Élections législatives niuéennes de 2017

Élections législatives niuéennes de 2017

Élections législatives niuéennes de 2017
6 mai 2017
Toke Talagi 2014.jpg Toke Talagi – sans étiquette / majorité sortante
Sièges obtenus 15 en augmentation 3
O'Love Jacobsen (cropped).jpg O'love Jacobsen – sans étiquette / opposition sortante
Sièges obtenus 5 en diminution 3
Premier ministre
Sortant Élu
Toke Talagi Toke Talagi

Des élections législatives ont lieu à Niue le [1]. Il s'agit de renouveler l'ensemble des vingt membres du parlement national (Fono Ekepule) de cet État, l'un des plus petits et des moins peuplés au monde, à l'issue d'une législature de trois ans.

Système politique

Niue, pays composé d'une unique île polynésienne, est un État de facto indépendant, en libre association avec la Nouvelle-Zélande, qui conserve de jure la souveraineté sur l'île. En pratique, il n'y a pas d'ingérence néo-zélandaise dans les affaires niuéennes. Niue est une démocratie parlementaire fondée sur le modèle de Westminster[2].

Le Fono Ekepule est un parlement monocaméral composé de 20 députés élus pour trois ans selon un mode de scrutin mixte. Le pays compte quatorze circonscriptions électorales, élisant chacune un député. Chaque village niuéen correspond à une circonscription, à l'exception de la capitale, Alofi, qui est scindée en deux d'entre elles. Pour ces quatorze sièges, l'élection s'effectue au scrutin uninominal majoritaire à un tour, hérité du modèle britannique[2]. Pour l'attribution des six autres sièges, les électeurs (soit tout résident permanent âgé d'au moins 18 ans) sélectionnent six noms parmi une liste de candidats. Ces sièges sont ainsi attribués via un mode de scrutin plurinominal majoritaire à un tour : les six candidats ayant reçu le plus de voix sont élus[2].

Il n'existe pas de partis politiques, depuis l'auto-dissolution du Parti du peuple niuéen en 2003[3]. Tous les candidats se présentent donc sans étiquette, faisant de Niue une démocratie non partisane. (L'un des candidats, Igasia Mokole, met toutefois en avant son appartenance au Parti travailliste néo-zélandais[4].) Après l'élection, les députés élisent un président de l'assemblée, qu'ils choisissent en dehors du parlement, et un premier ministre, qu'ils choisissent parmi les leurs. Le premier ministre choisit alors au maximum trois députés, qu'il nomme ministres. Les ministres, y compris le premier ministre, conservent leurs sièges de députés[2],[5].

Le premier ministre sortant est Toke Talagi. Élu à cette fonction en 2008, il y avait été reconduit à la suite des législatives de 2011 puis de 2014. Togia Sioneholo est le chef des députés d'opposition durant la législature 2014-2017[6].

Candidats

Vingt-trois candidats, dont neuf femmes, se présentent pour les six sièges du scrutin hors-circonscription. Les six députés sortants se représentent, dont le premier ministre Sir Toke Talagi, et le chef (informel) de l'opposition Togia Sioneholo (seul avocat parmi les députés, et beau-frère du premier ministre). O’love Jacobsen, ancienne députée puis haut-commissaire de Niue en Nouvelle-Zélande de 2011 à 2017, effectue son retour en politique, et affiche son ambition de prendre la direction du gouvernement, ce qui ferait d'elle la première femme à diriger le gouvernement niuéen. Terry Coe, député sans discontinuer depuis vingt-trois ans, et seul palagi (blanc) à avoir jamais siégé à l'Assemblée, se représente également. Il a la réputation d'un parlementaire qui n'hésite pas à poser des questions percutantes. Tama Posimani, anciennement ministre et président de l'Assemblée, mais absent de l'Assemblée depuis plusieurs législatives, vise un retour en politique[1].

Outre le premier ministre, les trois ministres du gouvernement sortant se représentent, tous en tant que députés de village : Pokotoa Sipeli (ministre des services sociaux, de la justice, des terres, de la culture et du patrimoine, de l'éducation et de la santé), Billy Talagi (ministre des ressources naturelles, de l'agriculture et de l'environnement), et Dalton Tagelagi (ministre des infrastructures, des communications et des transports)[7]. Des quatorze députés de village, treize se représentent. L'exception est Fisa Pihigia, député de Tuapa depuis 1993 mais qui a quitté l'Assemblée en pour être nommé haut-commissaire de Niue en Nouvelle-Zélande (succédant à O'love Jacobsen)[8],[9],[10].

