Écologisme

L'écologisme, ou environnementalisme, est à la fois un courant de pensée (idéologie ou philosophie) et un corpus de valeurs et de propositions, dont l'orientation de l'activité politique ou parapolitique vise au respect, à la protection, à la préservation ou à la restauration de l'environnement.

Ce mouvement éco-centrique a comme projet la conservation de la nature et le « respect » des équilibres naturels. L'environnementalisme et le mouvement écologiste ont parmi leurs priorités la conservation des ressources naturelles, la préservation de la « vie sauvage » (wilderness), la lutte contre la dégradation, la fragmentation et la destruction des habitats et des écosystèmes au sens le plus large. Ils définissent de nouveaux rapports territoriaux dans les milieux habités par l'humain, dont les milieux urbains, considérés comme les habitats potentiels de substitution et comme cadre de vie d'une part grandissante de l'humanité.

Ces différentes demandes sociales et politiques, ou même protestations, s'expriment dès le début du XXe siècle : en 1902, une Convention internationale pour la protection des oiseaux utiles est signée entre 11 pays d'Europe et, en 1913, le congrès de Berne réclame une « Protection mondiale de la nature »[1], principalement du constat de la dégradation de la nature par l'homme, notamment par la surchasse et la surexploitation de la nature, puis par la pollution et la destruction à grande échelle de milieux naturels notamment.

Écologie et écologisme

L'écologisme est étroitement lié à l'écologie, à l'écologie politique et à l'histoire de l'écologie. Les informations tirées des études scientifiques sont utilisées par les partisans ou militants de l'écologisme, les écologistes ou environnementalistes, pour orienter leurs actions : faire stopper ou réguler l'exploitation des ressources, faire pression pour parvenir à des décisions politiques qui intègrent les enjeux écologiques, etc.

Certains auteurs tels Murray Bookchin distinguent « écologisme » et « environnementalisme ». Pour eux, l'environnementaliste est un militant ou professionnel qui défend l'environnement sans faire de politique, tandis que l'écologiste serait censé essayer de faire passer prioritairement les idées écologiques de l'écologisme dans la vie de la cité et donc dans la politique[2],[3],[4].

Histoire

Les courants de pensée inspirant l'environnementalisme moderne proviennent de l'Europe et des États-Unis du XIXe siècle.

Avant le XIXe siècle : en Europe, émancipation et domination de la « nature »

Les préoccupations « écologistes », de protection de la nature et de ses ressources sur des bases éthiques, philosophiques, économiques ou religieuses ont toujours existé dans l'histoire humaine. Dès l'Antiquité et le début du Moyen Âge, beaucoup de lois ont été promulguées qui peuvent être qualifiées d'écologistes : de la protection des forêts à Ur vers , aux édits de protection des animaux de l'empereur Ashoka en Inde (), de la première « réserve naturelle » du monde (un sanctuaire de la vie sauvage) au Sri Lanka quelques décennies plus tard jusqu'à la première loi de protection des oiseaux sur les îles Farne en 676[5]. Les idées « écologistes » ont progressé dans l'histoire parallèlement aux considérations des penseurs sur le sujet. Aristote serait le premier penseur européen à distinguer l'Homme et les autres êtres naturels : la phusis (« tout ce qui est et advient ») s'oppose à la technè, qui désigne tout ce que l'Homme fabrique, la technè prolongeant la phusis et étant bornée par celle-ci[6]. Cette distinction entre l'Homme et le reste des éléments composant l'environnement sera fondamentale pendant longtemps dans le rapport des hommes avec la nature en occident.

Persée libérant Andromède, peint par Piero di cosimo, vers 1513 : les mythes et leurs représentations mettent en évidence un regard des Occidentaux sur la nature.

Au Moyen Âge et pendant la Renaissance en Europe, l’Église a une très forte influence sur la pensée. Le christianisme peut être considéré comme la religion la plus anthropocentrée que l'humanité ait connue[7]. La conception de la relation entre l'Homme et la nature qu'elle a promue peut expliquer le rapport destructeur que les Occidentaux ont pu avoir avec cette dernière. Le livre de la Genèse de la Bible rapporte que Dieu dit : « Soyez féconds, multipliez-vous, emplissez la terre et soumettez-la ; dominez sur les poissons de la terre, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre ». Des visions alternatives du rapport à l'environnement se sont exprimées au sein de l’Église. François d'Assise, choisi comme saint patron de l'écologie, est parfois considéré comme le précurseur de la vision chrétienne de l'homme dans sa relation avec la nature[8]. Mais elle est restée très longtemps minoritaire. Ainsi, en 1637, Descartes inscrit sa pensée dans la doctrine majoritaire de l’Église : il distingue fortement l'Homme de la nature, l'Homme de l'animal qui n'a pas d'âme, qui est un animal-machine. Il invite ses lecteurs à comprendre les rouages de la nature pour ne plus la subir et s'en émanciper, car « connaissant la force et les actions du feu, de l’eau, des astres, des cieux et de tous les autres corps qui nous environnent […] nous les pourrions employer […] et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature »[9].

