Idriss Aberkane

Idriss Aberkane
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Idriss Aberkane
Biographie
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Idriss Jamil Aberkane
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Idriss Aberkane, né le , est un conférencier et essayiste français.

Médiatisé pour ses conférences de développement personnel, il publie en 2016 un essai à succès : Libérez votre cerveau ! Il fait l'objet de critiques, pour avoir artificiellement gonflé son CV, et l’utiliser afin de parler de sciences qui ne sont pas dans son domaine de compétence. La crédibilité scientifique de ses déclarations et publications est également remise en question.

Dans les années 2020, il diffuse des thèses complotistes et des fausses informations sur la pandémie de Covid-19, et devient l'une des figures populaires des antivax.

Biographie

Famille et origines

Idriss Jamil Aberkane[1], né le [2],[3] à Pithiviers (Loiret)[4], est le fils d'un couple de professeurs agrégés de mathématiques[5]. Son père Younés Aberkane, docteur en mathématiques, a été chercheur au Commissariat à l’énergie atomique[O 1],[6][source insuffisante] et enseigne à l'INSPE de l'Université Cergy-Paris[7]. Son grand-père maternel, d'origine italienne, était ouvrier à l'usine Renault de Boulogne-Billancourt. Son arrière-grand-père paternel, avocat algérien d'origine kabyle, fut assassiné par l'OAS[8].

Il est par ailleurs membre des Scouts musulmans de France, dont son père a été l'un des premiers dirigeants[9].

Formation

La version donnée par Aberkane de son parcours scolaire a fait l'objet d'enquêtes de vérification des faits qui ont révélé de nombreuses manipulations et exagérations[10],[11]. Titulaire d'un baccalauréat scientifique obtenu en 2003[P 1], il entame son cursus universitaire avec un DEUG mention « Sciences de la Vie » à l'Université Paris-Sud obtenu en 2005[P 2].

En 2006, il suit les cours de l'École normale supérieure en tant qu'étudiant admis (sur dossier, et non sur concours) à préparer le diplôme de l'ENS[11], où il valide une licence (L3) de biologie[P 3], puis un master 1 en sciences cognitives en 2008[P 4],[11], mais ne valide pas le « diplôme de l'ENS » pour lequel il était inscrit[11]. En 2009, il obtient un master 2 mention « Approches interdisciplinaires du vivant » à la faculté de médecine de l'université Paris-Descartes[12].

Idriss Aberkane affirme avoir obtenu, en 2013, un doctorat en relations internationales et diplomatie au Centre d'études diplomatiques et stratégiques (CEDS)[P 5]. Cependant, le CEDS est une école du groupe INSEEC U. qui n'est pas reconnue par le ministère de l'Enseignement supérieur et qui ne possède pas l'habilitation à délivrer un doctorat[O 2]. Dans les faits, sa thèse doctorale (On Noopolitik and the New Great Game) demeure introuvable dans la base de données de l'Agence bibliographique de l'enseignement supérieur (ABES)[O 3] et n'est pas reconnue par l’État français[11].

En , Idriss Aberkane soutient une thèse de doctorat en littérature générale et comparée (Ballade de la conscience entre Orient et Occident : une perspective soufie sur la conscience occidentale, connectant The Kasidah de R.F. Burton et The Waste Land de T.S. Eliot), sous la direction d'Éric Geoffroy et Patrick Laude, à l'Université de Strasbourg[O 4],[O 5]. Le jury était présidé par Pierre Collet, docteur en informatique à l'Université de Strasbourg et membre de l'équipe CSTB au laboratoire ICube de Strasbourg[O 5].

En , il obtient un doctorat en sciences de gestion (Mind Ergonomy for the Knowledge Economy : software Neuroergonomics and Biomimetics for the Knowledge Economy. Why? How? What?), préparé à l'École polytechnique sous la direction de Pierre-Jean Benghozi et, une fois de plus, Paul Bourgine[P 6], et soutenu à l'Université Paris-Saclay (en partenariat avec le Centre de Recherche en Gestion de l'École polytechnique)[O 6], avec encore une fois Pierre Collet dans le jury. Aberkane le présente comme un doctorat en « Neurosciences cognitives et Économie de la connaissance » alors qu'il a été présenté en sciences de gestion (aucune de ces disciplines ne faisant d'ailleurs partie des compétences de l'école doctorale de l'École polytechnique)[11].

