Gerald Walter Robert Templer

Gerald Walter Robert Templer
Image dans Infobox.
Fonctions
Connétable de la Tour de Londres
-
Richard Hull (en)
Chief of the Imperial General Staff
-
Francis Festing (en)
Lord-lieutenant du Grand Londres
Biographie
Naissance
Décès
(à 81 ans)
Chelsea
Nationalité
Allégeance
Formation
Wellington College (en) (depuis )
Collège royal militaire de Sandhurst (en) ( - )
Activité
Père
Walter Francis Templer ()
Mère
Mabel Eileen Johnston ()
Conjoint
Ethel Templer (en) (depuis )
Enfants
Miles Templer ()
Frances Jane Templer ()
Autres informations
Arme
Grade militaire
Conflits
Distinctions

Gerald Walter Robert Templer, né le et mort le , était un officier supérieur britannique.

Né à Colchester et éduqué à « Wellington College  » dans le Berkshire, Templer devint officier dans le régiment de son père, le Royal Irish Fusiliers en 1916 et combattit dans ses rangs pendant la Première Guerre mondiale[1].

Gerald Templer est surtout connu pour avoir maté l'insurrection communiste en Malaisie entre 1952 et 1954 - « la jungle a été neutralisée » déclara-t-il dans un article du Time Magazine en 1952. Templer assuma par la suite les fonctions de Chief of the Imperial General Staff - chef de l'État-major général impérial - de 1955 à 1958 et fut fait Field Marshal. Il passa les dernières années de sa vie à travailler au projet de création du National Army Museum à Londres[2].

Deuxième Guerre mondiale

Sir Gerald Walter Robert Templer (à droite sur la photo), ancien haut-commissaire britannique de Malaisie, fut le fervent promoteur du projet du National Army Museum qu'il finança pour une large part sur ses fonds personnels. Il remet ici l'insigne de Member of the British Empire à M. Edwin Wijeyeratne.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est lieutenant-colonel des renseignements militaires, servant à l'État-major de la British Expeditionary Force[1]. Après l'opération Dynamo, il supervise la levée du 9th Royal Sussex Regiment et commande une brigade sous les ordres de Montgomery au sein d'une Home Service division[1].

En 1942, il prend le commandement de la 47th Infantry Division (47e Division d'Infanterie) en qualité de major-général, commandant peu après le II Corps[3] en tant que plus jeune lieutenant-général. En 1943, il demande un commandement au front et, rétrogradé au rang de major-général, est affecté au commandement de la 1st Infantry Division en Afrique du nord avant de prendre celui de la 56th Infantry Division pendant la campagne d'Italie[3].

Il commande brièvement la 6th Armoured Division avant d'être grièvement blessé par une mine à la mi-1944 et passe le reste de la guerre en tant qu'officier de renseignements au Quartier-général du 21st Army Group, assurant également un moment la direction de la branche allemande du Special Operations Executive[3].

Il est directeur du Conseil de contrôle allié de l'Allemagne occupée après la guerre, attirant pour la première fois l'attention publique en démettant le maire de Cologne, Konrad Adenauer, en l'accusant de « paresse et d'inefficacité »[3].

Templer est nommé directeur du renseignement militaire au War Office en 1946, Vice Chief of the Imperial General Staff en 1948 et General Officer Commanding de l'Eastern Command en 1950[4].

« High Commissioner of Malaya »

Winston Churchill le nomma alors High Commissioner in Malaya - « Haut-commissaire pour la Malaisie britannique » - en pour faire face à l'insurrection fomentée par divers mouvements subversifs, essentiellement communistes[5].

Travaillant en étroite collaboration avec Robert Thompson, secrétaire permanent à la Défense pour la Malaisie, les tactiques qu'il met en œuvre contre la guérilla communiste seront tenues pour des références en matière de lutte anti-insurrectionnelle[5].

