Biterrois

Le Biterrois est une région naturelle de France située dans l'Ouest du département de l'Hérault, autour de la ville de Béziers. Il s'agit d'une région essentiellement viticole.

Les limites du Biterrois

Le Biterrois est traditionnellement opposé au Montpelliérais, faisant naître une opposition entre l'Ouest et l'Est du département de l'Hérault, entre Béziers, et Montpellier. Cette différence s'est aussi longtemps exprimée au niveau des pratiques sportives : le Biterrois, terre de rugby à XV dominée par l'ASB, et l'est du département où le football est plus largement pratiqué. On oppose souvent un Biterrois qui semble délaissé au profit de Montpellier, le Biterrois étant nettement plus pauvre que le Montpelliérais qui jouit du dynamisme de la capitale de la région. Entre ces deux entités géographiques, le fleuve Hérault joue approximativement le rôle de frontière. Cependant, les différentes interprétations des limites de la région sont assez partagées. On peut strictement limiter le Biterrois à l'aire urbaine de Béziers ou bien à une région plus large qui s'étend du Minervois à l'ouest jusqu'à l'Hérault à l'est.

Au sud, cet espace est bordé par la mer Méditerranée, entre les embouchures de deux fleuves : l'Hérault et l'Aude. Le littoral est ici sablonneux, la côte basse, où les anciens étangs ont été progressivement asséchés depuis le Moyen Âge. Des stations balnéaires familiales et populaires ont été construites sur ce littoral longtemps ignoré par les populations locales. Ce sont Valras-Plage, la station des biterrois, mais aussi des Tarnais venus de Castres ou de Mazamet, mais aussi Sérignan-Plage (que les Biterrois appellent familièrement "La Maïre") et Portiragnes-Plage, souvent appelé "La Redoute" par les autochtones. Bien que le Bitterois soit originellement délimité à l'est par l'Hérault, on peut inclure certaines communes situées sur la rive gauche de ce fleuve comme Agde ou Castelnau-de-Guers. En bord de mer, la plage de la Roquille, sur la commune d'Agde marque les confins du Biterrois de la même manière que le Grau de Vendres et ses plages populaires, au sud.

Au nord, il est plus difficile de délimiter le territoire, bien qu'une définition populaire arrête le Biterrois au pied des Avants-Morts, qui peuvent être définis en tant que petite région naturelle. Cette limite peut être notamment placée à la source du Libron et qui s'étend ensuite des premiers reliefs de l'Espinouse vers Cessenon-sur-Orb jusqu'à Pézenas.

Vers l'ouest, les limites du Biterrois là aussi sont plus floues à définir. Divers critères peuvent être retenus : l'aire de diffusion de l'édition biterroise du Midi libre, quotidien régional, qui englobe alors Bédarieux et Saint-Pons ainsi que les coteaux et la plaine viticoles ; la zone d'influence de la ville de Béziers en termes de migrations pendulaires liées au travail ou en termes d'attractivité commerciale. Dans son acception la plus grande, le Biterrois couvre alors un territoire qui s'étend depuis la mer Méditerranée jusqu'aux monts du Sommail et l'Espinouse dominé par le mont Caroux, la « femme allongée » des Biterrois. Le territoire ainsi délimité est arrosé par l'Orb et ses affluents, et l'Hérault. L'espace est couvert de garrigue dans sa partie septentrionale, mais surtout de vignes, le vignoble du Biterrois né au XIXe siècle ayant conquis la plaine au pied des coteaux, formant une véritable « mer de vignes ».

Plusieurs villages du Biterrois portent le nom de Béziers : ainsi Murviel-lès-Béziers, Thézan-lès-Béziers, Villeneuve-lès-Béziers, Cazouls-lès-Béziers et Lieuran-lès-Béziers.

Historique

Préhistoire

  • Traces anciennes de présence humaine: nombreux dolmens.
  • Nécropole de Puisserguier, du VIIIe au VIe siècle avant notre ère.
  • Oppidum d'Ensérune.

Antiquité

Fondation de Betara par des colons grecs (VIIe siècle av. J.-C.)[1]

  • Fondation de la colonie de Béziers par les Romains.

