Genre grammatical

En linguistique, le genre grammatical est une caractéristique intrinsèque des noms qui influe sur la forme de certains éléments satellites[1]. Il divise les noms en catégories, limitées à deux ou trois pour les langues indo-européennes (généralement le masculin et le féminin avec parfois le neutre)[2].

Selon les langues, le genre grammatical se distingue du genre lexical, appelé aussi classe sémantique, qui désigne un référent animé sexué. En français, le genre pour les êtres humains suit le sexe à quelques rares exceptions comme : « un laideron », « une ordonnance », « une sentinelle », « une vigie »[3]. En allemand, das Mädchen (en français, la fille) a un genre grammatical neutre et un genre lexical féminin[1].

Selon Florencia Franceschina, sur un échantillon de 174 langues étudiées, environ un quart d'entre elles possédaient un genre ou une autre forme de classification nominale[2].

Histoire

Selon Aristote[4], Protagoras est considéré comme le premier à avoir identifié le genre grammatical comme catégorie et à avoir classé les noms en masculins (ἄρρενα), féminins (θήλεα) et objets inanimés (σκεύη) selon que le référent possède ou non un certain sexe[5],[6],[7].

La Téchnē grammatikḗ, un bref traité didactique de grammaire grecque que la tradition manuscrite attribue à Denys le Thrace (c. c. ), disciple d'Aristarque de Samothrace (c. c. ), contient l'exposé devenu classique :

« Il y a trois genres : le masculin (ἀρσενικόν), le féminin (θηλυκόν) et le neutre (οὐδέτερον). Certains en ajoutent deux autres : le commun (κοινόν) et l'épicène (ἐπίκοινον). »

Genre naturel et accords en genre

Dans la majorité des langues qui connaissent les oppositions de genres, il n'existe qu'un nombre réduit de classes lexicales susceptibles d'exprimer un genre : ce sont généralement le nom, le pronom, l'adjectif, le déterminant et le participe, plus rarement le verbe et la préposition. L’influence du genre est par exemple opérante sur le verbe en arabe et sur les prépositions dans les langues celtiques.

Parmi ces classes, une minorité possède un genre fixé par l’usage, et le plus souvent unique, tels le nom et le pronom. Ainsi en allemand, Erde (terre) est féminin, See (lac) masculin et Wasser (eau) neutre. Le genre est cependant aussi utilisé pour distinguer des homonymes, qu’ils soient ou non issues du même étymon. Ainsi le pendant féminin de See signifie mer, dont le sens est également évocable par le neutre Meer. À l’inverse, des mots comme Bretzel sont employés avec un genre variable d’un locuteur à l’autre, sans que cela n’en altère le sens : en français des usages avérés sont attestés au féminin et masculin, en allemand au féminin et neutre mais pas au masculin. La cohérence de l’emploi du genre participe à l’évaluation sémantique des énoncés, et éventuellement à des jugements sociolinguistiques de l’allocutaire. En revanche dans le cas général le genre n’est déductible ni sur de critères sémantiques, ni de critères de morphologie lexicale. Il n’informe donc en rien des attributs innés du référé; par exemple le genre féminin peut tout à fait désigner un animal mâle, donc réputé de sexe masculin.

Ces mots transmettent leur genre aux mots fléchissables qui leur sont liés, ces derniers pouvant être le déterminant, l'adjectif ou le participe. Ces mots possèdent plusieurs formes mais ne sont pas aptes à constituer un syntagme complet de manière autonome. Ils adoptent le genre du terme dont ils sont satellites, par accord grammatical .

Par convention et commodité, les dictionnaires optent généralement pour un regroupement des descriptions lexicographiques de l’ensemble des formes d’un mot à une unique adresse, dénommé lemme. En fonction de la ligne éditorial, l’entrée correspondante pourra ou non rappeler les différentes formes du mot à l’adresse du lemme, et éventuellement faire des renvoie à celle-ci à l’adresse des autres formes. Par exemple en français, les lemmes seront généralement des infinitifs présents et des masculins singulier, lorsqu’ils ne correspondent pas à des termes invariables. Ainsi le petit Larousse illustré 2008[8] indique à l’adresse beau :

1. BEAU ou BEL, BELLE adj. (lat. bellus) 1. Qui éveille une émotion esthétique, qui sucite un plaisir admiratif. Un bel homme. Un très beau tableau. Une belle vue.

Le même ouvrage fait un renvoi à beau à l’adresse de bel après avoir précisé « adj.m.sing », tout comme à belle qui précise préalablement « adj.f ».

