Alejandro Mayorkas

Alejandro Mayorkas
Illustration.
Portrait officiel d'Alejandro Mayorkas (2021).
Fonctions
7e secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis
En fonction depuis le
(1 mois et 26 jours)
Président Joe Biden
Gouvernement Administration Biden
Prédécesseur David Pekoske  (intérim)
Kirstjen Nielsen
6e secrétaire adjoint à la Sécurité intérieure

(2 ans, 10 mois et 5 jours)
Président Barack Obama
Gouvernement Administration Obama
Prédécesseur Rafael Borras  (intérim)
Jane Holl Lute 
Successeur Russell Deyo  (intérim)
Elaine Duke
Directeur des Services de la Citoyenneté et de l'Immigration 

(4 ans, 4 mois et 11 jours)
Président Barack Obama
Gouvernement Administration Obama
Prédécesseur Jonathan Scharfen
Successeur Lori Scialabba
Biographie
Nom de naissance Alejandro Nicholas Mayorkas
Date de naissance (61 ans)
Lieu de naissance La Havane (Cuba)
Nationalité Américain
Parti politique Parti démocrate
Diplômé de Berkeley
Université Loyola Marymount
Profession Avocat
Procureur fédéral
Religion Judaïsme

Alejandro Mayorkas
Secrétaires à la Sécurité intérieure des États-Unis

Alejandro Nicholas Mayorkas est un juriste et homme politique américain membre du Parti démocrate, né le à La Havane. Il est secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis depuis le .

Il naît à Cuba mais grandit à Los Angeles. Après ses études en droit, il devient avocat, puis procureur fédéral en .

Il est désigné en directeur des Services d'immigration du département de la Sécurité intérieure par Barack Obama et travaille à l'implantation du statut DACA. En , il devient secrétaire adjoint du département.

Après l'élection de Joe Biden, il devient secrétaire à la Sécurité intérieure, étant le premier Latino et le premier immigrant à occuper cette fonction.

Famille et études

Alejandro Mayorkas naît le à La Havane[1]. Sa famille quitte l'île de Cuba peu après, en raison de l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro ; ses deux parents sont de confession juive[2] et sa mère est une Juive roumaine qui avait fui l'Europe dans les années 1940 pour échapper au régime nazi[3].

Sa famille s'installe d'abord en Floride, puis à Los Angeles. Il étudie en premier lieu à l'université de Californie à Berkeley, où il passe avec succès un baccalauréat universitaire. Il s'inscrit ensuite à l'université Loyola Marymount, où il obtient son diplôme en droit[4],[5].

Vie professionnelle

Avocat et procureur

Alejandro Mayorkas commence par travailler comme avocat, avant de devenir assistant du procureur fédéral dans le district central de Californie. Bill Clinton le propose en comme procureur fédéral, faisant de lui le plus jeune titulaire d'une telle fonction après qu'il a été confirmé par le Sénat[3],[6].

Après l'élection de George W. Bush, il démissionne de son poste au sein du département de la Justice (DOJ) en et retourne cinq mois plus tard travailler dans le secteur privé, en qualité d'associé au sein du cabinet d'avocats O’Melveny & Myers, dont l'un des associés principaux est l'ancien secrétaire d'État Warren Christopher. Ce dernier affirme qu'Alejandro Mayorkas « apporte une connaissance profonde du service public et de fortes qualités personnelles pour la pratique du droit », estimant que le cabinet « a de la chance de le compter comme associé »[7].

Cadre du département de la Sécurité intérieure

En , Barack Obama place Alejandro Mayorkas à la direction des Services de la Citoyenneté et de l'Immigration  (USCIS). Dans cette fonction, il est l'un des principaux responsables de la mise en œuvre du programme d'action différée pour les arrivées pendant l'enfance (DACA)[4].

Le président américain choisit en de lui confier les fonctions de secrétaire adjoint à la Sécurité intérieure, ce qui fait de lui le Latino occupant la position la plus élevée au sein du département de la Sécurité intérieure[3]. Lors du vote du comité sénatorial de la Sécurité intérieure et des Affaires gouvernementales le , l'ensemble des démocrates vote pour soumettre sa confirmation en séance plénière, tandis que tous les républicains s'abstiennent puisque Alejandro Mayorkas est sous le coup d'une enquête pour son action en matière de visas pour des investisseurs étrangers[8]. Il est confirmé neuf jours plus tard par 54 voix pour et 41 contre[9].

Un rapport remis en par l'Inspection générale du département de la Sécurité intérieure  critique son intervention personnelle dans plusieurs dossiers de demande de permis de séjour permanents pour investisseurs étrangers , dont certains requérants étaient proches de hauts responsables du Parti démocrate[6].

Par la suite, il réintègre le privé en qualité d'associé du cabinet WilmerHale, où il se spécialise dans la gestion de crise et le conseil stratégique[4].

Secrétaire à la Sécurité intérieure

Le , le président-élu Joe Biden annonce qu'il proposera la nomination d'Alejandro Mayorkas en qualité de secrétaire à la Sécurité intérieure, faisant de lui le premier Latino à occuper ce poste[10]. Selon Alan Bersin, ancien haut responsable du département de la Sécurité intérieure, Alejandro Mayorkas représente un positionnement « centriste », cherchant à concilier l'aide humanitaire aux personnes migrantes avec la nécessité de protéger les frontières américaines[11].

