Forces armées saoudiennes

Forces armées royales saoudiennes
القوات المسلحة الملكية العربية السعودية
Image illustrative de l’article Forces armées saoudiennes
Branches Flag of the Royal Saudi Land Forces.png Armée de terre saoudienne
Ensign of the Royal Saudi Air Force.svg Force aérienne royale saoudienne
Naval Ensign of Saudi Arabia.svg Marine royale saoudienne
Quartier-général Riyad
Commandement
Commandant Roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud
Ministre de la Défense Mohammed ben Salmane Al Saoud
Chef d'état-major Général Huseen ibn Abdullah al-Gubayel
Main-d'œuvre
Âges militaires 18 ans
Troupes régulières 231 000 hommes (2018)[1]
Déployés hors du pays 1 000 hommes Drapeau de Bahreïn Bahreïn
Réservistes 25 000 hommes (73 èmes)
Budgets
Budget 56,7 milliards de dollars US (2015)
Pourcentage du PNB 11,4 % (2011)
Industrie
Fournisseurs nationaux BAE Systems Saudi Arabia
Alsalam Aircraft Company
Abdallah Al Faris Company for Heavy Industries
Military Industries Corporation
Advanced Electronics Company
Fournisseurs étrangers Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de la France France
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Drapeau de la Turquie Turquie
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau du Canada Canada

Les forces armées saoudiennes (en arabe : القوات المسلحة السعودية), aussi appelées forces armées royales saoudiennes, comprennent l'ensemble des structures militaires de défense du royaume d'Arabie saoudite placées sous la responsabilité du Ministre de la Défense (actuellement Mohammed ben Salmane), ainsi que la Garde nationale d'Arabie saoudite  (SANG) qui reste indépendante du ministère.

Elles sont constituées de l'Armée de terre saoudienne, de la Force aérienne royale saoudienne, de la Marine royale saoudienne, d'une défense aérienne, d'une garde nationale, et de forces paramilitaires, pour un total d'environ 400 000 personnes actives, à quoi il faut ajouter les services de renseignements militaires (les Mukhabarat).

Budget

En 2009, 8,2 % du PNB du pays est consacré a l'armée saoudienne, représentant un budget de la défense de 39,2 milliards de dollars US[2]. En 2013, selon, l'IISS, il était de 59,6 milliards de dollars US après une hausse de 14 % par rapport à 2012, soit le 4e rang mondial derrière la Russie et devant le Royaume-Uni[3].

L'Arabie saoudite devient en 2019, le troisième pays aux dépenses militaires les plus élevées dans le monde, après les États-Unis et la Chine[4].

En , le département d'État américain avait approuvé la vente de 290 millions de dollars de bombes à l'Arabie saoudite. Les accords d'armement avec les dictatures du Moyen-Orient sont précipités par Trump, malgré l'opposition sur les antécédents en matière de droits de l'homme des régimes impliqués et dans le cas de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, l'énorme bilan civil de la guerre au Yémen. Aussi, l'annonce de la vente d'hélicoptères Apache AH-64E, 4 milliards de dollars au Koweït le même jour[5].

Budget militaire dans la région

Armée Classement

budget

mondial

budget USD[6]2015 PIB %[7]2013
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite 4 56.7 MD 8.99
Drapeau de la Turquie Turquie 14 18.1 MD 2.33
Drapeau d’Israël Israël 15 17 MD 5.63
Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis 17 14.3 MD 4.96

(2012)

Composition des forces armées

En 2015, les forces armées saoudienne comptait 150 000 hommes : 40 000 dans l'aviation, 16 000 dans la défense aérienne, 30 000 dans la marine (dont 5 000 Marines), 100 000 personnes dans la Garde nationale à quoi s'ajoutent les 50 000 hommes des réserves tribales.

Le prince Sultan bin Abdulaziz a exercé la fonction de ministre de la Défense entre 1962 et 2011. Son frère de sang Abdulrahman bin Abdulaziz en est le vice-ministre. Son fils aîné Khaled ben Sultan a été nommé Ministre adjoint de la Défense pour les affaires militaires en novembre 2011. Actuellement le Ministre de La Défense est le Prince Mohammed ben Salmane.

En février 2018, le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud fait limoger par décret royal le chef d'état-major, le chef de l'armée de l'air et le chef de l'armée de terre[8].

