Ernest Nègre

Ernest Nègre
Naissance
Saint-Julien-Gaulène
Décès (à 92 ans)
Toulouse
Nationalité Française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Diplôme
licencié ès lettres
Profession
Activité principale
historien, toponymiste

Ernest Angély Séraphin Nègre, né le à Saint-Julien-Gaulène (Tarn) et mort le à Toulouse, est un toponymiste et spécialiste d'occitan.

Biographie

Ernest Nègre est né dans le Nord-Est de l'Albigeois, dans la paroisse de Gaulène où sa famille est connue depuis le XVe siècle. De santé fragile, il fait dans sa jeunesse de fréquents séjours en sanatorium, ainsi que des traitements éprouvants contre la tuberculose. Ses études en sont très affectées. Il est ordonné prêtre le 29 juin 1933, à l’âge de 26 ans par l'archevêque d'Albi, monseigneur Cézérac. À l'époque, il est déjà licencié ès lettres.

Cela lui valut de commencer aussitôt ce ministère de prêtre enseignant qui fut le sien jusqu'à sa retraite. Ce fut d'abord à l'institution Saint-Étienne de Valence-d'Albigeois, tout près de son village natal de 1933 à 1941. Par la suite, il est professeur de seconde puis de première, et censeur au petit séminaire de Saint-Sulpice-la-Pointe. C'est alors qu'il entreprend sa thèse de doctorat sur la Toponymie du canton de Rabastens qui connut deux éditions en 1959 et 1981. Il prépare ce travail en parcourant la contrée à bicyclette, s'enquérant des noms de tout lieu-dit, ruisseau ou champ, conservé dans la mémoire des habitants. Quand il commence ce travail, sous l'occupation allemande et les maquis, certains se sont demandé si cet homme qui posait des questions bizarres, n'était pas un espion déguisé en prêtre.

Parallèlement à la préparation de sa thèse, il est premier aumônier d'action catholique.

Dans les années cinquante, il revient à l'Institution Saint-Étienne de Valence d'Albigeois, où il est chargé de l'enseignement du français, du latin et du grec en classe de première.

Sa thèse qui renouvelle l'onomastique du Languedoc le prépare à devenir en 1958 professeur de philologie et de littérature occitane à la Faculté de lettres de l'Institut catholique de Toulouse. En 1972, il succède à l'abbé Joseph Salvat comme directeur du collège d'Occitanie. Sa compétence lui vaut une renommée internationale comme le prouvent sa participation à des congrès internationaux, sa collaboration à de nombreux périodiques d'onomastique et tous travaux universitaires. On lui doit notamment l'édition des Œuvres d’Auger Gailhard, Lo rodièr de Rabastens, ainsi que la publication de la Flore occitane du Tarn du chanoine Gustave Farenc.

Sa retraite, commencée en 1977, au 31, rue de la Fonderie à Toulouse, se poursuivit en 1988 à la maison Saint-Augustin où il contribuait à détendre l'atmosphère par ses propos de table et ses attentions à l'égard de ses confrères : il passait du temps à faire la lecture à ceux dont la vue s'affaiblissait et à visiter ceux qui souffraient de la solitude.

Cela ne l'empêche pas de poursuivre ses recherches : sa table de travail et ses abords étaient occupés par de nombreuses petites fiches qu'il établissait en vue d'éditer trois volumes sur la Toponymie générale de la France; il resta toujours en quête même après la sortie de ces ouvrages d’Addenda et de Corrigenda.

Le chanoine Ernest Nègre est mort à Toulouse le , à l'âge de 92 ans.

Il a reçu le prix Albert-Dauzat du Conseil de la Société française d’onomastique en 1981.

Critiques

En 2001, Xavier Delamarre, étymologiste spécialiste de la langue gauloise, émet une sérieuse critique sur Ernest Nègre et Dauzat : « E. Nègre, toponymiste qui, comme Dauzat, ne connaît pas la grammaire comparée ». Dans ce passage, il lui reproche d'avoir listé le nom de la rivière Drôme (d'origine gauloise d'après Delamarre) dans le chapitre « préceltique »[1]. Il avait d'ailleurs prévenu dans l'introduction (page 10, note 4) : « Que A. Dauzat, dans son Dictionnaire étymologique des noms de lieux de France voie dans Condate, Brigantium (> Briançon), Arelate (> Arles), Arausio (> Orange), ou E. Nègre dans Abona (> Avon) des toponymes pré-celtiques jette un doute grave sur la capacité de ces deux auteurs à analyser les noms de lieux ». Il critique aussi sévèrement Ch. Rostaing. Delamarre parle de « recul grave de la linguistique ».

Bibliographie

  • Toponymie du canton de Rabastens, Paris, d'Artrey, 1959
  • Les Noms de lieux en France, Paris, A. Colin, 1963
  • Les Noms de lieux du Tarn, 3e éd., Paris, d'Artrey, 1972
  • Auger Gaillard, Œuvres complètes, éd. par E. Nègre, Toulouse, Collège d'Occitanie, 1981
  • Études de linguistique romane et toponymie, Toulouse, Collège d'Occitanie, 1984
  • Toponymie générale de la France : étymologie de 35000 noms de lieux, 4 volumes, Genève, Droz, 1990-1998

Sources

  • Jean Thomas, « Nécrologie et bibliographie d'Ernest Nègre », in Revue de linguistique romane, 2002, p. 623-628
  • Jean Thomas, « Ernest Nègre, un philologue et onomasticien de renommée internationale », in Actes du VIIIe Congrès international de l'AIEO Reggio-Calabria, Messina, 2002, p. 1183-1192.
  • Robert Cabié, « Le chanoine Ernest Nègre », in Semaine religieuse du diocèse d'Albi, mai 2000.

Notes et références

  1. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Paris, éditions Errance, 2001 (édition originale), 352 p. (ISBN 2-87772-198-1), druna (page 126)

Annexes

Articles connexes

Liens externes