Léon Martinaud-Déplat

Léon Martinaud-Déplat
Illustration.
Léon Martinaud-Déplat (1932).
Fonctions
Député 1932-1936
puis 1951-1955
Gouvernement IIIe république-IVe république
Groupe politique RRRS
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 70 ans)
Résidence Seine puis Bouches-du-Rhône

Léon Martinaud-Déplat est un homme politique français, né à Lyon le , décédé le à Paris.

Biographie

Avocat, président de l'Union des Jeunes Avocats à la Cour de Paris (UJA de Paris) (1925-1926), il est secrétaire général du Comité exécutif du Parti radical-socialiste dès 1929. Il est élu député de Paris de 1932 à 1936. Il est brièvement sous-secrétaire d'État en 1934. En 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, il est nommé directeur de la Presse au haut-commissariat à l'Information; il est à ce titre responsable de la censure des journaux[1].

En 1948, il est élu président administratif du parti radical-socialiste. Il est élu député des Bouches-du-Rhône de 1951 à 1955.

Fonctions gouvernementales

En tant que ministre de la Justice, il tenta de lutter contre le Parti communiste (PCF) et poursuivit cette politique comme ministre de l'Intérieur.

Le 14  , la police attaque un cortège du Parti communiste, de la Confédération générale du travail et du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, tuant sept personnes et en blessant des dizaines. Il fait porter la responsabilité du massacre aux victimes[2].

Ministre de l'intérieur du 28 juin 1953 au 18 juin 1954, il entretient des liens avec le “lobby ultra” colonialiste du Maroc[3] au moment où une frange de ce lobby se lance dans des actions violentes incluant les assassinats politiques, qu'il ne couvre cependant pas. Un autre chef de fil du parti, René Mayer député radical de Constantine et défenseur des colons algériens, pivot des différentes majorités parlementaires et cabinets de la IVe République[4], avait veillé à partir de 1950 à ce que le ministère de l’Intérieur soit l'apanage de proches des intérêts coloniaux[4], notamment dans la mouvance radicale, avec des personnalités Charles Brune ou Léon Martinaud-Déplat[4]. Les libéraux du Maroc reprochent en particulier à la police de laisser faire les attentats colonialistes, via un éditorial d'Henri Sartout, de Maroc-Presse[5].

Président administratif du Parti radical en 1955, il s'oppose dans un premier temps à la tenue du Congrès extraordinaire du Parti radical de mai 1955 puis s'y rallie[6].

Annexes

Bibliographie

  • Robert Tinthoin, Voyage de M. le Ministre de l'Intérieur Martinaud-Déplat dans le département d'Oran les 26 et , 1953, 32 p.
  • « Léon Martinaud-Déplat », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Notes et références

  1. Le Populaire, 20 octobre 1939, Léon Blum, "Appel à l'opinion"
  2. « Document. Le 14 juillet 1953 une tuerie à Paris », sur L'Humanité,
  3. "L’assassinat de Lemaigre-Dubreuil : Casablanca, le 11 juin 1955" par François Broche en 1977 aux Éditions Balland, cité par Emmanuel Blanchard, dans sa thèse d'histoire d'octobre 2008 "Encadrer des ”citoyens diminués”. La police des Algériens en région parisienne (1944-1962)"  [1]
  4. a b et c "Encadrer des citoyens diminués. La police desAlgériens en région parisienne (1944-1962)", par Emmanuel Blanchard, thèse d'histoire, sous la direction de Jean-Marc BERLIÈRE, Professeur d’histoire contemporaine, à l'Université de Bourgogne, octobre 2008  [2]
  5. "L'expectative prend au Maroc une allure de culpabilité écrit M. Sartout dans " Maroc-Presse ", Le Monde du 3 mai 1954 [3]
  6. Dir. Serge Berstein et Marcel Ruby, Un siècle de radicalisme, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Histoire et civilisations », , 281 p. (ISBN 978-2859398149)

Liens externes

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