Lecture à voix haute

La lecture à voix haute, aussi appelée lecture à haute voix est une forme de lecture consistant à oraliser un texte par opposition à la lecture silencieuse. Elle était autrefois la forme attendue de lecture.

La lecture à voix haute peut avoir pour fonction principale d'être effectuée devant un public. Elle peut être effectuée par l'auteur du texte, un comédien professionnel (comme c'est souvent le cas pour les livres audio) ou par n'importe quel lecteur. On peut notamment citer le cas de Alberto Manguel, lecteur personnel de Jorge Luis Borges lorsque celui-ci est devenu aveugle[1].

En cela, la lecture à voix haute se différencie de la lecture orale. En effet, Edmond Beaume définit la lecture à voix haute en trois opérations principales : une opération de lecture visuelle silencieuse (je lis, je comprends), une opération de diction (je dis ce que j'ai lu et compris) et une opération de rétroaction (je prends en compte l'effet de ma diction sur celui qui écoute). À la différence, en lecture orale, les signes écrits sont transformés en sons à partir desquels le lecteur construit le sens. Le lecteur se rend auditeur du message écrit. Ainsi l'oralisation précède et permet la compréhension (je vois, je prononce, j'écoute)[2].

Lecture à voix haute ou à haute voix professionnelle

En plus d'une démarche pédagogique d'apprentissage de la lecture et du livre, la lecture à voix haute revêt aujourd'hui une nouvelle dimension culturelle, en rapprochant le livre de ses lecteurs.

Depuis quelques années[évasif], le livre connaît une seconde vie sous la forme de lecture à voix haute. Il s'agit de lectures publiques d'ouvrages déjà publiés avec le concours de lecteurs professionnels (souvent des acteurs connus) et en étroite collaboration avec les écrivains, les éditeurs, les libraires, les bibliothécaires, les animateurs du monde littéraire et les artistes.

La lecture à voix haute est une expression artistique visant à valoriser la vie littéraire et les arts du spectacle dans toutes leurs spécificités, avec le concours de lecteurs professionnels et en étroite collaboration avec les écrivains, les éditeurs, les libraires, les bibliothécaires, les animateurs du monde littéraire et les artistes.

La lecture à voix haute valorise le livre, son auteur et la vie littéraire en général au travers d'animations et de spectacles dans de multiples lieux publics, spécialisés ou non. On l'appelle également dire poétique.

La lecture à voix haute peut donner lieu à des animations en osmose avec les métiers du livre et de l'univers artistique. Depuis 2005, elle est également enseignée à l'Université (Sorbonne Paris IV[3]) ainsi que dans des écoles de théâtre. Il existe également plusieurs compagnies théâtrales spécialisées dans ce qui est appelé : les lectures-spectacles (ou spectacles de lecture).

La lecture à voix haute remplit aussi une fonction sociologique en générant une émulation autour de spectacles vivants dans de multiples lieux publics, spécialisés ou non. Un des exemples frappants de cette démarche est le phénomène grandissant des lectures publiques.

La lecture à voix haute est aussi une alternative pour les personnes empêchées de lire (déficients visuels, illettrés...). Le livre audio (enregistré sur cassettes, sur CD, ou sur support numérique) se substitue alors au livre papier.

L'informatique portable (lecteur MP3 notamment) permet d'écouter des livres dans des environnements et des contextes ne permettant pas la lecture d'un support papier, par exemple lorsque l'on effectue un travail manuel ou en marchant.

Technique

Il s'agit de donner à entendre de sa voix la « petite musique » d’un texte et prononcer distinctement d’une manière, claire, intelligible, et harmonieuse les mots d’un auteur. De dévoiler toutes les subtilités d'un texte qui se dérobent à la mélodie, renouer avec la pureté des sons et atteindre la virtuosité du verbe afin d’en faire éclater le style, mais encore manier le langage dans l’harmonie de la phrase, et porter la pensée d’un romancier, d’un dramaturge, d'un poète fidèlement sans laisser retomber ses finales.

La lecture à haute voix est le meilleur moyen de s’atteler à la technique de la diction et de la respiration. Placer sa voix, la timbrer, la moduler et donner du relief à une poésie, à une lettre, une fable, un roman… La lecture à haute voix est un véritable exercice, entrez au Cénacle des mots ![1]

Notes et références

  1. Busnel, « Alberto Manguel - L'Express », sur L'Express, (consulté le 18 février 2016)
  2. Edmond Beaume, « La lecture à haute voix », sur Lectures.org, (consulté le 5 mai 2015)
  3. Voir sur le site des Livreurs

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes