Jean-Luc Rougé

Jean-Luc Rougé
Jean-Luc Rouge en 1976 (JO de Montreal), 'Montreal 76', Panini figurina n°236.jpg
Jean-Luc Rougé en 1976 aux Jeux Olympiques de Montréal.
Fonctions
Secrétaire général
Fédération internationale de judo
depuis
Président
Fédération française de judo et disciplines associées
depuis
Vice-président
Union européenne de judo
-
Membre honoraire ()
Union européenne de judo
depuis
Directeur sportif
Union européenne de judo
-
Directeur
Fédération française de judo et disciplines associées
-
Directeur technique national
Fédération française de judo et disciplines associées
-
Conseiller technique ()
Direction départementale de la cohésion sociale
-
Président
Collège des Ceintures Noires
Biographie
Naissance
(70 ans)
Clichy
Nationalité
Activité
Autres informations
Taille
1,9 m
Masse
95 kg
Grade
9e dan ()
Distinctions
signature de Jean-Luc Rougé
signature

Jean-Luc Rougé, né le à Clichy (Hauts-de-Seine), est un judoka français, ancien compétiteur membre de l'équipe de France de judo entre 1967 et 1980.

Il est le premier judoka français à remporter le titre de champion du monde de judo à Vienne en 1975. Il est également quatre fois champion d'Europe et douze fois champion de France senior.

Après sa retraite sportive, il occupe différents postes techniques au sein de la Fédération française de judo avant d'en devenir le président en 2005. Au niveau international, il est un membre honoraire de l'Union européenne de judo depuis 2002 et secrétaire général de la Fédération internationale de judo depuis 2011.

Biographie

Carrière sportive

Jean-Luc Rougé découvre le judo à la télévision en 1961, un sport jusque là peu pratiqué en France à cette époque, lors des championnats du monde de Paris où le néerlandais Anton Geesink devient le premier judoka européen à battre Koji Sone, un Japonais[1].

Athlète licencié au club de l'Athletic Club de Boulogne-Billancourt, Jean-Luc Rougé évolue dans les catégories de poids des « mi-lourds » et « lourds »[Note 1] et mesure un mètre quatre-vingt dix.

Il est le premier champion du monde de l'histoire du judo français en 1975 en remportant la finale face au japonais Ishibashi.

Il est en outre, à quatre reprises, champion d'Europe en 1973, 1975, 1979 et 1980, après avoir été d'ailleurs champion d'Europe cadet en 1967 et champion d'Europe junior en 1969.

Il est également champion d'Europe par équipes nationales en 1978, en prenant la deuxième place de ce tournoi à cinq reprises en 1972, 1973, 1975, 1977 et 1979.

En 1976, il enseigne des cours de Judo à Gif-sur-Yvette.

Il est connu pour sa moustache, attribut très rare chez les sportifs en général et au judo en particulier.

Spécialiste du harai goshi, il a écrit un livre exhaustif sur cette technique de projection.

Il obtient son 9e dan le .

Carrière administrative

Fonctions nationales

En parallèle de sa carrière sportive, Jean-Luc Rougé est conseiller technique auprès du Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports du département de l'Essonne entre 1972 et 1980[2].

Après sa retraite sportive, il est brièvement entraineur national de judo de 1980 à 1981 avant d'occuper le poste de directeur technique national adjoint de 1981 à 1986 puis directeur technique national de 1986 à 1997 au sein de la fédération française de judo[3]. Il est ensuite directeur de la fédération de 1994 à 2004, avant d'y être élu président en 2005, succédant à Michel Vial[1],[4]. Il est réélu en 2016 pour la quatrième fois consécutive.

Fonctions internationales

Jean-Luc Rougé est le directeur sportif de l'Union européenne de judo entre 1998 et 2002 puis en est un membre honoraire depuis 2002. À partir de 2005 et jusqu'en 2007, il occupe le poste de premier vice-président de l'Union européenne de judo. Enfin, depuis 2011, il est le secrétaire général de la Fédération internationale de judo[2].

