Blast (web TV)

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Blast est un site d'information indépendant, ainsi qu'une web TV lancée par le journaliste d'investigation Denis Robert sous la forme d'une société coopérative d'intérêt collectif et financée par le biais du financement participatif.

Histoire

Blast est fondé le à Paris[1] à l'initiative de Denis Robert écarté de la direction de la rédaction de Le Média[2]. Parmi ses fondateurs figurent plusieurs personnalités, comme Sabrina Ali Benali, Elise Van Beneden (présidente depuis 2020 d'Anticor), Pablo Servigne, David Dufresne, Bruno Gaccio, Gaspard Glanz, Gaël Giraud, Olivier Kautz, Florent Massot, Paloma Moritz, Alexis Poulin, Maxime Renahy et Salomé Saqué[3].

Le média se présente comme un « média libre et indépendant » se définissant en réaction « contre l'autoritarisme » et « les violations des libertés »[4]. Il traite les thématiques de la politique, de l'écologie, l'investigation, de la géopolitique, de l'économie, de la santé, de la justice, des luttes sociales, de la culture, à travers des reportages, des lives, des chroniques, des émissions de débats, des entretiens, des conférences, des articles de fond et des formations[5].

En une semaine, la campagne de financement permet de réunir 300 000 , au moment où le journal La Croix publie son 34e baromètre média, faisant état du plus bas niveau historique de l'intérêt de la population française pour l'information[1]. Après 23 jours, 5 400 contributeurs permettent de collecter plus de 500 000 [3].

Un mois après le début de la campagne, 620 000  sont récoltés auprès de 6 500 contributeurs, sur les 100 000  initialement attendus[6]. Cette collecte permet l'embauche de 12 salariés. Le , la somme totale récoltée est de 802 367 , apportés par 8 542 donateurs[7]. Fin mars, la somme est de 923 031 euros. Pour Libération, cette somme est « apparemment modeste pour le lancement d’un site d’info, mais record pour une telle initiative »[8].

Investigation télévisée

Blast publie sur sa plate-forme une grande enquête du média Off-investigation fondé à la fin de l'année 2021 par le journaliste d'investigation, Jean-Baptiste Rivoire, ex-rédacteur en chef adjoint de l'émission « Spécial Investigation » de Canal+[9], après les conflits avec le milliardaire Vincent Bolloré qui ont entraîné son départ de Canal+. Off-investigation se présente comme « indépendant »[10].

Denis Robert annonce le sur Blast le lancement de Off-investigation[9] et une souscription est ouverte le [9].

Les deux journalistes d'investigation se sont associés pour la diffusion sur Blast de la série « Emmanuel, un homme d'affaires à l'Élysée »[11], première série d'investigation indépendante en 9 épisodes de 26 minutes sur la présidence de la République et « les parts d’ombre d'Emmanuel Macron et de son action »[11],[12], en particulier dans le domaine des « conflits d'intérêts » et « financement par des lobbies privés »[11],[12]. Plusieurs chaînes de télévisions ayant refusé les propositions d'enquêtes sur le quinquennat d'Emmanuel Macron, le journaliste Jean-Baptiste Rivoire a choisi de lancer Off-investigation avec une équipe de journalistes[13]. La création de ce média repose sur une campagne de financement participatif. Invité à présenter son projet dans « L'atelier des médias » sur RFI, Jean-Baptiste Rivoire a exposé les ambitions et les convictions de ce site d’enquêtes et évoqué « les pressions que l’exécutif et les oligarques exercent sur les médias dans l’Hexagone »[13].

Le premier épisode de la série est consacré aux liens entre le secrétaire général de l’Élysée Alexis Kohler et la société Mediterranean Shipping Company (MSC), numéro 2 mondial du fret maritime[14].

Sans être dans les vidéos les plus visionnées sur YouTube, l'épisode réalise un bon démarrage pour un format investigation avec 0,6 million de vues en trois jours[15] puis dépasse 1,1 million de vues[13].

Polémiques et procès

Plainte en diffamation de Bernard-Henri Lévy

Le , Bernard-Henri Lévy (BHL) poursuit pour diffamation le média Blast devant la 17e chambre du tribunal de Paris et demande 100 000 euros de dommage et intérêts, pour un article de Blast affirmant que l'émir du Qatar Hamad ben Khalifa Al Thani aurait demandé à ses services de procéder à un virement de 9,1 millions d'euros à BHL en 2011. Selon BHL, le document-preuve est un faux[16],[17],[18]. Le , au motif exposé par le tribunal qu'« il s’agit d’une déduction, voire d’un procès d’intention, dont la pertinence peut être librement débattue, mais dont la vérité est impossible à prouver. Il n’appartient en effet pas au tribunal de se prononcer sur la pertinence des opinions, même si elles peuvent légitimement heurter, et le passage ne présentant pas un caractère diffamatoire », il est débouté de ses demandes et condamné par le tribunal à verser 3 000 euros à Blast au titre de l'article 700 du code de procédure civile. BHL fait appel de ce jugement[19],[20],[21] mais perd à nouveau son procès, la cour d'appel estimant que l’enquête de Blast est diffamatoire (dans le sens où elle porte atteinte à l’honneur du plaignant) mais possède une « base factuelle suffisante »[22].

