Le Fantôme de l'Opéra (téléfilm, 1990)

Le Fantôme de l'Opéra
Description de cette image, également commentée ci-après
Salle de l'Opéra Garnier, dominée par son grand lustre.
Titre original The Phantom of the Opera
Genre Mini-série dramatique et fantastique
Création Tony Richardson (réalisation)
Arthur Kopit (scénario d'après le roman de Gaston Leroux)
Production Mitch Engel, Ross Milloy
Acteurs principaux Charles Dance
Teri Polo
Burt Lancaster
Andréa Ferréol
Musique John Addison
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Chaîne d'origine NBC
Nb. d'épisodes 2
Durée 168 minutes
Diff. originale

Le Fantôme de l'Opéra (The Phantom of the Opera) est une mini-série américaine dramatique en deux parties de 84 minutes produite par Tony Richardson et diffusée le 18 et sur le réseau NBC.

Elle est adaptée du livret d'une comédie musicale d'Arthur Kopit , Phantom, qu'il n'a pu monter à l'époque, pris de court par celle d'Andrew Lloyd Webber, The Phantom of the Opera, créée en 1986. Elle est librement inspirée du roman éponyme de Gaston Leroux[1].

Résumé

Le fantôme est en réalité un musicien défiguré nommé Erik qui vit sous l'Opéra Garnier à Paris. Il joue un grand rôle dans la gestion de chaque représentation grâce à son ami Gérard Carrière. Sa vie change quand Carrière est limogé et que l'Opéra engage un nouveau directeur, Cholet. L'épouse de Cholet, Carlotta, est une femme gâtée avec une voix affreuse pour une chanteuse ; il est évident que Cholet fait avancer la carrière de sa femme. Le fantôme les prend instantanément en aversion, mais Cholet et Carlotta refusent d'écouter les avertissements sur le « fantôme » qui hante l'opéra, même si Joseph Buquet, homme à tout faire de Carlotta, descend dans les sous-sols et n'en remonte pas.

Christine Daaé, qui vient à l'Opéra de Paris à la recherche de cours de chant que Philippe, comte de Chagny lui a promis, apprend qu'elle n'est pas le premier joli minois que Philippe a amené là. Carlotta la rejette au départ, mais après avoir appris que Christine « a un patron qui est puissant » indique qu'elle peut travailler dans le département des costumes à la place de Bouquet. Christine n'a pas de foyer ou d'argent, mais Jean-Claude, le portier, lui permet de séjourner dans une réserve de l'Opéra.

Cette nuit-là, Christine erre sur la scène et chante dans le théâtre vide. Le fantôme est immédiatement séduit par sa voix. Se cachant dans la fosse d'orchestre, il lui dit que sa voix est miraculeuse mais inexpérimentée, et qu'avec la bonne technique, son chant pourrait atteindre son plein potentiel. Il lui propose d'être son professeur, mais doit rester anonyme ; c'est pourquoi il porte un masque. Ils commencent les leçons, et le fantôme tombe plus profondément amoureux d'elle. Quand elle lui demande son avis sur le comte de Chagny, il répond: « il est indigne de vous. Il vient à l'Opéra pour les mauvaises raisons... il vient pour la beauté de visages plutôt que la beauté de la musique. »

En guise de représailles au fait que Carlotta est en tête d'affiche à chaque production, Erik commence une campagne d'humiliation. Il sabote ses performances et s'arrange pour qu'elle devienne la risée du public. Le comte de Chagny découvrant que Christine a travaillé dans le département des costumes s'excuse et l'invite au Bistro. Avec les encouragements d'Erik, Christine vient au Bistro et chante. Tout le monde est étonné par sa voix et Cholet lui signe immédiatement un contrat de chant. Après le Bistro, Philippe et Christine commencent à s'apprécier. Le comte réalise que Christine était son amie d'enfance perdue depuis longtemps. Leur amour naissant d'autrefois se renforce. Erik, témoin de leur départ, attend toute la nuit le retour de Christine. Quand elle revient, il a disparu.