Carrière politique

Jean-Luc Rougé fréquenta lorsqu'il était jeune l'Alliance des jeunes pour le socialisme (AJS), gérée par l'Organisation communiste internationaliste (OCI). Son frère, chercheur en mathématiques, défend les couleurs du Parti des travailleurs (PT) dans les Hautes-Pyrénées lors des élections cantonales de 2004[1].

Le ministre des sports Guy Drut nommé par le gouvernement Alain Juppé en 1995 lui propose, en vain, de rejoindre son cabinet ministériel[1].

Il fut également candidat aux élections législatives de 1993 sous les couleurs du Rassemblement par le sport, et ce malgré des convictions politiques le liant au mouvement trotskiste d’extrême gauche alors qu’il était plus jeune. Il obtient 4,60 % des voix mais ne renouvelle pas sa candidature[1].

Controverse

Jean-Luc Rougé est farouchement opposé au développement du MMA (Mixed Martial Arts) en France : « Le MMA est un refuge pour djihadistes ! C'est la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) qui me l'a dit ! »[5]. Il reformule ses propos dans un article paru dans Le Parisien : « J'ai parlé des arts martiaux qui sont des refuges pour jihadistes. Des terroristes peuvent s'entraîner chez nous. C'est pour cette raison qu'on est en contact avec la police. D'ailleurs, on a déjà exclu des gens, mais je n'en dirai pas plus. Sur Internet, vous pouviez lire comment s'entraîner pour le jihad et il était écrit qu'il fallait intégrer des clubs d'arts martiaux. Y compris dans le judo. »[6].

Il regrette une banalisation de la violence, un manque d'aspect éducatif, et un intérêt purement économique au sein du MMA[5],[6]. Dans un communiqué de la Fédération française de judo, jujitsu, kendo et disciplines associées en réaction des propos de la ministre des Sports Roxana Maracineanu, un manque de recul concernant « l'impact sur l'éducation, la santé et les valeurs de respect des personnes, tant physiquement que moralement » dans ce sport émergeant est évoqué[7],[8]. Concernant l’intégration du MMA loisir au sein de la FFJDA, celle-ci est possible, « avec quelques ajustements techniques [la fédération] peut tout à fait gérer ces activités avec ses clubs et ses enseignants. ». Pour les compétitions amateurs, la FFJDA souhaite être « libre pour en définir le contenu technique et les aspect culturels et éthiques ». Pour les combats professionnels organisés par des sociétés privées, la FFJDA demande, dans le cas où elle devrait intégrer ou accompagner le MMA, « la possibilité d’interdire certaines manifestations ». Celle-ci dénonce le manque d'uniformisation des exigences de contrôles et suivis médicaux, ainsi que des variantes d’arbitrage parfois importantes, notamment lorsqu’un combattant est en difficulté physique[9].

Palmarès

Jean-Luc Rougé
Image illustrative de l’article Jean-Luc Rougé
Contexte général
Sport pratiqué Judo
Période active 1967 - 1980
Biographie
Nationalité sportive Drapeau : France Française
Naissance
Lieu de naissance Clichy
Taille 1,90 m (6 3)
Poids 95 kg (209 lb)
Palmarès
Jeux olympiques 0 0 0
Championnats du monde 1 1 1
Championnats d'Europe 4 2 1
Ch. d'Europe par équipes 1 5 1
Championnats de France 12 3 4
Meilleurs résultats en Grands Chelems
TournoiParis Ekaterinbourg Rio Tokyo
RésultatMédaille d'orMédaille d'orMédaille d'orMédaille d'argentMédaille d'argentMédaille de bronze Médaille d'argentMédaille de bronze
Dernière mise à jour : 21/07/2019

Cadet

  • Championnats d'Europe
    • Médaille d'or Médaille d'or en −85 kg aux Championnats d'Europe de Lisbonne en 1967.

Junior

  • Championnats d'Europe
    • Médaille d'or Médaille d'or en −93 kg aux Championnats d'Europe de Berlin en 1969.