Le concept de l'animal-machine et cette dichotomie entre l'Homme et le reste de la « nature » est discuté et reconsidéré un siècle plus tard, notamment par Diderot en 1769, qui écrit : « Tout tient dans la nature. Il n’y a qu’une substance dans l’univers, dans l’homme, dans l’animal […] c’est le point clef, que chaque élément de la matière, atome ou molécule, est doté de sensibilité »[10].

Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, l'émergence de la pensée écologiste en Europe et aux États-Unis

Statut et fragilité de l'environnement

Fort de ses voyages scientifiques dans la tradition des naturalistes, Alexander von Humboldt (1769-1859) fait encore progresser la pensée vers l'idée d'une unité et d'une interdépendance des éléments qui forment la nature. Il écrit ainsi qu’« un seul et indestructible nœud enchaîne la nature entière » et que « la nature est un immense assemblage de phénomènes géographiques, climatiques, botaniques, zoologiques ou anthropologiques étroitement liés les uns aux autres et reliant tous les continents »[11]. Charles Darwin (1809 - 1882) étaye encore ces liens en montrant dans sa théorie de l'évolution que le développement des espèces est conditionné par leur environnement[12]. Aux États-Unis, Henry David Thoreau (1817-1862), considéré par certains comme le premier environnementaliste, mêle la tradition naturaliste avec celle de l'ermitage et positionne lui aussi l'Homme comme un élément d'un tout[13] : « Je vais et je viens dans la nature avec une liberté étrange, comme un de ses constituants. Ne suis-je pas moi aussi partiellement fait d’un humus organique ? ».

En parallèle de cette évolution de la conception de la nature, les hommes prennent également conscience de sa fragilité. Dans le contexte des mouvements d'industrialisation et d'urbanisation qui prévaut lors de la révolution industrielle, les dommages que produisent les activités humaines sont constatés au niveau local : fumées des usines, destruction de milieux et de paysages, contaminations des eaux[14]… En Europe, des penseurs comme William Morris (1834-1886) plaident pour l'adoption de modes de vies plus frugaux pour éviter l'emploi du charbon et ses nuisances. En 1864, George Perkins Marsh publie L'Homme et la Nature (Man and nature)[15], la première analyse systématique de l'impact destructif de l'humanité sur l'environnement, qui devient un travail de référence pour le mouvement environnementaliste. Deux ans plus tard, le terme « écologie » est créé par le zoologiste allemand Ernst Haeckel (1834-1919).

La nécessité de conserver certains espaces naturels s'impose progressivement. Les premières réserves naturelles ou organisations de conservation de la nature sont ainsi créés : en France, la forêt de Fontainebleau en 1853, au Royaume-Uni la Commons Preservation Society en 1865[16], aux États-Unis le parc national de Yellowstone en 1872[17] et la naissance du Sierra Club en 1892.

Le regard sur les dommages infligés à l'environnement se déplacent sur un plan éthique avec Aldo Leopold (1887-1948) qui dit dans son Almanach d'un comté des sables : « Toutes les éthiques élaborées jusqu'ici reposent sur un seul présupposé : que l'individu est membre d'une communauté de partis interdépendants. Son instinct le pousse à concourir pour prendre sa place dans cette communauté, mais son éthique le pousse aussi à coopérer. Peut-être afin qu'il y ait une place en vue de laquelle concourir. L'éthique de la Terre élargit simplement les frontières de la communauté de manière à y inclure les sols, l'eau, les plantes, les animaux, ou collectivement la Terre. […] une éthique de la Terre fait passer l'Homo sapiens du rôle de conquérant de la communauté Terre à celui de membre et citoyen parmi d'autres de cette communauté. Elle implique le respect des autres membres, et aussi le respect de la communauté en tant que tel ».

Limite, gestion et répartition des ressources

Au XIXe siècle, la science économique émergente mène une réflexion sur la rareté qui sera fondamentale pour l'écologisme. Thomas Malthus (1766-1834), par exemple, n'est pas un écologiste, mais il questionne les limites des ressources qui inspire nombre d'entre eux. L'économiste britannique considère qu'il est impératif d'adapter la société aux limites physiques de la nature. Il focalise son analyse sur les tensions entre l'évolution de la démographie et celle de l'agriculture et ne s'intéresse pas aux autres limites écologiques. Mais il défend fortement un principe de gestion qui pourrait être qualifié de durable : l'idée que le niveau de la population, la satisfaction de ses besoins, ne doit en aucun cas dépasser la capacité de la Terre à assurer sa subsistance[18].