En raison des sabotages du fantôme, Carlotta dit qu'elle ne chantera plus jusqu'à ce qu'il soit capturé ou tué. Lorsqu'elle informe son mari que le professeur de Christine est le Fantôme, Cholet donne le rôle féminin principal de l'opéra Faust à Christine ; il travaille avec la police à capturer le fantôme. Au cours de la leçon suivante, une tension se manifeste entre le fantôme et Christine, concernant ce qu'elle a fait après le Bistro, mais il accepte de l'aider à se préparer pour ses débuts sur scène. Avant le lever de rideau, Carlotta fait boire à Christine une boisson qui affaiblit temporairement sa voix. Le public commence à huer, et Erik est furieux. Il coupe les cordes qui maintiennent le lustre qui s'écrase sur le public. Il enlève Christine et la mène à son repaire souterrain.

En remontant dans l'Opéra, le fantôme découvre que Carlotta était derrière les problèmes de voix de Christine et, fou de rage, déverse une grosse valise pleine de rats sur elle. Comme Christine dort, Erik construit des pièges pour tous ceux qui voudraient venir les déloger. Carrière descend et le supplie de laisser Christine, mais Erik refuse. Il est persuadé que le monde d'en haut n'est pas bon pour elle et croit qu'avec le temps, elle l'aimera. Il montre aussi à Carrière les matériaux explosifs qu'il a conçus, et l'avertit qu'il va faire exploser tout l'Opéra si on tente de venir les chercher. Carrière retrouve Christine et la pousse à sortir dès que possible. Il lui raconte l'histoire du passé d'Erik et de sa mère, une grande chanteuse nommée Belladova à qui elle ressemble étrangement. Belladova lui a donné naissance sous l'Opéra, et Erik y a vécu toute sa vie. Elle refuse de s'en aller sans parler à Erik.

Le lendemain matin, Erik emmène Christine visiter sa résidence souterraine. Lors d'un pique-nique, elle lui demande de lui montrer son visage. Erik refuse d'abord, mais elle lui promet qu'elle sera en mesure de le regarder avec amour et de l'accepter, tout comme sa mère autrefois. Cependant, quand il ôte son masque, elle s'évanouit. Fou d'angoisse, Erik l'enferme dans une de ses chambres souterraines.

Christine parvient à s'échapper, Carrière et le comte l'emmènent loin de l'Opéra. Christine se sent toujours coupable, et après fait un rêve où se meurt Erik, elle supplie Philippe de la ramener. Le comte accepte à contrecœur. Ils demandent à Cholet qu'elle puisse chanter le soir. Cholet s'arrange pour que la police soit présente dans l'Opéra.

Carrière a trouvé Erik dans les ruines de sa tanière. Il lui parle de Christine, lui faisant comprendre qu'elle n'a pas l'intention de lui faire du mal. Résigné, Erik dit simplement: « Elle n'était pas préparée à la laideur ». La conversation tourne sur la mère d'Erik et, finalement, son visage. Le vieil homme révèle alors qu'il a déjà vu le visage d'Erik, parce qu'il est son père. Erik lui dit qu'il le savait depuis longtemps, puis précise à Carrière que, quand il mourra, il veut être enterré profondément et ne veut de plaque. Gérard le promet.

Sur scène Christine chante dans Faust. Erik l'entend, monte à la loge Cinq (celle réservée au fantôme) et commence à chanter en duo avec elle. Le public se tourne vers lui, sidéré. Christine et le Fantôme chantent avec une telle passion que le public est impressionné.

La police tirant sur lui, Erik saute sur scène et s'empare de Christine. Il la porte sur le toit, repoussant la police. Le comte les poursuit, mais dans la lutte qui suit, il tombe et se rattrape du bout des doigts au-dessus de la rue. Erik tente de le faire lâcher, mais devant les supplications de Christine le sauve. Erik découvre alors qu'il est acculé, la police déterminée à le prendre vivant. Carrière, passé à son ancien bureau, a récupéré une arme à feu. Obéissant sa promesse, il tire sur son fils. Erik tombe du toit. Christine enlève le masque d'Erik, le regarde droit dans les yeux et sourit. Erik meurt paisiblement, son père et Christine à ses côtés. Christine replace le masque d'Erik puis s'en va avec le comte.