Le fait que toutes ces thèses aient été effectuées dans des disciplines non étudiées par Aberkane, dirigées et évaluées par le même petit groupe de personnes dont presque aucune n'exerce dans les disciplines revendiquées suggère qu'il s'agit de « thèses de complaisance », sans réelle valeur universitaire[11], ce que semble confirmer l'absence de publications universitaires significatives issues de ces travaux.

Carrière

Idriss Aberkane signe des chroniques dans le magazine Le Point[13] et sur le HuffPost[14] et est enseignant vacataire à CentraleSupélec[10]. Parallèlement, il multiplie les conférences, dont il diffuse ensuite les vidéos sur les réseaux sociaux où ses interventions comptabilisent des dizaines de milliers de clics[5]. Il encadre par ailleurs des groupes d'élèves du lycée Ernest-Pérochon de Parthenay au cours de projets de conception de sites web et de développement de jeux éducatifs[15].

S'exprimant fréquemment sur l'économie de la connaissance, il participe à diverses émissions radio et télévisées. En 2016, Idriss Aberkane publie l'essai Libérez votre cerveau !, ouvrage mêlant vulgarisation sur les neurosciences et théories sur le potentiel de développement de l'esprit humain, dans lequel il plaide pour un épanouissement de l'homme grâce à la « neurosagesse ». Selon lui, « les sciences sont là pour épanouir l’homme et le libérer. Même s’il est vrai que, seules, elles ne peuvent le faire car, ce qui libère, c’est la sagesse […] Une civilisation qui produit beaucoup de connaissances, combien de sagesse produit-elle ? Si elle engendre trop de connaissances et pas assez de sagesse, elle est vouée à l’extinction ». L'ouvrage, qui se veut un « manifeste pour les neurodroits » mêlant concepts scientifiques, observations morales, récit personnel et conseils divers[5], est un succès de librairie : initialement tiré à 13 000 exemplaires, il est rapidement réimprimé à 40 000[5]. Sa parution vaut à Idriss Aberkane d'être invité à de nombreuses reprises dans les médias et de faire l'objet de plusieurs portraits dans la presse[5],[10].

Pour Aberkane, qui vante le biomimétisme, « la nature est le plus grand gisement de connaissances sur Terre. C’est une bibliothèque qui a 4 milliards d’années de recherche et de développement, donc il faut la lire plutôt que la brûler ! ». Afin d'améliorer l'accès au savoir et l'efficacité professionnelle, il prône ce qu'il appelle la « matrice » Love Can Do (« l'amour peut le faire »)[5], un concept selon lequel « Ce n'est pas le travail qui crée la valeur, c'est la passion »[O 7]. Il plaide par ailleurs pour la complémentarité des sciences et de la spiritualité, qui sont pour lui « deux besoins de notre identité », et souligne à ce titre que « les plus grands chercheurs de l’Histoire étaient profondément versés dans la spiritualité : Newton, Einstein… »[5].

Idriss Aberkane est intervenant dans le film documentaire Régénération réalisé par Alexandre Ferrini et sorti en 2018[16].

Idriss Aberkane possède par ailleurs plusieurs entreprises, Eirin International au Sénégal[14] (une société de microcrédit agricole), Scanderia[17] (société de jeux éducatifs)[14] et enfin la SASU Aberkane fondée en à Villejuif, société sans effectif au capital de 7 777,70 euros[18] qui a été liquidée au . Aucune de ces entreprises ne semble cependant avoir d'activité réelle en dehors de la promotion d'Idriss Aberkane[11].

Lors de la pandémie de Covid-19, il s'illustre assez vite par une posture hostile aux mesures sanitaires et n'hésite pas à apporter son soutien à des personnalités controversées comme Didier Raoult ou Christian Perronne (dont il prétend que c'est le découvreur de la cause bactérienne de la maladie de Lyme)[19].

Affaires judiciaires

En décembre 2020, la RTS annonce que la justice du canton de Neuchâtel enquête sur Idriss Aberkane pour « gestion déloyale » (équivalent en droit pénal français d'abus de biens sociaux). Il est soupçonné d'avoir confondu ses comptes personnels et ceux de sa société General Bionics, notamment pour payer ses impôts en France[20].

