Liste d'associations scoutes françaises non agréées

L'une des particularités du paysage scout français est de compter de très nombreuses petites associations, non reconnues par les instances mondiales du scoutisme. La France en compte plus d'une soixantaine, à la taille très variable puisque si certaines atteignent ou dépassent le millier de membres, d'autres se limitent à quelques dizaines d'adhérents, voire moins dans certains cas.

Ces associations justifient leur existence par une caractéristique spécifique. Le plus souvent, elles se définissent sur une base religieuse, mais certaines ont d'autres spécificités (pratique d'un sport, motorisation notamment).

Le caractère scout de nombre de ces petites associations est souvent discuté par les membres des associations agréées à l'OMMS, l'AMGE ou à l'UIGSE. C'est un débat récurrent du scoutisme français.

Cet article essaye de dresser une liste (non exhaustive) de ces petites associations, regroupées par spécificités.

Associations catholiques

À la suite de la réforme des Scouts de France en 1964, de nombreuses associations scoutes catholiques sont nées. Cependant, l'évènement qui provoquera le départ de nombreux chefs allant fonder leur propre association scoute, sera le second concile du Vatican et la réforme liturgique qui lui suivra.

En effet, très rapidement, les principales associations scoutes traditionnelles françaises (FSE, SUF) affirment leur hostilité au conservatisme religieux. Les scouts désireux de conserver une liturgie traditionnelle ne le pouvaient donc pas dans le cadre de leurs activités scoutes, de même, les aumôniers et chefs attachés à cette liturgie étaient mis à l'écart. Nombre d'entre eux partirent alors fonder leur propre association. Les choses se compliquèrent encore en 1988, à la suite du sacre controversé d'évêques par Mgr Lefebvre : depuis ce temps, certains mouvements refusent les scouts attachés à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, tandis que d'autres ne s'adressent qu'à eux.

D'autres mouvements scouts catholiques indépendants tirent cependant leur spécificité d'autres raisons, notamment des raisons géographiques ou humanitaires (les scouts de Cluses) ou sportive (les écuyers St Michel).

Tous ces mouvements pratiquent un scoutisme classique, selon la pédagogie unitaire (une seule branche pour les jeunes de 12 à 17 ans).

Association française de scouts et guides catholiques

L'Association française de scouts et guides catholiques (AFSGC) est fondée en 1980 sous le nom de Scouts et guides catholiques de France (SGCDF). À la suite de quatre procès des Scouts de France pour un nom trop ressemblant et pouvant prêter à confusion l'association a dû changer de nom[1].

Issue d'une scission des Scouts saint Georges[2], créés en 1968 par Hubert Verley qui quitte alors les scouts d'Europe, elle a pour objectif de rassembler les catholiques traditionalistes. Après les sacres de Mgr Lefebvre à Écône en 1988, des difficultés commencèrent à apparaître au sein de l'association, à cause de l'opposition, parfois farouche, entre les partisans de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (de Mgr Lefebvre) et ceux de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (dépendant de la commission pontificale Ecclesia Dei). Malgré cela et quelques départs isolés d'unités, l'association compte en 1998 près de 2 000 adhérents.

Le , quatre scouts membres du groupe « 1er Marine - de Mantes-la-Jolie » dans les Yvelines de cette association, ainsi qu'un plaisancier de 31 ans venu leur porter secours, ont péri au large de Perros-Guirec.

En 1999, l'abbé Jean-Yves Cottard, organisateur de ce camp scout marin, est condamné à quatre ans de prison (dont 18 mois ferme), pour homicides et blessures involontaires. Il est également frappé d'une interdiction définitive d'exercer toute fonction d'encadrement auprès de mineurs et condamné à payer, solidairement avec l'Association française des scouts et guides catholiques, 200 000 FF de dommages-intérêts à la famille du plaisancier et 230 000 FF à la famille de l'un des scouts disparus.

L'Association française de scouts et guides catholiques (AFSGC) a fini par disparaître en 2006, comptant à l'époque encore quelque 300 membres. La plupart des membres se sont retrouvés chez les Scouts de Doran.

