Kamel Jendoubi

Kamel Jendoubi
Illustration.
Kamel Jendoubi lors d'une conférence de presse de l'Isie
Fonctions
Ministre tunisien auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec les institutions constitutionnelles et la société civile et des Droits de l'homme[1]
Président Béji Caïd Essebsi
Premier ministre Habib Essid
Gouvernement Essid
Prédécesseur Poste créé
Successeur Mehdi Ben Gharbia
Biographie
Date de naissance (67 ans)
Lieu de naissance Tunis, Tunisie
Nationalité tunisienne
Parti politique Indépendant
Diplômé de Institut d'administration des entreprises
Université Panthéon-Assas

Kamel Jendoubi (arabe : كمال الجندوبي), né le à Tunis, est un militant des droits de l'homme et homme politique tunisien.

Biographie

Jendoubi est titulaire d'un diplôme de l'IAE de Paris et d'un diplôme d'études approfondies de l'université Panthéon-Assas[2].

Il est membre et président de plusieurs associations de défense des droits de l'homme, notamment le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme depuis 2003[3].

En 2011, il est élu par la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique comme président de l'Instance supérieure indépendante pour les élections chargée de l'organisation de l'élection d'une assemblée constituante[4].

En octobre 2012, Kamel Jendoubi est à nouveau chargé de l'organisation d'élections en 2013[5], à la suite d'un accord de la troïka sur le futur régime politique[6]. Toutefois, le scrutin est repoussé et Chafik Sarsar, enseignant universitaire en droit constitutionnel, est finalement élu président de la nouvelle Instance supérieure indépendante pour les élections[7].

Le , il est nommé au poste de ministre auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec les institutions constitutionnelles et la société civile dans le gouvernement de Habib Essid[8]. Le , il prend aussi en charge les Droits de l'homme[9].

Le , il est désigné, par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme à la tête d'un groupe d'experts internationaux et régionaux pour enquêter sur les violations des droits de l'homme au Yémen[10].

Controverses

Polémiques académiques

Kamel Jendoubi s'inscrit à l'université de Tunis à la fin des années 1960 afin d'y poursuivre des études en physique-chimie[11]. Un an plus tard, en 1971, il déménage à Paris, et ayant échoué à s'inscrire en école de médecine, poursuit des études de pharmacie[12]. Durant cette période, il fait la connaissance de nombreux immigrés tunisiens et choisit de délaisser ses études au profit du militantisme[11].

En 1979, Kamel Jendoubi, après un court retour en Tunisie, revient en France afin de reprendre des études, en mathématiques cette fois-ci, avant de se réorienter une nouvelle fois, et d'intégrer l'IAE de Paris, d'abord, et la Sorbonne ensuite[11].

D'après le militant Salem Ben Ammar, Kamel Jendoubi aurait menti au sujet de l'obtention de ses diplômes de l'IAE et de la Sorbonne[13].

Liens avec le Qatar

Kamel Jendoubi est lié à deux organisations réputées proches du Qatar. Il préside le Cairo Institute for Human Rights Studies (Institut du Caire pour l'étude des droits humains), une association critiquée pour son silence sur les violations des droits de l'homme dans ce pays[14],[15]. D'après le site d'information Egypt Today, l'organisation figure sur la liste noire des organisations associées aux Frères musulmans soutenues par le Qatar[16]. Le Cairo Institute for Human Rights Studies a aussi reçu le soutien de la fondation Alkarama dont le fondateur, Abdul Rahman Omeir al-Naimi, est listé comme terroriste par les États-Unis[17],[18],[19].

Kamel Jendoubi est également proche du National Human Rights Committee , une organisation qatarie proche de la mère de l'émir du Qatar[20],[21].

Liens avec la mouvance islamiste

Kamel Jendoubi a longtemps promu « la nécessité d'intégrer progressivement les islamistes dans le jeu politique » tunisien[12],[3]. Dans ce contexte, il a été accusé par Ben Ammar d'être derrière la victoire de Ennahdha aux élections de 2011[22].

Distinctions

  • Commandeur de l'Ordre tunisien de la République (2011)[23] ;
  • Prix Hermès pour la promotion de la liberté d'expression et de l'échange des informations en Méditerranée (2016)[24].