L'accord se fait entre mots de l'énoncé fortement liés par le sens, et selon l’usage et les standards véhiculés dans les interactions sociales : dans « ce beau livre, ce bel ouvrage, cette belle encyclopédie », le premier adjectif s'accorde en genre avec livre et apparaît donc sous sa forme masculine. Le troisième adjectif est au féminin, en accord avec le genre usuel d’encyclopédie, sous la forme belle. Dans ces deux cas l'accord s'opère uniquement sur des considération de lien à un référé commun : et beau et livre réfèrent à un même objet, et encyclopédie et belle réfèrent à une même entité. Si l’exemple est interprété comme trois désignations du même sujet extralinguistique, il apparaît que l’adjectif ne réfère qu’indirectement à ce sujet. L’adjectif s’associe à un nom qui simultanément sert d’auxiliaire référentiel et lui impose des contraintes de morphologie lexicale par sa typologie grammaticale de genre. Et de surcroît, pour la seconde forme d’adjectif, bel s’ajoute des contraintes syntaxiques liés à des considérations phonétiques. Sur ces points le genre ne diffère pas du nombre dans ses mécanismes de modulation morphologique, et il pourra être noté que de beaux ouvrages se prononce /də.bo.zu.vʁaʒ/ avec une consonne fricative alvéolaire voisée (/z/) énoncé notamment pour des considérations euphoniques.

Comme pour toutes les pratiques linguistiques, les règles d’accord et leurs modalités d’application varient d’une langue à l’autre et au sein d’une même même langue à travers le temps et l’espace.

L’une des approches quand un même terme doit s'accorder en genre avec plusieurs mots de genres distincts est d’appliquer le genre considéré indifférencié. Pour les langues classiques d’Europe, le latin et le grec ancien, puis dans nombre de langues dérivées, comme l’aragonais ou le wallon, cette approche revient souvent à attribuer ce rôle à un genre déjà chargé d’autres connotations. En français, c’est le masculin qui est imputé de ce rôle additionnel, ce qui n’est pas sans soulever des constatations parmi les linguistes sur le caractère indifférencié du genre résultant[9]. L’application de cette démarche mène donc à des énoncés comme « l’œuvre et l’ouvrage sont consécutifs à l’effort ».

Cette approche peut aussi conduire à un énoncé comme « ils sont tous grands », où ils désigne « des milliards de statues et un autre monument », les quantités respectives en présence n’intervenant aucunement dans l’application de la règle. C’est encore la même pratique qui explique un énoncé comme « les bronzes et les rondes-bosses sont beaux ».

Par contre, dans un énoncé comme « les bronzes et les rondes-bosses, tous ces chefs-d’œuvres sont beaux », ça n’est plus le cas : c’est uniquement le genre de chef-d’œuvre qui s’applique à l’adjectif indépendamment des genres des noms précédemment listés. De même « les adultes sont grands », ne gage en rien du genre grammaticale des individus composant le groupe d’adulte, et encore moins de leur sexe biologique. Cela explique la formation d’énoncés comme « chez les éléphants, les adultes sont grands » et « chez les girafes, les adultes sont grands ».

Une autre approche utilisé est l’accord de proximité. Cette pratique constitue même l'accord prépondérant en grec ancien, en latin, ainsi que dans le français oral jusqu'au XVIIIe siècle. Dans cette pratique, le verbe prends la marque, d'abord en cas, genre et nombre, puis seulement en genre, du substantif le plus proche. Ainsi au XVIIe siècle, un énoncé comme « Le chat et la souris sont belles » est plus courtant que « le chat et la souris sont beaux »[10].

La prépondérance de la première pratique dans les usages contemporains du français se développe à partir du XVIIe siècle s'impose au XVIIIe siècle. L’analyse littéraire retient notamment comme premier moment clé de cette évolution le postulat de l'abbé Bouhours qui affirme dans ses Remarques nouvelles sur la langue françoise écrites en 1675 que « quand les deux genres ſe rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte »[11],[12]. Puis que le grammairien Nicolas Beauzée lui emboîte le pas dans sa Grammaire générale en 1767 en énonçant :  Le genre maſculin eſt réputé plus noble que le féminin, à cauſe de la ſupériorité du mâle ſur la femelle (« Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin, à cause de la supériorité du mâle sur la femelle »)[13],[12].

Pour donner un point de comparaison des différences d’accord dans d’autres langues, il peut par exemple être noté qu’en arabe le verbe s'accorde en genre à la 2e et à la 3e personne. Cela contraste nettement avec le français où le verbe ne s'accorde pas avec le genre du sujet, sauf aux temps composés avec l'auxiliaire être. Ceci étant, en arabe dialectal, par opposition à l'arabe classique, la 2e et la 3e personne du pluriel au féminin ne s'emploient pas ; elles sont remplacées par celles du masculin. De plus, toujours en arabe les adjectifs et les verbes s'accordant à un nom pluriel représentant un « non doué de raison » se mettent au féminin singulier.