Au-delà de la disponibilité des ressources, un débat vif a lieu au XIXe siècle sur leur gestion et leur répartition, auquel les précurseurs de l'écologisme participent. Ce débat reprend en partie les idées avancées par le Britannique Herbert Spencer (1820-1903), qui interprète certaines avancées dans les sciences naturelles, dont les théories de l'évolution, pour les appliquer à l'organisation en société. Il est ainsi le promoteur de ce qui sera appelé la « loi de la jungle », soit la vision d'un fonctionnement des écosystèmes reposant sur la « loi du plus fort ». Il utilise ce présupposé pour justifier le libéralisme de l'époque victorienne et défendre ce qui est aujourd'hui appelé le darwinisme social[19].

Cette vision entre pleinement en contradiction avec les recherches d'autres penseurs, tels que le Russe Pierre Kropotkine (1842-1921), qui constate le rôle que joue la compétition au sein de la nature, mais qui montre que les organismes qui survivent ne sont pas les plus forts ni les plus aptes, mais ceux qui s'entraident le plus[20]. Au-delà de la conception des lois de la nature, des économistes comme John Stuart Mill (1806-1873) critiquent eux aussi plus directement la répartition des profits et leurs conséquences : « Je ne vois pas pourquoi il y aurait lieu de se féliciter de ce que des individus déjà plus riches qu'il n'est besoin doublent la faculté de consommer des choses qui ne leur procurent que peu ou point de plaisir, autrement que comme signe de richesse. […] C'est seulement dans les pays arriérés que l'accroissement de la production a encore quelque importance : dans ceux qui sont plus avancés, on a bien plus besoin d'une distribution meilleure […]. Il n'y a pas grand plaisir à considérer un monde où il ne resterait rien de livré à l'activité spontanée de la nature ; où tout pouce de terre propre à produire les aliments pour l'homme serait mis en culture ; où tout désert fleuri, toute prairie naturelle seraient labourés ; où tous les quadrupèdes et tous les oiseaux qui ne seraient pas apprivoisés pour l'usage de l'homme seraient exterminés comme des concurrents qui viennent lui disputer sa nourriture ; où toute haie, tout arbre inutile seraient déracinés ; où il resterait à peine une place où pût venir un buisson ou une fleur sauvage, sans qu'on vînt aussitôt les arracher au nom des progrès de l'agriculture »[18].

Un des premiers penseurs à associer la lutte sociale et la préoccupation écologiste[Comment ?] est Élisée Reclus (1830-1905)[21]. Ce géographe et militant anarchiste condamne la surproduction agricole et la déforestation et lie ces phénomènes aux évolutions du commerce mondial des denrées alimentaires et à la fin d'une répartition équitable. Il déplore la disparition de la paysannerie traditionnelle, la transformation des paysans en ouvriers qui rejoignent la classe des prolétaires soumis aux « fastueux » capitalistes[22].

Cette pensée de la rareté est néanmoins battue en brèche par le progrès technique important que connaît la période, qui permet de dépasser les limites physiques de l'environnement telle qu'elles étaient pensées à cette époque, en particulier le rendement agricole[18].

Au XXe siècle : limites du progrès technique et du productivisme, prise de conscience d'une menace globale

Au cours du XXe siècle, une réflexion se développe sur le progrès technique, le productivisme et leurs excès, en réaction à un excès de confiance des contemporains pour ces notions. Elles sont menées par exemple par les Français Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, ou les allemands Hans Jonas et Günther Anders. Elles aboutissent après 1945 et l'emploi de l'arme nucléaire en une prise de conscience progressive dans la capacité de l'Homme à détruire sa propre espèce et la biosphère.

Productivisme et progrès technique

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À la fin du XIXe siècle et au XXe siècle, la technique, par les progrès qu'elle apporte, est considérée par beaucoup comme un moyen de développer les sociétés, de libérer les hommes et d'éradiquer la misère en s'affranchissant de limites physiques telles que la rareté des ressources naturelles. Le système de production opère en effet une mutation profonde par le recours entre autres à l'énergie fossile, à la chimie et aux machines, tandis que les sociétés connaissent des progrès sociaux nets. Une profonde technophilie traverse ainsi la société et les élites, que certains compareront à une idéologie ou à un culte[23]. Les détracteurs de cette « modernité », qui comptent certains précurseurs de l'écologisme, sont vus comme des réfractaires au progrès. Des personnalités comme Bernard Charbonneau en France écrivent par exemple en 1936 : « l’acceptation passive du progrès technique est aujourd’hui la cause profonde et permanente de toutes les confusions »[24]. En Allemagne, Hans Jonas met lui aussi en garde vis-à-vis de l'emprise de cette technique qui prend de l'envergure, a un caractère frénétique et dont les bénéfices pour l'Homme et l'environnement sont ambivalents[25].

