Cyril Lemieux

Cyril Lemieux
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(54 ans)
Rouen
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Cyril Lemieux (né le [1]) est un sociologue français, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et directeur du Laboratoire interdisciplinaire d’études sur les réflexivités – Fonds Yan Thomas (LIER-FYT).

Biographie

Diplômé de l'Institut d'études Politiques de Bordeaux (1988), il est détenteur d’un DEA de sociologie (EHESS, 1991, sous la direction de Luc Boltanski), d’un DEA de philosophie (université Paris 1, 1992, sous la direction de Jacques Bouveresse) et d’une thèse de sociologie (EHESS, 1997, sous la direction de Luc Boltanski). De 1998 à 2001, il a été chargé de recherche au laboratoire de sociologie de l’Institut national du sport et de l’éducation physique, devenu depuis 2009 l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP). À son entrée à l'EHESS en 2001, il a enseigné pendant plusieurs années au pôle régional de Marseille de l'EHESS. Il était alors membre du SHADYC (Sociologie, Histoire, Anthropologie des Dynamiques Culturelles) (devenu depuis 2010 Centre Norbert Elias) (EHESS-CNRS), fondé par Jean-Claude Passeron, et dirigé par l'historien Jean Boutier. À Paris, il est devenu membre du Groupe de sociologie politique et morale (GSPM) (Institut Marcel Mauss, EHESS-CNRS), laboratoire qui fut dirigé par Luc Boltanski et Laurent Thévenot. De 2004 à 2011, il a été responsable de la filière « Sociologie » des Collèges universitaires français de Russie de Moscou et de Saint-Pétersbourg et, de 2006 à 2009, responsable pédagogique adjoint du Master de sociologie de l’EHESS. De 2012 à 2015, il a été membre du bureau de la présidence de l'EHESS, chargé des questions liées à l'animation scientifique et au développement de la recherche au sein de l'établissement. Dans cette fonction, il a présidé le comité d'organisation du 40e anniversaire de l'EHESS célébré en 2015. De 1998 à 2005, puis à nouveau de 2014 à 2018, il a enseigné la sociologie des médias à l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris. Depuis mars 2013, il est membre du Laboratoire interdisciplinaire d’études sur les réflexivités (LIER), dont il a pris la direction en 2018.

Ses principaux domaines de recherche sont le journalisme et, plus généralement, le mince territoire qui sépare le privé du public (le secret, l'officieux par exemple dans le cas du dopage dans le cyclisme), dans une démarche épistémologique qualifiée de pragmatique. La publication de Mauvaise presse. Une sociologie compréhensive du travail journalistique et de ses critiques (2000) lui a donné une audience nationale dans le champ de la critique des médias, lui valant également des critiques provenant des publications les plus radicales[2] en la matière (Acrimed, PLPL). Il a également coordonné dans ce domaine des numéros de la revue Politix sur la prise de parole en public (avec Dominique Cardon et Jean-Philippe Heurtin, 1995) et sur les scandales (avec Damien de Blic, en 2005) et dirigé un ouvrage collectif sur le rôle des individualités dans la production de l’information journalistique (Editions de l’EHESS, 2010).

Une autre partie de ses travaux porte sur le raisonnement sociologique au sens de Jean-Claude Passeron. Il s’est intéressé notamment aux limites des approches constructivistes (Naturalisme vs constructivisme ?, 2007, avec Michel de Fornel), ainsi qu’aux rapports entre la sociologie et les idéologies modernes (Socialisme et sociologie, 2017, avec Bruno Karsenti). Dans son ouvrage Le devoir et la grâce (2009), il a défendu une approche nommée l’analyse grammaticale de l’action qui cherche à combiner les apports des travaux d’Emile Durkheim à ceux du pragmatisme de George H. Mead. Sa défense du holisme de Durkheim l’a conduit à s’opposer aux analyses du sociologue Gérald Bronner dans un entretien où il était confronté à ce dernier, paru en septembre 2017 dans Le Nouvel Obs[3].

Durant la campagne présidentielle française de 2007, il a tenu un blog intitulé « Prises de parti journalistique »[4]. Entre août 2007 et septembre 2009, il a tenu une chronique dans l'émission « La suite dans les idées » de France Culture, en traitant un thème d'actualité dans une perspective sociologique. Ses chroniques sont regroupés dans le recueil La Sociologie sur le vif, publié en 2010. De 2013 à 2014, il a tenu une chronique mensuelle dans le journal Libération qui a donné lieu en 2016 à l’ouvrage Sociographic illustré par le street artist Saint-Oma.