Liens financiers avec Anticor

En , au moment de sa campagne de financement participatif, l'un des cofondateurs, ancien financier et ancien membre de la DGSE, Maxime Renahy, quitte Blast et lance une polémique autour de son financement, en partie par l'homme d'affaires Hervé Vinciguerra ayant également financé l'association de lutte contre la corruption et la fraude fiscale Anticor et soutien d'Arnaud Montebourg[7],[23],[24]. Hervé Vinciguerra a donné 20 000 euros sur les 923 031 euros récoltés au total, Blast aurait refusé une somme plus importante de sa part après un débat interne[25],[26].

Conflit syrien : accusation de complotisme

En novembre 2021, un article de Blast affirme que la guerre en Syrie aurait été « programmée » par le Qatar et la France, sur la base d'un document confidentiel. Conspiracy Watch juge ce document « douteux » et affirme qu'il a circulé sur internet 10 ans auparavant. Conspiracy Watch allègue aussi que l'article de Blast contient « beaucoup d‘incohérences et un brin de conspirationnisme ». Le document, source de cette affaire, relate une réunion secrète qui aurait eu lieu en 2011 entre Bernard-Henri Lévy et le Premier ministre qatari Hamad ben Jassem Al Thani. Dans un compte rendu qui amène au dossier syrien, BHL y est présenté comme « conseiller et envoyé spécial de son Excellence le président Français Nicolas Sarkozy ». Elie Guckert, journaliste et membre du collectif citoyen Syrie Factuel, et Rudy Reichstadt, de Conspiracy Watch, arguent que le document ne semble pas authentifié, que la date (écrite en arabe sur le document) donnée par Blast est erronée, et que la rhétorique de l'article de Blast est complotiste, affirmant que Bernard Henry-Lévy aurait joué un rôle de manipulation pour fomenter une guerre alors même que de nombreux événements se sont déroulés avant même la date de la réunion évoquée dans le document, et gommant les motifs légitimes de manifestation des Syriens[27],[28],[29]. Un droit de réponse a été publié par Blast à Conspiracy Watch »[30].

Licenciement de Serge Faubert

Fin , un litige oppose Serge Faubert et sa direction concernant un sujet sur Taha Bouhafs. Serge Faubert propose de revenir sur d'anciennes polémiques le concernant, précédant celles de harcèlement sexuel. La rédactrice en chef, Soumaya Benaïssa, déclare : « Son sujet me posait problème, parce qu’il manquait d’éléments. Je lui ai dit qu’on gardait l’information, mais qu’il devait la documenter ». Serge Faubert propose alors une autre version de son émission où les parties considérées litigieuses sont coupées de moitié, et reçoit alors un SMS tardif de Denis Robert lui reprochant un jugement sur Taha Bouhafs — sur son « communautarisme et/ou son islamo-gauchisme » — contrevenant aux valeurs de Blast. Serge Faubert est alors persuadé d'avoir été censuré. Il envoie un courriel à ses collègues faisant part de son désaccord et d'une proposition de création d'une société de journalistes servant de médiateur dans ce genre de cas. Il est alors convoqué pour un entretien préalable à un licenciement et reçoit ensuite une notification de licenciement pour cause réelle et sérieuse de six pages. Denis Robert déclare au Monde : « Je ne voulais pas le virer. Mais il m'a envoyé son avocat. » Denis Robert dément toute censure, arguant d'une critique d’ordre journalistique. Plus tard, Denis Robert tweete : « Dans cette histoire, deux bonnes nouvelles : Blast se sépare d'un élément qui créait des tensions permanentes (…) et cette querelle picrocholine crée un nouveau média. »[31],[32].

À la suite des accusations portées par Serge Faubert contre son ancienne rédaction, vingt journalistes de Blast défendent la ligne éditoriale, la liberté et l'indépendance du média[33].