La société industrielle et la croissance elles-mêmes font l'objet de critiques qui s'intensifient au cours du siècle, sur le plan économique et social, mais aussi par exemple au regard des gaspillages qu'il occasionne. Des auteurs tels que Karl Marx ou Patrick Geddes les dénoncent[26]. L'excessive technicité qui l'accompagne est aussi identifiée comme source de déchets à laquelle s'ajoute, pour certains comme André Gorz, une forme d'aliénation.

Bernard Charbonneau (1910-1996) et Jacques Ellul (1912-1994) défendent dès 1935 dans leur Directives pour un manifeste personnaliste l'idée d'une révolution conduite à la fois « contre la misère et contre la richesse » dans le cadre d'une « cité ascétique ». Ils y développent les prémisses d'une pensée de la limitation volontaire de la croissance, qui se précisera dans les années 1960. Bernard Charbonneau dira alors « qu’on ne peut poursuivre un développement infini dans un monde fini »[27].

À partir de 1945, prise de conscience d'une menace mondiale

Explosion de la bombe atomique américaine à Nagasaki le .

Les explosions nucléaires à Hiroshima et à Nagasaki et la course à l'arme atomique menée pendant la guerre froide entraînent la prise de conscience chez certains penseurs que l'Homme a désormais la capacité de détruire entièrement ses pairs, son écosystème et sa planète. Les écrits de Dwight Macdonald (1906-1982) en 1945 en témoignent : « la fission atomique me fait mieux comprendre l'antique notion grecque d'hubris, ce manque de retenue, cette démesure, qui finit par provoquer la colère des dieux »[28]. En Italie, Piero Calamandrei (1889-1956) emprunte aussi les figures mythologiques : « À la fin de cette fébrile course de folie dans laquelle les hommes se sont précipités pour arriver à détruire l'ennemi, ils ont réussi à voler au soleil, traduisant dans une nouvelle réalité le mythe de Prométhée, le secret des atomes capables de désagréger le monde […] »[29].

De la peur apocalyptique de la bombe atomique naissent des mouvements antinucléaires[30] et une réflexion sur la responsabilité, les mesures de contrôle et de précaution que les sociétés doivent prendre pour accompagner l'innovation et le progrès technique. Günther Anders (1902-1992), par exemple met en évidence les limites cognitives de l'Homme pour concevoir les dommages qu'il engendre et la nécessité de développer un principe de responsabilité[31]. Hans Jonas (1903-1993) parle lui de responsabilité vis-à-vis du « fragile » et de la vie et pose les bases d'une réflexion sur la responsabilité vis-à-vis des générations futures et d'une évolution de l'éthique, qui doit s'appliquer aux générations futures mais aussi à tout le domaine du vivant[32]. Dans un autre contexte et plus tard, ces pensées conduisent Paul Berg en 1975 à formuler et proposer le principe de précaution pour des manipulations génétiques lors de la conférence d'Asilomar.

Plus globalement, hors des polémiques directement liées à l'atome, l'ampleur de l'impact des activités humaines sur son milieu est clairement posé dans la première décennie qui suit la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dès 1948, William Vogt (1902-1968), dans The Road to Survival, et Fairfield Osborn (1857-1935), dans Our Plundered Planet, estiment que « la guerre de l’homme contre la nature est sans doute pire que la bombe atomique »[33]. En France, Anita Conti (1899-1997), la première océanographe, alerte sur les dangers de la surexploitation des océans[34], tandis que Jacques Ellul (1912-1994) met en évidence l'empreinte que l'Homme a imprimée sur son environnement, en rappelant que la plupart des paysages qui semblaient naturels ont subi l’empreinte humaine[35]. Le , l'Union internationale pour la conservation de la nature est fondée à Fontainebleau. Le préambule de la constitution de cette nouvelle organisation proclame : « Le grand essor de la civilisation actuelle est dû a la découverte et à la mise en œuvre des moyens de plus en plus puissants d'exploiter [des] ressources naturelles. […] L'appauvrissement progressif des ressources naturelles entraîne déjà un abaissement des conditions de vie de l'humanité. Leur renouvellement ne pouvant pas suivre la cadence des destructions, le moment est venu de convaincre l'homme de l'étroite dépendance dans laquelle il se trouve a leur égard. Si l'on veut arrêter cette évolution redoutable, il faut que l'homme se pénètre de la nécessite de protéger et même de régénérer ces ressources et de ne les consommer qu'avec ménagement, de manière à garantir la prospérité du monde et sa paix future. » [36]

Mais dans le monde de l'après guerre, ces alertes sont inaudibles. Une conviction largement partagée est en effet que la solution aux problèmes sociaux, politiques et économiques de la planète, que ce soit d'un côté ou de l'autre du rideau de fer, réside dans une augmentation massive de la production et de la productivité, notamment grâce à l'augmentation des capacités de production et aux progrès de la science et de la technologie[37]. Ce programme, qui ne laisse que peu de considération aux dommages à l'environnement, est mis en œuvre largement dans le monde, en Europe occidentale à travers le plan Marshall, dans les planifications économiques de l'URSS et de l'Inde, en Chine à travers le Grand Bond en avant et au Japon à travers le plan Ikeda de doublement de revenu .