De 2005 à sa dissolution en 2010, il a été membre de l’Association Hubert Beuve-Méry, actionnaire du groupe Le Monde qui avait pour objectif de défendre l’indépendance du quotidien Le Monde. De 2007 à 2010, il a été vice-président de l’association « Les entretiens de l’information » créée par le sociologue des médias Jean-Marie Charon. De 2006 à 2012, il a présidé l’Association pour la défense des sciences sociales (ADSS). Depuis octobre 2017, il préside l'Association des Lemieux du Vieux Pays, qui rassemble les porteurs de ce nom en France et qui est jumelée avec l’Association des descendants des Lemieux d’Amérique, basée au Québec.

Publications

Ouvrages

  • La sociologie pragmatique, Paris, La Découverte, coll. « Repères », n°708, 2018 (ISBN 978-2-7071-7335-5)
  • (avec Bruno Karsenti), Socialisme et sociologie, Paris, Editions de l’EHESS, coll. « Cas de figure », 2017 (ISBN 978-2-7132-2711-0)
  • (avec Laurent Berger, Marielle Macé, Gildas Salmon & Cécile Vidal), Pour les sciences sociales. 101 livres, Paris, Editions de l’EHESS, coll. « En Temps & Lieux », 2017 (ISBN 978-2-7132-2722-6)
  • (avec Saint-Oma), Sociographic. 28 théories pour comprendre l'époque (sans l'excuser), Paris, Lemieux éditeur, 2016 (ISBN 978-2-37344-082-9)
  • (avec Pascale Haag), dir., Faire des sciences sociales, vol. 1: Critiquer, Paris, Editions de l’EHESS, coll. « Cas de figure », 2012 (ISBN 978-2-7132-2361-7)
  • (sous la direction de) La subjectivité journalistique. Onze leçons sur le rôle de l’individualité dans la production de l’information, Paris, Éditions de l’EHESS, coll. « Cas de figure », 2010 (ISBN 978-2-7132-2264-1).
  • La sociologie sur le vif, Paris, Presses des Mines, 2010 (ISBN 978-2-911256-19-6).
  • Un président élu par les médias ? Regard sociologique sur la présidentielle de 2007, Paris, Presses des Mines, 2010 (ISBN 978-2-911256-29-5).
  • Le devoir et la grâce. Pour une analyse grammaticale de l’action, Paris, Economica, coll. « Études sociologiques », 2009 (ISBN 978-2-7178-5714-6).
  • avec Michel de Fornel (dir.), Naturalisme versus constructivisme ?, Paris, Éditions de l’EHESS, coll. «Enquête », 2007 (ISBN 978-2-71322152-1).
  • Mauvaise Presse. Une sociologie compréhensive du travail journalistique et de ses critiques, Paris, Éditions Métailié, « Leçons de choses », 2000. (ISBN 2-86424-342-3)
  • traduction de Michèle Lamont, La morale et l'argent. Les valeurs des cadres en France et aux États-Unis, ((en) Money, morals, and manners : the culture of the French and the American upper-middle class), Paris, Métailié, « Leçons de choses », 1995. (ISBN 2-86424-190-0)

Numéros de revue

  • (avec Pablo Blitstein), « Paradoxes de la modernité », Politix, n°123, 2018.
  • (avec Damien de Blic), « A l’épreuve du scandale », Politix, n°71, 2005.
  • (avec Nicolas Dodier et Pierre-Benoît Joly), « La question animale », Politix, n°64, 2003.
  • (avec Patrick Mignon), « Sport et politique », Politix, n°50, 2000.
  • « Politiques du risque », Politix, n°44, 1998.
  • (avec Dominique Cardon et Jean-Philippe Heurtin), « Parler en public. 2. Dispositifs contemporains », Politix, n°31, 1995.
  • (avec Dominique Cardon et Jean-Philippe Heurtin), « Parler en public. 1. Genèses », Politix, n°26, 1994.

