Élection présidentielle française de 1931

Élection présidentielle française de 1931
Corps électoral et résultats
Votants au 1er tour 901
98,04 % en augmentation 2,1

Votes blancs et nuls au 1er tour 4
Votants au 2d tour 893
97,17 %
Votes blancs et nuls au 2d tour 10
Paul Doumer 1931.jpg Paul Doumer – RI
Voix au 1er tour 442
49,28 %
Voix au 2e tour 504
57,08 %
Pierre Marraud-1921.jpg Pierre Marraud – PRS
Voix au 1er tour 401
44,70 %
Voix au 2e tour 357
40,43 %
Louis Barthou 01.jpg Louis Barthou – AD
Voix au 1er tour 44
4,90 %
Voix au 2e tour 22
2,49 %
Président de la République française
Sortant Élu
Gaston Doumergue
PRRRS
Paul Doumer
RI

Une élection présidentielle se tient en France le afin d'élire le président de la République. Le président du Sénat, Paul Doumer, l'emporte au second tour avec le soutien de la droite et du centre.

Candidatures

Candidat de droite

Dans le camp de l'Alliance démocratique, celui qui apparaît, dans un premier temps, comme le favori à droite est l'ancien président du Sénat, Justin de Selves. Des personnalités marquantes au sein du parti sont cités comme l'ancien président du Conseil Louis Barthou, qui met en avant sa stature d'homme d'État, ou encore le ministre de la Guerre André Maginot. Parmi les prétendants à l'investiture d'autres noms sont cités comme celui de l'ancien président de la République Raymond Poincaré, qui refuse cependant de faire son retour en politique. Après la réunion plénière du 12 mai 1931, Barthou arrive en tête à droite.

Réunion plénière de l'Alliance démocratique et de la droite
Candidats %
Louis Barthou 61,36
Justin de Selves 34,09
André Maginot 4,54
Total 100,00

Candidat radical

Depuis plusieurs années, les différentes formations de gauche s'accordent sur un candidat unique pour l'échéance présidentielle. En 1924, cette tradition fut rompue lorsque Paul Painlevé (PRS) et Gaston Doumergue (PRRRS) refusèrent de retirer leurs candidatures, entrainant une division de la gauche et la victoire de Doumergue. Pour cette nouvelle échéance, le Parti radical opte pour une candidature unique au sein de la gauche républicaine. Mais le parti des radicaux indépendants, généralement classé au centre droit, refuse de s'aligner autour du parti républicain-socialiste. Une candidature du président sortant, Doumergue, pourrait réconcillier l'ensemble de ses partisans (de la gauche socialiste au centre droit). Cependant, Doumergue, très populaire, décide de ne pas briguer un second mandat.

Le Parti radical se retrouve alors divisé, une partie de ses membres voulant participer à une réunion plénière du camp radical alors que d'autres veulent participer à la réunion de la gauche. Le président du Sénat, Paul Doumer, candidat malheureux à élection présidentielle de 1906, se déclare à nouveau candidat à la présidence sous l'étiquette des radicaux indépendants. Ce dernier, qui refuse de s'allier aux socialistes, parvient à séduire une partie des élus du Parti radical lors de la réunion plénière qui l'oppose à Jean Hennessy.

Réunion plénière du camp radical
Candidats %
Paul Doumer 56,95
Jean Hennessy 43,05
Total 100,00

Candidat de gauche

Les élus de divers gauche ainsi que ceux du parti républicain-socialiste et du parti radical se rassemblent dans l'objectif d'obtenir une seule candidature à gauche de l'échiquier politique. La victoire de Paul Doumer à la réunion plénière du camp radical divise cependant les radicaux de gauche. Même si une grande majorité refuse de se ranger derrière Doumer, certains n'hésitent pas à lui apporter leurs soutiens. Vaincu à la primaire radical, Jean Hennessy participe également à la primaire de la gauche. Mais à deux jours du vote, le plus prestigieux homme politique du moment, Aristide Briand, ministre des Affaires étrangères, annonce sa candidature, devenant le nouveau favori. Vainqueur, Briand se retire cependant de la course. Prise de court par ce retrait, la gauche se tourne vers la candidature de Pierre Marraud, arrivé deuxième au vote préparatoire.

Réunion plénière de la gauche
Candidats %
Aristide Briand 51,67
Pierre Marraud 44,58
Jean Hennessy 1,93
Paul Painlevé 0,25
Total 100,00

Autres candidats

Pour le Parti communiste, l'union avec le centre gauche est toujours exclue. Refusant de se soumettre à la candidature à Briand puis à celle de Marraud, le PCF désigne Marcel Cachin comme candidat à la présidence.

Résultats

Lors du premier tour, à la surprise générale, Paul Doumer se détache assez nettement, sans obtenir néanmoins la majorité absolue nécessaire à sa victoire. Soutenu par le centre et la droite, après l'essoufflement de la campagne de Barthou, et bénéficiant finalement du retrait en sa faveur de Jean Hennessy, Paul Doumer l'emporte assez nettement au second tour.

Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Inscrits 100,00 100,00
Votants 901 893
   Suffrages exprimés 897 99,56 883 98,88
   Suffrages blancs ou nuls 4 0,44 10 1,12
Candidat
Parti politique
Voix % des
exprimés
Voix % des
exprimés
Paul Doumer
Radical indépendant
442 49,28 504 57,08
Pierre Marraud
Parti républicain-socialiste
401 44,70 357 40,43
Louis Barthou
Alliance démocratique
44 4,90 22 2,49
Marcel Cachin
Parti communiste (SFIC)
10 1,11 11 1,25
Sources : Le Figaro et L'Express du Midi du

Suites

Paul Doumer prend ses fonctions le .

Notes et références

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Élections présidentielles sous la Troisième République » (voir la liste des auteurs).