Scouts Henri de La Rochejaquelein

Groupe indépendant regroupant des scouts dans toute l'Aquitaine. L'aumônerie est assurée par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. À ce jour, il compte une centaine de membres[3].

Scouts Saint Malo

Groupe indépendant catholique traditionaliste, issu de l'Association française des scouts et guides catholiques et devenu indépendant après un très court passage au sein des Scouts de Doran. Implanté à Lanvallay, dans les Côtes-d'Armor, le groupe se compose essentiellement de Bretons, mais également de Parisiens, Corses, Normands.

Attaché exclusivement à la Fraternité Saint-Pie-X, il comporte des unités « marines », telles que des « louveteaux », des « louvettes », des scouts, des guides et des cadets (ou routiers). Il se compose aujourd'hui de 160 membres environ.

Le groupe se dispose à faire respecter la Loi Scoute ainsi que ses Principes pour les encadrer tout au long de leurs vies et de rester fier à leur engagement.

Scouts de Doran

Association fondée en 2003 et issue de l'Association française des scouts et guides catholiques[4], elle compte environ 800 membres[5].

Mouvement catholique traditionaliste (fidèle au rite tridentin) les Scouts de Doran, s'attachent surtout :

  • Sur le plan réglementaire, à mettre un point d’honneur à respecter la loi scoute, et à mériter la confiance des parents, des aumôniers, et des autorités de l'état, en suivant le plus scrupuleusement possible les directives ministérielles sur l’encadrement de la jeunesse.
  • Sur le plan éducatif, à transmettre l’enseignement éducatif légué par les fondateurs du scoutisme catholique.
  • Sur le plan religieux, à affirmer sa fidélité à la messe tridentine.

Scouts et guides Godefroy de Bouillon

Association créée en 1984, transformée depuis en Fédération (premier camp école en 2007). Elle est proche de la Fraternité Saint-Pie-X, dont seuls les membres ou les prêtres amis peuvent assurer l'encadrement religieux. Elle comporte plusieurs groupes, rattachés à des prieurés de cette Fraternité. On y trouve des scouts, des scouts marins, des guides, des louveteaux et des jeannettes. Le nombre d'adhérents dépasserait 400 membres[6].

Scouts et guides saint Benoît

Mouvement créé par le père Jean de Féligonde dans le Val-de-Marne, dans les années 1970. Son but est l'évangélisation. Lors de leurs camps, les jeunes participent à la construction d'un « village scout »[7].

Scouts sans frontières

Association scoute fondée à Mazamet par Michel Orjolet. À son décès en 2004 l'association des Scouts sans frontières est relancée avec le soutien des Scouts et Guides de France du groupe de Mazamet Aussillon Vallée du Thoré, afin de continuer le travail engagé sur la Maison forestière de Combescaudes. L'objectif étant d'en faire un lieu de vie pour tous les scouts. D'où son nom : "La maison des Scouts sans frontières".

Scouts saint François-Xavier

Unité autonome, issue du groupe « IVe Paris », de l'Association française des scouts et guides catholiques et de l'association indépendante des « Cadets de France »[8].

En 2005, ces derniers, créent leur propre structure.

L'aumônerie est assuré par les prêtres de la paroisse catholique traditionaliste de Saint-Nicolas-du-Chardonnet de Paris dans le 5e arrondissement. Il ne comporte que des unités « marines ».

Scoutisme pour tous

Association scoute située dans la lignée des Communautés de l'Arche de Jean Vanier. Scoutisme pour tous est un mouvement qui a été fondé à Montpellier en 1981. Les activités ont lieu deux jours par mois, généralement dans la nature, et réunissent une soixantaine de garçons et de filles handicapés mentaux légers et moyens, intégrés à d'autres jeunes normalement scolarisés[9].

La branche cadette (7 à 12 ans) s'intitule la Ribambelle, la branche adolescente (12 à 17 ans) la Passerelle.