Le sénateur républicain du Missouri Josh Hawley annonce le qu'il bloque la volonté des démocrates et du futur chef de l'État de procéder à une confirmation rapide du candidat en raison de la volonté du président-élu remettre en cause le mur à la frontière mexicaine[12]. Cette posture est critiquée par les démocrates, qui rappellent que le sénateur Hawley avait déjà tenté de retarder la certification des résultats de l'élection présidentielle[13].

Sur proposition du chef de la majorité Chuck Schumer, le Sénat vote le par 55 voix — ce qui inclut plusieurs républicains — contre 42 de clore la procédure, permettant la tenue du scrutin de confirmation dès le lendemain[14]. Le vote est cependant repoussé au , en raison d'une tempête de neige qui perturbe les déplacements sur la côte est des États-Unis et alors que plusieurs sénateurs ont rejoint leurs États d'élection pendant la fin de semaine précédente[15].

Le chef de la minorité républicaine Mitch McConnell estime avant le scrutin qu'Alejandro Mayorkas « ne mérite pas la confirmation du Sénat » et appelle ses collègues à l'imiter en s'y opposant, en raison du rapport de l'Inspection générale établi en 2015 ; à l'inverse, le sénateur démocrate du Michigan Gary Peters, président du comité de la Sécurité intérieure et des Affaires gouvernementales le juge « hautement qualifié pour garantir que le département de la Sécurité intérieure travaille à la protection du peuple »[16],[17].

La confirmation est acquise par 56 voix contre 43, soit à ce moment le plus faible écart pour un membre de l'administration Biden ; en plus d'être le premier Hispano-Américain à ce poste, il est également le premier immigrant à diriger ce département exécutif[18]. Il reçoit les votes favorables de six républicains, Susan Collins, Mitt Romney, Dan Sullivan, Shelley Moore Capito, Lisa Murkowski et Rob Portman, ce dernier étant le coordonnateur des républicains au sein du comité sénatorial de la Sécurité intérieure[19]. Le suivant, il est dépassé par la nouvelle secrétaire à l'Intérieur Deb Haaland, qui recueille 51 votes favorables contre 40[20].

Notes et références

  1. « Alejandro Mayorkas, un immigré cubain pour diriger la Sécurité intérieure des Etats-Unis », Challenges,‎ (lire en ligne, consulté le 31 janvier 2021).
  2. (en) Ted Hesson, « Meet the Cuban Immigrant Who Could Run Homeland Security », ABC News,‎ (lire en ligne, consulté le 2 février 2021).
  3. a b et c (en) « Biden taps Alejandro Mayorkas as first immigrant to lead Homeland Security », CBS News,‎ (lire en ligne, consulté le 31 janvier 2021).
  4. a b et c (en) « What to Know About Alejandro Mayorkas, LA's Former Top Federal Prosecutor Nominated to Lead the DHS », NBC,‎ (lire en ligne, consulté le 31 janvier 2021).
  5. (en) Ted Hesson, « Biden picks Cuban-American lawyer Mayorkas as U.S. homeland security chief », Reuters,‎ (lire en ligne, consulté le 2 février 2021).
  6. a et b (en) « Alejandro Mayorkas: What to know about Biden's DHS pick », Fox News,‎ (lire en ligne, consulté le 31 janvier 2021).
  7. (en) David Rosenzweig, « Mayorkas to Join L.A. Law Firm », Los Angeles Times,‎ (lire en ligne, consulté le 2 février 2021).
  8. (en) Burgess Everett, « Panel sends DHS nominee to floor », Politico,‎ (lire en ligne, consulté le 2 février 2021).
  9. (en) Seung Min Kim, « Mayorkas confirmed for DHS », Politico,‎ (lire en ligne, consulté le 2 février 2021).
  10. « Antony Blinken, Alejandro Mayorkas, Avril Haines… Joe Biden procède aux premières nominations au sein de son équipe », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 31 janvier 2021).
  11. (en) Ben Fox, « Ex-Homeland Security official Mayorkas returns under Biden », Associated Press,‎ (lire en ligne, consulté le 2 février 2021).
  12. (en) « Sen. Hawley blocks quick consideration of Biden's Homeland Security nominee », CNN,‎ (lire en ligne, consulté le 31 janvier 2021).
  13. (en) « Sen. Hawley moves to block swift confirmation for Biden’s homeland security pick », The Washington Post,‎ (lire en ligne, consulté le 31 janvier 2021).
  14. (en) « Biden DHS pick advances in Senate, clearing Republican hurdle », The Hill,‎ (lire en ligne, consulté le 31 janvier 2021).
  15. (en) « Senate delays vote to confirm Biden's DHS pick amid snowstorm », The Hill,‎ (lire en ligne, consulté le 2 février 2021).
  16. (en) « Senate confirms Alejandro Mayorkas as Biden's homeland security chief », KGO-TV,‎ (lire en ligne, consulté le 2 février 2021).
  17. (en) « Senate confirms Alejandro Mayorkas as America’s first Latino Homeland Security chief », CNBC,‎ (lire en ligne, consulté le 2 février 2021).
  18. (en) « Alejandro Mayorkas becomes first Latino, first immigrant to lead Department of Homeland Security », USA Today,‎ (lire en ligne, consulté le 2 février 2021).
  19. (en) « Senate confirms Mayorkas as secretary of homeland security over GOP objections », CBS News,‎ (lire en ligne, consulté le 3 février 2021).
  20. (en) « Senate confirms Deb Haaland as Biden's Interior secretary in historic vote », CNN,‎ (lire en ligne, consulté le 16 mars 2021).

Voir aussi

Articles connexes