Force aérienne hondurienne

Fuerza Aérea Hondureña
Image illustrative de l’article Force aérienne hondurienne
Cocarde du Honduras.

Création Décembre 1931
Pays Drapeau du Honduras Honduras
Branche Armée de l'air
Type Force aérienne
Effectif 2 300[1]
Fait partie de Forces armées du Honduras
Couleurs Roundel of Honduras.svg
Guerres Guerre du football (juillet 1969).

La Force aérienne du Honduras (en espagnol :  Fuerza Aérea Hondureña) est la composante aérienne des forces armées du Honduras. C'est en 2020 une des rares forces aériennes d'Amérique centrale à disposer d'une véritable capacité au combat aérien.

Histoire

Origines

Même si officiellement sa constitution remonte à 1931 il faut souligner que le Honduras avait déjà entamé une partie de son histoire militaire avec l'aéronautique dix ans plus tôt, lorsque le mercenaire et aviateur canadien Dean Ivan Lamb  avait loué ses services au pays. Celui-ci volait alors sur un biplan britannique Bristol F.2 Fighter. Lamb avait été initialement contacté par l'ambassade américaine de Tegucigalpa. L'aviateur arriva dans la capitale hondurienne le 19 avril 1921. Dès lors Lamb, assisté des Américains, apporta un soutien réel aux Honduriens qui créèrent en 1924 une première école d'aviation équipée d'Aviatik et de Caudron G.3 racheté en Italie. Les biplans allemands avaient été remotorisés par Fiat.

Lors de sa création officielle en décembre 1931 la Fuerza Aérea Hondureña disposait donc d'un noyau de pilotes, dont certains avaient près de huit ans d'expérience. Parmi les premiers avions qu'elle acquit figurait deux Bellanca CH-200 . La montée en puissance fut lente pour cette force aérienne.

Seconde Guerre mondiale

Jusqu'à l'aube de la Seconde Guerre mondiale elle n'utilisa quasiment que des avions civils dont un Beechcraft Staggerwing et sept Boeing Model 40, ces derniers étant rachetés d'occasion auprès de compagnies américaines. Trois avions de transport Boeing Model 95  furent néanmoins transformés en bombardiers de reconnaissance avec trois mitrailleuses Browning de calibre 0.30 et 500 kilogrammes de bombes. Ce furent les premiers avions d'armes honduriens.

Allié des États-Unis, le Honduras reçut plusieurs modèles d'avions américains, comme le Fairchild Model 45, le Lockheed L-10 Electra, ou le Ryan STA . Des North American NA-27 furent fournis en 1943 en provenance des surplus de l'US Army Air Forces. Au moins un planeur militaire TG-4 fut également fourni pour des missions d'entraînement aérien. Deux amphibies Grumman JRF-6 avaient également été prélevés sur les stocks de l'US Navy.

Après guerre

Comme nombre de pays allié des États-Unis, le Honduras reçut plusieurs avions de combat provenant des importants stocks post-1945. Ainsi en 1948 les premiers chasseurs firent leur apparition sous la forme de Bell P-63E Kingcobra et de Lockheed P-38L Lightning. Divers autres matériels furent fournis, dont des Martin B-26C. En 1953 la Force aérienne du Honduras entra dans l'ère de l'avion à réaction avec ses premiers jets Lockheed F-80A Shooting Star. Cependant ces avions ne demeurèrent pas longtemps en service. Ils furent remplacés dès 1955 par des North American F-51D Mustang et des Vought F4U-5 Corsair.

Guerre du football

En juillet 1969 à la suite d'un match de football entre les équipes nationales du Honduras et du Salvador éclata la Guerre du football qui dura quatre jours et vit s'affronter les deux pays et notamment leurs forces aériennes. Si les fantassins salvadoriens eurent parfois le dessus, l'aviation hondurienne surclassa largement son ennemi, et dans les deux camps on vit des Mustang et des Corsair s'affronter. Le Honduras revendiqua plusieurs victoires aériennes[2].

Modernisation dans les années 1970/1980

Dans les années 1970, la FAH est devenue la force aérienne la plus puissante d'Amérique centrale avec des livraisons de six anciens intercepteurs F-86K Sabrevénézuéliens en 1970, suivis de dix ex-F-86E Mk.IV yougoslaves en 1976. Ceux-ci ont été augmentés par des livraisons de 17 Cessna A-37 Dragonfly en provenance des États-Unis à partir de 1975. La FAH a établi un lien solide avec Israël lorsque 21 chasseurs bombardiers Dassault Super Mystère B2 ex-Israëliens ont été achetés entre 1976 et 1978. Il s'agissait du premier avion supersonique en entrant dans les forces arméesAmérique centrale (le Mexique ne reçut ses F-5 qu'en 1982) et, étant armé de missiles air-air Rafael Shafrir, surpassa facilement les forces aériennes de tous les pays voisins. La révolution sandiniste au Nicaragua entraîna une nouvelle augmentation de la capacité de le FAH, le pays étant devenu un allié privilégié des États-Unis, les deux premier de 10 Northop F-5E et 2 F-5F sont livré le 15 décembre 1987, les quatre derniers le 22 janvier 1989[3].