Publications

  • Que vive la République ! Tunisie (1957-2017) [sous la dir. de], éd. Alif, Tunis, 2018[25]

Notes et références

  1. Ministre tunisien auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec les institutions constitutionnelles et la société civile jusqu'au 12 janvier 2015
  2. « Biographie de Kamel Jendoubi, ministre chargé des Relations avec les Instances constitutionnelles, la Société civile et les Organisations des droits de l'homme », sur businessnews.com.tn, (consulté le 5 décembre 2017)
  3. a et b « Qui est Kamel Jendoubi ministre des Relations avec les Instances constitutionnelles, la Société civile et les Droits de l'homme ? », sur leaders.com.tn, (consulté le 5 décembre 2017)
  4. Sadok Sayedi, « Membres du Conseil de l'instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique », sur tunisienumerique.com, (consulté le 5 décembre 2017)
  5. « Tunisie : élections en été 2013 », Le Figaro,‎ (ISSN 1241-1248, lire en ligne, consulté le 5 décembre 2017)
  6. « Tunisie : accord de la coalition au pouvoir sur le futur régime politique », Le Monde,‎ (ISSN 0395-2037, lire en ligne, consulté le 5 décembre 2017)
  7. « Chafik Sarsar, officiellement, nouveau président de l'ISIE », sur businessnews.com.tn, (consulté le 5 décembre 2017)
  8. « Tunisie : le Premier ministre désigné présente son gouvernement », Le Point,‎ (ISSN 0242-6005, lire en ligne, consulté le 5 décembre 2017)
  9. « Tunisie : liste complète des ministres du nouveau gouvernement Essid », sur directinfo.webmanagercenter.com, (consulté le 5 décembre 2017)
  10. « Kamel Jendoubi nommé président d'un groupe d'experts sur le Yémen par le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme », sur huffpostmaghreb.com, (consulté le 5 décembre 2017)
  11. a b et c « Qui est Kamel Jendoubi, ministre délégué chargé des Relations avec la Société civile? », sur leaders.com.tn, (consulté le 11 janvier 2019)
  12. a et b « Kamel Jendoubi, le garant des premières élections du printemps arabe », Le Monde,‎ (ISSN 0395-2037, lire en ligne, consulté le 11 janvier 2019)
  13. Salem Ben Ammar, « Kamel Jendoubi, un homme qui se veut plus gros que la grenouille », sur turess.com, (consulté le 11 janvier 2019)
  14. (en) « Biographies of the members of the Group Eminent Experts on Yemen », sur ohchr.org (consulté le 23 août 2019)
  15. Wassim Kacem, « Kamel Jendoubi sera-t-il reconduit comme expert des Nations unies ? », sur blogs.mediapart.fr, (consulté le 23 août 2019)
  16. (en) Amr Mohamed Kandil, « US-funded rights entity aims to intervene in Egypt's domestic affairs: Arab Movement », sur egypttoday.com, (consulté le 23 août 2019)
  17. (en) « “Shock and anger must translate into real action”: UN Secretary-General condemns cases of reprisals in report presented to Human Rights Council », sur alkarama.org, (consulté le 23 août 2019)
  18. (en) David Blair et Richard Spencer, « Former head of human rights charity accused of leading double life as terrorist fundraiser », The Telegraph,‎ (ISSN 0307-1235, lire en ligne, consulté le 23 août 2019)
  19. (en) « Terrorists for Human Rights », sur thedailybeast.com, (consulté le 23 août 2019)
  20. (en) « In cooperation with the Arab Institute for Human Rights and UNESCO. The NHRC participates in the organization of an international conference in Tunisia », sur nhrc-qa.org, (consulté le 23 août 2019)
  21. (en) « 2010 Forum for the Future: Democracy Leader Looks Ahead », sur wikileaks.org, (consulté le 23 août 2019)
  22. Salem Ben Ammar, « Kamel Jendoubi, le traître qui a livré la Tunisie à Ghannouchi », sur tunisie-secret.com, (consulté le 11 janvier 2019)
  23. « Des personnalités décorées par le président de la République par intérim », sur leaders.com.tn, (consulté le 5 décembre 2017)
  24. « Kamel Jendoubi, lauréat du Prix Hermès de la liberté d'expression », sur kapitalis.com, (consulté le 5 décembre 2017)
  25. « 60 ans après, la République tunisienne remise en débat », sur leaders.com.tn, (consulté le 2 juin 2018)

Voir aussi