Accords d'Helsinki

Les accords d’Helsinki, dont la discussion débute le [1], sont signés le 1er août 1975 à Helsinki (Finlande) par 35 États, dont les « deux grands » (l’Union soviétique et les États-Unis), le Canada et tous les États européens à l’exception de l’Albanie et d’Andorre.

Ce texte (qui n’est pas un traité au sens juridique du terme, donc non contraignant) marque la fin de la première Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE)[2]. On croit à une tentative de rapprochement entre les deux blocs mais, en réalité, Brejnev voulait éloigner les pays d'Europe occidentale des États-Unis en les englobant dans la CSCE, qui selon sa vision se destinait à être, dans une moindre mesure toutefois que le Pacte de Varsovie, une rivale de l'OTAN.

Articles

La Déclaration sur les principes régissant les relations entre les États participants (aussi connu comme le « Décalogue ») a énuméré les 10 points suivants :

  1. Respect des droits inhérents à la souveraineté
  2. Non-recours à la menace ou à l’emploi de la force
  3. Inviolabilité des frontières
  4. Intégrité territoriale des États
  5. Règlement pacifique des différends
  6. Non-intervention dans les affaires intérieures
  7. Respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales
  8. Égalité des droits des peuples et droit des peuples à disposer d’eux-mêmes
  9. Coopération entre les États
  10. Exécution de bonne foi des obligations assumées conformément au droit international

Pour surveiller ces accords fut créé Helsinki Watch, qui a ensuite donné naissance à l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch.

États signataires

Dans l’ordre alphabétique :

Points discutés

« Première corbeille : inviolabilité des frontières européennes »

« La "première corbeille" concernait la sécurité, c'était une énumération de principes abstraits : égalité, non-recours à la menace ou à la force, inviolabilité des frontières, non intervention dans les affaires intérieures. Quelques décisions concrètes étaient prises, concernant la notification par avance des manœuvres et mouvements militaires. » Selon Jean-Baptiste Duroselle, dans Histoire des relations internationales. De 1945 à nos jours, Armand Collin, 15e édition, 2009, page 395.

« Deuxième corbeille : coopération européenne entre bloc communiste et bloc capitaliste »

Toujours selon Jean-Baptiste Duroselle, « la "deuxième corbeille" traitait de la coopération économique, scientifique et technique. Elle prévoyait la communication de statistiques, lesquelles passaient pour des secrets d'Etat dans les pays socialistes. »

« Troisième corbeille : respect des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales »

Selon Jean-Baptiste Duroselle, « la "troisième corbeille" énumérait des principes largement appliqués dans les démocraties occidentales, sur les respects des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. »
Toutefois parmi les pays occidentaux signataires des accords, en matière de droits de l'homme, l'Espagne du général Franco faisait notoirement exception.

Bibliographie

  • Nicolas Badalassi, En finir avec la guerre froide. La France, l’Europe et le processus d’Helsinki, 1965-1975. Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2014.
  • Jacques Andréani, Le Piège : Helsinski et la chute du communisme. Paris, éditions Odile Jacob, 2005.
  • Jean-Baptiste Duroselle et André Kaspi, Histoire des relations internationales. De 1945 à nos jours. Armand Collin, 15e édition, 2009
  • Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (1972/1975), préface de Jacques Denis, responsable politique du Parti Communiste Français, Paris, éditions sociales, 1975. Première édition du texte complet en langue française.

Notes et références

  1. (en) « Helsinki Accords », sur Encyclopaedia Britannica, (consulté le 14 février 2015).
  2. http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/europe/Helsinki-accord.htm.


Voir aussi

Article connexe

Liens externes