Xavier Raufer

Xavier Raufer
Nom de naissance Christian de Bongain
Naissance (71 ans)[réf. nécessaire]
Nationalité Français
Diplôme
Docteur en géographie
Profession
Activité principale
Autres activités
Directeur de collection au CNRS Editions, ancien éditorialiste de L'Express
Formation
géographie

Xavier Raufer, de son vrai nom Christian de Bongain, né en 1946, est un essayiste français.

Après avoir été militant d'extrême-droite dans les années 1960, il devient formateur et expert en questions de criminalité. Il a publié des ouvrages consacrés à la criminalité, au terrorisme et à l'insécurité urbaine, notamment avec Alain Bauer, et participe régulièrement à diverses publications de presse ou émissions télévisées.

Biographie

Parcours politique

Engagement à l'extrême droite (1965-1973)

De 1965 à 1966, Xavier Raufer milite au sein du mouvement d'extrême droite Occident[1]. Il participe entre autres à Occident Université[2].

À partir de juin 1969, il collabore à la revue nationaliste L'Élite européenne, dont il devient secrétaire de rédaction en mars 1970. De 1967 à 1971, Raufer a collaboré à de multiples revues dont épisodiquement à la revue Défense de l'Occident de Maurice Bardèche[3]. En 1971, il est membre du Conseil national d’Ordre nouveau et candidat de ce parti aux élections municipales dans le IXe arrondissement de Paris. La même année, dans la stratégie de « recyclage » des anciens des réseaux d'extrême droite[4],[5], il devient secrétaire général de l'Institut supérieur du travail, organisme fondé sous l'égide de l'Institut d'histoire sociale (IHS), de la Faculté libre de droit, d’économie et de gestion, en partenariat avec le Groupement des industries métallurgiques de la région parisienne (GIM) ; cet organisme est dédié à la formation des cadres et ingénieurs en entreprise sur l'histoire et les méthodes syndicales (surtout d'extrême-gauche)[6]. Raufer y croise alors de nombreux représentants des services de renseignements, dont il utilise la documentation pour les formations de l'IST ; il acquiert alors une expertise pour les questions de sécurité puis de terrorisme[6]. Il fonde ensuite en septembre 1973, avec Gérald Penciolelli, Alain Renault et Catherine Barnay, la société SERVICE (Société d’études et de recherches visuelles d’impression, de composition et d’édition) qui réalise des brochures anonymes anti-Mitterrand et anticommunistes financées par l’UIMM, syndicat patronal de la métallurgie (dont notamment l'opération France-Matin). Il est promu à la direction de l'IHS, où il soutient aux côtés d'Alain Madelin le président sortant Valéry Giscard d'Estaing, s'opposant aux prochiraquiens, au moment de la campagne présidentielle de 1981 - à la suite de laquelle il quitte l'IHS.[6].

Des journalistes avancent qu'il a été influencé par l'intellectuel d'extrême droite Dominique Venner[7][réf. insuffisante].

Autres activités politiques et de conseils

En 1978, il aurait été permanent du Parti républicain (ex-Républicains indépendants).

Dans les années 1986-1988, il aurait été analyste aux côtés de Jean-Charles Marchiani, alors chargé de mission et conseiller pour le renseignement et la lutte anti-terroriste au cabinet de Charles Pasqua.

En 1988, engagé par le préfet Rémy Pautrat, il collabore aux études du secrétariat général de la Défense nationale.

Éducation et universitaire

Il devient membre correspondant du National Strategy Center de Washington et donne un cours de criminologie à l'université de Georgetown.[réf. nécessaire]

En 1986-1988, il donne des conférences à l'École supérieure de guerre, à l'École d'enseignement supérieur de la Gendarmerie et au service de coopération technique internationale de Police.[réf. souhaitée] Il organise ses cours autour du livre Souvenirs d'un terroriste de Boris Savinkov. En 2007, il soutient à la Sorbonne une thèse de géopolitique intitulée Entités, territoires, flux, dans l’aire balkanique : une géopolitique des menaces (terroristes et/ou criminelles) est-elle possible ? sous la direction de Michel Korinman[8].