Genre et mutations consonantiques

Dans les langues celtiques, le genre joue, au sein de certaines structures syntaxiques, un rôle dans les mutations consonantiques. Ainsi, en breton, la mutation du nom et celle du pronom après article, ainsi que la mutation de l’adjectif après un nom ou certains pronoms, dépendent du genre et du nombre. Par exemple, pour ce qui est du singulier, avec :

  • un nom après article : par (mâle), ur par (un mâle), parez (femelle), ur barez (une femelle) ;
  • un pronom après article : trede (troisième), an trede (le troisième), an drede (la troisième) ;
  • un adjectif après un nom : trist (triste), un istor trist (une histoire triste, istor étant masculin), un imor drist (une humeur triste, imor étant féminin) ;
  • un adjectif après un pronom : bras (grand, grande), unan bras (un grand), unan vras (une grande).

Répartition des genres : arbitraire et biologie

La répartition des genres est souvent arbitraire et non motivée (ce n'est donc pas une classification purement sémantique) : si mort (arrêt définitif des fonctions vitales) est un mot féminin en latin ou en français, il est masculin en allemand (der Tod) ou en grec ancien ὁ θάνατος (ho thánatos) et moderne ο θάνατος (o thánatos). De même, rien dans la réalité, ne justifie que table soit féminin et tableau masculin : le signifié de ces mots n'est en effet aucunement lié avec la masculinité ou la féminité. De même livre (à lire) est masculin en français, neutre en allemand et féminin dans toutes les langues slaves. L'apprentissage d'une langue à genres nécessite donc celui du genre des mots, qui n'est forcément pas le même d'une langue à genres à l'autre, voire d'un dialecte à l'autre (par exemple : job est féminin en français québécois et masculin en français de France ; boutique est féminin en français standard et masculin en picard). Le genre d'un mot peut aussi changer avec le temps : bouge était féminin jusque vers le XVe siècle lorsqu'il désignait encore une bourse, puis est devenu masculin lorsqu'il a désigné un lieu.

Le genre grammaticale peut coïncider avec le sexe biologique par association de l’identification sexuel du référé à celle du mot utilisé pour le désigner. Avec des noms communs comme la fille, le garçon, le lion, la lionne, il est généralement entendu que le sexe des référés est inférable du genre des mots, féminin impliquant femelle et masculin impliquant mâle. Ce cas de figure se limite principalement aux oiseaux domestiques et aux mammifères ; les autres êtres vivants sexués ont généralement un seul nom pour l'espèce et il est arbitrairement décidé s'il est masculin ou féminin. Le terme de genre logique est parfois employé pour ce dernier usage[réf. nécessaire]. Ainsi un syntagme comme « regarde, une souris », ne présume en rien du sexe de l’animal désigné.

De manière similaire, la majorité des noms propres désignant des vivants sexués sont connotés comme applicable à des individus mâle ou femelle. L’absence d’article adjoint au nom commun diminue la transparence de ce lien, mais les terminaisons demeurent un facteur relativement fiable. Ainsi des prénoms comme Albert, Albertine, Alexandra, Alexandre, Zénon et Zoé laisse peu de doute sur la catégorie sexuelle des désignés. À l’inverse un prénom épicène comme Dominique ne permet pas à lui seul d’inférer l’identité sexuelle du référent.

Un autre cas est celui des noms de fonction, dignité, métier, ou autre rôle social endossé par une personne dont le sexe se transcrit dans le nom du rôle. Ainsi empereur, impératrice, ouvrier et ouvrière sont pleinement explicite sur le sexe des référents.

En allemand, la correspondance entre genre grammatical et genre biologique est assez faible : les trois genres peuvent être aussi bien employés pour les êtres animés que pour les êtres inanimés. De plus, une règle veut que tous les diminutifs soient neutres. « Mädchen » (« fille » au sens de jeune personne féminine) et « Fräulein » (« mademoiselle » en allemand) sont donc neutres. En conséquence, quand on dit « das Mädchen » dans une phrase et que l'on souhaite l'évoquer dans la phrase suivante avec un pronom, il est toléré d'employer sie (elle) mais la règle est d'employer es (pronom neutre).

En russe et en polonais, le fait qu'un mot soit masculin, féminin ou neutre est également aléatoire, mais est lié à la terminaison du mot en question. Ainsi, par exemple, les mots se terminant par « o » ou « e » sont neutres.

Indication du genre

Note : les transcriptions phonétiques, entre crochets, sont données en API. Les autres sont dans la transcription traditionnelle de la langue.

