Julián Grimau

Julián Grimau
Nom de naissance Julián Grimau García
Naissance
Madrid
Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Décès (à 52 ans)
Madrid
Drapeau de l'Espagne Espagne
Nationalité Espagnole
Profession
Inspecteur du Service d’information militaire
Activité principale
Militant de la Gauche républicaine (1935-1936)
Militant du Parti communiste d'Espagne (1936-1962)

Julián Grimau (Julián Grimau García, né en 1911 à Madrid, fusillé le à Madrid) fut un dirigeant du Parti communiste d'Espagne, ancien fonctionnaire du gouvernement républicain, exécuté par le régime franquiste.

Biographie

Ouvrier typographe, dans sa jeunesse il milite dans la Gauche républicaine[1]. Au déclenchement de la guerre civile par le général Franco, il adhère au PCE. Il passe la guerre à Barcelone, où il se voue à des tâches policières (son père, Enrique Grimau, avait été inspecteur de police) : en effet, Grimau fut un agent du SIM (Servicio de Investigación Militar), le service de sécurité du gouvernement républicain, qui était largement utilisé par le PCE comme outil de répression contre ses opposants de droite comme de gauche (trotskystes et anarchistes). L'écrivain Jorge Semprún a mentionné un témoignage oral venant d'un républicain exilé en Amérique latine et aujourd'hui disparu qui établissait sa possible participation dans la répression contre le parti trotskiste POUM durant la guerre civile. Après la défaite de la République, il s’exile en Amérique latine, pour s’établir ultérieurement en France. En 1954, lors du congrès du parti réuni à Prague, il est élu membre du comité central. À partir de 1959, il est chargé de la direction du parti « à l’intérieur », c’est-à-dire en Espagne, où il réside clandestinement durant diverses périodes.

Son activité politique contre la dictature en fait une des personnes les plus recherchées par la police espagnole. Après son arrestation le dans un bus par la Brigada politico-sociale, il est torturé et défenestré dans les locaux de la Dirección General de Seguridad ; ayant survécu, son procès commence le devant un tribunal militaire : selon le tribunal militaire qui doit le juger, il serait responsable de la checa  de la rue Baranguer, à Barcelone, où de nombreuses personnes furent arrêtées, torturées et exécutées sans jugement[2] ; il est condamné à mort et fusillé, bien que son cas ait été l’objet d’une grande attention de la presse internationale, que de nombreuses manifestations aient eu lieu en diverses capitales européennes et latino-américaines et que plus de 800 000 télégrammes soient parvenus à Madrid, demandant l’arrêt de ce qui était considéré comme une farce judiciaire. Il est un des symboles des victimes de la répression franquiste contre les communistes et républicains espagnols qui continue vingt-cinq ans après la fin de la guerre civile.

Les tentatives de réhabilitation judiciaire de Julian Grimau - demandées par la gauche espagnole - ont toutes été bloquées par le Parti populaire espagnol.

Hommages

« L'heure n'est plus au flamenco
Déshonoré Mister Franco
Nous vivons l'heure des couteaux
Nous sommes à l'heure de Grimau »

  • La chanteuse chilienne Violeta Parra lui rend hommage dans sa chanson Que dirá el Santo Padre :

« Entre más injusticia, señor fiscal,
más fuerzas tiene mi alma para cantar.
Lindo se dará el trigo en el sembra’o,
regado con tu sangre, Julián Grimau. »

Notes et références

  1. Izquierda Republicana.
  2. Max Gallo, Histoire de l'Espagne Franquiste, Paris, marabout université, 490 p., T.2 P. 370

Source originale

Voir aussi

Liens externes