Filmographie

  • (avec Camille Bonnemazou et Richard Fillon), Paradoxe de la critique. L'élevage porcin en Bretagne à l'épreuve de ses détracteurs, documentaire de 65 mn, ESCOM-FMSH, 2008. Disponible en ligne[5].

Articles

  • « Les règles sont-elles des prescriptions ? Exercices conversionnistes » in Francesco Callegaro & Jing Xie, dir., Le social à l’esprit. Dialogues avec Vincent Descombes, Paris, Editions de l’EHESS, 2020, p. 147-167.
  • « L’identité est-elle un objet pour les sciences sociales ? » in Jean Gayon et alii, dir., L’identité. Dictionnaire encyclopédique, Paris, Gallimard, 2020, p. 119-132.
  • « Faut-il en finir avec le comparatisme ? », L’Homme, 229, 2019, p. 169-184.
  • « Paradoxe de la modernisation. Le productivisme agricole et ses critiques (Bretagne, années 1990-2010) », Politix. Revue des sciences sociales du politique, XXXI (123), 2018, p. 115-144.
  • (avec Pablo Blitstein), « Comment rouvrir la question de la modernité ? Quelques propositions », Politix. Revue des sciences sociales du politique, XXXI (123), 2018, p. 9-34.
  • « L'hypothèse de la régression vers les habitus et ses implications. Dobry, lecteur de Bourdieu », in Myriam Aït-Aoudia, Antoine Roger (eds), La logique du désordre. Relire la sociologie de Michel Dobry, Paris, Presses de la FNSP, 2015, p. 71-92.
  • « Étudier la communication au XXIe siècle. De la théorie de l'action à l'analyse des sociétés », Réseaux, XXXII (184-185), 2014, p. 279-302.
  • (avec Yannick Barthe, Damien de Blic, Jean-Philippe Heurtin, Eric Lagneau, Dominique Linhardt, Cédric Moreau de Bellaing, Catherine Rémy et Danny Trom), « Sociologie pragmatique: mode d'emploi », Politix, XXVI (103), 2013, p. 175-204.
  • « Peut-on ne pas être constructiviste ? », Politix. Revue des sciences sociales du politique, XXV (100), 2012, p. 169-187.
  • « Philosophie et sociologie : le prix du passage », Sociologie, 3 (2), 2012, p. 199-209.
  • « What Durkheimian thought shares with pragmatism: How the two can work together for the greater relevance of sociological practice », Journal of Classical Sociology, 12 (3-4), 2012, p. 384–397.
  • « Jugements en action, actions en jugement. Ce que la sociologie des épreuves peut apporter à l’étude de la cognition », in F. Clément, L. Kaufmann, dir., La sociologie cognitive, Orphys-Maison des sciences de l’homme, 2011, p. 249-274.
  • « Le crépuscule des champs. Limites d’un concept ou disparition d’une réalité historique ? », Raisons pratiques, « Bourdieu, théoricien de la pratique », n°21, 2011, p. 74-100.
  • « Problématiser » in Serge Paugam, dir. L’enquête sociologique, Paris, PUF, 2010, p. 27-51.
  • « Le pari de l’universel », Annales. HSS, 65 (6), 2010, p. 1457-1470.
  • « Penser la régularité de la vie sociale sans mécaniser l’action », La vie des idées.fr, décembre 2009[6].
  • « Rendre visibles les dangers du nucléaire. Une contribution à la sociologie de la mobilisation » in Bernard Lahire, Claude Rosental, dir., La cognition au prisme des sciences sociales, Paris, Editions des Archives Contemporaines, 2008, p. 131-159.
  • « L’accusation tolérante. Remarques sur les rapports entre commérage, scandale et affaire » in Luc Boltanski, Elisabeth Claverie, Nicolas Offenstadt, Stéphane Van Damme, dir., Affaires, scandales et grandes causes, Paris, Stock, 2007, p. 367-394.
  • « A quoi sert l’analyse des controverses ? », Mil Neuf Cent, 25, 2007, p. 191-212.
  • « Autorités plurielles : le cas des journalistes », dans Esprit, 2005, mars-avril, p. 101-114,
  • (avec Damien de Blic) « Le scandale comme épreuve. Élément de sociologie pragmatique », dans Politix, 2005, no 71, p. 9-38
  • « Contraintes du travail journalistique et affaires de dopage : pour une approche sociologique», dans J.-F. Diana, V. Meyer, « Dire le dopage », Questions de communication, Hors série, no 1, p. 39-55, 2004.
  • « De certaines différences internationales en matière de pratiques journalistiques : Comment les décrire ? Comment les expliquer ? », dans J.- B. Legavre (dir.), La presse écrite : objet(s) délaissé(s) ?, Paris, L'Harmattan, 2004, coll. « Logiques politiques », p. 29-51.
  • « Faux débats et faux-fuyants. À propos de la responsabilité des journalistes dans l'élection du 21 avril », dans Christophe Prochasson, Vincent Duclert, Perrine Simon-Nahum (dir.), Il s'est passé quelque chose : le 21 avril 2002, Paris, Denoël, 2003, p. 19-41.
  • « Les médias : Entre liberté critique et exonération de responsabilité », dans Yves-Charles Zarka (et alii) (dir.), « La France et ses démons », Cités, n° hors série Paris, PUF, 2002, p. 281-285.
  • « Heurs et malheurs du journalisme d’investigation en France », dans C. Delporte, M. Palmer, D. Ruellan (dir.), Presse à scandale, scandale de presse, Paris, L'Harmattan, 2002, p. 85-96.
  • (avec Yannick Barthe) « Critique du journalisme : comment repolitiser le débat? », dans Mouvements, 2001, no 15/16, p. 131-137.
  • « Les formats de l'égalitarisme. Transformations et limites de la figure du journaliste justicier dans la France contemporaine », dans Quaderni, 2001, no 45, p. 53-68.
  • « Les médias et la démocratie : Jacques Bouveresse et Karl Kraus », dans Esprit, 2001, novembre, p. 159-170.
  • « L'impensé unique : remarques sur les mutations du débat public » in Nicolas Demorand, Hughes Jallon, dir., L'année des débats (2000-2001), Paris, La Découverte, 2000, p. 269-278.
  • « Une critique sans raison ? L'approche bourdieusienne des médias et ses limites » in B. Lahire, dir., Le travail sociologique de Pierre Bourdieu. Dettes et critiques, Paris, La Découverte, p. 205-229.
  • (avec Jean-Paul Vilain) « La mobilisation des victimes d'accidents collectifs. Vers la notion de "groupe circonstanciel"» Politix, 44, 1998, p. 135-160.
  • « L'objectivité du sociologue et l'objectivité du journaliste. Convergences, distinctions, malentendus », in J. Feldman et alii, Éthique, épistémologie et sciences de l'homme, Paris, L'Harmattan, 1996, p. 147-163.
  • « Les journalistes, une morale d'exception ? », Politix, 19, 1992, p. 1-30.
  • « La Révolution française et l'excellence journalistique au sens civique », Politix, 19, 1992, p. 31-36.