Rachel Carson (1907-1964) redonne une voix à l'écologisme dans 'Silent Spring', qui documente très précisément la nocivité dévastatrice sur la faune et la flore des pesticides de l'agriculture intensive en général, et de l'usage du DDT en particulier. Cet insecticide est massivement utilisé par les agriculteurs et les autorités publiques, dans un premier temps pour lutter contre le paludisme et le typhus, puis pour éradiquer en général des insectes « nuisibles ». Bien que Rachel Carson a été fortement critiquée pour son « émotivité », ses idées présumées fanatiques et communistes, ou même son célibat, ses arguments ont porté et ont conduit à l' interdiction du DDT aux États-Unis et dans certains pays d'Europe, et à la création de l'Agence de protection de l’environnement des États-Unis. Le DDT est aujourd'hui suspecté de provoquer des cancers et considéré comme toxique pour l'Homme, très toxique et persistant dans l'environnent[38].

À partir des années 1960, batailles et catastrophes écologiques mondiales

La plus importante manifestation au monde a lieu le , décrété Jour de la Terre pour demander la protection de l'environnement.

En décembre 1966, l'historien américain Lynn White Jr donne une conférence sur les racines historiques de la crise écologique, suivie en 1967 par la publication de son livre The historical roots of our ecological crisis. Le judéo-christianisme y est accusé d'être une cause de la crise écologique. Ce livre sert de référence, mais est critiqué notamment par Jean Bastaire[pourquoi ?][39].

Dans les années 1970 apparaît un nouveau type de mobilisation : les interventions d'urgence. Par exemple, face au non-respect de l'embargo sur la chasse à la baleine, l'organisation Greenpeace, nouvellement fondée, place ses militants devant les baleiniers. James Lovelock, père de la théorie Gaïa, formule sa théorie à cette période.

Parmi les mouvements écologistes actuels, apparus dans les années 1960 et 1970, la plupart ont plutôt des préoccupations sociales associées aux considérations environnementalistes et prônent des valeurs de tolérance et d'ouverture.

Thèmes

Le développement de l'environnementalisme se fait à la faveur de la prise de conscience de la dégradation de l'environnement d'origine humaine (risques nucléaires, couche d'ozone, pollutions, pesticides, réchauffement de la planète, effet de serre, épuisement des ressources naturelles). L'environnementalisme brasse des thèmes très divers et se répartit en plusieurs mouvements de pensée.

Certaines de ces préoccupations sont partagées par la communauté scientifique au sujet de l'empreinte écologique excessive de notre modèle de développement, ainsi que les enseignements du Club de Rome dont la modélisation du système planétaire a mis en relation le caractère limité des ressources naturelles et le modèle de croissance économique illimitée.

Protection de la nature

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Le Chef Raoni, figure emblématique du combat contre la déforestation en Amazonie, au milieu d'autres chefs indiens brésiliens.

Certains scientifiques, en particulier des biologistes et des naturalistes, sont à l'origine de nombreuses sociétés de protection de la nature. Ainsi dès 1854, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, professeur au Muséum national d'histoire naturelle, fondait la Société impériale zoologique d’acclimatation, aujourd'hui Société nationale de protection de la nature.

On peut distinguer deux types d'objectifs poursuivis par l'environnementalisme. Certains, à la suite des naturalistes, visent à protéger la nature vierge : espèces menacées, sites naturels. C'est le cas de nombreuses associations telles que celles regroupées dans la fédération France Nature Environnement. Des actions ponctuelles, depuis la lutte contre l'implantation d'une station de ski dans le parc national de la Vanoise en 1970 jusqu'à la lutte en faveur de la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées françaises, entrent dans ce cadre.

Limites planétaires

D'autres objectifs concernent les risques liés au dépassement des limites planétaires et à l'avènement de l'Anthropocène. Les environnementalistes se fondent sur les résultats de l'écologie scientifique. Ils dénoncent par exemple les risques que présentent le réchauffement climatique, le gaspillage des ressources en eau, la destruction des forêts, les risques liés à l'industrie nucléaire. Ces luttes sont celles qui font l'objet du plus grand écho au niveau international au travers de réunions d'experts et de chefs d'État, depuis la Conférence des Nations unies sur l'environnement de Stockholm en 1972 jusqu'à la signature du protocole de Kyoto en 1998.