Il épaule entre 1998 et 2008 François Haut (maître de conférence en droit public et ancien d'Occident[9]) au « département de recherche sur les menaces criminelles contemporaines » (DRMCC)[10], en tant que directeur des études d'un diplôme d'université de 3e cycle, « Analyse des menaces criminelles contemporaines » au Centre de formation permanente de l'Université Paris II[11].

Média

En 1979, il entre à L'Express et prend le nom de plume de Xavier Raufer. En 1983, il collabore à Est & Ouest. Dans les années 1990, il collabore au Figaro Magazine puis participe à plusieurs émissions de Radio Courtoisie, dans l'émission de Claude Reichman. Il est l'invité d'émissions télévisées comme C dans l'air animée par Yves Calvi sur France 5, mais aussi chez Frédéric Taddeï sur France 3. En 2010 et 2011, il participe au magazine Ring[réf. nécessaire]. Il est conseiller des éditions Ring[12]. Il est directeur de la collection Arès à CNRS-Editions[13][réf. insuffisante], et conseiller éditorial aux éditions Odile Jacob[réf. nécessaire].

Travaux et idées

« Culture de l'excuse »

Xavier Raufer, s'élève contre la « culture de l'excuse[14] » (école de la sociologie critique[style à revoir]), pour qui le social (conditions de vie, taux d'emploi, revenu moyen, CSP, etc.) est fortement corrélé aux taux de criminalité observés.

Selon lui, la criminalité évolue en fonction des politiques de répression, et n'a donc aucun rapport avec l'économie. Le sociologue Laurent Mucchielli, dans sa critique de l'ouvrage Violences et insécurités urbaines (1998), critique les sources statistiques utilisées par Xavier Raufer notamment celles provenant des Renseignements généraux (RG) du fait de leur caractère récent et dont il doute de la crédibilité[15].

Drogues

Xavier Raufer s'oppose à la dépénalisation du cannabis[16]. En juillet 2003, il annonce l'émergence croissante de la cocaïne sur l'Europe du Sud. Il édite une note d'alerte[17] rédigée collectivement par Gilbert Canon (ex-fonctionnaire de police) et Jean Chalvidant (criminologue spécailisé sur ETA - docteur en civilisation espagnole). En septembre 2007, le DRMCC édite une nouvelle note d'alerte[18] rédigée en coopération avec Dominique Lebleux (sociologue, ingénieur d'études à l'EHESS), Stéphane Quéré (criminologue) et Étienne Codron (criminologue, spécialisé sur les gangs criminels de motards).

Italie et Albanie

Xavier Raufer a écrit sur la criminalité italienne[19] et albanaise[20]. Il travaille notamment en collaboration avec le professeur Pino Arlacchi[réf. souhaitée].

Les « nouveaux dangers planétaires »

Dans Les Nouveaux dangers planétaires (2010) Xavier Raufer dénonce ce qu'il nomme le « syndrome de Byzance », en référence à la conquête de Constantinople, le 29 mai 1453, par le sultan ottoman Mehmet II. Vers l'aboutissement du siège, un concile réunissait à Byzance une pléiade de théologiens, qui y discutaient du sexe des anges. Dans cet ouvrage, Raufer dresse un parallèle avec la situation contemporaine où l'on discute selon lui de sujets anodins au lieu de faire face aux nouveaux dangers planétaires (terrorisme, criminalité entre autres).

Néanmoins, il explique dans une interview accordée à Pascal Boniface et publiée cinq jours avant l'attentat contre Charlie Hebdo, en faisant référence aux attentats récents, que ces derniers sont le fait d'individus instables comme Breivik ou Merah, mais qu'il n'y a plus de grandes organisations terroristes et que « le terrorisme comme méthodologie poursuit sa dégénérescence entamée à la fin de la Guerre froide[21] ».

