Eurodollars

Eurodollars

Les eurodollars sont des instruments financiers apparus dans les années 1950 mais qui ne se sont vraiment développés que dans les années 1970 après le premier choc pétrolier et l'apparition d'un flux de Pétrodollar. Ils consistaient en dépôts dans les banques de la City de Londres, mais libellés en dollars, afin d'éviter la taxation aux États-Unis, qui était restée élevée jusqu'en 1982. Entre 1970 et 1982, le montant des dépôts bancaires en dollars effectués par des non-américains a été multiplié par 40, pour atteindre 2000 milliards de dollars[1].

Fonction

Les eurodollars ont servi à prêter de l'argent à plusieurs pays dont les gisements pétroliers étaient devenus très rentables par la hausse du pétrole : Mexique, Venezuela, Indonésie ou Nigéria, puis à d'autres pays en voie de développement. Les eurodollars servaient aussi à financer les déficits budgétaires des pays industrialisés, qui se sont creusés en raison des chocs pétroliers[2], les gouvernements souhaitant attirer des capitaux étrangers pour lutter contre l'instabilité monétaire, en particulier en Europe, où le Serpent monétaire européen connaît des crises dès sa création le , auquel succède en 1979 le système monétaire européen.

Histoire

À partir de 1971, la guerre du Viêt Nam, qui dure plus longtemps que prévu, fait gonfler les dépenses publiques des États-Unis et amène le président américain Richard Nixon à supprimer la convertibilité du dollar en or, mettant fin aux Accords de Bretton Woods. Pénalisés par une baisse de leurs recettes, libellées en dollars, les pays producteurs de pétrole organisent une rétention de production pour faire monter les cours de 1,9 dollars le baril à 9,76 dollars[3] : c'est le choc pétrolier de 1973, puis celui de 1980. Les pays pétroliers réalisent alors d'importants excédents qu'ils vont déposer dans les banques européennes.[pas clair].

En décembre 1985, le marché de euromonnaie était estimé par J.P. Morgan & Co. comme ayant une taille nette de 1,668 trillion, dont 75 % seraient des eurodollars[4]. Cependant, comme les marchés ne sont responsables devant aucun organisme gouvernemental, sa croissance est difficile à estimer. Le marché des eurodollars est de loin la plus grande source de financement mondial. En 1997, près de 90 % de tous les prêts internationaux ont été accordés de cette façon[5].

Références

  1. "L'américanisation de l'Europe occidentale au XXe siècle: mythe et réalité", par Dominique Barjot, Christophe Réveillard, European University Institute, page 149
  2. "La crise du capitalisme mondial" par George Soros, page 159, Editions Plon
  3. "La crise du capitalisme mondial" par George Soros, page 159, Editions Plon
  4. (en) Harold G. Vatter and John F. Walker (ed.), History of the U.S. Economy since World War II, Sharpe, 1996.
  5. Nicholas Shaxson, Treasure Islands, London, The Bodley Head, (ISBN 978-1-84792-110-9)