La Zone d'intérêt

La Zone d'intérêt

Titre original The Zone of Interest
Réalisation Jonathan Glazer
Scénario Jonathan Glazer
Musique Micachu
Acteurs principaux
Sociétés de production Access Entertainment
Film4
Pays de production Royaume-Uni
Drapeau de la Pologne Pologne
Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Guerre
Durée 105 minutes
Sortie 2023

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Zone d'intérêt (The Zone of Interest) est un drame de guerre britannico-polono-américain écrit et réalisé par Jonathan Glazer, sorti en 2023.

Il s'agit de l'adaptation du roman portant le même titre de Martin Amis.

Présenté en « compétition officielle » au Festival de Cannes 2023, il remporte le Grand prix et le prix FIPRESCI[1],[2]. Johnnie Burn, sound designer et chef monteur son du film, remporte le prix CST de l'artiste technicien[3].

Argument

À côté du camp d'Auschwitz, le commandant du camp Rudolf Höss, sa femme Hedwig et leurs enfants vivent paisiblement dans leur grande maison et leur jardin fleuri.

Synopsis

À Auschwitz, le commandant Rudolf Höss vit avec sa femme et ses enfants dans une belle maison dotée d'un grand jardin et située en bordure du camp d'extermination. Il emmène les enfants nager et faire du radeau tandis que sa femme s'occupe du jardin et dirige les domestiques, dont certains sont des prisonniers du camp. Leurs journées sont accompagnées par un bruit de fond constant : hurlements des prisonniers, tirs des soldats, aboiements des chiens, sifflements des trains, machines qui font tourner les fours du camp…

Höss gère le camp et travaille sur les futurs travaux des fours crématoires. Un jour, alors qu'il emmène deux de ses enfants jouer sur la rivière, il remarque au fond de l'eau des ossements et des restes de corps provenant du camp. Il ordonne à ses enfants de sortir de l'eau et de prendre une douche. Il contacte ensuite ses équipes à travers un message crypté, leur demandant de ne plus jeter les cadavres dans l'eau.

Höss reçoit ensuite un appel de ses supérieurs, l'informant qu'il est promu au rang d'inspecteur des camps de concentration mais qu'il devra quitter le camp d'Auschwitz pour Oranienburg, près de Berlin. Après avoir envoyé en vain des courriers pour s'y opposer, il en informe Hedwig. Celle-ci le prend mal et refuse de quitter ce havre champêtre dont elle avait toujours rêvé. Après une dispute, elle supplie Höss de convaincre ses supérieurs de leur laisser la maison et de partir seul à Oranienburg. La demande est approuvée.

Hedwig reçoit la visite de sa mère. D'abord ébahie par le cadre agréable voire somptueux de la maison et du jardin, elle part pourtant de façon précipitée et sans un au revoir : on la suppose horrifiée par l'odeur du camp, le bruit ou les flammes sortant des fours la nuit. Elle laisse seulement à sa fille en partant une lettre que cette dernière brûle aussitôt dans le poêle. Höss reçoit la visite à son bureau d'une jeune prisonnière qui lui est manifestement envoyée pour une relation sexuelle. On retrouve Höss plus tard nettoyant son sexe dans une salle de bains, et quand il revient à à la maison, l'un de ses enfants remarque qu'il a transpiré. Le soir, une jeune résistante habitant près du camp vient cacher des fruits à divers endroits où les prisonniers effectuent des travaux, tout en évitant de se faire repérer par les SS (les scènes de la résistante, tournées en caméra thermique, donnent l'impression d'une image en négatif).

Quelques mois après son arrivée à Berlin, Höss est félicité pour ses excellents résultats et est promu directeur d'une opération qui portera son nom, consistant à transporter 700 000 juifs hongrois vers Auschwitz pour y être exterminés. Cela lui permet de revenir dans son ancienne maison, auprès de sa famille, son remplaçant n'ayant pas fait ses preuves. Il participe à une fête organisée par le parti nazi, qui célèbre ce projet. Plutôt que de célébrer, il réfléchit à la meilleure manière de gazer la salle de réception.

