La Quinzaine littéraire

La Quinzaine littéraire
Pays France
Langue français
Périodicité mensuel[1]
Genre presse nationale
Diffusion 11 000 ex. (2018)
Fondateur François Erval, Maurice Nadeau
Date de fondation
Ville d’édition Paris

Directeur de publication Patricia De Pas
Directeur de la rédaction Jean-François Braunstein, Jean Daive, Jean-Michel Gentizon, Rafael Pic, Yves Surel[2]
ISSN 2270-2024
Site web nouvelle-quinzaine-litteraire.fr

La Quinzaine littéraire est un bimensuel fondé en 1966 par Maurice Nadeau et François Erval.

En 2013 lui succède La Nouvelle Quinzaine littéraire, dont la société éditrice homonyme dirigée par Patricia De Pas reprend le fonds de commerce de l'ancienne société en liquidation judiciaire, permettant à la publication de reparaître après une suspension de deux numéros[3].

En 2016, à la suite d'un désaccord sur les orientations éditoriales remontant à , une partie des collaborateurs en place décide de fonder un autre journal (en ligne), se réclamant de l'esprit du fondateur, En attendant Nadeau.

Le , le journal est renommé Quinzaines.

Présentation

La Quinzaine littéraire a proposé des chroniques sur l'actualité des lettres et des sciences humaines. Plus d'un millier de collaborateurs, des universitaires, des journalistes, des traducteurs et des écrivains (dont quatre futurs académiciens : Jacqueline de Romilly, Angelo Rinaldi, Hector Bianciotti et Dominique Fernandez) ont participé à cette aventure de 1966 à 2013.

Les contributeurs étaient tous bénévoles[4],[5].

La secrétaire de rédaction fut Anne Sarraute pendant plus de quarante ans, de 1966 à 2008.

Archives

Les archives étaient disponibles en ligne permettant la recherche de 40 000 références d'articles chroniquant, dans tous les domaines, les œuvres éditées, produites ou présentées en France depuis plus de quarante ans. Par décision du tribunal de commerce, l'ensemble des archives a été transféré à La Nouvelle Quinzaine littéraire[6].

Historique

1966-2013 — L'ère Nadeau

La Quinzaine littéraire est fondée en 1966 par Maurice Nadeau, alors directeur de la revue et collection « Les lettres nouvelles », et François Erval directeur de la collection « Idées » chez Gallimard[5]. L'idée du périodique est de s'intéresser aux livres, entre la revue et le supplément littéraire, sur le modèle de The New York Review of Books qui venait de se créer[5].

François Erval est directeur de publication de La Quinzaine de 1966 à 1973. Maurice Nadeau anime les comités de rédaction tous les quinze jours depuis 1966[7] et participe lui-même à la construction du journal, de la mise en page à la surveillance de l’impression[7].

Peu de temps avant sa mort, face aux difficultés du périodique menacé de dépôt de bilan, Maurice Nadeau publie un texte intitulé « Vous ne laisserez pas mourir La Quinzaine ! », dans lequel il avance l’idée de créer une société participative avec deux collèges, les lecteurs et amis de La Quinzaine et les collaborateurs, pour recapitaliser la société mère avec une entrée à 100 euros minimum : « Ainsi, écrit-il, chacun pourra devenir actionnaire et propriétaire de "son" journal[5]. » Nadeau cherche alors un repreneur pour porter le projet de relance de la publication[8].

La Nouvelle Quinzaine littéraire

Le , Maurice Nadeau décède. La société SELIS, éditeur originel de la revue, publie le dernier numéro le et entre en liquidation judiciaire le .

Patricia De Pas présente un projet de sauvetage du journal devant le tribunal de commerce de Paris, qui l'accepte le [9]. Le mandataire judiciaire transfère les actifs de la SELIS à une nouvelle société éditrice, La Nouvelle Quinzaine littéraire, dont l'un des actionnaires est la Société des contributeurs et des lecteurs de la Quinzaine littéraire (environ 400 souscripteurs) qui avaient répondu à l'appel de Maurice Nadeau en faveur de cette reprise[3].

Le premier numéro de La Nouvelle Quinzaine littéraire paraît le , après la suspension de La Quinzaine littéraire au mois d'octobre[3].