Scouts Don Bosco

Ce mouvement créé dans les années 1970 à Nantes par l'abbé Gac, est attaché à la Fraternité Saint-Thomas-Becket qui fournit l'aumônerie et l'encadrement. En 2010, les scouts Don-Bosco sont présents à Orléans (une troupe) et à Ollioules. L'uniforme de ces scouts est semblable à celui des scouts d'Europe ; en revanche leurs insignes de promesse, tissés ou métalliques, et leur étendard est celui des SUF. La pédagogie s'inspire elle aussi de celle des scouts d'Europe. En 2011 il y a à Orléans une meute, une troupe, une clairière et une compagnie.

Scouts de la région de Cluses

Petit mouvement haut-savoyard, surtout connu pour l'action humanitaire menée en parallèle des activités purement scoutes[10]. Ces activités se résument à 10 jours de camp, et 3 rencontres de la haute-patrouille (aînés).

Cependant, les activités d'ONG sont effectuées en partie par des anciens de la troupe.

Écuyers de saint Michel

Synthèse d'un mouvement scout et d'un club d'escrime, c'est un mouvement catholique unitaire[11]. Le mouvement scout des écuyers de saint Michel est très ressemblant à celui des Scouts unitaires de France.

Associations protestantes

Le scoutisme protestant français est riche de nombreux petits mouvements. Depuis plusieurs années et en raison de l'évolution de la Fédération protestante de France, le rapprochement avec le principal mouvement protestant français, les EEUdF, est net. Un rassemblement des différentes dénominations françaises (presque toutes étaient présentes en plus ou moins grande quantité) a eu lieu en août 2007 près du Mans. Ensuite des camps communs de formation de chefs ont été organisés.

Scouts évangéliques

Éclaireurs évangéliques de France

Mouvement créé le et adhérent à l'UFCV. C'est un mouvement dont la pédagogie se fonde sur le scoutisme de Baden Powell. Les unités de louveteaux, d'éclaireurs et routiers sont mixtes[12].

Ils comptent une douzaine de groupes réunissant environ 800 jeunes. Contrairement au flambeaux , les Éclaireurs Évangéliques de France se veulent au plus proches de la pédagogie de Baden Powell.

Les Eclaireurs Evangéliques de France sont membres de la fédération du scoutisme évangélique français.

Mouvement des Flambeaux et des Claires Flammes

Mouvement protestant évangélique, pratiquant un scoutisme réformé, avec quatre branches : les 6-7 ans, les Luminions, les 7-11 ans, les Petits Flambeaux et les Petites Flammes, les 12-15 ans, les Flambeaux et les Claires Flammes et enfin les Pionners entre 15 et 17 ans. Une activité fondamentale des Flambeaux est le Cercle du feu ou moment spi, temps d'étude et de partage de la Bible[13]. Le mouvement est aussi présent en Suisse ; la section suisse est membre du Mouvement scout de Suisse. Depuis 2007, les Flambeaux se sont étendus avec quelques groupes à Madagascar et préparent l'installation du mouvement au Québec. Depuis 2003, le mouvement est membre de la Fédération du scoutisme évangélique français.

Porteurs de Flambeaux

Mouvement scout de l'Armée du salut. Mouvement mixte comptant trois tranches d'âge : étincelles pour les 6-8 ans, porteurs de flambeau cadets (PFC) pour les 8-13 ans, porteurs de flambeau aînés (PFA) pour les 14-18 ans. Outre les activités scoutes traditionnelles, le mouvement pratique des travaux et services d'intérêt général.

Le mouvement, présent aussi en Belgique, compte environ 400 personnes dans ces deux pays[14].

Depuis 2003, le mouvement est membre de la Fédération du scoutisme évangélique français.

Royal Rangers

Mouvement international né aux États-Unis et présent dans plus de 95 pays dans le monde.

En , le programme des Royal Rangers démarra officiellement aux États-Unis. Au début des années 1980, l’Angleterre, l’Allemagne et la Suisse, puis de nombreux pays en Europe développèrent ce travail sous l’impulsion de Hans Peter Neck. Ce mouvement est arrivé en France à Dieppe en 1989 et compte maintenant 380 membres répartis en 13 unités (groupe local).