La Garde nationale

La Garde nationale est commandée par le prince Mutaib bin Abdullah. C'est une unité opérationnelle de première ligne. Ses hommes sont principalement recrutés dans les forces militaro-religieuse tribales d'Ibn Saoud, les Ikhwan.

Son existence moderne est attribuable au fait qu'elle est l'armée privée du défunt roi Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud depuis les années 60. Elle est pour cela constamment maintenue en dehors de l'influence du ministère de la défense. La Garde nationale devint le contre-pouvoir à la faction des Sudairi de la famille royale : le prince Mohammed ben Salmane, le ministre qui contrôle le reste des forces armées, est l'un des « Sept Sudairi[9] ».

Humvee saoudien lors de l'opération des Nations unies en Somalie (UNOSOM II), 19 décembre 1983.

Organisation et armement

L’armée de terre

AMX AuF1 et AMX-10 P de la 20e brigade mécanisée de la force terrestre du royaume saoudien à la fin de la guerre du Golfe de 1991.
Une roquette Avibras lancé depuis le lance-roquette multiple de construction brésilienne ASTROS SS-30
Un RSAF Tornado F3 pendant l’opération Tempête du désert en 1991
HMS "Makkah", une frégate de classe Al Riyadh .

L'armée de terre comprend, en 2006, trois brigades blindées, cinq brigades mécanisées, une brigade aéroportée, une brigade des "Royal Guard" et huit bataillons d'artillerie. Elle dispose aussi d'un commandement aérien avec deux brigades d'aviation.

Ses principaux équipements consistent, à cette date, en une combinaison de véhicules blindés américains et français : 550 chars M–1A2 Abrams, 200 AMX-30 (en réserve), et 450 M60A3 ; 300 engins de reconnaissance ; plus de 570 AMX-10 P et 400 véhicules blindés de combat d'infanterie M–2 Bradley ; plus de 3 000 transports de troupes M113 ; plus de 200 pièces artillerie tractées ; 110 pièces d'artillerie auto-portées ; 100 lance-roquettes multiple ; 400 mortiers ; 10 systèmes de missiles sol-sol ; près de 2 000 armes guidées antichars ; environ 200 lance-roquettes ; 94 hélicoptères d'attaque ; 100 hélicoptères de transport ; et 1 000 missiles sol-air.

La force aérienne

La Royal Saudi Air Force est l'une des forces aérienne les mieux équipée du monde arabe en appareils de hautes performances avec plus de 600 avions dont environ 300 de combat F-15 et Panavia Tornado. Son niveau opérationnel est très élevé.

Sa flotte est composée, en 2006, de sept escadrons d’avions de combat et d'attaques au sol, six escadrons d'avions de combat et sept d’entraînement. Au moins 15 aéroports militaires actifs ont été recensés sur le territoire[10].

L’aviation du royaume s'est récemment équipée d'Eurofighter Typhoons et de Tornado IDS remis à niveau, de F-15 Eagle et de F-15E Strike Eagle. L'Arabie saoudite possède également 84 F-15 Eagle en commande et une option pour acheter 72 autres Eurofighter Typhoons.

La marine

La marine royale saoudienne a été créée en 1960. Longtemps équipée de patrouilleurs pour surveiller le Golfe Persique et la mer Rouge, elle a acquis dans les années 1980 treize petites corvettes puis dans les années 1990 trois frégates françaises de classe La Fayette.

La marine est divisée en deux flottes : la flotte occidentale est basée à Djeddah, Jizan, et Al Wajh, la flotte orientale est basée à Al Jubayl, Dammam, Ras al Mishab et Ras al Ghar. Le corps des marines est organisé en un régiment d'infanterie à deux bataillons.

Les navires actifs comprennent, en 2006, 11 navires de surface de combat, 65 navires patrouilleurs et de garde-côtes, 7 chasseurs de mines, 8 vaisseaux de transport amphibie et 7 navires de support. L'aviation navale comprend 19 hélicoptères de support.