L'enquête a été déclenchée par la dénonciation de créanciers de General Bionics, s'estimant lésés à hauteur de centaines de milliers de francs suisses. De son côté, Idriss Aberkane rejette la faute sur ses associés successifs, qui, selon lui, auraient notamment tenté de lui faire signer des reconnaissances de dettes infondées. Quant à la société General Bionics, elle est en liquidation, et ses avoirs en Suisse sont gelés[20].

Critiques

Sur son curriculum vitae

Le 24 octobre 2016, Le Monde affiche un portrait dithyrambique d'Idriss Aberkane dans sa rubrique « Science & Médecine » : on y découvrait un « jeune chercheur » d’à peine 30 ans, « bardé de diplômes » et « passionné de neurosciences, biologie, informatique, mathématiques, philosophie, géopolitique », qui s’est donné pour mission d’« ouvrir les sciences au grand public ». Alertés par des lecteurs, plusieurs chercheurs de ces institutions enquêtent sur lui, et réfutent en bloc l'essentiel des affirmations, aboutissant à un retrait de l'article sur le site du Monde, assorti d'un correctif[21].

Idriss Aberkane décrivant son diagramme Love Can Do au TEDx de Rennes en 2015.

Cependant, l'effet d'annonce était lancé, et en , Idriss Aberkane se présente encore comme « consultant International titulaire de trois doctorats ayant donné plus de 160 conférences sur quatre continents, dont cinq TEDx, et créé trois entreprises en France et en Afrique »[22]. La Une du Point le présente comme « chercheur à CentraleSupélec et à l'École polytechnique […] également affilié à l'université Stanford et au CNRS », précisant être « enseignant-chercheur à Paris-Saclay via CentraleSupélec »[10]. Ce CV « hors norme » est généralement mis en avant lors de ses interventions télévisuelles, par exemple dans l'émission Actuality du Thomas Thouroude le présente comme « enseignant-chercheur à l'École polytechnique, docteur en neurosciences »[10]. Le il est présenté comme « professeur à Centrale-Supélec, chercheur à Polytechnique » lors de son audition officielle par le CESE[O 8] puis de nouveau en séance plénière lors de la restitution de l'avis du CESE[O 9].

Toutefois, l'existence de ces titres est démentie officiellement par Polytechnique, qui précise qu'il est titulaire d'un doctorat de l'université Paris-Saclay préparé à l'École polytechnique, mais qu'il n'est pas enseignant-chercheur chez eux[23]. CentraleSupélec indique qu'il travaille chez eux en qualité d'intervenant en mastère spécialisé Stratégie et développement d’affaires internationales, et non d'enseignant-chercheur titulaire[24]. Le , Le Monde, à la suite de « plusieurs alertes faisant mention d'erreurs » dans la description du parcours d'Idriss Aberkane, publie un article rectifié faisant un premier point sur le sujet, qui précise entre autres qu'Aberkane n'est pas « normalien » comme annoncé précédemment, mais a été prédoctorant à Normale Sup[5].

En , c'est au tour d'articles de L'Express, de Marianne, et de Libération de mettre en cause la véracité de ce curriculum vitæ, « dopé » à des fins promotionnelles, confirmant après vérification auprès des divers établissements qu'Idriss Aberkane n'est ni normalien, ni enseignant-chercheur au CNRS ou à Polytechnique. Il a par contre bien été pendant un an chercheur associé (c'est-à-dire bénévole) au Centre de recherche en gestion de l'École polytechnique, lequel est affilié au CNRS[10],[25].

Par ailleurs, il est souvent présenté comme « neuroscientifique ». Son doctorat porte sur l'« économie de la connaissance » et il s'agit d'un diplôme en « gestion », non en biologie ni en neurosciences.

Des trois doctorats revendiqués par Idriss Aberkane, deux seulement sont recensés sur la base de données françaises sur les thèses (theses.fr) : une thèse de doctorat en Littérature générale et comparée à l'université de Strasbourg, et une autre en sciences de gestion sur l'« économie de la connaissance »[O 3]. Aucun n'implique la moindre compétence en « neurosciences ». En outre la composition du jury de sa thèse en littérature est sujette à caution, les professeurs présents n'étant pas spécialistes du domaine abordé[11].

Par ailleurs, si cet empilement académique peut impressionner le profane, il ne peut qu'éveiller le soupçon chez les scientifiques : Sebastian Dieguez, chercheur en neurosciences, résume par exemple « trois thèses en trois ans, si ça peut époustoufler des animateurs de télévision et des journalistes, c’est en principe quelque chose de complètement rédhibitoire pour un scientifique »[21]. Il ajoute « De fait, si un chercheur ou un chef de laboratoire voyait la présence de trois thèses sur le CV d’un candidat, dans la plupart des cas il le rejetterait immédiatement, d’autant plus si le candidat, sur toute la durée de ces « doctorats », n’a pas su produire la moindre publication scientifique. « Avoir » trois thèses n’est absolument pas un gage de compétence, bien au contraire, c’est la preuve qu’on a probablement affaire à un touriste académique, quelqu’un qui n’a ni projet, ni discipline, ni à vrai dire aucun sérieux. De plus, un employeur universitaire, constatant que les trois thèses ont été acquises en moins de trois ans, et sachant qu’une véritable thèse demande à peu près 4 ans de travail assidu dans un laboratoire, aurait à se demander si celles-ci ne sont pas, peut-être, des thèses de complaisance »[21].

Sur ses travaux

Malgré ses trois doctorats obtenus entre décembre 2013 et février 2016, sur trois sujets différents (« diplomatie », « littérature comparée » et « économie de la connaissance »), Idriss Aberkane n'avait, en octobre 2016 (date du « buzz » médiatique autour de lui) aucune publication scientifique à son actif[21]. Sur le site de bibliométrie universitaire Scopus, son indice h est de zéro, et aucune publication universitaire ne fait référence à ses travaux[26].

Au-delà des polémiques liées au curriculum vitae d'Idriss Aberkane, les travaux de ce dernier font également l'objet de diverses critiques de fond. L'Express lui reproche de multiplier dans son livre Libérez votre cerveau ! les métaphores « qui rendent parfois sa lecture difficile » et d'abuser de mots — parfois de son invention — comme « neurodroits, neurochronologie, neuro-infirmité, neuro-inspiration, neurocybernétique, neuronaissance, neuropsychologie, neurophénoménologie, neurofascisme, neurodatasome » sans jamais en expliquer le sens, au risque d'aller à l'encontre de ce que devrait représenter un travail de vulgarisation scientifique[10].

Ses talents de vulgarisateur et ses qualités transdisciplinaires sont défendus par des membres de ses jurys de thèse, tandis que d'autres chercheurs se montrent plus sceptiques sur ses compétences réelles — allant même jusqu'à l'accuser de produire de la « poudre aux yeux » — et soulignent que ses publications sont peu nombreuses. Sur ce point, Aberkane répond : « Mes ennemis ne m’ont jamais rencontré et n’ont pas lu mes travaux. Je publie moins car je fais de la recherche industrielle, et l’on est tenu à la confidentialité »[5].

Dans un billet de blogue qu'il rédige avec plusieurs scientifiques, le journaliste Olivier Monod critique la chronique vidéo hebdomadaire Le biomimétisme selon Idriss Aberkane, diffusée sur le site du Point de janvier à . Il explique que la plupart de ces émissions sont basées sur des approximations voire des aberrations scientifiques que ne saurait justifier un souci de vulgarisation[27].

Le chercheur Romain Ligneul souligne que dans Libérez votre cerveau !, les neurosciences n'occupent qu'une place « somme toute assez limitée », et que l'ouvrage propose un discours assimilable à celui d'un « coach de développement personnel », en mêlant des considérations sur les sujets les plus divers (« le business, les techniques de drague, la guerre, la sagesse soufie ») avec des expressions comme « neurosagesse » ou « neuromimétisme ». Il pointe également, dans les passages qui abordent les neurosciences proprement dites, plusieurs erreurs factuelles « qu’un bon vulgarisateur n’aurait pas commises », et juge in fine que l'ouvrage se résume à la « diffusion d’un savoir superficiel et parfois faux » et à une « expertise de pacotille dans les domaines à la mode »[28].