Critiques

Les ouvrages de Xavier Raufer sont notamment critiqués par le sociologue Laurent Mucchielli qui dénonce une incohérence méthodologique. Selon lui, « ce que trahit sans doute [le raisonnement méthodologique de Xavier Raufer, présenté comme « journaliste », et d'Alain Bauer], c’est le fait qu'[ils] n’hésiteront pas à piocher ici ou là, dans des statistiques de provenances variées, les chiffres qui sembleront le plus justifier les interprétations qu’ils veulent faire passer auprès du lecteur. De fait, c’est bien ce qui se produit tout au long du livre[22]. »

Le sociologue Laurent Bonelli a reproché à Xavier Raufer une grossière caricature des banlieues illustrée par l'affirmation qu'« à partir de ces zones de non-droit inaccessibles aux forces de l’ordre et grouillant d’armes de guerre, assurer la logistique d’un réseau terroriste est stricto sensu un jeu d’enfant[23] ».

Il est également reproché à Xavier Raufer les liens que lui et les autres intervenants de son centre de recherche entretiennent avec l'extrême droite. Ainsi, Jean Chalvidant, François Haut et lui-même sont ou ont été membres de partis d'extrême droite[24]. Le chercheur en sciences sociales rattaché à Paris VII, Mathieu Rigouste, lui-même présenté par plusieurs médias comme « militant et chercheur »[25], critique les thèses défendues par Xavier Raufer et précise : « ses productions idéologiques constituent une sorte d’archétype de la collusion entre l’idéologie sécuritaire et l’extrême droite[26] ».

Diverses implications

  • En 1981-1982, il devient consultant pour la cellule élyséenne auprès de François Mitterrand.[réf. nécessaire]
  • Dans les années 1990, engagé aux Presses universitaires de France (PUF), Xavier Raufer devient directeur de la collection « Criminalités internationales ».
  • Collaborateur scientifique en criminologie à l'EDHEC[27].
  • En République populaire de Chine (RPC), il est chargé de cours associé à l'École supérieure de police criminelle de Chine (Shenyang, RPC), et directeur de recherches associé au Centre de recherche sur le terrorisme et le crime organisé, Université de Sciences politiques et de Droit (Beijing, RPC).[réf. nécessaire]

Ouvrages

  • Terrorisme, maintenant la France : la guerre des partis communistes combattants, Garnier, 336 p., 1982.
  • Sur la violence sociale, Alésia, 224 p., 1983.
  • Terrorisme-violence : réponses aux questions que tout le monde se pose, J.-J. Pauvert, 1985.
  • Le Cimetière des utopies: de la médecine de Molière à l'approche expérimentale : la lutte contre la délinquance et la criminalité aux États-Unis, 1960-1985, préfacé par Robert Pandraud, 249 p., Suger, 1985.
  • La Nébuleuse : le terrorisme du Moyen-Orient, Éditions Fayard, 404 p., 1987.
  • Atlas mondial de l'Islam activiste, La Table ronde, 297 p., 1991.
  • Le Chaos balkanique, livre coécrit avec François Haut, La Table ronde, 191 p., 1992.
  • Les Superpuissances du crime, enquête sur le narco-terrorisme, Plon, 303 p., 1993.
  • Trafics et Crimes en Asie du Sud-Est : le Triangle d'or, avec Hervé Ancel, , Presses universitaires de France - PUF, 1998.
  • Dictionnaire technique et critique des nouvelles menaces, Presses universitaires de France - PUF, 266 p., 1998.
  • Violences et Insécurité urbaines, avec Alain Bauer, Presses universitaires de France, Que sais-je ?, 127 p., 1998-2003.
  • La Mafia albanaise - Une menace pour l'Europe, avec Stéphane Quéré, Éditions Favre, 144 p., 22 juin 2000.
  • Le Crime organisé, avec Stéphane Quéré, Presses universitaires de France, Que sais-je ?, 2000-2005.
  • Entreprises : les 13 menaces du chaos mondial, 2000.
  • L'Explosion criminelle, Éditions Valmonde et Cie, 2002
  • La guerre ne fait que commencer, avec Alain Bauer, Éditions Jean-Claude Lattès, 320 p., janvier 2002 (ISBN 978-2709623520)
  • Le Grand Réveil des mafias, Éditions Jean-Claude Lattès, 2003.
  • L'Énigme Al-Qaida, avec Alain Bauer, Éditions Jean-Claude Lattès, 2005.
  • La Camorra, une mafia urbaine, La Table ronde, 113 p., 2005.
  • La Criminalité organisée dans le chaos mondial : mafias, triades, cartels, clans, 78 p., Éditions des Riaux, 2007 (ISBN 978-2-849-01046-4)
  • Atlas de l'islam radical, CNRS éditions, 2007 (ISBN 978-2-271-06577-3)
  • "La face noire de la mondialisation" de Alain BAUER et Xavier RAUFER, Éditions CNRS, 2009.
  • Les Nouveaux Dangers planétaires, chaos mondial, décèlement précoce, CNRS éditions, 2010.
  • Parier sur l'efficacité d'une opposition constructive: entretien avec Marcel Meyer et Michel Gandilhon, paru dans le numéro 1 de la revue Les Cahiers de l'In-nocence du 20 janvier 2012.
  • La France Orange mécanique, de Laurent Obertone, préface de Xavier Raufer, Éditions RING, 2013.
  • Cyber-criminologie, CNRS éditions, 2015.

