Œuvre pontificale de la propagation de la foi

Pauline Jaricot est considérée comme la fondatrice de l'œuvre.

L’Œuvre pontificale de la propagation de la foi est une association internationale de fidèles qui vient en aide (financière et autre) aux prêtres et religieux catholiques missionnaires dans les zones de mission. Fondée par Pauline Jaricot en 1822, l’œuvre est la plus ancienne et plus importante des sociétés missionnaires pontificales regroupées par le Saint-Siège dans les œuvres pontificales missionnaires. En 1922, Pie XI la déclare œuvre pontificale.

Histoire

Origine

En 1815, Mgr Louis Dubourg, prêtre de Saint-Sulpice récemment consacré évêque de Louisiane et Deux-Florides (la Nouvelle-Orléans), était à Lyon pour récolter des fonds pour son jeune diocèse et recruter des volontaires. En Louisiane et Deux-Florides tout est à faire. À une bienfaitrice, il exprime l’idée de fonder une « association de bienfaisance » pour le soutien aux missions en Louisiane.

Par ailleurs, à la même époque, Pauline Jaricot, une jeune fille de Lyon, est sensibilisée aux difficultés et aux besoins des missions par son frère Philéas, étudiant au séminaire de Saint-Sulpice, à Paris, où il se prépare à partir comme missionnaire en Chine.

Elle prend l’initiative de recueillir de l’argent auprès des ouvrières de l’usine de textile dirigée par sa sœur et son beau-frère, qui forment avec elle une « association spirituelle ». En 1818, dans la ligne suggérée par un petit opuscule des Missions étrangères de Paris, ce groupe adopte aussi une dimension de prière et d’animation missionnaire. Et comme les moyens financiers de ces ouvrières sont limités, Pauline leur propose une offrande facultative hebdomadaire d’un sou « afin de coopérer à l’expansion de l’Évangile ». La formule connaît un grand succès.

Développement

L’association qui prend le nom de « Propagation de la foi » prend une tournure plus formelle lorsqu'un groupe de prêtres et de laïcs qui s’étaient réunis autour du vicaire général de la Nouvelles-Orléans, le père Inglesi (envoyé par Mgr Dubourg), pour étudier une forme de coopération missionnaire de portée universelle, s’y intéresse et adopte l’idée de Pauline Jaricot. Les deux initiatives convergent pour fonder officiellement, le , la nouvelle société. La première collecte de la Propagation de la Foi, faite en 1822, soutient le vaste diocèse de Louisiane et deux Florides aux États-Unis. Pauline reconnait la nouvelle dimension prise par son Œuvre, particulièrement sa dimension universelle (qu’elle souhaitait) et estimant son rôle de fondatrice terminé, elle s’en retire.

Certificat de membre de la Société (Chicago, 1949)

L'objectif de la Société était de soutenir des missions catholiques dans le monde entier, excluant les pays considérés comme catholiques, tels la France, l’Italie, l’Autriche, l'Espagne, le Portugal, etc. Dès que les missions peuvent survivre par leurs propres moyens, la Société interrompt son aide, pour se tourner vers d’autres zones missionnaires. En 1823, un délégué envoyé à Rome obtient pour le groupe la bénédiction du pape Pie VII.

Dès 1840, Grégoire XVI reconnait la Société comme « institution catholique universelle ». Au début du siècle suivant, le - première année de son pontificat - Pie X la recommande à la charité des fidèles de l’église universelle, en louant ses objectifs et activités. Des conseils provinciaux et nationaux sont créés. De très nombreux évêques du monde occidental, ont encouragé son développement dans leurs diocèses.

Déclarée « pontificale » l’année de son centenaire (1922) par le pape Pie XI (parfois appelé le « Pape des Missions ») elle est une des trois œuvres qui, à la même époque, se sont groupées sous la bannière des Œuvres pontificales missionnaires.

Objectifs et organisation

La Société pour la propagation de la foi fournit un soutien financier aux évêques de territoire missionnaire pour les dépenses ordinaires et les projets spéciaux. Elle soutient leurs programmes évangélisateurs et pastoraux – en particulier la formation des catéchistes -, la construction de lieux de culte, les communautés religieuses engagées dans les domaines de la santé et de l’éducation.

La Société est administrée par deux conseils bénévoles, chacun composé de douze membres - certains sont membres du clergé, d’autres, laïcs – de compétence reconnue. Ces conseils, l'un à Lyon et l'autre à Paris, s'auto-recrutent.

Les affaires de la société sont publiques. Chaque année un compte–rendu complet des sommes reçues, des crédits, et des dépenses, était publié dans les Annales (jusqu’en 1974). L'argent reçu est distribué chaque année. il n'y a pas de capitalisation. De 1822 à 1974 la société a publié une revue missionnaire intitulée Annales de la propagation de la foi.

Bibliographie

  • Le pape Léon XIII a écrit deux encycliques traitant de cette œuvre.
  • Mgr Jules de Trannoy: Marie-Pauline Jaricot et l'Œuvre pontificale de la Propagation de la Foi, collection Xaveriana, 15è série, no 177, Louvain, Belgique, vers 1946.
  • Sœur Cécilia Giacovelli. Pauline Jaricot. Edition Mame. 1999.
  • Maxime Dehan. Didier Petit de Meurville. Editions du Poutan. 2013.

Lien externe