EMDR animal

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L’EMDR (acronyme anglais pour Eye Movement Desensitization and Reprocessing) animal est un type d’intervention qui permet de soulager le stress et les phobies chez les mammifères. Cette approche est l’adaptation de l’EMDR pratiquée auprès des humains dans le traitement des stress post-traumatiques.

Origine et découverte

C’est en 2010 que la psychothérapeute Fabienne Lannes-Gillibert[1], a eu l’idée d’adapter l’EMDR aux mammifères pour apaiser leurs phobies ou leur stress, en s’intéressant aux comportements phobiques de son chien, venu d’un refuge.

Cavalière et ayant une bonne connaissance d’autres mammifères, elle a ainsi conceptualisé l’EMDR animal et créé différents protocoles adaptés à l’état émotionnel des animaux. Depuis 2013, elle enseigne cette approche auprès de professionnels animaliers (vétérinaires, éducateurs canins et équestres, comportementalistes, toiletteurs, sauveteurs en montagne, etc.), à travers le monde au sein de l’institut EMANASSO.

Principe de l’EMDR animal

Si l’efficacité de l’EMDR, découverte par Francine Shapiro[2], à tout d'abord été validée avec l’action des mouvements oculaires, les scientifiques ont aussi validé cette même efficacité avec l’usage des stimulations auditives et tactiles qui seront utilisées dans cette approche. Le principe est ici de présenter à l’animal un des éléments de la situation stressante en associant des stimulations corporelles à un rythme précis. Cet élément aura préalablement été déterminé en fonction de plusieurs paramètres : le niveau de stress de l’animal, sa capacité à gérer ses émotions, ses antécédents traumatiques, la gravité de la phobie actuelle et la connaissance ou non de l’origine du trouble.

Dans ce mode d’intervention, les stimulations bilatérales alternées (SBA) permettent d’apaiser la perception interne de l’animal par leur action cholinergique, du fait de l’augmentation de la production d’acétylcholine.
C’est la combinaison de l’exposition partielle et l’utilisation des stimulations alternées qui constitue le principe fondamental de l’EMDR animal et permet d’obtenir le soulagement de l’état émotionnel du mammifère. Cette action présente un caractère pérenne du fait de la réelle modification neuro-bio-physiologique obtenue.

Protocoles

Quatre protocoles ont été conceptualisés pour répondre aux différentes situations. Chaque protocole suit trois étapes : - l’anamnèse (ou la prise de renseignements concernant l’animal) qui détermine la pratique à suivre - la préparation de l’animal pour assurer son bien-être lors du travail - l’exposition partielle accompagnée des SBA selon une durée et une distance déterminées.

Un protocole spécifique est prévu dans le cas des syndromes de privation[3].

Exemples de cas résolus par l'EMDR Animal

  • Un cheval a peur des obstacles ou de monter dans le van ;
  • un chien se cache lors du feu d’artifice ;
  • un chat fuit l’approche d’un étranger ;
  • un chien a peur du moindre objet qui roule ou qui fait du bruit…

Les principales indications concernées par cette approche sont les phobies et l’état de stress chez le mammifère. Néanmoins, le GREA, groupe de recherche en EMDR animal, observe aussi des améliorations somatiques et physiologiques chez l’animal après le traitement d’un stress ou d’une phobie avec l’EMDR animal. Le développement de cette recherche est actuellement en cours. Cette approche est compatible avec un traitement médical et conseille même une visite préalable chez un vétérinaire. De même, l’EMDR animal peut être un complément à toutes les autres approches animalières : éducatives, comportementalistes, etc.

Évaluation scientifique

En 2013, l’INSERM (institut national de la santé et de la recherche médicale) a validé le modèle de l’EMDR dans le traitement des états de stress post-traumatiques chez les petits rongeurs[4].

Bibliographie

  • Fabienne Lannes-Gilibert, L’EMDR animal, libérons nos animaux des phobies et du stress , compte d’auteur, Marseille, 2019[5]

Lien externe

  • site de l'association Emanasso : [1]

Notes et références

  1. titulaire du DES en psychopathologie clinique, Hypnothérapeute, formée en psychogénéalogie auprès d’Anne Ancelin Schützenberger, diplômée en anthropologie de la santé, formée en EMDR par David Servan-Schreiber, superviseur EMDR certifiée Europe et diplômée en équitation.
  2. En 1987 puis formalisé par le Manuel d’EMDR, interEditions, 2007.
  3. Voir op. cit., p. 33.
  4. Évaluation disponible sur www.emanasso.com.
  5. Ouvrage disponible sur www.emanasso.com.

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