En , Patricia De Pas propose un projet de restructuration pour faire face à une baisse du lectorat et relancer l'intérêt pour le titre. Pour expliquer sa restructuration du journal, la directrice de publication évoque des « turbulences » relatives à la ligne éditoriale du titre : « lettres de lecteurs déçus par la direction éditoriale qui avait succédé à Maurice Nadeau », « courrier du responsable d’une des plus grandes librairies parisiennes m’indiquant pourquoi il ne voulait plus diffuser notre journal (“une famille exclusive”, “le népotisme qui règne au sein de votre rédaction”) », « confidences d'intellectuels attirant mon attention sur certaines formes de complaisances », l'auraient confortée dans sa décision[4].

Départ de l'essentiel de la rédaction

En 2015, Tiphaine Samoyault, membre de la direction éditoriale, affirme dans Télérama que « l’ensemble des collaborateurs du journal, trente-cinq environ, tous bénévoles, nous a cooptés, Jean Lacoste, Pierre Pachet et moi, pour nous occuper de la direction éditoriale. » Selon elle, Patricia De Pas, détentrice du capital[10], ne devait pas intervenir dans la ligne éditoriale conformément au souhait de Nadeau mais la direction a été évincée à partir du numéro du [11].

Selon Nicolas Dutent, dans L'Humanité, il s'agit d'un véritable « putsch », d'un « autoritarisme aveugle » et d'un « despotisme qui ne dit pas son nom » de la part de Patricia De Pas[12]. Cette intervention directe dans l'éditorial va à l’encontre de la culture collective héritée de Nadeau[12]. La grande majorité des collaborateurs refuse des « procédés qui vont à l’encontre des pratiques amicales »[12].

Le , une grande partie des collaborateurs — tous bénévoles — annonce leur démission collective et la création d’un nouveau journal en ligne, gratuit et consacré à la littérature, aux sciences humaines et aux arts, En attendant Nadeau[13] en explicitant les motifs de leur départ[14].

La publication se poursuit sous la direction éditoriale de Jean-François Braunstein, Jean Daive, Jean-Michel Gentizon, Rafael Pic, Yves Surel[2].

Changements de nom et de périodicité

Le , le journal change de nom et devient Quinzaines[15].

Le , le journal change de périodicité et devient mensuel[1].

Notes et références

  1. a et b Voir onglet Histoire du journal sur nouvelle-quinzaine-litteraire.fr.
  2. a et b Voir onglet Contact sur nouvelle-quinzaine-litteraire.fr.
  3. a b et c Source AFP, « Une nouvelle Quinzaine littéraire dans les kiosques », LExpansion.com,‎ .
  4. a et b NQL, « Edito du numéro 1142 du journal (1er janvier 2016) », sur La Nouvelle Quinzaine littéraire, (consulté le 1er avril 2016).
  5. a b c et d Marion Van Renterghem, « Le dernier combat de Maurice Nadeau pour "La Quinzaine" », sur Le Monde.fr, (ISSN 1950-6244, consulté le 2 avril 2016).
  6. Extrait n° 2013064328 des minutes du Greffe du Tribunal de commerce, 29 octobre 2013.
  7. a et b Marion Van Renterghem, « Maurice Nadeau, éditeur génial et désargenté », sur Le Monde.fr, (ISSN 1950-6244, consulté le 1er avril 2016).
  8. « Solidarité avec "La Quinzaine" », Le Monde des Livres,‎ 17 mai 2013..
  9. Source : Extrait des minutes du greffe, .
  10. Éditorial de Patricia De Pas, directrice de la publication, du 13 janvier 2016.
  11. Juliette Cerf, « Reprise en main musclée à “La Nouvelle Quinzaine littéraire” », sur Télérama, (consulté le 31 mars 2016).
  12. a b et c Nicolas Dutent, « Qui veut tuer l’esprit de Maurice Nadeau ? », sur L'Humanité, (consulté le 31 mars 2016), incluant un droit de réponse de Patricia Du Pas.
  13. « Les dissidents de La Nouvelle Quinzaine littéraire lancent un webzine », sur Livres Hebdo (consulté le 14 janvier 2016)
  14. Rédaction de En attendant Nadeau, « Éditorial : Commencer un journal », sur en-attendant-nadeau.fr, (consulté le 2 avril 2016).
  15. « L'histoire du journal », Quinzaines (consulté le 16 octobre 2019).

Liens externes