Forces de missiles balistiques

En 1987, l'Arabie saoudite a acquis auprès de l'industrie de l'armement de la République populaire de Chine des missiles balistiques à portée intermédiaire DF-3 ayant une charge utile conventionnelle ou potentiellement nucléaire de 2 tonnes et d'une portée estimée entre 1 500 et 2 500 km. On estime le nombre de missiles entre 50 et 120, celui des tracteurs-érecteurs-lanceurs[11] entre 9 et 12 répartis, en 2013, sur trois sites[12]. On suppute en 2013 qu'ils seraient remplacés par des missiles chinois plus modernes[13]. Le DF-3 étant à l'origine conçu pour emporter une charge nucléaire, il aurait une précision médiocre s'il était doté d'une charge conventionnelle (ECP de 300 m). Il ne serait utile que contre des cibles occupant une importante surface au sol, comme des villes ou des bases militaires. Cette caractéristique les a rendus totalement inutiles lors de la guerre du Golfe, pour répondre aux attaques de missiles Scud irakiens car ils auraient fait de nombreuses victimes civiles et n'auraient pas été aussi efficaces que les attaques aériennes de la coalition.

En , le magazine d'actualité américain Newsweek révéla que l'Arabie saoudite avait secrètement acheté quelques missiles DF-21 chinois de 1 700 km de portée en 2007. Il affirma également que la CIA avait autorisé la vente dès l'instant que les missiles étaient ensuite modifiés pour ne pas emporter d'ogive nucléaire.

Après la guerre du Golfe, les Saoudiens et la CIA travaillèrent ensemble pour autoriser l'achat, sous couverture, des missiles DF-21 chinois. Le DF-21 est propulsé par du propergol solide, contrairement au DF-3. Il nécessite donc beaucoup moins de temps pour être préparé au lancement. Il a une erreur circulaire probable de seulement 30 m, ce qui lui permet d'être employé contre des bâtiments. Les Saoudiens n'ont apparemment pas de lanceurs mobiles, à contrario des Chinois, mais il se pourrait bien qu'ils aient modifié ceux qu'ils possédaient pour lancer le DF-3. Le nombre de missiles détenus est inconnu. Le magazine Newsweek suppose que les détails de la vente qui ont été rendus publics feraient partie de la politique de dissuasion opérée contre l'Iran[14],[15].

On spécule que le royaume saoudien a financé une large partie du programme nucléaire pakistanais et a un accord de partage nucléaire avec ce pays.

Fournisseurs

L'Arabie saoudite est depuis les années 1980 l'un des principaux clients de l'industrie de l'armement mondiale et depuis les années 1990 le principal importateur d'armes du Proche-Orient[16]. Si son principal fournisseur est les États-Unis avec plus de 75 milliards de dollars de contrats entre 2004 et 2014[17] suivi des membres de l'Union européenne (France, Royaume-Uni, Italie, Belgique...)[18], elle prend également commande auprès des autres principales puissances économiques du monde tels la Chine, la Russie ou le Brésil. Ces achats servent principalement à garantir des relations diplomatiques favorables.

Les importations d'armes de l'Arabie saoudite ont augmenté de 225 % entre 2013 et 2017 en comparaison de la période 2008-2012[19]. Dans le contexte de guerre civile au Yémen, de l’intervention saoudienne et des suspicions de crimes de guerre[20], de nombreuses voix s'élèvent pour exiger l'arrêt de la fourniture d’armes au Royaume. En France, le sujet revient régulièrement à l’Assemblée nationale[21], suscitant des convergences transpartisanes (du député de gauche François Ruffin[22] à son collègue Sébastien Nadot[23] élu LREM). De nombreuses ONG dont Action Contre la Faim, Oxfam, Amnesty International appellent également la France à cesser son commerce d’armes avec l’Arabie saoudite[24],[25].

En 2017, les pays de l'Union européenne ont accordé pour 17 milliards d'euros de licence à l'Arabie saoudite. Les principaux fournisseurs d'armes du régime saoudien sont le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et la Belgique[26]..

Suite aux décès en octobre 2018 du journaliste Jamal Khashoggi dans le consulat saoudien d’Istanbul , l’Allemagne suspend ses ventes d’armes au royaume[27]. En mars 2019, cette décision sera prolongée de 6 mois (jusqu'au 30 septembre 2019)[28].

En mai 2020, Boeing obtient deux contrats représentant 2,5 milliards de dollars afin de livrer plus de 1 000 missiles sol-air et anti-navires à l'Arabie saoudite[29].