Templer déclara ainsi que « la réponse (au soulèvement) ne réside pas dans l'envoi supplémentaire de troupes dans la jungle mais dans le cœur et l'esprit du peuple  »[6]. Il demanda que les nouveaux villages nouvellement construits, où les Malais d'origine chinoise avaient été réinstallés loin de la jungle et donc hors de portée et de l'influence de la guérilla, soient agréables à vivre. Pour gagner plus encore le cœur et les esprits des non-Malais qui constituaient le support principal de la subversion communiste, il lutta pour obtenir la citoyenneté malaise pour plus de 2,6 millions d'expatriés dont plus d'un million de Chinois. Templer lutta aussi pour plus d'égalité politique et sociale pour tous les Malais, prenant ainsi le contre-pied de l'idéologie Ketuanan Melayu qui marqua la période qui suivit l'indépendance[7]. Il institua aussi un système de récompenses pour les rebelles qui se rendaient et ceux qui les incitaient à le faire[8].

Il instaura également de stricts couvre-feux et un contrôle étroit de l'approvisionnement en nourriture pour obtenir le ralliement des zones rebelles et en chasser la guérilla, les cultures implantées par les communistes pour contrer la mesure étant traitées aux herbicides mais les restrictions étant levées dans les « zones blanches » débarrassées de celle-ci[9]

Sur le plan militaire, Templer concentrera ses efforts sur le renseignement[10]. Quand il quitta la Malaisie en 1954, la situation avait grandement été améliorée même si les rebelles restaient toujours une menace[8], Templer lui-même démentant que la situation n'ait été stabilisée en déclarant : « j'abattrai le bâtard qui dira que cette crise est terminée »[10]. Le gouvernement malais ne lèvera finalement l'état d'urgence qu'en 1960[8].

Distinctions et memorabilia

  • Templer a dirigé le mouvement scout de la Fédération de Malaisie pendant les années 1950 et le gouvernement malais l'a honoré du titre de « Tun »[note 1]. En 1979, il est devenu l'un des rares membres honoraires du Boodle's Club de St. James's (Londres).
  • Le hall principal du « Maktab Tentera DiRaja », le Collège militaire royal de Sungai Besi à Kuala Lumpur, a été nommé « Dewan Tun Templer » - « Hall du Tun Templer  ». Une route du Petaling Jaya en Malaisie est appelée « Jalan Templer  » - la « Route Templer » - ainsi qu'un parc public - le « Templer's Park » - dans la ville de Rawang.
  • Le Centre d'études sur la Première Guerre mondiale de l'Université de Birmingham a créé la « Templer Medal » en 1982 pour saluer la carrière et l'œuvre de Sir Gerald Templer et sa présidence de la « Society for Army Historical Research » entre 1965 et 1979.

Bibliographie

  • John Cloake : Templer, tiger of Malaya : the life of field marshal Sir Gerald Templer, London, Harrap, 1985 (ISBN 978-0-245-54204-6)
  • Leo Marks : Between Silk and Cyanide: A Codemaker's Story 1941-1945. (HarperCollins, 1998). (ISBN 0-684-86780-X).
  • Robin Neillands : A fighting retreat : the British Empire 1947-97, London, Hodder, 1997 (ISBN 978-0-340-63520-9)
  • Brian Lapping : End of Empire, 1985 (ISBN 978-0-312-25071-3)
  • Anthony Heathcote : The British Field Marshals 1736-1997, Pen & Sword Books Ltd, 1999 (ISBN 0-85052-696-5)
  • Kumar Ramakrishna : Emergency Propaganda: The Winning of Malayan Hearts and Minds 1948-1958, Curzon Press, Richmond, 2002 (ISBN 978-0-7007-1510-7)

Notes et références

Notes

  1. Le titre de Tun est le plus haut titre honorifique malais, équivalent du titre britannique de lord. Voir MS.WP.

Références

  1. a b et c (en) Anthony Heathcote : The British Field Marshals 1736-1997 p. 274
  2. (en) National Army Museum: Field Marshal Sir Gerald Templer
  3. a b c et d Anthony Heathcote, Op. cité p.275
  4. Gerald Templer at Liddell Hart Centre for Military Archives
  5. a et b Anthony Heathcote, Op. cité p.276
  6. Brian Lapping : End of Empire p.224
  7. (en) Herbert A. Friedman : La guerre psychologique pendant l'Insurrection malaise 1948-1960.
  8. a b et c Channel 4 Empire's Children: Hearts and Minds Campaign
  9. Kumar Ramakrishna : Emergency Propaganda: The Winning of Malayan Hearts and Minds 1948-1958 p. 120
  10. a et b Pointer: Journal of the Singapore Armed Forces