éd., 20 p. (lire en ligne). .
  • Frédéric Naulet, Iéna et Auerstedt : La Prusse humiliée (14 octobre 1806), Paris, Economica, coll. « Campagnes & stratégies », , 245 p. (ISBN 978-2-7178-7065-7). 
  • Adélaïde-Louise d'Eckmühl de Blocqueville, Le maréchal Davout prince d’Eckmühl : raconté par les siens et par lui-même, Paris, Didier et Cie, 1879-1880, XVIII-394, II-474, 561 et 564 p., 4 vol. ; in-8°. 

Articles connexes

Liens externes