Pour le sociologue Harald Welzer, les promesses écologiques ne constituent pas une contrainte. Ceux qui en formulent aujourd'hui n'exerceront plus de responsabilité dans quelques années, s'ils ne sont déjà morts. La justice climatique, par ailleurs souhaitable, ne peut pas tout : « même les décisions de la Cour européenne de justice sont ignorées par le gouvernement polonais ». Les changements de société ont leur propre logique. Cela peut prendre beaucoup de temps, ou aller très vite, sans qu'il y ait une intention. Welzer poursuit : « le changement climatique induit par l'être humain est historiquement nouveau, et nous ne savons donc pas quelles sont les voies qui mèneront au succès. Nous devons expérimenter cela ensemble ». Il constate enfin que la cheffe des Verts allemands, Annalena Baerbock, encore enfermée dans la vieille pensée selon lui, veut fixer des objectifs, au lieu d'expérimenter un nouveau chemin climatique, forcément ardu[40].

Écologisme, science et technologie

Les rapports entre l'environnementalisme et de la technologie sont ambivalents.

Les scientifiques sont nombreux à dénoncer les méfaits de la technologie. Barry Commoner, dès les années 1950, tente de faire le point sur l'effet des essais nucléaires sur l'environnement. Il analyse l'effet pervers de certaines technologies telles que les insecticides ou les détergents qui, utiles à court terme, produisent des effets mal calculés et parfois très dangereux à long terme[réf. nécessaire]. La biologiste Rachel Carson dénonce les effets du DDT. Un thème essentiel de l'environnementalisme apparaît : la complexité des mécanismes naturels, dont la technologie humaine n'a pas toujours pris la mesure. Les scientifiques apportent une caution scientifique aux militants, par exemple par des rapports au Club de Rome, qui présentent un modèle étudiant l'impact à long terme des activités humaines sur l’environnement[réf. nécessaire].

Dans le même temps, les scientifiques eux-mêmes bénéficient parfois des connaissances accumulées par les écologistes, par exemple en matière de disparition d'espèces. L'explorateur et cinéaste Jacques-Yves Cousteau, grâce au succès de ses films, a pu aider des scientifiques à mener des campagnes d'étude. De plus, la technique peut apporter des réponses à certains problèmes soulevés par l'environnementalisme : écologie industrielle, biocarburants, constructions à « haute qualité environnementale » (HQE), techniques de captation et séquestration du CO2[41].

Pour Ozzie Zehner , ce n'est pas le rôle des écologistes que d'assurer la promotion des technologies vertes : « Il est tout à fait raisonnable que les environnementalistes critiquent les industries des combustibles fossiles pour les dommages qu'elles provoquent. Il est cependant tout à fait déraisonnable que les environnementalistes deviennent les porte-parole de la prochaine série de machines à désastre écologique telles que les cellules solaires, l'éthanol et les véhicules à batterie »[42]. Par contre, selon l'auteur, les écologistes sont fondés à contrôler les installations de production d'énergie, quelque forme qu'elle revête. Mais c'est quand ils s'attaquent aux problèmes de société tels que le soutien des droits de l'homme, la définition de nouvelles structures économiques, le renforcement des communautés ou la consolidation de la démocratie qu'ils assument pleinement leur mission[42].

À l'inverse, le technosolutionnisme est la croyance au caractère salvateur du progrès. Celui-ci fait l'objet de critiques de la part d'associations[43],[44], comme de la part des Nations unies, dont le Bureau pour la réduction des risques de catastrophe  estime que l’humanité entre dans « une spirale d’autodestruction », en raison d’une « perception erronée des risques guidée par l'optimisme, la sous-estimation et l'invincibilité, conduisant à des décisions politiques, financières et de développement qui exacerbent les vulnérabilités et mettent des vies en danger »[45].

Pour le scientifique Vaclav Smil, l'humanité oscille entre « techno-optimisme » et catastrophisme. Smil ne saurait prédire le futur, mais affirme que l'« issue dépend de nos actions »[46].

Décroissance

Dès les années 1960 des spécialistes mettent en garde contre les risques d'une croissance économique illimitée. Du risque de la surpopulation, la mise en garde passe progressivement à une volonté de maîtrise de la croissance économique.

En 1972, le premier rapport au club de Rome, élaboré par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), met en avant, outre le problème de la surpopulation, une contradiction entre le développement exponentiel de l'économie mondiale et le caractère limité des ressources naturelles. Il propose de rechercher un « équilibre » dans lequel le progrès porterait sur les conditions de vie et non sur la croissance économique. Si le rapport a été critiqué par d'autres scientifiques pour les faiblesses du modèle économique utilisé, il a contribué à diffuser les thèses écologistes sur les risques de la productivité à outrance.

Selon le rapport Brundtland, publié en 1987, la satisfaction des besoins d'aujourd'hui ne doit pas compromettre la capacité des générations futures de satisfaire ses propres besoins. Il ouvre la voie au « développement durable » ou « soutenable ».

