Campagne de 1871 à l'intérieur

Campagne de 1871 à l'intérieur
Campagne à l'intérieur
Description de cette image, également commentée ci-après
Gustave Boulanger, La Villette cernée par les troupes versaillaises, mai 1871, musée Carnavalet.
Informations générales
Date -
Lieu France
Issue Victoire des Versaillais
Belligérants
Flag of France.svg République française (Gouvernement de Versailles)Drapeau de la Commune de Paris Commune de Paris
Red flag.svg Commune de Lyon
Red flag.svg Commune de Marseille
Red flag.svg Commune de Saint-Étienne
Red flag.svg Commune de Narbonne
Red flag.svg Commune du Creusot
et autres communes insurrectionnelles en France en 1870-1871
Commandants
Patrice de Mac Mahon
Forces en présence
Paris :
120 000 hommes[1]
Paris :
20 000 à 170 000 hommes[2],[3]
Pertes
Paris :
877 morts[4],[5]
6 454 blessés[4],[5]
183 disparus[4],[5]

Marseille :
30 morts
50 blessés
Paris : 5 700 à 20 000 morts[6],[4],[7]
43 522 prisonniers[7]

Marseille :
150 morts
500 prisonniers

Batailles

La Campagne de 1871 à l'intérieur est l'ensemble des opérations militaires françaises organisées par le Gouvernement de Versailles dans le but de réprimer divers éléments insurrectionnels pronant la démocratie directe dont notamment la Garde nationale et la Commune de Paris ainsi que, dans une moindre mesure, les autres insurrections communalistes (Lyon, Marseille, Saint-Étienne, Narbonne, Le Creusotetc.) entre le 18 mars et le 7 juin 1871. Son épisode le plus connu est la Semaine sanglante.

Si cette victoire du gouvernement de Versailles met fin à la guerre civile en France et permet l'entrée en application du traité de Francfort, la brutalité de la répression et les exactions commises laisseront de profondes traces au sein de la société française. Elles entraineront également une radicalisation de certains éléments anarchistes qui commettront régulièrement des attentats jusqu'à la fin du XIXème siècle.

Histoire

La campagne de 1871 suit de peu la fin des combats de la guerre franco-allemande de 1870 lesquels s'étaient conclus par l'armistice du 28 janvier. D'autres répressions armées de mouvements insurrectionnels ont lieu à la même époque en Algérie (répression de la révolte des Henanchas puis de celle des Mokrani).

Dans un premier temps, les troupes présentes à Paris se replient sur Versailles dès l'éclatement de l'insurrection (18 mars)[8]. Au cours des derniers jours de mars, des escarmouches ont lieu à l'ouest de la capitale, notamment au rond-point de Courbevoie, qui est repris par l'armée régulière commandée par le général Vinoy[9]. Le 3 avril, au lendemain d'un premier engagement au rond-point des Bergères (bataille de Courbevoie), les troupes gouvernementales parviennent à contrecarrer la « marche sur Versailles » lancée par la Commune[10] (batailles de Rueil et de Meudon).

Le 6 avril 1871, soit 19 jours après le début de l'insurrection parisienne, Adolphe Thiers, alors « chef du pouvoir exécutif de la République française », signe à Versailles un arrêté organisant l'armée « pour le rétablissement de l'ordre en France ». Comme Vinoy porte la responsabilité de l'échec du 18 mars[11], c'est le maréchal de Mac Mahon, plus populaire, qui est nommé général en chef[12].

Les opérations commencent le 11 avril autour de la capitale, avec pour objectifs la prise du fort d'Issy puis celle du saillant du Point-du-Jour. Pendant le reste du mois, de nombreuses positions sont reprises par l'armée versaillaise, qui a été renforcée dès le 23 avec l'arrivée de deux nouveaux corps formés avec les prisonniers de guerre évadés ou libérés par l'Allemagne. Le 9 mai, le fort d'Issy est occupé au terme de deux semaines de combat. Celui de Vanves tombe à son tour le 13 mai, jour où commence véritablement l'attaque de l'enceinte de la capitale[13]. Le 21 mai, les troupes versaillaises font leur entrée dans Paris intra-muros, lançant ainsi une semaine de combats et d'exactions connue sous le nom de « Semaine sanglante »[14].

Si les derniers assauts ont lieu le 28 mai[13], la fin de la campagne ne sera fixée qu'au 7 juin suivant par une circulaire ministérielle datée du 22 mai 1873. Celle-ci rattache également à la « campagne à l'intérieur » les interventions militaires, plus limitées, concernant les villes de :

Le traité de Francfort est signé le 10 mai 1871, alors que la situation intérieure en France n'est pas encore normalisée. Les troupes allemandes occupent une partie du territoire français jusqu'en 1873.

Notes et références

  1. Tombs 2014, p. 295.
  2. Tombs 2014, p. 280-281.
  3. Tombs 2014, p. 303.
  4. a b c et d Rougerie 2009, p. 107.
  5. a b et c Patrice de Mac Mahon, L'Armée de Versailles, depuis sa formation jusqu'à la complète pacification de Paris, Paris, Ghio, 1872, p. 44.
  6. Tombs 2014, p. 317-318.
  7. a et b Jacques Rougerie, La Commune de 1871 (5e édition mise à jour), Paris, Presses universitaires de France, 2016, p. 118-119.
  8. Pierre Milza, « L'Année terrible », t. II (La Commune), Paris, Perrin, 2009, p. 23-24.
  9. Milza, p. 136-138.
  10. Milza, p. 141-149.
  11. Milza, p. 135-136.
  12. Journal officiel de la République française, 8 avril 1871, p. 461.
  13. a et b Gustave Hue, Analyse des principales campagnes conduites en Europe depuis Louis XIV jusqu'à nos jours, Paris, Jouvet, 1880, p. 50-53.
  14. Milza, p. 378-414.
  15. Pensions militaires : volume mis à jour à la date du 13 mai 1930, Paris, Lavauzelle, 1930, p. 376.