Gilbert Getten

Gilbert Getten
Fonctions
Député de la Haute-Garonne
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Soustons (Landes)
Date de décès (à 42 ans)
Lieu de décès Paris (Seine)
Nationalité Française

Gilbert Getten, né le à Soustons (Landes) et mort le à Paris (Seine), est un homme politique français et un résistant.

Biographie

Officier d'infanterie coloniale, Gilbert Getten quitte l'armée après la Première Guerre mondiale[1] et s'installe à Bayonne dans les années 1920[2]. Il gagne les Vosges dans les années 1930, où il est avoué à Neufchâteau à partir de [3].

Il est aussi poète, sous pseudonyme et sous son nom: il publie en 1934 un recueil de poésies, La Lyre ardente, dédié à Claude Farrère et préfacé par François Duhourcau. Lauréat du Prix Antony-Valabrègue en 1936 décerné par l’Académie française, il collabore à des revues littéraires[4]. Il adhère en 1934 à l'Académie des lettres pyrénéennes, du Béarn[5], avec laquelle il était en relation dans les années 1920[6].

C'est également un militant politique. Il milite à Bayonne dans les années 1920 à l'Action française, avant la condamnation pontificale de ce mouvement royaliste et nationaliste[7]. Dans les Vosges, c'est un militant républicain national durant les années 1930, actif dans le Nord-Ouest de ce département. Il fonde en 1933 un comité des républicains nationaux à Liffol-le-Grand, où il est élu conseiller municipal en 1935[8], puis un groupe d'action républicaine et nationale en juillet-août 1935 dans l'arrondissement de Neufchâteau, en relation avec le Centre de propagande des républicains nationaux[9]. Il collabore au périodique de droite local La Plaine des Vosges[10] et soutient la campagne électorale de Marcel Boucher en 1936 contre le Front populaire[11]. Il est ensuite le principal animateur du Rassemblement national lorrain dans l'arrondissement de Neufchâteau jusqu'en 1938 au moins. Il organise notamment avec Marcel Boucher un banquet à Rouceux[12] en , pour écouter des parlementaires comme Jean Chiappe, Philippe Henriot, Jean-Louis Tixier-Vignancour, venus dénoncer la politique du Front populaire, et des militants nancéiens du RNL. Il organise une nouvelle réunion en juillet, avec le député de Nancy François Valentin et des dirigeants du RNL. Il assiste à une réunion du RNL à Nancy et participe au congrès de cette organisation en [13].

Il milite aussi pour développer le culte de Jeanne d'Arc. Il fonde en 1933 à Domrémy la Société des Amis du berceau de Jeanne d'Arc, dont il est le secrétaire général[14]. Elle est présidée à l'origine par le maréchal Hubert Lyautey puis par l'Académicien Louis Madelin. Il appuie de 1937 à 1939 l'action du député Marcel Boucher, organisateur de cérémonies de masse à Domrémy en l'honneur de Jeanne d'Arc et président des Compagnons de Jeanne d'Arc[15].

Mobilisé en 1939, il est blessé en 1940. Commandant de réserve, il entre ensuite dans l'organisation clandestine du Contre-espionnage (1940-1945) militaire. Il s'occupe de l'antenne de Bordeaux du poste TR clandestin de Toulouse jusqu'en 1942 puis il dirige à Paris le sous-réseau Gédéon, rattaché en 1943 au TR jeune, sous les ordres de Paul Paillole. Ses pseudonymes de résistant sont « capitaine Christian » ou « Germont ». Il contribue notamment à l'évasion de l'épouse de Jean de Lattre de Tassigny et de son fils [16].

Chef adjoint du cabinet d'Edmond Michelet, ministre des armées[17], qu'il a connu sous l'Occupation[18], il est élu en député de la seconde Assemblée constituante, en Haute-Garonne, sur une liste du MRP. Il démissionne de ce parti en octobre, regrettant notamment que la presse du MRP ait publié récemment « des attaques inadmissibles contre le Premier résistant de France » (de Gaulle)[19]. En novembre de la même année, il conduit une liste républicaine indépendante d'union gaulliste qui n'obtient que 16 104 voix (5,1 % des inscrits)[20].

Il serait mort en 1947 d'une crise cardiaque[21], jeune encore, à 42 ans. Une rue porte son nom à Toulouse.

Publication

  • Gilbert Getten, La lyre ardente, Paris, Éditions Excelsior, 1934, 104 p.