Notes et références

  1. a et b Maïwenn Bordron, « Denis Robert lance une nouvelle webTV : "Il y a une nécessité vitale d'information aujourd’hui" » Accès libre, sur France Culture, (consulté le ).
  2. Ariane Chemin, « Le Média veut démettre Denis Robert de ses fonctions de directeur de la rédaction » Accès limité, sur Le Monde, (consulté le )
  3. a et b Anne-Laure Chery, « Plus de 500.000 euros déjà récoltés pour le nouveau média indépendant lancé par Denis Robert » Accès libre, sur France 3 Grand Est, (consulté le )
  4. « Lancement de Blast, le média libre et indépendant lancé par Denis Robert » Accès libre, sur Alternative Révolutionnaire Communiste, (consulté le ).
  5. Thomas Moysan, « Lancement du média Blast par Denis Robert » Accès libre, sur CB News, (consulté le )
  6. Thibaud Le Meneec, « Blast, le nouveau site qui veut prendre le contrepied des "médias mainstream" » Accès libre, sur Europe 1, (consulté le ).
  7. a et b Erwan Seznec, « Le donateur d’Anticor a aussi donné à Blast et soutient Arnaud Montebourg » Accès libre, sur Causeur, (consulté le )
  8. Adrien Franque, « «Blast», contre-média ou média des contres ? » Accès limité, sur liberation.fr, (consulté le ).
  9. a b et c "Jean-Baptiste Rivoire lance son média Off-investigation". Article le 3 novembre 2011 dans l'hebdomadaire Stratégies[1]
  10. Virginie Roussel, « Jean-Baptiste Rivoire résiste à Vincent Bolloré » Accès limité, sur La Libre Belgique, (consulté le )
  11. a b et c Richard Sénéjoux, « Baptiste Rivoire lance le site Off Investigation : “Sur Internet, il manque de vraies enquêtes filmées” » Accès limité, sur Télérama, (consulté le )
  12. a et b "Jean-Baptiste Rivoire : « Bolloré a supprimé les enquêtes à Canal+ et Delphine Ernotte a créé un guichet unique pour les documentaires »" par Anne Sogno, le 1er novembre 2021 dans L'Obs [2]
  13. a b et c Steven Jambot et Simon Decreuze, « Off-investigation: l'enquête vidéo pour conviction, Macron en ligne de mire » Accès libre, sur Radio France internationale, (consulté le )
  14. Sophie Roselli, « En poste à Genève, il est pressenti pour rejoindre Macron à l'Elysée » Accès libre, sur Tribune de Genève, (consulté le )
  15. Blast, « Affaire Kohler : Le scandale qui menace Macron » Accès libre, sur Youtube, (consulté le )
  16. « Justice : BHL traîne Blast devant les tribunaux » Accès libre, sur Politis, (consulté le )
  17. Alain Léauthier, « Blast vs BHL, Carla Bruni et Platini : "Notre enquête met en lumière la politique du chèque du Qatar" » Accès libre, sur Marianne, (consulté le )
  18. Paul Aveline, « Blast contre BHL : au tribunal, le secret des sources en question - Par Paul Aveline | Arrêt sur images » Accès limité, sur Arret sur images, (consulté le )
  19. Tribunal judiciaire de Paris 17ᵉ Chambre Presse-civile, « Jugement rendu le 22 septembre 2021 » Accès libre, sur Blast, (consulté le )
  20. Rémi Dupré, « Bernard-Henri Lévy débouté dans son procès en diffamation contre le journaliste Denis Robert » Accès limité, sur Le Monde, (consulté le )
  21. « Argent du Qatar : Bernard-Henri Lévy débouté de son recours contre le média Blast » Accès libre, sur Marianne, (consulté le )
  22. Yann Philippin, « Blast, BHL et le Qatar : ce qu’a dit la justice » Accès limité, sur Mediapart, (consulté le )
  23. Adrien Franque, « Polémique autour du financement de «Blast», le nouveau média de Denis Robert » Accès limité, sur Libération, (consulté le )
  24. Paul Aveline, « Première crise pour Blast, le média de Denis Robert - Par Paul Aveline | Arrêt sur images » Accès limité, sur Arrêt sur images, (consulté le )
  25. « Explication par Denis Robert des choix de Blast » Accès libre, sur YouTube, (consulté le )
  26. « Liste de toutes les contributions sur le site Kisskissbankbank » Accès libre, sur KissKissBankBank (consulté le )
  27. « Conspiracy News #46.2021 » Accès libre, sur Conspiracy Watch, (consulté le )
  28. (en) Syrie Factuel, « BHL, le Qatar et la Syrie : les grosses « ficelles » de Blast » Accès libre, sur Medium, (consulté le )
  29. Conspiracy Watch, « Les Déconspirateurs – l’émission #04 » Accès libre, sur YouTube, (consulté le )
  30. « Qatar connection : Une réponse de droit » Accès libre, sur Blast, (consulté le )
  31. Aude Dassonville, « Un journaliste licencié de « Blast » prétend avoir été victime d’une censure », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  32. « Viré de Blast ! (mais ça ne fait rien, je continue) » (consulté le )
  33. « Déclaration des journalistes de Blast, le souffle de l’info » Accès libre, sur Blast, (consulté le )

Annexes

Articles connexes

Liens externes