Dissuasion

En criminologie la dissuasion est une théorie selon laquelle on peut empêcher quelqu'un de faire quelque chose par la peur des conséquences potentielles.[1]

Théorie classique de la dissuasion

A la base de la théorie de la dissuasion se trouve l'hypothèse selon laquelle la fréquence des délits et crimes varie en raison inverse de la certitude et de la sévérité des peines. Elle est issue des juristes de l'école classique, Montesquieu, Jeremy Bentham, Cesare Beccaria. Les sanctions pénales produisent un effet intimidant. Selon le criminologue Maurice Cusson[2], on peut ajouter trois variables à cette théorie: la connaissance de la sanction, la communication pénale et la justice. Ainsi, la sanction pénale ne produit pas seulement un effet intimidant, mais constitue également un message visant à persuader les citoyens de respecter la loi et les règles fondamentales de la justice.

Domaine militaire

Dans le domaine de la défense, au sens militaire du terme, la dissuasion consiste à forcer la paix en rendant la guerre trop coûteuse pour un attaquant. L'idée comme l'application sont anciennes (cf. la maxime romaine « si vis pacem, para bellum », ou encore le principe des représailles), mais elles ont trouvé leur achèvement ultime avec les armes de destruction massive et la dissuasion nucléaire. Durant la guerre froide, on parlait d'équilibre de la terreur.

Les objectifs de la dissuasion française ont été rappelés par le président de la République française Jacques Chirac lors d'un discours prononcé le 8 juin 2001 à l'IHEDN :

  • empêcher une remise en cause par une puissance majeure hostile de la survie de la France ;
  • faire face aux menaces que pourraient faire peser sur nos intérêts vitaux des puissances régionales dotées d’armes de destruction massive.

Stratégie de communication

La dissuasion peut être vue comme une stratégie de communication qui consiste à s'autocontraindre pour contraindre l'autre :

« Retiens moi en te retenant toi, sinon un malheur se produira et tu en porteras la responsabilité ! Au vu de mes dispositions présentes dont je te communique les caractéristiques, seule ta modération ou ton renoncement est susceptible de m’empêcher de passer à l’acte[3]. »

Notes et références

  1. Grégory Gomez del Prado, « Intimidation en milieu carcéral : effet sur les pratiques professionnelles des agents correctionnels du Québec », Criminologie, vol. 45, no 2,‎ , p. 301 (ISSN 0316-0041 et 1492-1367, DOI 10.7202/1013729ar, lire en ligne, consulté le 27 juin 2018)
  2. Maurice Cusson, « Dissuasion, justice et communication pénale », Revue française de criminologie et de droit pénal, vol. 2,‎ (lire en ligne)
  3. [1]

Voir aussi

Articles connexes