Fiche technique

Distribution

Production

Arthur Kopit, admirateur de longue date du roman de Gaston Leroux, estimait avait été négligée la possibilité d'une relation plus convaincante entre les deux personnages principaux à cause de son côté fantastique, voire de roman d'horreur. Il a alors rédigé une histoire dans laquelle le Fantôme est un héros romantique, effrayant seulement ceux qui feraient mauvais usage de l'Opéra où il habite - et ceux qui feraient obstacle à l'accession de Christine à la célébrité. Il prévoyait beaucoup de musique dans sa narration - non une musique originale, mais des airs d'opéras qui devaient permettre de rendre sensible le cœur, l'âme et la passion du Fantôme[réf. souhaitée]. Mais Andrew Lloyd Webber et sa comédie musicale sont arrivés, et Kopit a été abattu : « Voilà un travail que j'aimais profondément, et il semblait bien, pour tout ces gens, qu'on ne le verrait jamais ».

Ayant appris plus tard que la télévision désirait une mini-série sur ce thème, il leur a envoyé une copie de son manuscrit[1]. « J'ai dû les convaincre que je ne surfais pas sur la réussite de Lloyd Webber », a-t-il dit. « Mais une fois que j'ai été en mesure de le faire, il n'était pas difficile de leur faire voir le potentiel de cette intéressante histoire d'amour hors du commun[2] ».

Différences avec d'autres adaptations

Le grand escalier de l'Opéra Garnier.
  • Le fantôme dans cette adaptation est plus doux et plus humain que dans le livre et d'autres adaptations, dans lesquesl il est généralement dépeint comme un être maléfique, méchamment malicieux et plutôt macabre.
  • Dans cette version, Christine ressemble beaucoup à la mère du Fantôme, qui est morte quand il était jeune et qui l'aimait. Dans beaucoup d'autres versions de l'histoire, la mère du Fantôme le déteste.
  • Cette version est la seule réellement filmée à Paris.
  • Le directeur est nommé Cholet ici. Dans d'autres versions, il y a deux gestionnaires : Moncharmin et Richard, ou André et Firmin.
  • Dans cette version, Carlotta est la femme de Cholet, mais reste la diva égocentrique et jalouse qu'elle est dans les autres versions.
  • Le personnage de Raoul a été changé pour celui de son frère aîné, qui meurt dans le livre.
  • C'est le premier film dans lequel le visage du fantôme n'est jamais vu sans son masque.
  • Le Fantôme enlève volontairement son masque pour Christine, contrairement à presque toutes les autres versions où elle l'arrache dramatiquement de son visage.

Accueil

Récompenses

  • La mini-série a remporté deux Emmy Awards sur cinq nominations en 1990 pour scène exceptionnelle, Art et réalisations exceptionnelles en coiffure pour une mini-série ou un spécial[3].
  • Elle a également été nominée pour deux Golden Globe Awards en 1991 pour la meilleure mini-série ou film fait pour la télévision et la meilleure performance par un acteur dans une mini-série ou film pour la télévision (Burt Lancaster).

Critiques

Le critique Ken Tucker (Entertainment Weekly) a donné au film la note A- et a dit d'Arthur Kopit et du réalisateur Tony Richardson : « ils rendent l'idylle entre le fantôme et Christine à la fois touchante et effrayante, et la présence de Burt Lancaster dans le rôle de Carrière, le directeur de la compagnie d'opéra, donne à l'histoire du poids et un grand charme […] Le Fantôme de l'Opéra a quelques moments véritablement effrayants à l'ancienne, […] comme si Richardson se retournait pour regarder de vieux films d'horreur de Val Lewton ou James Whale en essayant de comprendre comment ils ont obtenu leurs effets fantasmagoriques mais jamais horribles. Si c'est bien le cas, il a bien assimilé la leçon. Adam Storke est fade en comte de Chagny, il est impossible de croire que Christine préfère ce joli garçon irascible au Fantôme. Mais dans l'ensemble, le Fantôme de l'Opéra est une véritable réussite. C'est assez rare de voir un film en costumes à la télévision de nos jours, le fait qu'il soit bon est incroyable[5] ».

