Force aérienne estonienne

Force aérienne estonienne
Eesti Õhuvägi
Image illustrative de l’article Force aérienne estonienne

Création
Pays Drapeau de l'Estonie Estonie
Allégeance République estonienne
Type Armée de l'air
Effectif 250
Fait partie de Forces armées estoniennes
Couleurs Roundel of Estonia.svg
Guerres Guerre d'indépendance de l'Estonie
Commandant Colonel Rauno Sirk

La force aérienne estonienne (en estonien : Eesti Õhuvägi) est la branche aérienne des forces armées estoniennes. Crée en 1918 et misse en sommeil en 1940, elle est rétablie sous sa forme actuelle en 1991.

Depuis 2016, l'armée de l'air estonienne compte 300 hommes. Elle exploite des aéronefs non armés et plusieurs systèmes radar. Ses principales tâches consistent à assurer la surveillance de l'espace aérien estonien et à soutenir les forces terrestres du pays. En outre, l'armée de l'air accueille des unités d'autres pays de l'OTAN dans sa seule base aérienne opérationnelle située à Ämari.

Histoire

1918-1940

Les racines de l'organisation actuelle remontent à la révolution russe de février 1917, après laquelle l'État estonien obtient une certaine autonomie au sein de la Russie, qui comprend la création de forces armées nationales. De nombreux Estoniens de l'armée russe rentrent chez eux pour prendre les armes pour leur patrie. La déclaration d'indépendance estonienne au début de 1918 n'est pas été reconnue par l'Allemagne, qui envahit et occupe le pays en 1918. Les forces armées estoniennes sont alors dissoutes.

Après l'armistice du 11 novembre 1918, le gouvernement provisoire estonien entreprend immédiatement de créer une unité d'aviation militaire. Le 21 novembre 1918, Voldemar Victor Riiberg, commandant du bataillon du génie, charge August Roos d'organiser une unité navigante. La Compagnie d'aviation du bataillon du génie commence à établir des bases aériennes près de Tallinn pour les hydravions et les avions, mais ce n'est qu'en janvier 1919 que le premier avion opérationnel est acquis, un Farman HF.30 soviétique capturé.

Entre-temps, le 22 novembre 1918, l'Armée rouge soviétique attaque l'Estonie et occupe bientôt la majeure partie du pays. La toute jeune armée estonienne, avec l'aide étrangère, réussit à contre-attaquer au début de janvier 1919 et à libérer le pays à la fin de février. L'armée contribue ensuite à la libération de la Lettonie. Les avions de la Compagnie d'aviation effectuent un nombre limité de missions en appui de l'armée. À la suite du traité de paix de février 1920 avec la Russie soviétique, l'armée estonienne est démobilisée, mais la compagnie d'aviation est conservée. Avec la livraison de plus d'avions, elle est réorganisée en un régiment d'aviation (Lennuväe rügement), comprenant un escadron d'avions, un escadron d'hydravions, une école de pilotage et des ateliers. D'autres bases et stations d'hydravions sont alors construites.

Certains pilotes du régiment d'aviation sont impliqués dans une tentative de coup d'État pro-soviétique le 1er décembre 1924, mais celle-ci est écrasé en quelques heures. À partir de 1925, les avions de la Première Guerre mondiale sont progressivement remplacés par d'autres plus modernes. En 1928, le régiment d'aviation passe sous le contrôle d'une nouvelle entité de défense aérienne (Õhukaitse) qui comprend également l'artillerie antiaérienne.

En 1939, l'armée de l'air estonienne se compose d'environ 80 avions, des Bristol Bulldog, des Hawker Hart et des Potez 25, mais aussi l'avion polyvalent Avro Anson plus moderne, le tout rassemblé en trois groupes stationnés à Rakvere, Tartu et Tallinn. La Marine entretient également deux unités d'avions polyvalents.[1]

Les projets d'acquisition de Spitfires et de Lysanders en Grande-Bretagne sont contrecarrés lorsque du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en 1939 force la Grande-Bretagne à annuler toutes les commandes d'exportation. Après la défaite de la Pologne, l'Estonie est contrainte d'accepter un pacte d'assistance mutuelle avec l'Union soviétique, signé le 28 septembre 1939. Cela permet aux Russes d'établir des bases militaires en Estonie, qui sont ensuite utilisées pendant la guerre d'hiver contre la Finlande. Le 17 juin 1940, les trois États baltes sont envahis par les forces soviétiques. Lors de l'invasion de juin 1940, la défense aérienne ne prend aucune mesure et les avions restent enfermés dans leurs hangars. L'armée de l'air devient l'escadron d'aviation du 22e corps territorial de l'armée soviétique à l'été 1940.

Depuis 1991

Un Aero L-39C Albatros estonien en vol

L'armée de l'air estonienne est rétablie le 16 décembre 1991 après le rétablissement de l'indépendance de la République d'Estonie en 1991[2]. L'armée de l'air met du temps à se réformer car les Soviétiques ont endommagé ou détruit la plupart de leurs infrastructures avant de partir.[réf. nécessaire]

Le quartier général de commandement et de contrôle de l'armée de l'air est créé à Tallinn le 13 avril 1994.[3] En février 1993, le gouvernement allemand fait don de deux avions de transport Let L-410UVP. En octobre 1994, trois hélicoptères Mi-2 sont livrés, suivis de quatre Mi-8 en novembre 1995. Initialement chargé de la surveillance aérienne et de la défense aérienne en utilisant uniquement d'anciens radars soviétiques et du matériel de lutte antiaérienne, le 15 mai 1997, l'armée de l'air déménage sur l'ancienne base soviétique Su-24 d'Ämari, au sud de Tallinn[4]. En 1997 et 1998, deux des Mi-8 sont rénovés.

Le Õhuvägi reconstruit l'infrastructure militaire laissée par l'armée soviétique. La plupart des fonds sont dirigés vers la base militaire d'Ämari qui est achevé en 2011[5]. L'objectif du développement de la base aérienne d'Ämari est de coopérer avec les forces aériennes de l'OTAN et des pays partenaires et de pouvoir fournir les services nécessaires au soutien du pays hôte[6].

Organisation

L'un des principaux objectifs de l'armée de l'air est de mettre en place un système de surveillance aérienne, qui est la pierre angulaire de la sécurité du trafic aérien et du contrôle de l'espace aérien[4]. La deuxième priorité est le développement des capacités de soutien du pays hôte pour les opérations aériennes avec la poursuite de la mise en œuvre d'une capacité cruciale de défense aérienne en temps de paix dans le cadre de la mission Baltic Air Policing. Une étape importante sera le développement du système de surveillance aérienne, qui permet une coopération étroite avec le système de défense aérienne de l'OTAN. Le but de la base aérienne d'Ämari est de travailler avec les forces aériennes de l'OTAN et des pays partenaires et de fournir les services nécessaires pays hôte.

Structure et unités

Force aérienne estonienne (Estonie)
  • Quartier général de l'armée de l'air estonienne

Le quartier général de l'Armée de l'air estonienne est le plus haut commandement des forces aériennes estoniennes et assure le développement militaire, le commandement et est la structure exécutive fournissant des forces aériennes en temps de paix, en temps de crise et en temps de guerre[7].

L'escadre de surveillance aérienne est située sur la base aérienne d'Ämari et est responsable de l'exploitation et de la maintenance des systèmes de surveillance de l'espace aérien estonien. Son centre de contrôle des opérations aériennes rend compte au Centre régional de coordination de la surveillance de l'espace aérien du réseau de surveillance aérienne de la Baltique (RASCC) situé à Karmėlava, en Lituanie, qui à son tour rend compte au CAOC de Uedem du système intégré de défense aérienne et antimissile de l'OTAN.[3]

Bien que l'armée de l'air estonienne ait hérité d'un grand nombre d'anciens aérodromes de l'armée de l'air soviétique en 1991 lors de l'indépendance, la plupart d'entre eux ont été dissous au début des années 90 en raison d'un besoin inexistant. L'armée de l'air estonienne possède une base aérienne principale à Ämari. La base abrite le centre des opérations de la base, le centre des opérations de défense de la base, une unité navigante, le groupe des opérations d'aérodrome, le groupe de soutien de l'armée de l'air et le centre de formation de l'armée de l'air.

Depuis avril 2014 et la crise en Ukraine, un contingent de quatre avions d'interception provenant de pays de l'OTAN est stationné à Ämari dans le cadre de la police aérienne des États baltes[8].

Structure

Grades et insignes

Officiers généraux Officiers
Estonia-AirForce-OF-9.svg Estonia-AirForce-OF-8.svg Estonia-AirForce-OF-7.svg Estonia-AirForce-OF-6.svg Estonia-AirForce-OF-5.svg Estonia-AirForce-OF-4.svg Estonia-AirForce-OF-3.svg Estonia-AirForce-OF-2.svg Estonia-AirForce-OF-1b.svg Estonia-AirForce-OF-1a.svg Estonia-AirForce-OF-(D).svg
Kindral Kindralleitnant Kindralmajor Brigaadikindral Kolonel Kolonelleitnant Major Kapten Leitnant Nooremleitnant Lipnik
Général Lieutenant-général Major-général Brigadier-général Colonel Lieutenant-colonel Major Capitaine Lieutenant Sous-lieutenant Enseigne
Sous-officiers supérieurs Sous-officiers subalternes Troupe
Õhuväeülemveebel.png Õhuväestbveebel.png Õhuväevanemveebel.png Õhuväeveebel.png Õhuväenooremveebel.png Õhuväevanemseersant.png Õhuväeseersant.png Õhuväenooremseersant.png Õhuväekapral.png Õhuväelane.png
Ülemveebel Staabiveebel Vanemveebel Veebel Nooremveebel Vanemseersant Seersant Nooremseersant Kapral Reamees
Adjudant-major Adjudant d'état-major Adjudant-chef Adjudant Sergent-major Sergent-chef Sergent Caporal Appointé Soldat

Commandants

  • 7 février 1994 au 1er janvier 1996 : Kolonel Vello Loemaa
  • 1er janvier 1996 au 17 février 1997 : Kolonel Teo Krüüner
  • 17 février 1997 au 20 février 1998 : Kolonel Vello Loemaa
  • 20 février 1998 au 25 août 1999 : Kolonel Teo Krüüner
  • 25 août 1999 au 5 février 2000 : Kolonel Valeri Saar
  • 5 février 2000 au 23 juillet 2004 : Kindralmajor Teo Krüüner
  • 24 juillet 2004 au 2 mai 2005 : Kapten Mart Vendla
  • 3 mai 2005 au 20 août 2006 : Kolonel Valeri Saar
  • 21 août 2006 au 12 mars 2007 : Major Rauno Sirk
  • 13 mars 2007 au 15 août 2012 : Brigaadikindral Valeri Saar
  • 15 août 2012 au 20 juillet 2018 : Kolonel Jaak Tarien
  • 20 juillet 2018 au 16 juillet 2019 : Kolonel Riivo Valge
  • Depuis le 16 juillet 2019 : Kolonel Rauno Sirk

Équipements

Appareils

Appareils Image Origine Type Variante Nombre Notes
Transport
Antonov An-2 Antonov An2T 40 yellow (9502948811).jpg Drapeau de l'URSS Union soviétique Transport An-2

An-2T

1

1

PZL M28 Skytruck PZL M28 Bryza MW (06).jpg Drapeau de la Pologne Pologne Transport 2 Mis en service pour remplacer les An-2[9], premier appareil mise en service en mars 2019[10].
Hélicoptères
Robinson R44 Estonian Air Force, 63, Robinson R44 Clipper (37433210111).jpg Drapeau des États-Unis États-Unis Entraînement / patrouille 4 Retirés du service à partir de 2020[11].
Entraînement
Aero L-39 Aero L-39C Albatros, Estonia - Air Force AN2279353.jpg Drapeau de la Tchéquie République tchèque Appareil d'entraînement 3

Trois C-17 Globemaster III sont disponibles via l'Heavy Airlift Wing basée en Hongrie[12].

Radar

Nom Origine Type Nombre Notes
AN/TPS-77 Drapeau des États-Unis États-Unis Radar passif à balayage électronique 1 modernisé en
VERA-E Drapeau de la Tchéquie République tchèque Radar passif
Ground Master 403 Drapeau de la France France Radar à antenne active 1 montés sur des véhicules Sisu E13TP[13]
GCA-2020 Drapeau des États-Unis États-Unis Radar d'approche de précision 1 basé sur la base aérienne d'Ämari

Coopération internationale

BaltNet

BaltNet (Baltic Air Surveillance Network) est le système de surveillance aérienne des états baltes utilisant les radars des forces armées d'Estonie, de Lettonie et de Lituanie. Il est intégré au système de surveillance de l'OTAN depuis que les États baltes sont devenus membres de l'alliance.

Le siège de BaltNet, le Centre régional de coordination de la surveillance de l'espace aérien (RASCC), est situé à Kaunas.

Baltic Air Policing

Depuis que l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont rejoint l'OTAN en 2004, la surveillance et la sécurité de l'espace aérien sont prises en charge par d'autres membres de l'OTAN. La raison d'être de cette mission réside dans le fait que les forces armées lituaniennes, lettones et estoniennes peuvent effectuer une surveillance aérienne grâce au réseau de surveillance aérienne de la Baltique (BALTNET), mais ces pays ne possédant pas d'appareils d'interception, ils ne sont pas en mesure de procéder à l'identification visuelle des appareils suspects.

Notes et références

  1. (de) Handbuch der Luftwaffe, Munich and Berlin, J. F. Lehmanns Verlag, , 3rd éd., 65 p.
  2. « Air Force » [archive du ], Estonian Defence Forces (consulté le 5 mars 2016)
  3. a et b Schrik 2016, p. 61.
  4. a et b (et) « Kahe radari lugu: meie õhuseire jättis nõukogude ajaga lõplikult hüvasti », sur Forte, (consulté le 22 octobre 2020)
  5. (et) « Archived copy » [archive du ] (consulté le 3 janvier 2009) NATO investeeringud
  6. (et) « FOTO: President Ilves Ämari lennubaasis: õhuturve Balti riikide kohal on nähtav, vajalik ja mõjus osa meie NATO liitlassuhtest », sur Delfi, (consulté le 22 octobre 2020)
  7. Eesti Õhuvägi – Õhuväe Staap , General Staff of EDF.
  8. Ämaris alustasid teenistust Taani hävitajad Onlinemeldung auf mil.ee vom 30. April 2014, abgerufen am 13. März 2019 (estnisch)
  9. Estonia to receive donated C-145As this year, Onlinemeldung auf janes.com vom 4. Februar 2019, abgerufen am 9. Februar 2019 (englisch)
  10. Õhuvägi võttis kasutusse Ühendriikidelt saadud transpordilennuki M-28, Onlinemeldung auf mil.ee vom 12. März 2019, abgerufen am 27. Juni 2020 (estnisch)
  11. (et) « Õhuvägi lõpetab sel aastal Robinsonide kasutamise », sur err.ee, ERR,
  12. « Heavy Airlift Wing », Strategic Airlift Capability Program (consulté le 17 avril 2020)
  13. « 1st Armoured SISU 8x8 military truck delivery to Estonia » [archive du ], sur www.asdnews.com (consulté le 22 janvier 2018)

Bibliographie

  • Gerdessen, Frederik "Estonian Air Power 1918 – 1945". Air Enthusiast No 18, Avril - juillet 1982. Pages 61–76. ISSN 0143-5450.
  • Humberstone, Richard. Estonian Air Force, 1918–1940 (Insignia Air Force Special No.3). London: Blue Rider Publishing, 1999.
  • Gerdessen, Frederik; Kitvel, Toivo and Tilk, Johannes. "Aeg, mehed, lennukid" Tallinn: Eesti Entsüklopeediakirjastus 2001
  • Kitvel, Toivo and Tilk, Johannes ""Eesti lennukroonika: tekste ja pilte aastani 1940" Tallinn: Aviopol 2003
  • Cristian Schrik, « On the Front Line », Air Forces Monthly, no 234,‎ , p. 60–63

Voir aussi

Articles connexes

Lien externe