Pour indiquer le genre des mots, les langues disposent de plusieurs possibilités :

- lexicales → pour une même notion donnée, il existe un lexème différent pour chaque genre :

  • toujours en français, les termes ayant un genre naturel correspondant à un sexe (masculin pour un mâle, féminin pour une femelle) et fonctionnant en couples appariés ont le plus souvent une forme unique par genre. Par exemple, le féminin de canard n'est pas *canarde mais cane. De même pour homme ~ femme, il ~ elle, celui-là ~ celle-là, sanglier ~ laie, verrat ~ truieetc. ;

Les noms d'animaux alternants en genre ne sont pas plus d'une vingtaine en français, et les noms de personnes comme homme/femme font partie du groupe restreint des identificateurs de base comme frère/sœur ou fille/garçon. Le lexique français de la dénomination humaine est composé de milliers de noms alternants en genre soit extérieurement par l'article, un/une psychologue, soit par la finale, souvent suffixale, danseur/danseuse, directeur/directrice.

- morphologiques → un morphème du mot indique son genre (comme personnes, un suffixe) :

  • en français, pour la grammaire traditionnelle, le masculin est non marqué, c'est le féminin qui l'est, souvent par un -e écrit en fin de mot qui correspond à un « e caduc » permettant à la consonne finale, le cas échéant, de se faire entendre : petit [pəti] ~ petit-e [pətit(ə)], sorcier [sɔʁsje] ~ sorcière [sɔʁsjɛʁ] ; dans de nombreux cas, il n'existe oralement plus aucune différence entre les deux genres (fatigué ~ fatiguée). On trouve même des ambiguïtés graphiques : rapide sert au masculin et au féminin. On parle dans ce cas de mots ou de formes épicènes.

Cependant, un autre point de vue peut être adopté, si l'on prend en considération non pas quelques exemples mais tous les adjectifs et tous les noms communs de personne du lexique français. Pour les adjectifs, on constate alors que près de la moitié se termine par -e comme rapide, logique, optimiste, moins d'un quart sont différenciés par la seule présence ou absence de -e (vrai/vraie, clair/claire), le reste alternant par la finale dont la prononciation change selon le genre (voisin/voisine, actif/active). Hors exceptions comptées, pour les noms communs de personnes, un tiers environ qui se termine par -e alterne en genre par l'article (le/la collègue), 6 % seulement alternent par présence absence de -e final (ami/amie, principal/principale). Pour le reste le masculin est marqué morphologiquement soit par une voyelle finale suivie d'une consonne muette (écolier, commerçant), soit par le suffixe -(t)eur (vendeur, acteur) ; pendant que le féminin est marqué morphologiquement par cette même consonne, sonorisée par le -e final, ou par les suffixes -euse ou -trice[14],[15].

  • en grec ancien, on peut identifier assez facilement le genre de certains mots : au nominatif singulier, les mots en -ος (consulter Déclinaisons du grec ancien) sont le plus souvent masculins (mais il existe de nombreux neutres appartenant à un autre modèle de déclinaison), ceux en , -ᾱ ā ou -ᾰ -a féminins et ceux en -ον -on neutres. Dans d'autres cas, une voyelle longue dans la dernière syllabe au nominatif signale un masculin ou un féminin, par opposition à la même voyelle brève qui indique un neutre : ἀληθής alēthḗs (masculin et féminin) ~ ἀληθές alēthés (neutre), « vrai » ; en revanche, à certains cas la désinence ne permet pas de connaître le genre : à l'accusatif, un mot en -ον -on pourrait être masculin ou neutre ; au génitif pluriel des mots de la troisième déclinaison, la désinence -ων -ōn sert aux trois genres.

- ou syntaxiques → c'est par les règles d'accord que le genre est révélé :

  • en français, les noms ne permettent pas toujours de savoir s'ils sont masculins ou féminins. Arbre pourrait être l'un ou l'autre. Le déterminant un dans un arbre indique cependant que le mot est bien masculin (au féminin, on aurait une). L'allemand fonctionne aussi souvent selon le même principe : dans schönes Kind, c'est l'adjectif schön mis au neutre de la déclinaison forte (suffixe -es) qui joue ce rôle tandis que Kind ne laisse rien présager de son genre. Avec un nom masculin, on aurait eu schöner et au féminin schöne.

Selon les langues, certaines catégories de mots peuvent avoir un genre marqué au singulier, mais non au pluriel. C’est notamment le cas :

  • des déterminants en français : par exemple, les articles définis, le (masculin singulier), la (féminin singulier), les (masculin et féminin pluriel), les articles indéfinis, un (masculin singulier), une (féminin singulier), des (masculin et féminin pluriel).
  • des pronoms personnels en breton : par exemple, les pronoms personnels indépendants, (v) (masculin singulier), hi (féminin singulier), i(nt) (masculin et féminin pluriel), les pronoms personnels compléments d’objet direct et déterminants possessifs, e (masculin singulier), he(c'h) (féminin singulier), o (masculin et féminin pluriel).

Mots ayant deux genres

En français, certains mots sont utilisés tantôt au féminin, tantôt au masculin.