Le vote pour les députés de village n'a pas lieu à Vaiea, à Liku ni à Namukulu, les députés sortants étant seuls candidats, par conséquent automatiquement reconduits. Les citoyens dans ces trois circonscriptions votent uniquement pour le scrutin national[8],[9].

Campagne

La campagne électorale ne débute réellement que quelques jours avant le scrutin, les candidats faisant du porte-à-porte et distribuant des pamphlets[11]. À Alofi-sud, les candidats sont invités par le conseil municipal à s'exprimer chacun leur tour en public pendant deux minutes, le soir du dimanche . La « plupart pein[ent] à délivrer une présentation cohérente de leurs politiques », selon le site d'informations Tala Niue. Les deux candidats au poste de députation du village prennent la parole en premier, suivis de onze des vingt-trois candidats du scrutin national (hors-circonscription), dont Toke Talagi et O’love Jacobsen. Le premier annonce son intention d'augmenter les salaires des fonctionnaires, et les pensions de retraite, tandis que la seconde fait valoir son expérience de diplomate à Wellington : « Donnez-moi le poste de première ministre, et je vous montrerai ce que je peux faire »[4].

TV Niue et Radio Sunshine proposent un temps d'antenne gratuit à chaque candidat, avec la possibilité d'acheter du temps d'antenne supplémentaire. TV Niue offre à chaque candidat le choix entre la diffusion d'un clip de cinq minutes où le candidat s'exprime seul à l'écran et s'adresse aux électeurs, ou bien un entretien de vingt minutes avec l'équipe des journalistes[12].

Les candidats Togia Sioneholo, Crossley Tatui et Stan Kalauni font campagne ensemble, publiant un programme commun. Ils proposent notamment de privatiser les entreprises publiques qui sont en concurrence avec des entreprises privées existantes[4].

Résultats

O’love Jacobsen termine première au scrutin national, et effectue ainsi son retour à l'Assemblée. Elle est la seule à être élue au scrutin national sans être député(e) sortant(e). Toke Talagi conserve son siège de député, terminant troisième, derrière Terry Coe. Parmi les six députés sortants qui se représentent au scrutin national, seul Togia Sioneholo, chef (informel) de l'opposition sortante, perd son siège : Il termine à la dixième place[13]. Au niveau des villages, la quasi-totalité des députés sortants sont réélus. L'exception est l'ancien premier ministre Young Vivian, battu dans sa circonscription de Hakupu par son adversaire de longue date Michael Jackson. À Tuapa, où il n'y avait pas de député sortant, c'est Mona Ainu'u qui est élue. Enfin à Mutalau, les deux premiers candidats sont à égalité, ce qui nécessite un tirage au sort pour les départager[13]. Maureen Melekitama est déclarée élue au tirage au sort, face au sortant Bill Vakaafi Motufoou, qui représentait la circonscription depuis dix-huit ans. Ce résultat porte à cinq le nombre de femmes siégeant à l'Assemblée - soit 25 %, un record[14].

Le vétéran Terry Coe apporte son soutien à la candidature d'O'love Jacobsen pour le poste de première ministre[15]. L'Assemblée se réunit le , et ré-élit Togiavalu Pihigia à la présidence du Parlement. (Le président devant être une personne externe.) Sir Toke Talagi est ensuite réélu premier ministre par les députés avec quinze voix, contre cinq pour O'love Jacobsen[16]. Le premier ministre reconduit ses ministres sortants, dans son cabinet de quatre membres tel que prévu par la constitution : Pokotoa Sipeli, Billy Talagi et Dalton Tagelagi[17].