David Hiltbrand, du magazine People, a donné au film la note B +, affirmant : « Tony Richardson a monté une version somptueuse et majestueuse de ce mélodrame épique, dépassant de loin la version précédente de la télévision avec Maximilian Schell et Jane Seymour en 1983. Mais Lon Chaney doit se retourner dans sa tombe en voyant combien son fantôme macabre est devenu romantique au fil des ans ». Hiltbrand apprécie que Burt Lancaster « prête son air de dignité raffiné », et que Charles Dance soit un fantôme élégant. Mais, pour lui, le « piquant est fourni par Ian Richardson et Andréa Ferréol, qui apportent beaucoup de verve comique aux rôles du pompeux directeur d'opéra et de sa fausse diva[6] ».

Le critique Joseph Walker écrit pour sa part dans The Deseret News : « Le texte de Kopit est inspiré tout du long, mélange savant de tons allant de l'absurde (« Je ne suis pas habitué à tuer des gens, dit le fantôme après un épisode de rare violence, ça me perturbe ») au sublime. Et la qualité du spectacle est tout du long de premier ordre ». Pour lui, Charles Dance est un « superbe Fantôme - mystérieux, et pourtant abordable. Polo tire le meilleur profit de la chance qu'est pour elle ce rôle, créant une héroïne de chair et de sang tout à fait crédible […] Le reste de la distribution est tout aussi efficace, surtout Ferréol qui vole pratiquement la vedette avec sa formidablement drôle Carlotta[7] ».

John J. O'Connor, critique au New York Times, en revanche, est perplexe devant le fait que le reclus est devenu « cultivé et talentueux », et peu convaincu par Adam Storke dans le rôle du comte et gêné par l'« accumulation d'accents » due à la distribution internationale. Cependant, il a apprécié « la production matérielle glorieusement somptueuse », la façon dont « le réalisateur Tony Richardson s'empare habilement des aspects de conte de fées de l'histoire », présentant le film comme une « variation sur La Belle et la Bête, avec des échos de Cendrillon et de forêts enchantées ». Il reconnaît cependant que « la plupart des rôles transcendent les difficultés d'accent. Mr. Dance est élégant, Mr. Lancaster plein de dignité et Miss Polo, pas encore 20 ans, d'une beauté frappante. Leurs prestations sont dépassées, cependant, par celles de Ian Richardson et d'Andréa Ferréol »[8].

TV Guide a donné quatre étoiles sur cinq au film, affirmant que Charles Dance est un « excellent Fantôme » et soulignant les « excellentes prestations de Richardson et Lancaster »[9].

Analyses

Références

  1. a et b Ann Hodges, « TV version of `Phantom of Opera' celebrates music but is not a musical », Houston Chronicle,‎ (lire en ligne) :

    « I sent them this. It was the book for a musical, but it was virtually a play, and NBC took it. »

  2. Joseph Walker, « PHANTOM OF THE OPERA: NO, IT ISN'T THE HIT MUSICAL – BUT IT'S STILL GOOD VIEWING », Deseret News,
  3. « The Phantom of the Opera NBC », sur Emmys.com (consulté le 11 juin 2014)
  4. Ken Tucker, « TV Review: The Phantom of the Opera », Entertainment Weekly, no 5,‎ (lire en ligne)
  5. David Hiltbrand, « Picks and Pans Review: The Phantom of the Opera », People, vol. 33, no 11,‎ (lire en ligne)
  6. Joseph Walker, « PHANTOM OF THE OPERA: NO, IT ISN'T THE HIT MUSICAL – BUT IT'S STILL GOOD VIEWING », Deseret News,
  7. John J. O'Connor, « Review/Television; Telling the Story of Monty Python, in 2 Episodes », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  8. « The Phantom Of The Opera: Review », TV Guide,

Voir aussi

Lien externe