Aboubakr Jamaï

Aboubakr Jamaï
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Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
أبو بكر الجامعي
Nationalité
Formation
Activités
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A travaillé pour
Distinctions
Prix international de la liberté de la presse du CPJ ()
Nieman Fellowship (en) ()
Prix Gébrane Tuéni () ()

Aboubakr Jamaï (en arabe : أبوبكر الجامعي) est un journaliste d'investigation marocain né en 1968. Il est l'ancien directeur de l’hebdomadaire francophone Le Journal hebdomadaire et son confrère arabophone Assahifa Al Ousbouiya.

Biographie

Aboubakr est le fils du journaliste et homme politique istiqlalien Khalid Jamaï, le petit-fils du résistant marocain Bouchta Jamai et le neveu du journaliste Jamal Berraoui.

Il est diplômé de l’Institut Supérieur de Commerce et d’Administration des Entreprises de Casablanca.

Il est diplômé de l’Université d’Oxford (MBA, Finance) et de l’Université de Harvard (Master de Gestion Publique à la Harvard Kennedy School).

En , il a emporté le Prix International de la liberté de la presse octroyé chaque année par l’organisation américaine de défense la liberté de la presse de référence le “Comité de Protection des Journalistes”. Il a été désigné Young Global Leader par le Forum Économique mondial (Davos) en 2005.

En , l’Association mondiale des journaux lui a attribué le prix Gebran Tueni qui récompense un rédacteur en chef ou un éditeur du monde arabe pour son combat en faveur de la liberté de la presse.

En 2008, il devient membre de la fondation Nieman pour le journalisme affiliée à l’Université de Harvard.

Il est le co-fondateur d'Upline Securities, une société de bourse marocaine. Il débute alors sa carrière dans le domaine financier avant de se convertir au journalisme, ce qui explique ses choix de publications et d'articles, orientés commerce.

Carrière de journaliste

Le Aboubakr Jamaï fonde Le Journal, premier hebdomadaire marocain à adopter un ton très critique à l’égard de la monarchie, de la corruption, de l’armée et des violations des droits de l’homme. En 2000, Le Journal est interdit après la publication d’un dossier impliquant la gauche marocaine et le premier ministre de l’époque dans le coup d’État de 1972 perpétré contre le roi Hassan II. Pour continuer à paraître Aboubakr Jamaï lance aussitôt la même publication sous un nouveau nom Le Journal hebdomadaire. Assahifa, la version arabophone du titre subit le même sort, elle est relancée sous le nom de Assahifa Al Ousbouiya.

En 2001, Aboubakr Jamaï est condamné pour diffamation envers le ministre marocain des affaires étrangères Mohamed Benaissa à la suite de la publication d'un article accusant ce dernier de corruption. Pour le journaliste marocain, ce procès a été motivé par une tentative d’intimidation d’une publication qui osait publier des investigations sans concession et dirigeantes.

En 2003, le Comité pour la protection des journalistes attribue le prix international de la liberté de la presse 2003 à Aboubakr Jamaï.

Le Aboubakr Jamaï et un de ses confrères, Fahd Iraqi, sont condamnés à payer la somme record de 3 millions de Dhs (290 000 euros environ) pour diffamation envers Claude Moniquet, directeur du Centre européen de recherche, d’analyse et de conseil en matière stratégique (ESISC). Le Journal hebdomadaire a mis en doute l’objectivité de l’un du rapport dudit centre à propos du Sahara.

Début , Aboubakr Jamaï dénonce un procès «téléguidé» par les autorités marocaines et se déclare dans l’incapacité de payer les dommages et intérêts punitifs.

Le , Aboubakr Jamaï annonce qu’il est contraint de démissionner de ses fonctions au Journal Hebdomadaire et quitter la publication. Condamné à titre personnel et dans l’incapacité de payer l’amende, les autorités aurait pu saisir les biens du journal si Monsieur Jamaï s’est maintenu dans ses fonctions.

Une campagne de presse (et de blog) aussi bien nationale qu'internationale, a fait echo à cette démission, soulignant l'inquiétude des observateurs sur la liberté d'expression au Maroc.

Citations

  • "Vous nous avez donné des raisons d'espérer, vous nous avez aussi parfois déçus. Nous n'avons pas compris certaines décisions. Nous n'avons pas compris beaucoup de choses. Mais, sachez-le, nous persisterons à vous le dire quand nous ne comprendrons pas le sens de vos actions, car c'est notre droit légitime. Nous persisterons aussi à vous le dire parce que nous pensons que votre position privilégiée vous place idéalement pour accompagner ce pays vers des lendemains meilleurs. " (extrait de Lettre ouverte au roi Mohammed VI)

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