Notes et références

  1. Arts-sciences-lettres : revue illustrée : organe officiel de l'Union internationale des arts décoratifs, juin 1934
  2. La Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, 11 mai 1937 ( en ligne sur gallica)
  3. Le Télégramme des Vosges, 5 décembre 1933
  4. La Plaine des Vosges, 26 juillet 1936, Art-sciences-lettres, op. cit., Le Télégramme des Vosges, 29 juillet 1936, Notice de l'Académie française
  5. Les Nouvelles littéraires, 29 septembre 1934
  6. La pensée française, novembre 1927
  7. L'Action française, 14 août 1925, Ibid., 30 juin 1926
  8. Élu au 2e tour : L'Est républicain, 16 mai 1935, p. 6, Le Télégramme des Vosges, 16 mai 1935
  9. L'action principale de ce comité constitué de quelques militants et des élus locaux de droite est un meeting de Philippe Henriot en février 1936 à Vittel, Le Télégramme des Vosges, 27 octobre 1934, Le Télégramme des Vosges, 22 février 1935Le Télégramme des Vosges, 11 octobre 1935
  10. Le périodique, imprimé à Mirecourt et financé en partie par Jean Bouloumié, est dirigé par Pierre Géhin, ancien combattant, cadre de la section de Mirecourt de la Légion vosgienne, candidat « d'union nationale et d'action économique » aux cantonales en 1934 contre le maire de gauche de Mirecourt.
  11. Le Télégramme des Vosges, 1er mai 1936
  12. Petit village proche de Neufchâteau. Le banquet devait se tenir à Neufchâteau mais le maire de cette commune l'a interdit.
  13. Jean-François Colas, Les droites nationales en Lorraine dans les années 1930 : acteurs, organisations, réseaux, thèse de doctorat, Université de Paris X-Nanterre, 2002, tome I. p. 68-69, 221, 223, L'Est républicain, 25 janvier 1937, "Le banquet du Rassemblement national à Neufchâteau", p. 2 (Lire en ligne sur https://kiosque.limedia.fr)), L'Express de l'Est, 25 janvier 1937 (en présence du député vosgien Louis Gaillemin, du sénateur des Vosges Adrien Richard, d'élus locaux comme Jean Bouloumié), de l'industriel Georges Laederich, L'Action française, 29 janvier 1937, "Le rassemblement de Neufchâteau",L'Action française, 26 juillet 1937, "Maurras acclamé en Lorraine", Le Télégramme des Vosges, 22 juillet 1937, Ibid., 10 mars 1937. Le banquet de Rouceux aurait attiré 3 000 personnes selon la presse, 1 880 selon le sous-préfet, venues des Vosges, de Haute-Marne et de Meurthe-et-Moselle. La réunion de juillet n'a attiré que 180 personnes.
  14. Membres du conseil d’administration : Jean Bouloumié, de la Société générale des Eaux de Vittel, Henri Hocloux, avoué honoraire, Marcel Grosdidier de Matons, professeur agrégé au lycée de Metz, Charles Brossard, architecte des Monuments historiques, le président du syndicat d’initiatives de Domrémy, le maire de Domrémy, l’homme de lettres Émile Hinzelin, Pierre Marot, archiviste de Meurthe-et-Moselle et directeur du Pays lorrain, André Philippe, archiviste des Vosges, conservateur du musée départemental et de la Maison de Jeanne d’Arc, le chanoine Ritz, directeur du quotidien messin Le Lorrain, le baron Jacques Riston président du syndicat d'initiatives de Nancy, Louis Noirtin, membre de la commission de surveillance de la Maison de Jeanne d'Arc, conseiller général de Neufchâteau depuis 1934. Son comité d'honneur comprend le président de la République, l'ambassadeur d'Angleterre, le prince de Beauvau-Craon, le général de Castelnau, le maréchal Pétain, le général Maxime Weygand, Claude Farrère, Georges Goyau, Gabriel Hanotaux, Louis Bertrand, François Duhourcau: Le Télégramme des Vosges, 1er juillet 1934, La Plaine des Vosges, 6 septembre 1936, L'Est républicain, 6 juillet 1936, "Les amis du berceau de Jeanne d'Arc", p. 5Le Pays lorrain, janvier 1934, L'Est républicain, 9 janvier 1936, p. 6
  15. La Croix, 11 mai 1937
  16. Robert Garric, Un destin héroïque: Bernard de Lattre, Plon, 1952, p. 63, Les travaux ruraux. Le réseau des fleurs (publié par l'Amicale des anciens des services spéciaux de la défense nationale), Alain Guérin, Chronique de la Résistance, Place Des Editeurs, 2010, Paul Paillole, Fighting the Nazis: French Military Intelligence and counterintelligence, 1935-1945, Enigma, 2003, p. 316,445, Paul Paillole, Services spéciaux, 1935-1945, Robert Laffont, 1975, museedelaresistanceenligne, fiche biographique
  17. Le Monde, 12 octobre 1946
  18. Alain Guérin, Chronique de la Résistance, op. cit.
  19. Le Monde, 12 octobre 1946 (« On précise au centre du M. R. P. que, lors de son congrès de dimanche dernier, la fédération du M. R. P. de la Haute-Garonne n'avait pas renouvelé sa confiance à M. Getten, et qu'elle avait décidé de choisir une autre tête de liste pour les prochaines élections »), L'Année politique, économique et sociale en France, Moniteur, 1946, p. 246, Emile François Callot, Le Mouvement républicain populaire: origine, structure, doctrine, programme et action politique, M. Rivière, 1978, p. 188, France forum, "Regards sur le MRP", 1997, p. 13.
  20. Jean-Paul Buffelan, Le Complot du 13 mai 1958 dans le sud-ouest, R. Pichon, 1966, p. 5
  21. Robert Lageat (ami de Getten; cet ancien catcheur a assuré sa sécurité après 1945), Des Halles au Balajo, Les éditions de Paris

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes