Eau stagnante

Un homme buvant l'eau stagnante d'un réservoir de Oum Hadjer au Tchad.

Les eaux stagnantes ou eaux dormantes sont, en écologie et en hydrologie, des étendues d'eau douce où l'eau ne circule pas ou très peu. Il peut s'agir de flaques, de trous d'eau, de petites mares, de chenaux ou de petits bras morts fermés, et plus rarement d'étangs, de lacs ou de marais avec eau libre puisque ces derniers sont généralement animés de courants créés par le vent.

On désigne aussi comme stagnante l'eau contenue dans un réservoir ou un puits dans lequel elle ne peut être aérée correctement. Si elle contient de la matière organique, elle est sujette à des processus de décomposition anaérobie (eau croupie[1]).

Ce terme est utilisé en opposition avec l'expression eaux courantes.

Santé publique

Les eaux stagnantes, moins oxygénées et souvent plus chaudes que les eaux courantes dans le même contexte sont plus susceptibles d'abriter des vecteurs de zoonoses (moustiques piqueurs) et de maladies hydriques. L'eau stagnante peut être un danger environnemental  majeur[2].

Le paludisme et la dengue sont parmi les principaux dangers de l'eau stagnante, qui peut devenir un terrain fertile pour les moustiques qui transmettent ces maladies.

L'eau stagnante peut être dangereuse à boire, car elle fournit un meilleur incubateur que l'eau courante pour de nombreux types de bactéries et parasites. L'eau stagnante peut être contaminée par des excréments humains et animaux, en particulier dans les déserts ou dans d'autres zones de faibles précipitations. La stagnation de l'eau pendant une période aussi courte que six jours peut changer complètement la composition de la communauté bactérienne et augmenter le nombre de cellules[3].

L'eau stagnante peut être classée dans les types de base suivants, bien que se chevauchant:

  • Stagnation des plans d'eau (stagnation dans les marais, marécages, swamp, lacs, lagunes, rivières, etc. )
  • Stagnation des eaux de surface et souterraines
  • Stagnation de l'eau piégée. L'eau peut être emprisonnée dans des artefacts humains (boîtes de conserve, pots de plantes, pneus, pirogues, toits, etc.), ainsi que dans des contenants naturels, tels que des troncs d'arbres creux, des gaines de feuilles, etc.

Pour éviter la stagnation des eaux souterraines et de surface, un drainage de la surface et du sous-sol est conseillé. Les zones avec une nappe phréatique peu profonde sont plus sensibles à la stagnation des eaux souterraines en raison de la moindre disponibilité du drainage naturel du sol.

Vie pouvant prospérer dans l'eau stagnante

Certaines plantes préfèrent l'eau courante, tandis que d'autres, comme les lotus, préfèrent l'eau stagnante.

Diverses bactéries anaérobies se trouvent généralement dans l'eau stagnante[4]. Pour cette raison, des flaques d'eau stagnante ont été historiquement utilisées dans le traitement du chanvre et certaines autres cultures de fibres, ainsi que le traitement de l'écorce de tilleul, utilisée pour fabriquer les chaussures libériennes . Plusieurs semaines de trempage rendent les fibres libériennes  facilement séparables en raison de processus bactériens et fermentatifs connus sous le nom de rouissage.

Poissons

Larves de moustiques dans l'eau stagnante

L'eau stagnante est le terrain de reproduction préféré d'un certain nombre d'insectes .

Autres

Voir aussi

Articles connexes

Références

  1. Voir 'croupir' au Wiktionnaire.
  2. « General Article: Yellow Fever and Malaria in the Canal », American Experience, Boston, MA, WGBH Educational Foundation,
  3. (en) Ling, Whitaker, LeChevallier et Liu, « Drinking water microbiome assembly induced by water stagnation », The ISME Journal, vol. 12, no 6,‎ , p. 1520–1531 (ISSN 1751-7362, PMID 29588495, PMCID 5955952, DOI 10.1038/s41396-018-0101-5)
  4. Cabral, « Water Microbiology. Bacterial Pathogens and Water », International Journal of Environmental Research and Public Health, vol. 7, no 10,‎ , p. 3657–703 (PMID 21139855, PMCID 2996186, DOI 10.3390/ijerph7103657)