Hervé Kempf estime que le mouvement écologiste, à l'échelle mondiale doit se remettre en question. Il doit amener « la très grande partie de la population » à comprendre que la réponse à la crise écologique « [passe] par la sobriété, et par une réduction du niveau de vie moyen »[47]. Dès lors, il conviendrait de rompre avec la notion de « pouvoir d'achat », perçue comme « outil pour neutraliser la colère sociale »[48].

Selon Dennis Meadows, l'être humain accède au bonheur au travers de la pléonexie (« avoir plus ») ou du « vouloir moins ». Meadows plaide pour la sobriété, mais met en garde contre l'emploi du terme décroissance connoté négativement[49].

Pour Jean-Marc Jancovici, la diminution des combustibles fossiles est inéluctable, cependant que leur utilisation aggrave le réchauffement climatique : il parle ainsi de « double limite physique : celle des ressources à l’amont, et de la taille de la poubelle atmosphérique à l’aval ». Il ne sait si la pléonexie va s'imposer, ou une coopération à l'échelle mondiale en vue d'une modération volontaire (« sobriété ») qu'il appelle de ses vœux[50].

Les associations ou organismes liés à l'environnement s'intéressent aux importantes conséquences sociales provoquées par les changements de société en matière de sobriété qu'eux-mêmes appellent de leurs vœux[51],[52],[53].

Courants de pensée

Le philosophe Luc Ferry, qui s'est inscrit comme un critique de l'écologie, propose une distinction entre quatre types d'écologie, représentés par les adeptes de la collapsologie, les partisans de la décroissance, les « réformistes […] favorables à l’économie de marché et à la croissance » et les « écomodernistes ». Le philosophe ne cache pas sa préférence pour ces derniers, et son rejet de la collapsologie et de la décroissance[54].

Un article de Nature, publié en 2020, distingue d'un côté les « éco-socialistes » et les « éco-anarchistes », proches de la décroissance, les réformistes et les adeptes de la « croissance verte »[55] (écomodernistes).

Selon le philosophe de l'esprit Philip Goff , bien que le paradigme scientifique dominant soit le matérialisme, les êtres humains ne peuvent s'empêcher de penser de façon dualiste. Or pour les dualistes, le monde naturel, dépourvu de conscience[Note 1], est à exploiter plutôt qu'à révérer. Il voit dans une troisième voie qu'il promeut, le panpsychisme, un espoir de résoudre l'indifférence humaine face à la crise climatique[56].

Écologie profonde

Cet autre courant de pensée, intitulé deep ecology en anglais, est d'origine anglo-saxonne, bien que son fondateur soit le philosophe norvégien Arne Næss (1912-2009). Il affirme que la nature a une valeur intrinsèque et des droits qu'il faut respecter et que l'homme et ses droits sont à repenser dans ce contexte étendu. Un des précurseurs de l'écologie profonde, Aldo Leopold (1887-1948) a proposé le développement et la défense d'une « éthique de la terre »[57]. John Baird Callicott (né en 1941) est la personnalité la plus impliquée actuellement.

Parmi les partisans du courant de l'écologie profonde, on peut citer Dave Foreman, fondateur de Earth First!, ou l'essayiste et sociologue Laurent Ozon. L'ouvrage fondamental de ce courant affirme, en reprenant les enseignements d'un autre écologiste, Gary Snyder : « les êtres humains sont trop nombreux aujourd'hui et le problème s'aggrave rapidement […]. L'objectif doit être la moitié de la population actuelle du monde, ou encore moins »[58].

Acteurs

L'écologisme est aussi bien le fait de penseurs isolés que de groupements de tous ordres : cercles d'experts faisant appel à des chercheurs (club de Rome), associations militantes, mouvements écologistes. À partir des années 1970 se développent les premiers véritables partis politiques écologistes, tel en France le Mouvement d'écologie politique. En 1980, le parti des Verts est fondé en Allemagne de l'Ouest, puis en 1984 son équivalent apparaît en France.

Mouvement en France

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Marche pour le climat à Paris, en septembre 2018.

Le mouvement écologiste connaît une impulsion particulière après mai 68, tout d'abord en tant que mouvement contestataire. Il s'est d'abord caractérisé par des actions ponctuelles et des manifestations, aussi bien sur le terrain qu'à Paris. On note ainsi la lutte contre la création d'une station de ski dans le parc national de la Vanoise en 1970, les manifestations de 1971 contre les centrales nucléaires de Fessenheim (quelques centaines de personnes) et de Bugey (15 000 personnes). De même, la manifestation contre l'extension du camp militaire du Larzac regroupe quelques centaines de manifestants le , puis près de 20 000 le . Le principal animateur de ces manifestations est Pierre Fournier, journaliste à Charlie Hebdo, militant antinucléaire et antimilitariste.