Hors-circonscriptions

Candidat Voix % Résultat[13]
O’love Jacobsen 452 élue
Terry Coe 431 réélu
Toke Talagi 424 réélu
Stan Kalauni 407 réélu
Crossley Tatui 364 réélu
Joan Tahafa-Viliamu 296 réélue
Sauni Tongatule 282 battu
Willie Saniteli 257 battu
Dessyo Sioneholo 230 battu
Togia Sioneholo 227 battu
(sortant)
Grace Sisilia Talagi 217 battue
Igasiatama Mokole 211 battu
Moka Tano Puleosi 159 battue
Maru Talagi 145 battu
Ida Hekesi 134 battue
Norman Mitimeti 129 battu
Cherie Tafatu 127 battue
Catherine Papani 106 battue
Rozlyn Hipa 99 battue
Charles Magatogia 66 battu
Merry Anno Lui Iakopo 56 battue
Lagisia Manttan 41 battu
Tama Posimani 27 battu
Total suffrages exprimés 4887 100
Votes valides
Votes blancs et nuls
Total des votants
Inscrits/Participation

Par circonscription

Résultats provisoires par circonscription[13]
Circonscription Candidat/Choix Votes % Résultat
Alofi Nord Va'aiga Tukuitonga 44 élue
Tutuli Heka 36 battu
Votes blancs ou nuls
Total
Alofi Sud Dalton Tagelagi 151 élu
Laga Lavini 59 battu
Votes blancs ou nuls
Total 100
Avatele Billy Talagi 41 élu
Poimamao Vakanofiti 33 battu
Votes blancs ou nuls
Total 100
Hakupu Michael Jackson 56 élu
Young Vivian 48 battu
(sortant)
Votes blancs ou nuls
Total 100
Hikutavake Opili Talafasi 16 élu
Ian Ipa 11 battu
Votes blancs ou nuls
Total 100
Lakepa Halene Magatogia 31 - élu
Bob Tunifo Talagi 15 battu
Votes blancs ou nuls
Total 100
Liku Pokotoa Sipeli - - reconduit
(sans
adversaires)
Makefu Tofua Puletama 24 élu
Deve Kolose Talagi 16 battu
Votes blancs ou nuls
Total 100
Mutalau Maureen Melekitama 19 élue
(par tirage
au sort)
Bill Vakaafi Motufoou 19 battu
(sortant)
Makaseau Ioane 15 battu
Votes blancs ou nuls
Total 100
Namukulu Jack Lipitoa - - reconduit
(sans
adversaires)
Tamakautoga Peter Funaki 39 élu
Muiakituki Makani 34 battu
Votes blancs ou nuls
Total 100
Toi Dion Taufitu 10 élu
Sione Kaulima 4 battu
Votes blancs ou nuls
Total 100
Tuapa Mona Ainu'u 23 élue
Krypton Mokesene 13 battu
Halafoou Mokalei 9 battu
Hale Ikitule 7 battu
Votes blancs ou nuls
Total 100
Vaiea Talititama Taliati - - reconduit
(sans
adversaires)

Notes et références

  1. a et b (en) "Twenty Four into Six", Tala Niue, 21 avril 2017
  2. a b c et d (en) "Niue's Government and Politics", gouvernement de Niue
  3. (en) "Niue's only party dissolved", Radio New Zealand International, 21 juillet 2003
  4. a b et c (en) "Village Campaigning Niue Style", Tala Niue, 1er mai 2017
  5. (en) "Niue Legislative Assembly/Fono Ekepule Niue", Bureau du Premier ministre
  6. (en) "Niue opposition believes Australia asylum seeker plan still on cards", Radio New Zealand, 25 janvier 2014
  7. (en) "Cabinet Ministers and Portfolios", gouvernement de Niue
  8. a et b (en) "Niue Election As It Stands", Tala Niue, 18 avril 2017
  9. a et b (en) "Niue Election 17 – Alofi Tokelau and Motu", Tala Niue, 20 avril 2017
  10. (en) "Pihigia gets nod as Niue's man in Wellington", Radio New Zealand International, 23 février 2017
  11. (en) "Election 17 - Time to deal", Tala Niue, 30 avril 2017
  12. (en) "The Countdown Begins", Tala Niue, 4 mai 2017
  13. a b c et d Résultats, Tala Niue, 7 mai 2017
  14. (en) "Fifth woman to join Niue's legislature", Radio New Zealand, 10 mai 2017
  15. (en) "Veteran Niue opposition member to challenge Talagi", Radio New Zealand, 9 mai 2017
  16. (en) "The Showdown", Tala Niue, 12 mai 2017
  17. (en) "Niue cabinet sworn in", Radio New Zealand, 18 mai 2017

Voir aussi