Yan Wenliang

Yan Wenliang
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Biographie
Naissance
Décès
(à 94 ans)
Shanghai
Nom dans la langue maternelle
颜文梁
Formation
Activité
Autres informations
A travaillé pour

Yan Wenliang (1893-1988 ; chinois simplifié : 颜文樑 ; chinois traditionnel : 顏文樑 ; pinyin : Yan Wenliang) est l'un des peintres chinois les plus renommés du XXe siècle. En tant que président de École à Suzhou, il exerça une grande influence sur le développement de l'art contemporain de son pays.

École des beaux-arts de Paris

Une lettre de recommandation est écrite par Xu Beihong pour que Yan Wenliang la montre à son ancien maître, Pascal Dagnan-Bouveret. À son arrivée à Paris en octobre 1928, Yan Wenliang ne tarde pas à se présenter à Neuilly avec la lettre et ses pastels sous le bras : L'Atelier, La Cuisine, La Boucherie. Le vieux maître français est très diminué et il n’est plus en mesure d’enseigner lui-même à Yan Wenliang. Toutefois, il demande des nouvelles de Xu Beihong et il offre quelques critiques en forme de conseils à propos des travaux que Yan Wenliang lui a soumis, notamment sur le rendu des visages des deux enfants figurant dans La cuisine.

Il y a donc un passage de relais, une transmission, une transition qui tient presque du rite initiatique. Yan Wenliang succède à Xu Beihong et il reçoit cette sorte de consécration symbolique si importante dans le jeu des relations et de la transmission des héritagesdans l’univers artistique académique ; Yan Wenliang est autorisé à entrer dans la voie qui va le mener à l’École des beaux-arts de Paris.

Un autre élément très important intervient avec le choix de l’atelier. C’est Dagnan-Bouveret qui flèche Yan Wenliang vers Pierre du Laurens à l’École des beaux-arts de Paris : « À Paris, il n’y a que celui-là qui puisse être ton professeur ». Les Laurens incarnaient à l'École une sorte de purisme académique qui répondait aux besoins de cette tendance moderne et académique en Chine « Le lendemain », Yan Wenliang est à l’École des beaux-arts pour se présenter recommandé par Dagnan-Bouveret auprès de Pierre du Laurens. Ce dernier reconnaît La Cuisine et Yan Wenliang est inscrit dans l’atelier le 5 décembre après avoir obtenu le sésame de son nouveau patron le 3.

Style

Société des artistes français - Mention honorable (1929)

Sur le plan artistique, Yan Wenliang décrit pour la fin des années 1920 et le début des années 1930, un contexte parisien où à la position relative des avant-gardes installées, comme la génération de Matisse, Bonnard, Maurice Denis etc. répondait le bruit de fond énorme de l’impressionnisme.

Quand on regarde aujourd’hui Le parlement de la Grande-Bretagne de 1929 conservé au Namoc ou bien L'Arc de Triomphe à Paris de 1929 d’une collection particulière, on peine à comprendre ce qui a l’allure d’une critique sévère de l’impressionnisme. Or, l’opinion de Yan Wenliang est bien celle des générations d’élèves des beaux-arts de l’entre-deux-guerres qui supportaient encore moins l’impressionnisme généralisé et galvaudé que des voies picturales non académique mais intéressantes. La sorte de pirouette qui permet d’accepter la couleur sans l’impressionnisme c’est le « colorisme » comme nouvelle méthode presque scientifique. Bref, à tort ou à raison, Yan Wenliang rapporte en Chine une vision française sur le impressionniste.

La prudence de Yan Wenliang envers l’art moderne français mais aussi un caractère peu tranchant, lui font produire des œuvres qui s’inscrivent dans la veine réaliste mais avec une forte tendance coloriste, dans laquelle toute la composition peut parfois vibrer. On retrouve aussi chez lui une tendance un peu précieuse observée plus tôt chez Wu Fading, comme dans Taohuawu à Suzhou huile de 1940, où aux ondulations de l’eau répondent, des cieux très travaillés avec la lumière de la lune ou du soleil dans les nuages.

École à Suzhou

École à Suzhou

Yan Wenliang accomplit une tâche extraordinaire en rapportant de France et de Belgique en Chine, pas moins de 460 plâtres qui devaient servir à l’enseignement de type académique. On garde en mémoire la description des conditions matérielles extrêmement sommaires au début de l’existence de son école à Suzhou dans les années 1920 mais son effort va au-delà d’une remédiation.

Avec son expérience en France, Yan Wenliang a compris que ces outils, essentiellement les plâtres d’antiques, étaient indispensables au développement en Chine de l’enseignement artistique académique basé sur le dessin ainsi que de la nécessaire domination de la tendance réaliste-naturaliste. Il s’agissait ni plus ni moins que de reproduire les galeries et le musée des antiques de l’École des beaux-arts de Paris tels qu’ils existaient, soit surtout les plâtres de la Cour vitrée du Palais des études. D’abord limités à Suzhou, les plâtres de Yan Wenliang essaimèrent à Nankin puis à partir de la Libération, dans toute la Chine[1].

Références

  1. Philippe Cinquini., « Les artistes chinois en France et l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris à l’époque de la Première République de Chine (1911-1949) : pratiques et enjeux de la formation artistique académique. », Histoire. Université Charles de Gaulle - Lille III, 2017. Français.,‎

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