Les F-86 ont été retirés en 1986 tandis que les Super Mystère ont servi en nombre toujours décroissant jusqu'en 1996, laissant à cette date 10 F-5 et 10 A-37 comme force de combat du FAH, augmenté de 9 Embraer EMB 312 Tucanos. Les difficultés économiques et les ravages du temps ont fait des ravages sur l'état de fonctionnement des aéronefs et on estime que pas plus de trois à cinq F-5 et peut-être trois à six A-37 restent utilisables en 2016[4].

Lutte contre le trafic de stupéfiant

Un Dassault Super Mystère B2 (SMB2) hondurien a abattu au canon de 30 mm un Douglas DC-3 faisant du trafic de stupéfiants le 9 mars 1983. Un CASA C-101 Aviojet abat également au canon un C-47 en 1987[5].

Incursions nicaraguayennes

À l'époque du Sandinisme, plusieurs incidents frontaliers se produisirent entre le Nicaragua et le Honduras, qui appuyait les contras, dont le plus violent eut lieu le lorsque des hélicoptères Mi-8 et Mi-24 franchirent la frontière pour poursuivre un groupe de contras. Les hélicoptères nicaraguayens furent interceptés par la chasse hondurienne, et notamment des Dassault Super Mystère B2 qui leur tirèrent dessus. Un Mi-8[6] ou un Mi-24 fut abattu et le second endommagé[7]. Après ce sévère accrochage certains émirent l'hypothèse que la CIA avait fourni des radars au Honduras.

Inventaire

Aéronefs en services

Les appareils en service en 2016 sont les suivants[8]:

Aéronefs Origine Type En service Versions
Avion de chasse
Northrop F-5 Tiger II Drapeau des États-Unis États-Unis avion de combat 3 F-5E
Cessna A-37 Dragonfly Drapeau des États-Unis États-Unis avion d’attaque au sol 9
Embraer A-29 Super Tucano Drapeau du Brésil Brésil Avion d'attaque au sol 0+2
Avion de transport
Lockheed C-130 Hercules Drapeau des États-Unis États-Unis Avion de transport 1 C-130A
IAI Arava Drapeau d’Israël Israël Avion de transport 1
Let L-410 Turbolet Drapeau de la Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie avion de transport léger 3+1
Cessna 208 Caravan Drapeau des États-Unis États-Unis avion de transport léger 1+1
Aero Commander Drapeau des États-Unis États-Unis Avion de transport de personnels 2
Avion de patrouille maritime
Beechcraft King Air Drapeau des États-Unis États-Unis Avion de surveillance & de patrouille maritime 1 King Air 200 (MPA)
Avion d'entraînement
Embraer T-27 Tucano Drapeau du Brésil Brésil Avion d'entraînement 3+3
Northrop F-5 Tiger II Drapeau des États-Unis États-Unis Avion d'entraînement 1 F-5F
Hélicoptère
Bell 412 Drapeau des États-Unis États-Unis Hélicoptère de transport 3
Bell UH-1 Iroquois Drapeau des États-Unis États-Unis Hélicoptère de transport léger 5 UH-1H
Aérospatiale AS350 Écureuil Drapeau de la France France Hélicoptère de transport léger 1

Anciens aéronefs

Voici une liste, non exhaustive, d'anciens aéronefs désormais retirés du service au Honduras.

Installations militaires

Bases aériennes

La Force aérienne du Honduras dispose de quatre bases aériennes principales. Hormis celle de Soto Cano, elles ont un usage civil et militaire :

  • Base aérienne de Soto Cano près de Comayagua opérée conjointement avec l'USAF depuis 1981,
  • Base aérienne Coronel Hector Caraccioli Moncada près de La Ceiba, depuis le 25 octobre 1978,
  • Base aérienne Coronel Hernan Acosta Mejia près de Tegucigalpa depuis les années 1930,
  • Base aérienne Coronel Armando Escalon Espinal près de La Lima depuis 1969.

Une installation militaire se trouve également sur l'aéroport international de Toncontín, dans la banlieue de la capitale.

Écoles

Une école de formation des futurs pilotes existe sous la forme de l'Académia Militar de Aviacion stationnée sur la base aérienne de Soto Cano[9]. Elle a la charge de la totalité des aéronefs d'entraînement, et notamment les quatre Aviojet qui était en service.

Photos

Notes et références

Références

Sources Bibliographiques

  • (en) Daniel P. Hagedorn, " Central American & Caribbean Air Forces ", Air Britain Publication,1977. (ISBN 0-85130-210-6)
  • (en) David Willis, " Aerospace Encyclopedia of World Air Forces ", Aerospace Publishing London, 1999. (ISBN 1-86184-045-4)

Articles connexes