Notes et références

  1. « Cyril Lemieux : Les démons de l'info », sur www.lesinfluences.fr (consulté le 23 septembre 2016)
  2. Article collectif Acrimed, « Quelle critique des médias ? », (consulté le 4 février 2012) : « La critique des médias, telle que nous la concevons, doit être une critique radicale (parce qu’elle prend les choses à la racine...) et explicative »
  3. « https://bibliobs.nouvelobs.com/idees/20170929.OBS5360/la-sociologie-est-elle-depassee-le-debat-gerald-bronner-cyril-lemieux.html »
  4. du blog, medias.blog.lemonde.fr.
  5. « semioweb.msh-paris.fr/AAR/FR/_video.asp?id=1557&ress=4882&video=113829&format=23 »
  6. « https://laviedesidees.fr/Penser-la-regularite-de-la-vie.html »

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • « Rencontre avec Cyril Lemieux. Renouer avec l'universel », in Sciences Humaines, no 215, mai 2010, p. 30-35.
  • « Entretien avec Bruno Karsenti et Cyril Lemieux à propos de leur essai, Socialisme et sociologie », Réalisé par David Smadja, Raisons politiques, Presses de Sciences Po, n°73, 2019, p. 133-161.
  • « Attualità di Durkheim : sociologia, filosofia, politica. Intervista a Cyril Lemieux e Bruno Karsenti », cura di Francesco Callegaro, Società Mutamento Politica. Rivista italiana di sociologia, vol. 8, n°16, 2017, p. 301-323.

Liens externes