Notes et références

  1. International Institute for Strategic Studies et Hackett, James (ed.), The Military Balance 2010, Londres, Routledge, , 492 p. (ISBN 978-1-85743-557-3 et 1-85743-557-5), p. 269–272
  2. « http://milexdata.sipri.org/result.php4 »(Archive • Wikiwix • Archive.isGoogle • Que faire ?) consulté le 15 février 2012
  3. (en) « Saudi Arabia 4th largest military spender in the world », sur ANSAmed, (consulté le 6 avril 2014)
  4. Jean-Dominique Merchet, « Dépenses militaires: la France dépasse la Russie », L'Opinion,
  5. (en) Julian Borger, « US approves sale of $290m in bombs to Saudi Arabia », The Guardian, (consulté le 30 décembre 2020)
  6. (en) « Defense Spending by Country (2021) », globalfirepower
  7. « Perspective Monde », Université de Sherbrooke, Québec, Canada
  8. Le Figaro avec AFP, « Arabie saoudite: le chef d'état-major et des responsables militaires limogés », (consulté le 28 février 2018)
  9. (en) « Global Security – SANG », sur GlobalSecurity.org
  10. (en) « Country Profile: Saudi Arabia » [PDF], Library of Congress,
  11. (en) Sean O'Connor, « Saudi Arabia's Ballistic Missile Force » (version du 5 août 2010 sur l'Internet Archive), sur IMINT & Analysis,
  12. (en) Oren Dorell, « Report: Saudi missile sites target Iran, Israel », sur USA Today, (consulté le 6 avril 2013)
  13. (en) Jeffrey Lewis, « Saudi Arabia’s Strategic Dyad »(Archive • Wikiwix • Archive.isGoogle • Que faire ?), sur Arms Control Wonk, (consulté le 6 avril 20147)
  14. (en) Jeff Stein, « Exclusive : CIA helped Saudis in secret Chinese missile deal », Newsweek.com, (consulté le 1er octobre 2014)
  15. (en) « Saudi Arabia unveils part of strategic missile force – A deterrent move against Iran ? », Defense Update, (consulté le 1er octobre 2014)
  16. (en) Carina Solmirano, Pieter d. Wezeman, « Military spending and arms procurement in the Gulf States »(Archive • Wikiwix • Archive.isGoogle • Que faire ?) [PDF], sur SIPRI,
  17. (en) « Report: Saudi anti-tank missile order could bolster Syrian rebels »(Archive • Wikiwix • Archive.isGoogle • Que faire ?), sur World Tribune, (consulté le 6 avril 2014)
  18. (en) « Weapons Exports: EU Nations Sell the Most Arms to Saudi Arabia », sur The Spiegel, (consulté le 6 avril 2014)
  19. Angélique Mounier-Kuhn, « Sous blocus, la presqu’île du Qatar prend le large », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le 24 novembre 2018)
  20. « L'ONU dénonce des crimes de guerre au Yémen, Riyad critique un "parti pris" », sur France 24, (consulté le 29 mars 2019)
  21. Timour Ozturk, « Affaire Kashoggi : la question des ventes d'armes à l'Arabie saoudite "clairement" posée à l'Assemblée nationale », sur Franceinfo, (consulté le 29 mars 2019)
  22. « Vente d'armes à l'Arabie Saoudite : quand cessera le scandale? », sur François Ruffin, (consulté le 29 mars 2019)
  23. 20 Minutes avec AFP, « Un député crée un incident avec sa banderole sur la guerre au Yémen » (consulté le 29 mars 2019)
  24. Chamseddine BOUZGHAIA, « Guerre au Yémen : Paris exhorté de nouveau à cesser la vente d’armes à l’Arabie saoudite », sur France 24, (consulté le 29 mars 2019)
  25. Le Parisien avec AFP, « Vente d’armes au Yémen par la France : des ONG projettent des slogans sur l’Assemblée », (consulté le 29 mars 2019)
  26. « Des dockers de Marseille refusent de charger des armes françaises pour l’Arabie saoudite », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  27. Léa Stassinet et AFP, « L'Allemagne suspend la vente d'armes à destination de l'Arabie Saoudite », sur RTL.fr (consulté le 29 mars 2019)
  28. « L’Allemagne prolonge de six mois le gel de ventes d’armes à l’Arabie saoudite », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 29 mars 2019)
  29. AFP, « Boeing décroche deux énormes contrats pour livrer plus de 1.000 missiles à Riyad », L'Orient-Le Jour,

Voir aussi