Nicolas Gauvrit, mathématicien français spécialisé en psychologie et en sciences cognitives, conteste lui aussi la rigueur scientifique du travail d'Idriss Aberkane[29]. Ainsi, concernant l'affirmation d'Aberkane selon laquelle l’ensemble des connaissances est infini[O 10], Nicolas Gauvrit remarque que la seconde « démonstration » apportée par Aberkane est mathématiquement fausse, car impossible en vertu du théorème de Cantor[29]. Il analyse ensuite d'autres exemples, jugeant que l'approche d'Idriss Aberkane dans ses travaux sur l'économie de la connaissance consiste à agrémenter ses formules mathématiques de « phrases qui semblent profondes à certains, mais qui ne résistent pas à l’analyse ». Pour lui, « il y a un nom pour cette méthode qui permet d’avoir l’air futé en ne disant rien de profond : le baratin ou, version anglophone, le bullshit »[29].

Le chercheur en neurosciences Sebastian Dieguez, auteur du livre Total bullshit ! Au cœur de la post-vérité, s'attaque également aux écrits d'Idriss Aberkane. Jugeant que Libérez votre cerveau ! « ne fait que trimballer le lecteur d’une chose à l’autre sans que l’on sache jamais où l’auteur veut en venir », il conclut qu'« un fatras ininterrompu de faits isolés, de digressions sans but, d'anecdotes et d’opinions personnelles, d’erreurs grossières, de coq-à-l'âne inexpliqués, de « théories » bidon, de truismes, d'hyperboles et d’aphorismes péremptoires, ne font pas vraiment de la bonne vulgarisation »[21].

En , le site Arrêt sur images relate une vague de pressions à l'encontre des auteurs d'articles critiques envers Idriss Aberkane. Les auteurs, éditeurs et hébergeurs desdits articles ont reçu une mise en demeure de la part de l'avocat des Éditions Robert Laffont demandant le retrait et le déréférencement des articles[30]. Franck Ramus, qui dirige le master en sciences cognitives suivi par Aberkane, qualifie les concepts développés par ce dernier de « neurofoutaises » et de « pures inventions qui n’ont aucun fondement scientifique ». Pour lui, « ce que fait Idriss Aberkane n’est pas très différent de ce que font bien d’autres écrivains à succès et gourous médiatiques. Ce qui est désagréable pour les chercheurs du domaine, c’est qu’il revendique une crédibilité scientifique qu’il n’a pas »[31].

Sur ses entreprises

Selon la vérification des faits de l'ensemble du CV d'Aberkane effectuée en par le zététicien Acermendax, la société de jeux sérieux « Scanderia » fondée par Aberkane qui se décrit comme « la première compagnie développant des jeux ergonomiques pour le cerveau » n'a pas produit le moindre jeu, et son site web est à l'abandon depuis . Par ailleurs, il est impossible de trouver des informations sur l'activité de sa société de microcrédits agricoles, Eirin International, qui n'est mentionnée que sur des pages web liées à Aberkane[11].

La société General Bionics créée en 2018 et implantée à Neuchâtel est fermée et est placée en liquidation à l'automne 2019[20].

Sur ses propos concernant la pandémie de Covid-19

Idriss Aberkane a relayé plusieurs informations erronées sur la pandémie de Covid-19 et est devenu l'une des figures de la complosphère anti-vaxx en relayant des infox sur les réseaux sociaux. Il partage régulièrement des tweets et déclarations de nombreuses personnalités qui participent à la désinformation sur le Covid-19 tel que l'avocat Fabrice Di Vizio ou le collectif antivaxx Verity France[32],[33]. Selon Rudy Reichstad « Il essaye de trouver dans l'écosystème complotiste un nouveau public. Il s'est grillé partout avant, il ne lui reste plus que ça. »[33].

Le , il publie une vidéo sur YouTube intitulée « Raoult est notre Rommel » où il compare le professeur Didier Raoult au général nazi de la Seconde Guerre mondiale. D'après Arrêt sur images, cette vidéo portant sur la chloroquine « a été vivement critiquée par d'autres chercheurs en neurosciences, estimant qu'il évoquait de manière trompeuse des éléments factuels disparates pour appuyer son opinion » en minimisant notamment le fait que la dose mortelle de ce médicament est « facilement atteignable » ou « que la décision de le retirer de la vente libre précède l’apparition du Covid-19 »[34].

