Jeanne Labourbe

Jeanne Labourbe
Jeanne Labourbe 1977.jpg
Timbre soviétique commémorant le 100e anniversaire de la naissance de Jeanne Labourbe.
Biographie
Naissance
Décès
(à 41 ans)
Odessa
Sépulture
2nd Christian Cemetery in Odessa ()
Nationalité
Activité

Jeanne Marie Labourbe (1877 - 1919) est une militante bolchévique française qui a participé activement à la Révolution d'Octobre. Elle meurt en mars 1919 à Odessa, exécutée par la police locale aux ordres des Russes blancs.

Biographie

Jeanne Labourbe naît à Lapalisse, une petite ville du sud est de l'Allier où elle travaille très tôt dans une blanchisserie. Fille de Claude Labourbe ouvrier terrassier et de Marie Labbé journalière, elle est le troisième enfant d'une fratrie de cinq membres. Depuis le sanglant soulèvement de La Palisse[1] contre le Coup d'État du 2 décembre 1851 fomenté par le prince président, un fort sentiment de républicanisme et de justice sociale s'était profondément enraciné dans le pays. L'incroyable engagement politique de son compatriote Louis-Simon Dereure, qui fut l'un des leader de la Ire Association internationale des travailleurs, et membre de la Commune de Paris , inspira t-il la trajectoire idéologique hors norme de l'humble repasseuse ?

En 1896, à l'âge de 19 ans, Jeanne repère une offre d'emploi pour être lectrice de français en Pologne. Elle décide donc de partir pour la Pologne, qui fait alors partie de l'Empire russe, et est embauchée comme gouvernante et lectrice de français au sein d'une famille de la bourgeoisie polonaise de Tomaszów Mazowiecki.

Après plusieurs années, elle devient institutrice et adhère au Parti ouvrier social-démocrate de Russie au moment de la Révolution de 1905. En 1917, elle participe de façon active à la Révolution d'Octobre et fonde le 30 Août 1918 le 1er Groupe communiste français de Moscou aux côtés de Jacques Sadoul de Pierre Pascal et d'Inès Armand.

Portrait de Jeanne Labourbe, 1re femme communiste française. (carte postale ancienne)

Soutien aux idéaux des contre-révolutionnaires russes, courant 1918 la France, par décision de Georges Clemenceau alors président du Conseil, fait envoyer au port d'Odessa une escadre de sa flotte maritime afin de réprimer militairement la propagation des mutineries de la mer Noire.

Lorsqu'elle apprend le débarquement le des troupes françaises à Odessa, Jeanne Labourbe se porte volontaire pour rejoindre la ville portuaire afin d'y mener une politique de propagande et de défense de la Révolution bolchévique en direction des marins et soldats français[2]. Elle y fait notamment paraître un bulletin Le Communiste rédigé en français. Mais la ville d'Odessa étant tombée sous l'emprise des Russes blancs, le , la police fait une descente au cours d'une réunion d'un comité bolchévik à laquelle assiste Jeanne Labourbe . Aidée par des officiers de l'armée française prêtant main forte à la police russe anti-bolchévique, ceux-ci ouvre le feu sur la dizaine de militants présents qui sont atrocement torturés et exécutés .

Hommages

Plusieurs villes françaises ont donné le nom de Jeanne Labourbe à une rue ou une école : Lapalisse, Saint-Pierre-des-Corps, Fleury-les-Aubrais, Vierzon, Varennes-Vauzelles, Saint-Martin-d'Hères, Tremblay-en-France, Lanester, Montluçon, Fontaine (Isère), Saran, Vénissieux, etc.

Notes et références

  1. Lapalisse (Allier) est une des rares communes de France, possédant un Monument dédié aux Victimes du Coup d'État de 1851.
  2. Marcel Body, Un ouvrier limousin au cœur de la révolution russe, éditions Spartacus, 1986, page 88

Bibliographie

  • John Reed, Dix jours qui ébranlèrent le monde, Éditions Boni & Liveright, New York, 1919.
  • Jean Fréville, Une révolutionnaire française de la Révolution russe : Jeanne Labourbe. Cahiers de l'Institut Maurice Thorez. N°13. Ier trimestre 1969.
  • Annie Kriegel, Aux origines du communisme français : contribution à l'histoire du mouvement français., Éditions Flammarion, Paris, 1970.
  • Alfred Rosmer, Moscou sous Lénine : les origines du communisme. ( voir Jeanne Labourbe ) . Edition F. Maspero . Paris 1970
  • Roland Gaucher, Histoire secrète du Parti Communiste Français. 1920-1974. Edition Albin Michel 1974
  • Ludmila Zak, Des Français dans la Révolution d'Octobre, Éditions sociales, Paris, 1976. Préface de Georges Cogniot ; traduction du russe par Claudie Bassi. Cet ouvrage est principalement consacré à la mémoire de Jeanne Labourbe.
  • Pierre Pascal, En Communisme : mon journal de Russie. 1918-1921. Volume IIe . Edition l'Age d'homme. 1977
  • Jacques Raphaël-Leygues et Jacques Barré, Les mutins de la mer noire - Avril 1919, des marins français se révoltent, Éditions Plon, Paris, 1981.
  • Philippe Masson , La marine et la mer noire 1918-1919. Edition de la Sorbonne. 1982
  • Marcel Body, Les groupes communistes français de Russie 1918-1922, Edition Allia, Paris, 1988. Réédition 2015.
  • Antoine Perraud, Octobre 17. Jeanne Labourbe, l’institutrice française tuée à Odessa, sur Mediapart, le 26 Juillet 2017 (lire en ligne).
  • François Bonnet, Des vies en Révolution, ces destins saisis par Octobre 17.. Postface de Marc Ferro. Médiapart. Don Quichotte Editions 2017.
  • Bernard Lecomte , Histoire du communisme pour les nuls. ( Un portrait : Jeanne Labourbe ) Edition First. Paris Octobre 2017
  • Jean Maitron, « Notice LABOURBE Jeanne (LABOURBE Marie dite Jeanne) », version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 18 septembre 2018.