Certains mots sont masculins au singulier et féminins au pluriel : amour, délice et orgue. Amour est souvent féminin au pluriel ; il l'est parfois au singulier, soit dans un usage populaire qui se reflète dans divers textes (chansons, etc.), soit dans une langue littéraire assez recherchée (« amour, la vraie, la grande... » chez Jean Anouilh ; « la grande amour » chez Raymond Queneau ; « cette amour curieuse » chez Paul Valéry ; « une amour violente », enregistré par l'Académie française)[16],[17]. Délice est masculin au singulier et féminin au pluriel mais, après des expressions comme un de, un des, le plus grand des, etc., suivies du complément délices au pluriel, le masculin est conservé[16]. Orgue, masculin au singulier, est féminin au pluriel quand il désigne, de façon emphatique, un seul instrument (« les grandes orgues de la cathédrale »), mais reste au masculin quand il désigne un vrai pluriel (« les orgues anciens de la région »)[16],[18].

Dans le cas du mot gens, le genre n'est pas fixé. La déclinaison de l'adjectif dépend de sa position par rapport au nom : « les vieilles gens », « les gens vieux ».

Certains mots sont masculins ou féminins en fonction du sens : œuvre, enseigne, manœuvre, mémoire, manche, poste, etc. Ainsi, « une œuvre » désigne un tableau ou une statue, tandis que « l'œuvre » (au masculin) se rapporte à l'ensemble des productions d'un artiste : l'œuvre peint de Renoir.

Certains mots peuvent être utilisés avec l'autre genre dans des locutions anciennes ou régionales : minuit, Noëletc.

Enfin, certains mots sont admis aussi bien au masculin qu'au féminin : camarade, collègue, partenaire, après-midi, enzyme, réglisseetc.

Langues sans genre

De nombreuses langues non indo-européennes, comme le basque, le finnois, l'estonien, le turc ou le hongrois, ne connaissent pas la catégorie du genre, bien que des oppositions puissent être marquées par les pronoms. Le chinois classique n'a pas de genre. Le chinois moderne l'a introduit pour les pronoms personnels des deuxième et troisième personnes du singulier au début du XXe siècle, par imitation de l'anglais. Le genre n'apparaît qu'à l'écrit, les caractères employés restant strictement homophones. Ainsi, la deuxième personne du singulier distingue 你 (au masculin) de 妳 (au féminin). Les textes chrétiens peuvent employer 袮 rendant le thou biblique anglais pour s'adresser à Dieu. La troisième personne du singulier est encore plus complexe : 他 (masculin), 她 (féminin), rarement 牠 (pour les animaux) 它 (pour les inanimés) et 祂 pour Dieu.

Certaines langues construites, comme le lojban, le kotava ou le pandunia, ne marquent pas non plus le genre[réf. nécessaire].

En espéranto la situation est plus nuancée. Dans son usage classique trois pronoms personnels singuliers permettent de rendre les genres féminin, masculin et neutre, respectivement ŝi, li et ĝi. Côté pendant pluriel seul ili est prévu par le Fundamento de Esperanto. Du côté des substantifs, les mots ne sont pas genrés de manière générale[19]. Ainsi homo (humain), peut s’employer avec n’importe quel genre : ŝi estas homo kaj li estas homo, sed, ĉi tiu roboto, ĝi ne estas homo (elle est une humaine, il est un humain, mais, ce robot, il n’est pas humain). Cependant tous les radicaux ne sont pas exampt d’une sémentique genré, et le genre de base doit donc être appris avec le sens du radical. Ainsi femalo (femelle) et masklo (mâle) ont une sémantique liée au genre féminin et masculin respectivement. Cela implique donc en cas d’usage d’un pronom référant à l’un où l’autre de ces substantifs, de recourir à celui du genre correspondant. Il s’agit cependant de termes minoraitaires. La plupart des radicaux ont une valeur de genre neutre, y compris pour les noms d’animaux. Au besoin, la distinction entre un être vivant femelle et mâle peut se faire en utilisant les affixes prévus à cet effet : suffixe -in- pour le sexe féminin, préfixe vir- pour le sexe masculin. Ainsi ŝafo (mouton, sans précision de sexe), donne respectivement ŝafino (brebis) et virŝafo (bélier). Le même mécanisme est employé pour fournir les termes des rejetons d’une espèce sexué via le suffixe -id-, qui donne donc ŝafido (agneau), et peut se combiner aux autres affixes : ŝafidino (agnelle), virŝafido (agneau, le français amalgamant ici terme générique et terme avec trait mâle). L’espéranto à de plus connus des propositions ultérieures sur le plan du genre, qui comptent notamment l’iĉisme et le riisme. Le premier ajoute le suffixe -iĉ- comme synonyme du préfixe vir-. Ainsi sous cette proposition ŝafiĉo et virŝafo sont strictemet synonymes. La seconde introduit ri comme nouvel préposition désignant une personne sans tenir compte de son sexe, ce qui le distingue donc du neutre ĝi, alors plutôt destiné à des entités non-sexuées.