Le de la même année, il publie une vidéo sur sur le même réseau intitulée « Raoult avait raison ! Donc on essaye de l'abattre », dans laquelle il défend le traitement à l'hydroxychloroquine proposée par Didier Raoult. La source qu'il mentionne pour appuyer son argumentation, le site hcqmeta.com, est une supposée « méta-analyse la plus rigoureuse et approfondie jamais conduite sur les publications scientifique sur l'HCQ ». Or, selon Sciences et Avenir, hcqmeta.com ne présente pas une méta-analyse, puisqu'il ne fait que répertorier les études concernant l'hydroxychloroquine, et ne démontre pas l’efficacité du traitement[35].

En décembre 2021, Idriss Aberkane affirme qu'un document interne de Pfizer dévoilait selon lui la liste des effets secondaires graves du vaccin contre la Covid. Il s'agissait en réalité d'une liste qui comprend tous les effets surveillés mais pas nécessairement ceux liés au vaccin en particulier[33].

En , Idriss Aberkane affirme sur Twitter que le PDG de Pfizer vient de pénétrer dans le territoire israélien sans être vacciné. L'essayiste fonde en réalité son propos sur un document de [36]. Le même mois, il certifie que les autorités de santé allemandes ont déjà préparé un scénario de rappel de trois autres doses de vaccin en s'appuyant sur un document prétendument issu de l'institut Robert-Koch. L'Institut affirme pourtant ne pas être à l'origine du fichier[37]. En décembre 2021, l'essayiste affirme à tort que le témoignage d'un patient en faveur du vaccin aurait été manipulé par les médias[38]. Durant la même période, il partage une information qui prétendait qu'un article publié dans le dictionnaire Vidal « déconseille catégoriquement le panachage des vaccins Pfizer et Moderna ». Cette affirmation fut contredite par l'auteur de l'article en question qui confirme que cette infox était en réalité une interprétation abusive d'un article non mis à jour[39],[40].

Le , il remet en cause le témoignage d'un patient atteint du Covid filmé en réanimation et décédé peu après en se prévalant de la présence de ce témoin au même moment dans deux hôpitaux différents, l'un à Montreuil et l'autre à Nice. Libération et d'autres sites de fact-checking réfutent ces allégations en prouvant que le malade en question est décédé quelques jours après son témoignage[41],[42],[43] et qu'en réalité il s'agissait d'une simple ressemblance entre les deux patients[44].

En janvier 2022, il publie une vidéo intitulée « 18 mensonges contre Didier Raoult » et relayée par ce dernier. Le quotidien Midi-libre précise que « ses arguments s'appuient sur des sources parcellaires. » et utilise « une rhétorique abondamment utilisée par les complotistes. »[43]. Le site de fact cheking Fact and Furious, publie un article qui contredit l'ensemble des affirmations présentées dans la vidéo[45].

Ouvrages

  • Économie de la connaissance, Paris, Fondation pour l'innovation politique, , 48 p. (ISBN 9782364080829) — a été traduit en anglais, chinois et coréen[46]
  • Libérez votre cerveau ! : Traité de neurosagesse pour changer l'école et la société, Paris, Robert Laffont, coll. « Réponses », , 288 p. (ISBN 9782221187586) — préface de Serge Tisseron.
  • L'Âge de la connaissance : Traité d'écologie positive, Paris, Robert Laffont, coll. « Réponses », , 374 p. (ISBN 978-2221202036)[47]