Moyen Âge

Époque moderne

XIXe et XXe siècles

  • À partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, le Haut Languedoc, et plus particulièrement le Biterrois et Béziers, autoproclamée "Capitale mondiale du vin", s'enrichit rapidement grâce au développement de la monoculture de la vigne. De grandes fortunes se forment. De grands propriétaires terriens, issus de l'industrie, de la finance ou des professions libérales, possèdent d'immenses domaines de plusieurs dizaines d'hectares. Béziers est certainement la ville qui profite le plus de l'essor économique lié à la viticulture.
  • La campagne se couvre de châteaux pinardiers, de superbes demeures de riches propriétaires, rivalisant d'audace architecturale.
  • La ville s'embellit au cours de travaux d'aménagement prestigieux : les allées Paul-Riquet, superbe esplanade devenue le cœur de la vie citadine, ornée en 1838 de la statue de Paul Riquet œuvre de David d'Angers, et plantée de platanes en 1848 ; un théâtre est inauguré en 1844, dans un style « à l'italienne »; le pont Neuf en 1846 enjambe l'Orb; en 1870, un superbe jardin public est créé par le paysagiste Buhler, que les Biterrois appellent le Plateau des poètes, avec de nombreuses statues sculptées par Injalbert; on perce de belles avenues dans le centre-ville où des halles modernes sont construites. De nouvelles arènes sont construites en 1897, sur le Pech de Valras. Elles accueillent de grandioses spectacles lyriques programmés par Castelbon de Beauxhottes (Prométhée, Déjanire, Les Hérétiques…) et des créations originales de Camille Saint-Saëns, de Gabriel Fauré ou encore Déodat de Séverac qui créa l'opéra Héliogabale à Béziers. Des intellectuels sont les hôtes de la ville, notamment Frédéric Mistral en 1864 et en 1902. Béziers diffuse l'image d'une ville prospère et artistique.
  • 1870 : invasion du phylloxéra.
  • 1907 : révolte des vignerons.
  • 1944 : le Biterrois est libéré le 22 août ; plusieurs odonymes (dont l'avenue du 22-Août à Béziers) rappellent cet épisode de la fin de la Seconde Guerre mondiale[2],[3].

Dynamisme actuel

Le Biterrois forme un bassin de 200 000 habitants environ centré sur la ville de Béziers. La ville connaît depuis 2002 un accroissement démographique important tout comme les villes et villages de sa périphérie qui gagnent des habitants. Le processus de périurbanisation fait naître de nombreux lotissements et transforment les anciens villages viticoles en « villes-dortoirs » : Montady, Sérignan, Boujan-sur-Libron, Villeneuve-lès-Béziers, Sauvian, entre autres, illustrent ces changements amorcés à la fin des années 1970.

Le SCoT du Biterrois

Les intercommunalités du sud-ouest de l'Hérault ont délégué leur compétence « SCoT » à un Syndicat mixte afin d’élaborer le Schéma de cohérence territoriale à une échelle plus pertinente, celle des 87 communes du Grand Biterrois.

En janvier 2004, le Syndicat mixte du SCoT du Biterrois est créé selon la volonté des élus des intercommunalités pour arrêter les grandes orientations d’aménagement du grand Biterrois.

Le SCoT du Biterrois concerne un territoire d’une superficie de 205 000 hectares, dont 52 000 hectares maritimes d’environ 270 000 habitants.

Depuis 2017, es intercommunalités le composant sont :

Carte des principales villes du Biterrois

Cette carte situe autour de Béziers les villes de plus de 3 000 habitants des deux communautés d'agglomération et des quatre communautés de communes.


Notes et références

  1. Olivier Schlama, « Chronique : Béziers, doyenne des villes de l'Hexagone », sur Dis-leur !, (consulté le 22 août 2019)
  2. www.sunnyfrance.net Histoire de Béziers : dates repères de Béziers.
  3. www.sunnyfrance.net Quelques Toponymes de Rues, Places ou Quartiers de Béziers.

Voir aussi

Lien externe