Françoise Barré-Sinoussi

Françoise Barré-Sinoussi
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Françoise Barré-Sinoussi lors d'une conférence de presse le 6 décembre 2008 à l'Institut Karolinska.
Biographie
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(72 ans)
Paris
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Travaux sur le VIH
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Françoise Barré-Sinoussi, née le à Paris, est une chercheuse française en virologie. En 1983, elle a participé à la découverte du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) à l'origine du sida, alors qu'elle faisait partie, à l'Institut Pasteur, de l'équipe dirigée par Luc Montagnier. Cette découverte lui vaut de recevoir le , en même temps que ce dernier, le prix Nobel de physiologie ou médecine[1]. Elle est nommée, le 13 novembre 2017, présidente de l'association Sidaction.

Biographie

Après avoir passé avec succès en 1966 les épreuves du baccalauréat, Françoise Sinoussi entreprend des études supérieures de biologie à la faculté des sciences de l'université de Paris, où elle obtient le diplôme universitaire d'études scientifiques de chimie-biologie en 1968, la maîtrise en biochimie en 1971 et le diplôme d'études approfondies en 1972. Elle rejoint dès 1971 le laboratoire de Jean-Claude Chermann au sein du service d'immunochimie de l'Institut Pasteur à Garches, et obtient le doctorat d'État en 1974. Elle travaille ensuite un an aux États-Unis comme attachée de recherche de la National Science Foundation, puis est recrutée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, où elle occupe successivement les fonctions d'attachée (1975-1980), de chargée (1980-1986) et enfin de directrice de recherche (à partir de 1986). Elle fait partie jusqu'en 1988 du laboratoire de J.-C. Chermann (lequel avait intégré en 1974 l'unité d'oncologie virale de Luc Montagnier), puis prend à cette date la tête d'une unité de recherche.

En janvier 1983, Willy Rozenbaum envoie à l'Institut Pasteur la première biopsie ganglionnaire d'un patient atteint de « lymphadénopathie généralisée », ce qui correspond au stade de « pré-sida » (antérieur à l'apparition d'une immunodéficience profonde). Prélevé à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, le ganglion est confié à Luc Montagnier, qui, après l'avoir disséqué, le met en culture. Pendant les trois semaines qui suivent, Jean-Claude Chermann et Françoise Barré-Sinoussi analysent régulièrement l'activité rétrotranscriptase du surnageant des cultures afin de déterminer l'éventuelle présence d'un rétrovirus. Une telle activité est détectée, mais elle s'associe systématiquement à une mort cellulaire. Ce phénomène conduit les chercheurs à utiliser les services du centre de transfusion sanguine de l'Institut Pasteur afin de récupérer des globules blancs de donneurs, de les mettre en culture et d'y injecter le surnageant des cultures. L'activité enzymatique rétrovirale est à nouveau détectée et l'effet cytopathogène du virus sur les lymphocytes CD4 établi[2]. Le 4 février 1983, l'équipe de l'Institut Pasteur observe pour la première fois au microscope électronique le rétrovirus en question. Le 20 mai 1983, Françoise Barré-Sinoussi et ses collaborateurs publient un article dans la revue Science où ils annoncent la découverte d'un nouveau rétrovirus, nommé alors LAV (Lympho-adénopathy Associated Virus), qui sera renommé VIH-1.

Les autres personnes qui ont participé à la découverte du virus de l'immunodéficience humaine (VIH) sont Willy Rozenbaum, Françoise Brun-Vézinet et Jean-Claude Chermann[3]. Pendant les années qui suivent, le débat est assez vif quant aux mérites respectifs de l'Institut Pasteur et du groupe de Robert Gallo dans la découverte du virus. La remise du prix Nobel constitue à ce titre la reconnaissance officielle du rôle majeur joué par l'Institut Pasteur, notamment en la personne de Luc Montagnier et de Françoise Barré-Sinoussi[4]. Toutefois les partisans de Robert Gallo ne manquent pas de critiquer le choix du comité Nobel[5].

En 1988, elle prend la tête du laboratoire de biologie des rétrovirus, rattaché à l'unité de virologie médicale et des vaccins viraux à l'Institut Pasteur. À cette période elle met en place des programmes de recherche sur les déterminants viraux et les hôtes de la pathogénèse du VIH. Entre 1988 et 1998, elle participe à des programmes collectifs sur la recherche du vaccin contre le VIH.

En 1992, elle prend la tête de l'unité de régulation des rétrovirus. En 2005, Françoise Barré-Sinoussi prend la direction de l'unité de régulation des infections rétrovirales, toujours au sein de l'Institut Pasteur

En 2008, elle oriente ses recherches vers les régulations congénitales des infections par le VIH. Cela consiste à essayer de déterminer les mécanismes de protection contre l'infection VIH/SIV ou de contrôle du Sida, en particulier au niveau de l'immunité innée.

En 2012, elle est présidente de l'International AIDS Society, première société internationale indépendante de chercheurs et de médecins contre le VIH/sida.