Alors qu'il quitte son bureau à Berlin, Höss s'arrête de marcher dans les escaliers, pris de nausées et de vomissements. Il regarde ensuite autour de lui, se demandant si quelqu'un l'a vu, mais tous les couloirs sont vides et les lumières éteintes.

De nos jours, des employés du musée national Auschwitz-Birkenau nettoient les différentes salles avant l'ouverture. On y voit des salles remplies de chaussures, de béquilles et de vêtements portés par les prisonniers du camp.

Le film revient sur Höss, immobile, qui reprend sa descente dans les escaliers, le menant vers des étages privés de lumière[4].

Fiche technique

Icône signalant une information Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

Distribution

 Source et légende : version française (VF) sur RS Doublage

Production

Genèse et développement

En , Jonathan Glazer annonce que son prochain projet sera un drame sur fond de Seconde Guerre mondiale intitulé The Zone of Interest, adapté du roman homonyme de Martin Amis. Il est produit par A24[9].

Attribution des rôles

Le , alors que Jonathan Glazer dévoile le nom de son nouveau projet, les noms de Sandra Hüller et Christian Friedel incarneront les rôles principaux du film[réf. nécessaire].

Tournage

Le tournage a lieu durant l'été 2021 à Auschwitz. Une réplique de la véritable maison des Höss a été construite près du camp de concentration[10]. Le film est réalisé avec des caméras Sony Venice disposées à plusieurs endroits de la maison qui tournaient en continu. L'équipe de tournage n'intervenait que très rarement entre les plans afin que les acteurs puissent improviser et expérimenter sur des longues séquences. De plus, le film utilise les plans larges et privilégie la lumière naturelle afin de ne pas « esthétiser » Auschwitz selon le réalisateur[11].

Comme beaucoup d'autres éléments du film, les séquences de la prisonnière et de la résistante sont fondées sur des faits historiques. Ainsi la résistante est-elle inspirée par Alexandria, résistante polonaise que Jonathan Glazer a rencontrée alors qu'elle avait 90 ans[12].

Accueil

Critique

En France, le site Allociné propose une moyenne de 4,15, d'après l'interprétation de 36 critiques de presse.

Box-office

Le film réunit plus de 200 000 entrées une semaine après sa sortie[14], ce qui constitue le meilleur démarrage dans la carrière du réalisateur ainsi qu'une réussite surprenante compte tenu de la dureté du sujet et de l'originalité du parti pris.

Distinctions

Récompenses

Nominations

Notes et références

  1. « Cannes 2023 : The Zone of Interest, un bourreau dans son jardin », sur Le Monde, 20 mai 2023, consulté le 27 mai 2023.
  2. « Le grand prix pour The Zone of Interest de Jonathan Glazer, l'enfant terrible du cinéma britannique », sur Le Figaro, 27 mai 2023.
  3. « Palmarès de la 65ème édition des PRIX CST pour le 76ème Festival de Cannes », sur CST (consulté le ).
  4. « Ciné-club : La zone d'intérêt de Jonathan Glazer », sur www.cineclubdecaen.com (consulté le )
  5. La Zone d'intérêt - BAC Films
  6. « ‘Toni Erdmann’s Sandra Hüller & Christian Friedel Reportedly Have Roles In Jonathan Glazer’s Upcoming Holocaust Film ‘Zone Of Interest’ », sur ThePlaylist, .
  7. (en) « The True Story Behind 'The Zone of Interest' », sur TIME, (consulté le ).
  8. (en-US) Sarah Shachat, « Oscar Cinematography Survey: The Cameras and Lenses Used to Shoot 35 Awards Contenders », sur IndieWire, (consulté le ).
  9. (en) Hannah Gearan, « Zone Of Interest’s Girl Hiding Food (& Real-Life Story) Explained By Director », sur ScreenRant, (consulté le )
  10. Bertrand Lott, « Box-office : vif intérêt pour “La Zone d’intérêt” dans un contexte morose », sur Télérama, .

Liens externes