Jules Brévié

Jules Brévié
Jules Brévié.jpg
Fonction
Ambassadeur de France en Hongrie
-
Robert de Dampierre ()
Biographie
Naissance
Décès
(à 84 ans)
Talizat
Nationalité
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Jules Brévié, né à Bagnères-de-Luchon le , et, mort le à Talizat[1], est un administrateur colonial, gouverneur général de l'Afrique-Occidentale française (AOF) et de l'Indochine française, également ministre de Pierre Laval.

Passionné d'histoire et d'ethnologie, ce fut le promoteur d'une approche « scientifique » de la colonisation.

Biographie

Monolithe de Tondidarou (Musée du quai Branly)

Commandant du cercle de Bamako au Soudan français, il découvre en 1904 un important site archéologique, celui des mégalithes de Tondidarou[2], près de Niafunké.

De 1922 à 1929 il est le premier lieutenant-gouverneur du Niger. Française depuis 1922, la colonie connaît pendant cette période une relative prospérité, avec le développement de l'agriculture et de l'éducation[3]. À son départ l'intérim est assuré par Jean-Baptiste Robert Fayout.

Succédant à Jules Carde, il est gouverneur général de l'AOF du au . Déjà l'auteur de plusieurs travaux historiques et ethnographiques, il plaide pour une vision scientifique de la colonisation :

« La mise en valeur des colonies pose des problèmes généraux et techniques d'une ampleur telle que pour les embrasser et les résoudre, il ne faut plus seulement s'abandonner aux solutions inspirées des circonstances, se livrer au génie de l'improvisation, aux initiatives trop libres de l'empirisme. La colonisation devient affaire de méthode, de calcul, de prévision, et pour tout dire, de science[4]. »

En août 1936, par l'arrêté n° 1945/E[5], il crée l'IFAN (Institut français d'Afrique noire, qui prendra le nom d'Institut fondamental d'Afrique noire), dont le premier poste de secrétaire général est occupé par Théodore Monod à partir de juillet 1938. La principale mission de l'IFAN consiste à mettre en œuvre une « étude scientifique » de l'Afrique noire en général, et de l'AOF en particulier.

Déjà chevalier de la Légion d'honneur en 1920, il est promu grand officier en 1938.

Alors que Marcel de Coppet lui succède à la tête de l'AOF, Jules Brévié est ensuite nommé gouverneur d'Indochine en Septembre 1936, un poste qu'il occupera jusqu'au .

Du au il est ministre de l'Outre-mer et des Colonies dans le Gouvernement de Pierre Laval et obtient notamment la création d'un Office de la recherche scientifique coloniale[6],qui sera effectivement institué à Paris par la loi du .

De 1943 à 1944, il est ambassadeur de France en Hongrie. Il a été décoré de l'ordre de la Francisque[7].

Pour avoir appartenu au gouvernement de Vichy, il est déchu de son grade de gouverneur général honoraire des Colonies en janvier 1945, puis définitivement privé de sa pension de retraite au mois de mars de la même année. En mai 1945 il est en outre déchu du droit de porter toute décoration française ou étrangère[8].

Il meurt le dans le village de Pierrefitte qui se situe sur la commune de Talizat dans le Cantal.

Il a été membre de l'Académie des sciences d'outre-mer.

Écrits

  • Monographie du cercle de Bamako, 1904
  • Islamisme contre naturisme au Soudan français : essai de psychologie politique coloniale (Préface de Maurice Delafosse), Leroux, Paris, 1923
  • Trois études de M. le gouverneur général Brévié (« Communication faite le 13 octobre 1935 à l'Académie des sciences coloniales en présence de M. Albert Lebrun » ; « Colonisation » ; « Science et colonisation »), Imprimerie du gouvernement général de l'AOF, Dakar, 1936
  • Hommage à la colonisation portugaise, Institut Français au Portugal, Lisbonne, 1940.
  • Préface de Rêves d'un campagnard annamite, de Tran Van Tung, Mercure de France, 1940, 192 p.

Hommages

Une avenue porte son nom à Niamey (Niger).

Notes et références

  1. Archives de la Haute-Garonne, commune de Bagnères-de-Luchon, acte de naissance no 48, année 1880 (avec mention marginale de décès)
  2. Michel Raimbault et Kléna Sanogo (dir.), Recherches archéologiques au Mali : prospections et inventaire, fouilles et études analytiques en zone lacustre, Karthala, Paris, 1991, p. 39
  3. André Salifou, Le Niger, L'Harmattan, 2002, p. 126
  4. Jules Brévié, « Science et colonisation », dans Trois études de M. le gouverneur général Brévié, Imprimerie du gouvernement général de l'AOF, Dakar, 1936
  5. Historique sur le site de l'IFAN
  6. L'ORSC deviendra l'ORSTOM, puis l'IRD. Voir C. Bonneuil et P. Petitjean, « Les chemins de la création de l'ORSTOM, du Front populaire à la Libération en passant par Vichy, 1936-1945 : recherche scientifique et politique coloniale », dans Roland Waast et Patrick Petitjean (dir.), Les Sciences hors d'Occident au XXe siècle, Paris, ORSTOM, 1996, p. 113-161
  7. Henry Coston (préf. Philippe Randa), L'Ordre de la Francisque et la révolution nationale, Paris, Déterna, coll. « Documents pour l'histoire », (ISBN 2-913044-47-6), p. 36 — première édition en 1987.
  8. André Salifou, Le Niger, op. cit., p. 144

Voir aussi

Bibliographie

  • Robert Cornevin (et al.), « Jules Brévié », in Hommes et destins, vol. 5, Académie des sciences d'outre-mer, Paris, 1975, p. 86
  • Patrice Morlat (dir.), Les Grands Commis de l'Empire colonial français (actes du colloque de Clermont-Ferrand du 14 octobre 2005), Les Indes savantes, Paris, 2010, 229 p. (ISBN 978-2-84654-230-2)
  • André Salifou, Le Niger, L'Harmattan, Paris, Budapest, Turin, 2002, 428 p. (ISBN 2-7475-2639-9)

Articles connexes

Liens externes