Nombre de genres

Genres grammaticaux dans les langues européennes :
  • masculin/féminin
  • masculin/féminin/neutre
  • commun/neutre
  • animé/inanimé
  • pas de genre
Genre masculin (vert) ou féminin (mauve) de chaque pays dans la langue française. Les noms de pays terminés par la voyelle « E » sont féminins, à l'exception du Cambodge, du Mexique, du Mozambique du Zimbabwe et du Suriname.

Certaines langues sont à quatre genres : le masculin ; le féminin ; le neutre, genre ni masculin ni féminin ; et le commun, genre « utilisé pour le masculin et féminin ensemble »[20].

D'autres, comme le russe, le grec moderne, l'allemand ou le slovène, sont à trois genres : le masculin, le féminin et le neutre.

Le protoroman avait trois genres[21], comme le latin[22] ; mais toutes les langues romanes[23], sauf le roumain[24],[25] et l'Astur-léonais, n'en ont que deux : elles ont assimilé le neutre avec le masculin, même au pluriel[26]. Certaines langues romanes connaissent quelques substantifs qui ont un genre au singulier et un autre au pluriel[27] : le plus souvent, il s'agit des substantifs masculins au singulier mais féminins au pluriel, comme l'italien braccio (« bras ») dont le pluriel est braccia[27]. En roumain, ces substantifs sont relativement nombreux et sont considérés comme d'un troisième genre souvent appelé ambigène[27].

En anglais, langue à deux genres, le genre tend à disparaître du lexique[23] : le masculin et le féminin ne concernent que le pronom personnel singulier de la troisième personne et les possessifs.

D'anciennes langues indo-européennes telles que le latin ou le grec ancien laissent comprendre qu'en indo-européen commun, l'opposition de genre concernait surtout une opposition du type animé (ce qui vit) ~ inanimé (ce qui ne vit pas) : en effet, dans des nombreux cas, le masculin et le féminin sont identiques et s'opposent ensemble au neutre[28]. C'est d'ailleurs la seule opposition en hittite.

Des langues africaines, enfin, comportent un nombre beaucoup plus important de classes sémantiques pouvant être considérées comme des sortes de genres. Elles sont le plus souvent indiquées par les préfixes de classe.

Animéité (animé / inanimé)

Cette dichotomie animé ~ inanimé se retrouve dans des langues modernes comme le danois, le suédois, ou le norvégien. On parlera alors d'une opposition entre le genus commune (masculin/féminin) et le genus neutrum. Le français connaît dans de rares cas une telle opposition : les pronoms ceci / cela / ça, en et y, par exemple, ne servent qu'aux inanimés. Par exemple : « Jean me plaît » → « il me plaît » ~ « boire du thé me plaît » → « ça me plaît » ; « je parle de Jean » → « je parle de lui » ~ « je parle de ma passion pour le thé » → « j'en parle » (noter que dans les cas de thématisation par dislocation dans un registre courant, « j'en parle souvent, de lui » est tout à fait compréhensible) ; « je pense à Jean » → « je pense à lui » ~ « je pense à la déclaration de revenus » → « j'y pense »), de même que le pronom relatif quoi (« je ne sais qui » ~ « je ne sais quoi »).

Le slovène connaît aussi la distinction entre l'animé et l'inanimé mais exclusivement dans le cadre du masculin. On pourrait alors parler de quatre genres en cette langue : masculin animé, masculin inanimé, féminin et neutre. Le polonais possède cinq genres : masculin animé personnel, masculin animé impersonnel, masculin inanimé, féminin, neutre. La distinction entre eux se manifeste en morphologie et syntaxe. En ces deux langues slaves, plusieurs cas marquent une désinence différente et les adjectifs s'accordent avec les substantifs selon que l'objet est animé (personnel) ou inanimé (impersonnel) :

masculin traduction
animé inanimé
personnel impersonnel
polonais To jest
dobry nauczyciel.
To jest
dobry pies.
To jest
dobry ser.
C'est un bon professeur
/un bon chien/du bon fromage.
Widzę
dobrego nauczyciela.
Widzę
dobrego psa.
Widzę
dobry ser.
Je vois un bon professeur
/un bon chien/du bon fromage.
Widzę
dobrych nauczycieli.
Widzę
dobre psy.
Widzę
dobre sery.
Je vois des bons professeurs
/des bons chiens / des bons fromages.
slovène To je
dober učitelj/dober pes.
To je
dober sir.
C'est un bon professeur
/un bon chien/du bon fromage.
Vidim
dobrega učitelja/dobrega psa.
Vidim
dober sir.
Je vois un bon professeur
/un bon chien / du bon fromage.