Senior

  • Championnats de France
    • Médaille d'or Médaille d'or en −93 kg aux Championnats de France en 1969.
    • Médaille de bronze Médaille de bronze en −93 kg aux Championnats de France en 1970.
    • Médaille de bronze Médaille de bronze en toutes catégories aux Championnats de France en 1970.
    • Médaille d'argent Médaille d'argent en −93 kg aux Championnats de France en 1971.
    • Médaille d'or Médaille d'or en toutes catégories aux Championnats de France en 1971.
    • Médaille de bronze Médaille de bronze en −93 kg aux Championnats de France en 1972.
    • Médaille de bronze Médaille de bronze en toutes catégories aux Championnats de France en 1972.
    • Médaille d'or Médaille d'or en −93 kg aux Championnats de France en 1973.
    • Médaille d'argent Médaille d'argent en toutes catégories aux Championnats de France en 1973.
    • Médaille d'or Médaille d'or en −93 kg aux Championnats de France en 1974.
    • Médaille d'or Médaille d'or en toutes catégories aux Championnats de France en 1974.
    • Médaille d'or Médaille d'or en −93 kg aux Championnats de France en 1975.
    • Médaille d'argent Médaille d'argent en toutes catégories aux Championnats de France en 1975.
    • Médaille d'or Médaille d'or en −93 kg aux Championnats de France en 1976.
    • Médaille d'or Médaille d'or en +95 kg aux Championnats de France en 1977.
    • Médaille d'or Médaille d'or en toutes catégories aux Championnats de France en 1977.
    • Médaille d'or Médaille d'or en +95 kg aux Championnats de France en 1978.
    • Médaille d'or Médaille d'or en +95 kg aux Championnats de France en 1979.
    • Médaille d'or Médaille d'or en −95 kg aux Championnats de France en 1980.

Par équipe

Distinctions

Jean-Luc Rougé est également élevé au rang de Gloire du sport par la Fédération des internationaux du sport français en 2003.

Publications

  • Jean-Luc Rougé, Harai-goshi, Paris, Chiron sports, coll. « Les maîtres du judo : 2 », , 95 p. (ISBN 2-7027-0472-7)

Notes et références

Notes

  1. Pour les poids « mi-lourds », cela correspond à −93 kg de 1972 à 1976, −95 kg de 1980 à 1992, −100 kg depuis 1996. Pour les poids « lourds », cela désigne +93 kg de 1972 à 1976, +95 kg de 1980 à 1992, +100 kg depuis 1996.

Références

  1. a b c d et e Gilles van Kote, « Jean-Luc Rougé, militant du judo », sur Le Monde, (consulté le 19 juillet 2019)
  2. a et b « Jean-Luc Rougé - Bureau exécutif - Franceolympique.com », sur www.franceolympique.com (consulté le 19 juillet 2019)
  3. « Fiche de Jean-Luc Rougé », sur FranceOlympique.com (consulté le 19 juillet 2019)
  4. « Jean-Luc Rougé, du kimono au costume », sur L'Humanité, (consulté le 19 juillet 2019)
  5. a et b « MMA : quand les dirigeants du judo mondial tombent sur la tête », sur www.lepoint.fr, (consulté le 26 mars 2015)
  6. a et b Le 25 juin 2015 à 16h29, « JUDO. Jean-Luc Rougé:«Les arts martiaux sont des refuges pour jihadistes» », sur leparisien.fr, (consulté le 21 juillet 2019)
  7. John SUBAKA, « Le président de la fédération française de judo critique le MMA, la fédération internationale de MMA lui répond », sur ActuMMA, (consulté le 21 juillet 2019)
  8. « La Fédération internationale de MMA répond aux critiques de Jean-Luc Rougé, président de la Fédération française de judo - MMA », sur L'Équipe (consulté le 21 juillet 2019)
  9. « MMA : la FFJudo (ré)affirme sa position contre », sur www.lespritdujudo.com (consulté le 21 juillet 2019)
  10. Décret du 14 avril 2017 portant promotion

Liens externes