Les Royal Rangers sont un mouvement mixte avec un programme pour des enfants de 4 à 17 ans.

Depuis 2003, les Royal Rangers sont membres de la Fédération du scoutisme évangélique français.

Éclaireurs adventistes

Mouvement destiné aux jeunes fidèles de l'Église adventiste.

Explorateurs

Les Explorateurs, ou Pathfinders, sont un mouvement scout adventiste.

Association Scoute des Explorateurs et Aventuriers

Devenue association scoute des éclaireurs de l'Aunis charentais en 2003 (journal officiel des associations).

Scouts Te ahi nui

Association polynésienne pentecôtiste.

Associations mormones

AP Scouts

Association de scouts mormons héritiers des scouts mormons et campeuses fondés en 1975.

Association des Scouts Liahona

Association de Polynésie française réunissant plus de 750 jeunes mormons[15]. Elle est nommée en référence au liahona, sorte de boussole divine décrite dans le Livre de Mormon. L'association est membre du Conseil du scoutisme polynésien lui-même membre de la région Asie-Pacifique de l'OMMS[pas clair].

Scouts et éclaireuses Sanito

Mouvement scout sanito en Polynésie française. Sanito est le nom polynésien de la communauté du Christ appelée auparavant Église réorganisée de Jésus Christ des saints des derniers jours, église dissidente de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, l'église mormone traditionnelle. L'association est membre du Conseil du scoutisme polynésien lui-même membre de la région Asie-Pacifique de l'OMMS[pas clair].

Autres associations

Europe-Jeunesse

Europe-Jeunesse est un mouvement de scoutisme fondé en 1973[16], qui souhaitait importer en France les principes des hautes-écoles populaires danoises inaugurées par Nicolas Grundtvig. Lié à la Nouvelle Droite, à l'extrême droite et au GRECE, il a été créé par Philippe Conrad, Jean Mabire, Michel Marmin, Jean-Claude Valla, Pierre Vial et Jean-Louis Voisin, avec pour objectif de transmettre l'histoire et les traditions nationalistes des peuples européens. La « maison du GRECE » « , la « Domus Europa » accueille les réunions d’Europe Jeunesse, et celles du groupe d’extrême droite Bloc identitaire. Le mouvement recrute « dans les familles d’anciens cadres du GRECE et de groupes d’extrême droite »[17].

C'est un mouvement païen[17] qui entend développer chez les jeunes, à travers raids sportifs et camps scouts, goût de l'effort, vie en plein air et curiosité pour l'histoire, les mythes et les légendes d'Europe. Son emblème est un casque spartiate stylisé et sa devise est : « Plus est en nous ». Il publie un bulletin du nom de Flamme (anciennement Maîtrise) au niveau national et des Lettres du ban pour chaque ban régional. En 2007, le Quid leur attribuait environ 450 membres.

Le mouvement est composé de dix bans régionaux :

  • « Sang et or » autour de Nîmes
  • « Scouts Lions-Armés » dans le Périgord
  • « Ligurie » autour de Nice
  • « Comté Toulousain »
  • « Scouts Alpins » autour de Lyon et Grenoble
  • « Ile de France »
  • « Alsace »
  • « Gallia Belgica »
  • « An Avel Mor » en Bretagne
  • « Normandie ».

Randscouts et Randguides

Seul mouvement scout français à être motorisé, il est équipé d'anciens camions de l'armée française. Ce petit mouvement de 300 adhérents environ est situé à Courson-Monteloup, dans l'Essonne. Si le mouvement est unitaire au niveau de la branche adolescents (12 à 16 ans), il compte deux branches pour les plus jeunes : louveteaux de 8 à 10 ans, cadets de 10 à 12 ans. Se voulant fidèle à l'idéal raider de Michel Menu, les Randscouts ont une symbolique spécifique : le promessé devient le vélite, les troupes sont des emboles, et s'ajoutent deux épreuves spécifiques, l'épreuve du couteau (hoplite) et celle du béret vert (hastère)[18].

Notes et références

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Europe Jeunesse » (voir la liste des auteurs).