En polonais, les masculins personnel et impersonnel animé sont confondus au singulier, et les masculins impersonnel animé et inanimé sont confondus au pluriel.

Plus éloignée, une langue comme le nahuatl n'oppose aussi que les animés aux inanimés ; fait notable, seuls les animés varient en nombre. Les langues algonquiennes, dont le cri, possèdent des genres animé et inanimé, qui démontrent cependant la même distribution arbitraire que le genre en français ; par exemple, les substantifs, généralement des mots cris comme mi:nis (« petit fruit ») est inanimé, mais le mot ospwa:kan (« pipe ») est animé.

En algonquin, le genre animé concerne toutes les vies animales ou ce qui a de l'importance aux yeux des Algonquins. Quelques exemples : un homme, un orignal, des arbres, certains fruits, le tonnerre, la glace, la neige, les astres, les peaux, les pipes. Quant au genre inanimé, il concerne tout ce qui n'a pas de vie et peu d'importance aux yeux des Algonquins. Quelques exemples : un avion, un château, un canon. Un arc et un aviron ont le privilège de faire partie du premier genre[29].

Genre et égalité des sexes

Comme on l'a vu le genre n'est pas strictement lié au sexe. Il n'en reste pas moins que dans les langues qui possèdent un genre, ce genre recoupe l'opposition de sens « mâle-femelle » quand il s'agit d'être animés sexués (dont les êtres humains)[30],[31] . Lorsque le genre grammatical est calqué sur le sexe, la langue peut transmettre des inégalités entre féminin et masculin, renvoyant à une répartition inégalitaire des rôles selon les sexes dans une société. Cela peut avoir des conséquences comme l'occultation du rôle joué par les femmes sur la scène publique ou des résistances psychologiques à la candidature à des postes offerts au masculin.

Voir les articles :

Aux États-Unis, le désir d'employer un discours non sexiste incite certains auteurs à employer le féminin à propos d'une personne dont le genre est indéterminé dans le contexte (le lecteur ou la lectrice, un auteur quelconque hypothétique, etc.) :

Exemple : When you find value assumptions, you know pretty well what a writer or speaker wants the world to be like – what goals she thinks are most important ; but you do not know what she takes for granted (…)[32]

En Allemagne comme dans d'autres pays, pour limiter l'usage du masculin générique et mettre en lumière l'imaginaire qui en découle, des personnes utilisent également le féminin générique,[34].

Notes et références

  1. a et b « Masculin, féminin : et le neutre ? », sur Implications Philosophiques, (consulté le 23 août 2016).
  2. a et b Frédéric Gareau, « L'assignation du genre grammatical en français langue seconde : transfert ou terminaison des noms ? », Mémoire présenté comme exigence partielle de la maîtrise en linguistique [PDF], sur Archipel, Université du Québec à Montréal, (consulté le 23 août 2016), p. 9.
  3. Bernard Cerquiglini, Guide d’aide à la féminisation des nomsde métiers, titres, grades et fonctions, Paris, Documentation française, (lire en ligne [PDF]), p. 34.
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  32. « Lorsque vous rencontrez des présupposés de valeur, vous savez fort bien à quoi un auteur ou un orateur voudrait que le monde ressemble – quels sont les objectifs qu'elle considère comme les plus importants ; mais vous ne savez pas ce qu'elle tient pour acquis (…) ». M. Neil Browne, Stuart M. Keeley, Asking the Right Questions, A Guide to Critical Thinking, Pearson / Prentice Hall, 2007.
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Voir aussi

Bibliographie

Ouvrages

  • Jean Szlamowicz, Le sexe et la langue : Petite grammaire du genre en français, où l'on étudie écriture inclusive, féminisation et autres stratégies militantes de la ... suivi de Archéologie et étymologie du genre, Paris, Editions Intervalles, 2018, 184 p. (ISBN 978-2-36956-071-5).
  • [Kilarski 2013] (en) Marcin Kilarski, Nominal classification : a history of its study from the classical period to the present, Amsterdam et Philadelphie, John Benjamins publishing, coll. « Amsterdam studies in the theory and history of linguistic science / III. Studies in the history of the language sciences » (no 121), , 1 vol., XIV-405 p., 25 cm (ISBN 978-90-272-4612-7, 90-272-4612-2 et 90-272-7090-2, OCLC 873635861, notice BnF no FRBNF45040186, DOI 10.1075/sihols.121, SUDOC 176975128, présentation en ligne, lire en ligne).
  • [Schärer 2008] Franziska Schärer, Père, mère, roi et sorcière : la représentation des deux sexes et de la catégorie du genre dans les manuels scolaires de la Suisse alémanique et de la Suisse romande, Berne, Peter Lang, coll. « Publications universitaires européennes / XXI / Linguistique » (no 327), , 1re éd., 1 vol., XI-259 p., 21 cm (ISBN 978-3-03911-665-2 et 3-03911-665-7, OCLC 470767867, notice BnF no FRBNF41310563, SUDOC 128276207, présentation en ligne, lire en ligne), p. 39 (lire en ligne).