Cependant, le programme nucléaire ne démarre en France qu'en 1974, à la suite du premier choc pétrolier de 1973. Très rapidement, le nucléaire est alors rejeté par les associations de défense de la nature, par des scientifiques rejetant des avis d'experts de l'époque, par des citoyens inquiets des risques potentiels et par une presse militante : Le Courrier de la Baleine, revue des Amis de la Terre en 1971 et surtout en 1972 La Gueule ouverte[59], qui a un public plus large. Le mouvement antinucléaire servira de focalisateur à la cause écologiste.

Une des plus importantes manifestations contre le nucléaire, la manifestation à Creys-Malville en 1977, est sévèrement réprimée (un mort et des dizaines de blessés). C'est à la même période qu'est créée en 1969, par Jean Carlier, l'association des journalistes-écrivains pour la nature et l'écologie (JNE).

Si quelques candidatures écologistes ont déjà été lancées en Alsace[Note 2], c'est la première candidature à l'élection présidentielle d'un candidat se réclamant de l'écologie, en 1974, qui l'introduit sur le terrain politique. L'agronome tiers-mondiste René Dumont, si son score électoral est médiocre, utilise l'exposition médiatique dont il bénéficie pour faire prendre conscience des problèmes environnementaux. En 2023, Antoine Waechter, pionnier du mouvement antinucléaire et candidat à plusieurs élections présidentielles, défend le nucléaire[60].

L'expression péjorative « écologie punitive », apparue vers 2007, permet aux femmes et hommes politiques de déplacer le débat sur le terrain social, qui défendent les citoyens « qui n’ont pas les moyens d’être vertueux », au risque de rendre impossible une transition pourtant nécessaire[61]. Ce procédé relève de méthodes dilatoires qui tendent à insinuer que les mesures en faveur du climat seraient plus dommageables pour la société que les conséquences de l'inaction[62].

Mouvement international

Le mouvement environnemental est un mouvement international, représenté par de nombreuses organisations, s'appuyant sur une base importante et variant d'un pays à l'autre. En raison du grand nombre de ses membres, de ses croyances variées et prononcé et parfois de sa nature spéculative, le mouvement environnemental n'est pas toujours uni dans ses objectifs. Le mouvement englobe également d'autres mouvements ayant une orientation plus spécifique, comme le mouvement climatique. Au sens large, le mouvement comprend des particuliers, des professionnels, des dévots religieux, des politiciens, des scientifiques, des organisations à but non lucratif et des défenseurs individuels.

Pour Dennis Meadows, les mouvements écologistes doivent rechercher la résilience à l'échelle locale : il « ne [voit] pas la possibilité de créer un mouvement écologique global »[49].

La première organisation internationale de conservation de la nature est fondée en 1948, l'Union internationale pour la conservation de la nature[63], dont le siège se trouve en Suisse.

Le secrétaire général des Nations unies António Guterres déclare en que « par notre appétit sans limite pour une croissance économique incontrôlée et inégale, l'humanité est devenue une arme d'extinction massive »[64].

Critiques de l'écologisme

Les enjeux écologistes peuvent être antagonistes.

Revues

Filmographie

Les premiers films ou documentaires consacrés à l'environnement ou à des thématiques écologistes semblent dater des années 1930, mais ils ne deviennent vraiment nombreux (du moins pour ceux qui atteignent une certaine notoriété) qu'à partir des années 1990.

Le premier Festival international du film sur l'environnement (FICA) est créé en 1999 au Brésil[73], dans l'État de Goiás dont la capitale Goiânia a connu un accident nucléaire en 1987.

Notes et références

Notes

  1. Au sens de consciousness en anglais, Bewusstsein en allemand, et non conscience en anglais, Gewissen en allemand.
  2. Telles le mouvement Écologie et survie d'Antoine Waechter et Solange Fernex.
  3. a et b Liste non exhaustive.

Références

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  17. Pour le parc de Yellowstone, l'intérêt de la conservation de la nature pour elle-même est discutable : l'acte du Congrès stipule en effet le site approprié « pour le bénéfice et le plaisir des gens » ; voir René Dubos, « La nature hier et aujourd'hui ».
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  59. Créé par Pierre Fournier.
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  65. Le Progrès et ses ennemis.
  66. « L'Écologie politique : une idéologie de classe moyenne ».
  67. Pourquoi nous, les verts, sommes-nous toujours dans l'erreur.
  68. L'apocalypse n'est pas pour demain. Pour en finir avec le catastrophisme.
  69. Le Catastrophisme écologique contre la démocratie.
  70. Contre l'écologie. Opportunités d’investissement et aggravation de l’exploitation [PDF].
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Annexes

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article. (Par ordre chronologique.)

En français

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  • René Dumont, Les Raisons de la colère ou l'Utopie des verts, 1986
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En anglais

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Articles connexes

Liens externes