Notes et références

Références

  1. Aberkane, Idriss Jamil (1986-....), fiche sur Idref.fr
  2. « Idriss ABERKANE - Dirigeant de la société Scanderia - BFMBusiness.com », sur dirigeants.bfmtv.com (consulté le )
  3. Idriss J. Aberkane, « Notice de personne », sur catalogue.bnf.fr (consulté le )
  4. « Idriss Aberkane - Who's Who », sur www.whoswho.fr (consulté le )
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  6. Fondapol, « Rapport d'activité 2017 » Accès libre (consulté le )
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  12. Admin M2 IESC, « L’inspiration du vivant peut il être en adéquation avec l’intelligence artificielle ? », sur Master Intelligence Economique et Stratégies Compétitives, (consulté le )
  13. Idriss J. Aberkane, « fiche auteur », sur Le Point.fr (consulté le )
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  15. « Idriss Aberkane, l'accoucheur des « geeks » de Gâtine », La Nouvelle République du Centre-Ouest, .
  16. « Cazères. Projection débat du film « Régénération » avec le réalisateur Alex Ferrini », La Dépêche du Midi, .
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  24. « Ecole CentraleSupélec sur Twitter », sur twitter.com, (consulté le ).
  25. Romain Ligneul, « La science et les médias : ce que révèle le succès litigieux d’Idriss Aberkane », sur hemisphere-gauche.blogs.liberation.fr, source citée par l'article de L'Express du 4 novembre 2016.
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  27. Olivier Monod, « Les fausses informations scientifiques sont des “fake news” comme les autres », Medium,‎ (lire en ligne, consulté le ).
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  30. Capucine Truong, « Pressions sur des blogueurs qui critiquent Idriss Aberkane », Arrêt sur images, (consulté le )
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  39. « La vaccination contre la COVID-19 ? », sur VIDAL (consulté le )
  40. Éric Englebert et Pierre Bartsch, « Chapitre 18. Est-il vrai que la Varénicline (Champix®) et le Bupropion (Zyban®) donnent beaucoup d’effets indésirables ? », dans Le tabac en questions, Mardaga, (lire en ligne), p. 159–162
  41. Jacques Pezet et Anaïs Condomines, « Karim, filmé en réanimation à Montreuil, est-il mort du Covid ? », sur Libération, (consulté le )
  42. « Idriss Aberkane, le doctorant qui chuchote à l’oreille des antivax » Accès payant, sur leparisien.fr, (consulté le )
  43. a et b « Qui est Idriss Aberkane, cet essayiste français très controversé qui veut réhabiliter Didier Raoult ? », sur midilibre.fr, (consulté le )
  44. « Non, Toufik et Karim ne sont pas la même personne filmée par BFMTV et l'AFP », sur Fact & Furious, (consulté le )
  45. « Les 18 erreurs d'Idriss Aberkane », sur Fact & Furious, (consulté le )
  46. « L’économie de la connaissance, une histoire d’amour et de savoirs », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
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Publications et références primaires

sur son site web

  1. Idriss Aberkane, « diplôme du bac, 2003 », sur idrissaberkane.org
  2. Idriss Aberkane, « DEUG, 2005 », sur idrissaberkane.org
  3. Idriss Aberkane, « L3, 2006 », sur idrissaberkane.org
  4. Idriss Aberkane, « Master Sciences cognitives, 2008 », sur idrissaberkane.org
  5. Idriss Aberkane, « diplôme PhD CEDS 2013 », sur idrissaberkane.org.
  6. Idriss Aberkane, « Doctorat Université Paris-Saclay », sur idrissaberkane.org

Autres

  1. « 2e annonce CIEAEM 70 » (consulté le ).
  2. « Annuaire des formations doctorales et des unités de recherche : Sélection des écoles doctorales. », sur appliweb.dgri.education.fr (consulté le )
  3. a et b « Thèses soutenues par Idriss Jamil Aberkane », sur theses.fr.
  4. Idriss J. ABERKANE, « Thèse Université de Strasbourg », sur tel.archives-ouvertes.fr
  5. a et b Idriss Aberkane Jamil, « Ballade de la conscience entre Orient et Occident : une perspective soufie sur la conscience occidentale, connectant « The Kasidah » de R.F. Burton et « The Waste Land » de T.S. Eliot », sur theses.fr, (consulté le ).
  6. Idriss Aberkane Jamil, « Mind Ergonomy for the Knowledge Economy : software Neuroergonomics and Biomimetics for the Knowledge Economy. Why? How? What? », sur theses.fr, (consulté le ).
  7. Idriss J. Aberkane, « La France et la Silicon Valley, épisode 4 : immigration et « Love Can Do » », sur Le Point, (consulté le )
  8. « Audition de Idriss ABERKANE (chercheur, Ambassadeur de l'Unitwin/unesco) », sur www.lecese.fr (consulté le ).
  9. [vidéo] « 09-09-2015 : Le biomimétisme : s'inspirer de la nature pour innover durablement - cese » sur YouTube par le CESE - Conseil économique social et environnemental, téléversé le 10 septembre 2015, consulté le 5 novembre 2016.
  10. Idriss J. Aberkane, A simple paradigm for nooconomics, the economy of knowledge, sur hal.archives-ouvertes.fr (consulté le 9 décembre 2016), p. 2, premier paragraphe.

Liens externes