Chapitres

  • [Buchi et Greub 2016] Éva Buchi et Yann Greub, chap. 1.4 « Problèmes théoriques (et pratiques) posés par la reconstruction du genre neutre en protoroman », dans Éva Buchi et Wolfgang Schweickard (dir.), Dictionnaire étymologique roman (DÉRom), t. 2 : Pratique lexicographique et réflexions théoriques, Berlin et Boston, Walter de Gruyter, coll. « Beihefte zur Zeitschrift für romanische Philologie » (no 402), , 1 vol., XIV-617 p., 24 cm (ISBN 978-3-11-045026-2, OCLC 967755258, notice BnF no FRBNF45167914, SUDOC 197287573, lire en ligne) (lire en ligne [fac-similé]).
  • [Burr 2012] Elisabeth Burr, « Planification linguistique et féminisation », dans Fabienne H. Baider et Daniel Elmiger (éd.), avec la collaboration de Julie Abbou, Intersexion : langues romanes, langue et genre (ouvrage en partie issu d'un colloque international sur les langues romanes tenu à l'université de Chypre les et ), Munich, LINCOM Europa, coll. « LINCOM studies in sociolinguistics » (no 12), , 1re éd., 1 vol., 186 p., 25 cm (ISBN 3-86288-320-5 et 978-3-86288-320-2, OCLC 819283954, notice BnF no FRBNF42716791, SUDOC 163812500), p. 29-39 (lire en ligne [PDF]), § 2 (« Réflexion sur le genre et vision du monde »), § 2.1 (« Entre motivé et arbitraire »).
  • [Forer 1986] (de) Rosa Barbara Forer, « Genus und Sexus. Über philosophische und sprachwissenschaftliche Erklärungsversuche zum Zusammenhang von grammatischem und natürlichem Geschlecht », dans Sylvia Wallinger et Monika Jonas (éd), Der Widerspenstigen Zähmung. Studien zur bezwungenen Weiblichkeit in der Literatur vom Mittelalter bis zur Gegenwart, Innsbruck, Institut für Germanistik der Universität Innsbruck, coll. « Innsbrucker Beiträge zur Kulturwissenschaft » (no 31), , 1re éd., 1 vol., 389 p., 24 cm (ISBN 3-85124115-0 et 978-3-85124115-0, OCLC 16840893, SUDOC 020462794), p. 21-41.

Articles

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  • [Graur 1928] Alexandru Graur, « Les substantifs neutres en roumain », Romania, vol. 54, no 214 (2/1928),‎ , p. 249-260 (DOI 10.3406/roma.1928.4347, lire en ligne [fac-similé], consulté le 5 février 2017).
  • [Jeanmaire 2010] Guillaume Jeanmaire, « Vox populi vox Dei ? : l'identification du genre grammatical en français », Langue française, vol. 42e année, no 168 (4/2010) : « Le(s) français : formaliser la variation »,‎ , p. 71-86 (DOI 10.3917/lf.168.0071, résumé, lire en ligne [html], consulté le 5 février 2017).
  • [Lallot 1985] Jean Lallot, « Denys le Thrace : Technē Grammatikē. Introduction, traduction, notes », Archives et documents de la Société d'histoire et d'épistémologie des sciences du langage, vol. 1re série, 4e année, no 6 (1/1985),‎ , p. 1-104 (DOI 10.3406/hel.1985.3343, lire en ligne [fac-similé], consulté le 6 février 2017).
  • [Lescourret 2010] Marie-Anne Lescourret, « Comme son nom l'indique... », Cités, no 44 (4/2010) : « Genre et sexe : nouvelles frontières ? »,‎ , p. 45-59 (DOI 10.3917/cite.044.0045, lire en ligne [html], consulté le 5 février 2017).
  • [Timoc-Bardy 1999] Romana Timoc-Bardy, « Pluralité et catégorisation : les substantifs ambigènes du roumain », Faits de langues, vol. 7e année, no 14 (2/1999) : « La catégorisation dans les langues »,‎ , p. 207-215 (DOI 10.3406/flang.1999.1284, lire en ligne [fac-similé], consulté le 5 février 2017).
  • [Violi 1987] Patrizia Violi, « Les origines du genre grammatical », Langages, vol. 21e année, no 85 (1/1987) : « Le sexe linguistique »,‎ , p. 15-34 (DOI 10.3406/lgge.1987.1526, lire en ligne [fac-similé], consulté le 5 février 2017).

Articles connexes

Liens externes