Gérontocratie

Gérontocratie

La gérontocratie désigne un régime politique où le pouvoir est exercé par les personnes les plus âgées de la société (théoriquement) car jugées plus sages : les gérontes.

Usage courant et exemples

L'usage à l'époque moderne fut surtout utilisé pour l'Union soviétique à partir des années 1970, mais devint flagrant au début des années 1980, en raison de l'âge des dirigeants : les premiers secrétaires du parti étaient âgés et en mauvaise santé (Léonid Brejnev Iouri Andropov et Konstantin Tchernenko) ; le politburo et le comité central du parti étaient aussi marqués par l'âge avancé des membres[1].

Par extension, les pays communistes furent marqué par cette gérontocratie où leur principal dirigeant était souvent âgé au moment de sa mort ou de son départ.

Le terme est plus souvent utilisé indirectement, pour décrier la mainmise du pouvoir par les gérontes sur d'autres systèmes politiques, comme celui du despotisme réaliste, décrit par Alphonse de Lamartine dans ses Méditations poétiques, au détriment du mérite ou d'autres qualités individuelles. L'usage de l'expression charismatique induit une politique de traditionalisme, les plus âgés étant supposés peu enclins à modifier les structures de la société, mais à la pérenniser telle qu'ils l'ont connue.

Par exemple, la ville de Sparte, pendant l'Antiquité, était en partie une gérontocratie ; le Vatican est aussi en partie une gérontocratie. On remarque quelques exceptions néanmoins, tel que Jean-Paul II, qui commença son ascension dans les sphères politiques de l’Église en étant un relativement jeune prêtre. De nos jours, l'Algérie est un pays présenté comme une Gérontocratie : son ancien président, de 1999 à 2019, Abdelaziz Bouteflika, démissionna en 2019 en un état physique jugé grabataire, et de nos jours, et ses dirigeants politiques sont souvent âgés de plus de 65 ans, alors que la population de ce pays est très jeune.

Références

  1. Georges Sokoloff, La Puissance pauvre : Une histoire de la Russie de 1815 à nos jours