En 2014, elle est nommée membre du Conseil stratégique de la recherche[6]. Elle devient marraine de la promotion 2013-2014 des étudiants FGSM2 (2e année de médecine) de la Faculté de médecine de Tours (Université Francois-Rabelais). En 2018, elle devient aussi marraine de la promotion de médecine 2017-2022 de Nancy. Ainsi, ces promotion portent le nom de "Promotion Françoise Barré-Sinoussi".

En 2017, elle est nommée présidente du Sidaction[7] suite au décès de Pierre Bergé.

Publications

  • 1987 : Le sida en question, avec Jean-Claude Chermann et Willy Rozenbaum, Paris, Plon, coll. « Témoins d'aujourd'hui », 181 p. (ISBN 2-259-01450-X)
  • 2012 : Pour un monde sans sida : un combat partagé (entretiens avec François Bouvier), Paris, Albin Michel, 169 p. (ISBN 978-2-226-23069-0)

Distinctions

Réception du doctorat honoris causa de l'EPFL, 2014.

Durant sa carrière, elle a été récompensée par plusieurs prix, dont le prix Nobel de physiologie ou médecine, qui lui a été décerné en 2008, ainsi qu'à Luc Montagnier, pour la découverte du VIH en 1983.

Prix

Honneurs

Françoise Barré-Sinoussi a été élue membre de l'Académie des Sciences, dans la section "Biologie humaine et sciences médicales", le 24 février 2009.

Elle est Docteur honoris causa de :

Le 30 novembre 2012, à la veille de la journée mondiale de lutte contre le sida, un bâtiment du Centre Hospitalier Universitaire de Bicêtre (AP-HP) a été rebaptisé en son nom en présence du président de la république François Hollande. Ce bâtiment regroupe les services du pôle "immunologie-infectieux-inflammation-endocrinologie"[13].

Décorations

Références

  1. (en) « The Nobel Prize in Physiology or Medicine 2008 », Fondation Nobel, (consulté le 6 octobre 2008).
  2. (en) Françoise Barré-Sinoussi, Jean-Claude Chermann, Françoise Rey, Marie-Thérèse Nugeyre, Sophie Chamaret, Jacqueline Gruest, Charles Dauguet, Claudine Axler-Blin, Françoise Vézinet-Brun, Christine Rouzioux, Willy Rozenbaum et Luc Montagnier, « Isolation of a T-lymphotropic Retrovirus From a Patient at Risk for Acquired Immune Deficiency Syndrome (AIDS) », Science, vol. 4599, no 220,‎ , p. 868-71 (PMID 6189183, DOI 10.1126/science.6189183).
  3. Patrick Berche, Une histoire des microbes, Montrouge, John Libbey Eurotext, coll. « Médecine sciences / Sélection », , 307 p. (ISBN 978-2-7420-0674-8).
  4. « Juste Nobel », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  5. « Le prix Nobel de médecine controversé », Courrier international, 7 octobre 2008.
  6. Décret du 3 février 2014 portant nomination au Conseil stratégique de la recherche
  7. « Francoise Barre-Sinoussi nouvelle présidente de Sidaction », sur Sciences et avenir.
  8. a b c d e f et g https://histoire.inserm.fr/les-femmes-et-les-hommes/francoise-barre-sinoussi/(page)/2
  9. http://new.galienfoundation.org/index.php/2017/01/21/winners/
  10. https://www.koerber-stiftung.de/fileadmin/user_upload/koerber-stiftung/redaktion/kpew/pdf/vor_2001/Koerber_Prize_1986_Retrovirus_Research__AIDS_.pdf
  11. http://agenda.germainpire.info/view_entry.php?id=20082
  12. « Un magistral bravo aux 872 nouveaux diplômés de l'EPFL ! », 4 octobre 2014, site de l'EPFL.
  13. « Hommage à Francoise Barre-Sinoussi à l'hopital Bicètre en présence du Président de la République Francois Hollande », sur APHP.
  14. ORDRE DE LA LEGION D'HONNEUR Décret du 12 juillet 1996 portant promotion et nomination
  15. Décret du 25 mars 2005 portant promotion et nomination
  16. Décret du 31 décembre 2008 portant promotion (rectificatif)
  17. « La Légion d'honneur du Nouvel An », Le Figaro, 1er janvier 2009.
  18. Décret du 29 mars 2013.
  19. « Légion d’honneur : une promotion spéciale pour l’attentat de Nice », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 1er janvier 2017).
  20. Décret du 30 décembre 2016 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier
  21. Décret du 30 avril 2002 portant promotion et nomination

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

  • (en) Page professionnelle sur le site de l'Institut Pasteur
  • (en) Autobiographie sur le site de la fondation Nobel (le bandeau sur la page comprend plusieurs liens relatifs à la remise du prix, dont un document rédigé par la personne lauréate — le Nobel Lecture — qui détaille ses apports)
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