Notes et références

  1. «L'Europe en chemise brune: néo-fascistes, néo-nazis, et national-populismes en Europe de l'Ouest depuis 1945.» Collectif, préface par Maurice Rajsfus, éditions réflex, 1992
  2. dans le no 14 daté mars 1966, il s'entretient avec Siegfried Müller, chef mercenaire en Rhodésie, et apparaît sur la couverture du numéro de novembre 1966)
  3. REFLEXes, Notes de lecture, publié le 23 avril 2002.
  4. Frédéric Charpier, Génération Occident, Paris, Éditions du Seuil, « Essai », 2005, p. 181 et suivantes (ISBN 2020614138).
  5. René Monzat, Enquêtes sur la droite extrême, Paris, Le Monde Éditions, 1992, p. 281 et suivantes.
  6. a, b et c Benoît Collombat (dir.), David Servenay (dir.), Frédéric Charpier, Martine Orange et Erwan Seznec, Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours : Le vrai visage du capitalisme français, La Découverte/Arte éditions, coll. « Cahiers libres », (1re éd. 2009), 889 p. (ISBN 9782707185112, lire en ligne).
  7. Dominique Venner, suicide d’un théoricien radical de l’extrême droite, article de David Doucet dans Les Inrocks, 22 mai 2013
  8. Fiche SUDOC
  9. Robin D'Angelo, « Ring, des éditions qui sentent le soufre », Libération,‎ (lire en ligne)
  10. Présentation du Département de Recherches sur les Menaces Criminelles Contemporaines
  11. http://cfp.u-paris2.fr/36141200/0/fiche___formation/&RH=FORM_DIPLOMANTE
  12. Alexis Moreau, « Les Inrocks - Ring, l’éditeur trash qui défie les poids lourds du marché », sur Les Inrocks, (consulté le 26 septembre 2016)
  13. Arès : la collection de Xavier Raufer rubrique "News" du site cnrseditions.fr, 31 août 2010
  14. en novembre 2010, il écrit dans Le Nouvel Économiste que « la culture de l'excuse, totem majeur de la sociologie critique, n'étudie plus les criminels mais justifie plutôt leurs actes, les innocente ».Le nouvel économiste, Banlieues hallucinées de la sociologie critique, le 11/11/2010. ou Les banlieues hallucinées de la sociologie critique
  15. Expertise ou supercherie sur les « violences urbaines » ?, Laurent Mucchielli, classiques.uqac.ca, texte publié en 1999 sur le blog laurent.mucchielli.free.fr
  16. Ring, 21/06/2011.
  17. Cocaïne sur l’Europe : L’inondation approche, Note d'alerte N°2 du DRMCC, juillet 2003
  18. COCAÏNE : LA CONQUÊTE DE L’EUROPE, Note d'alerte N°11 du DRMCC, septembre 2007
  19. La camorra, une mafia urbaine, la Table Ronde 2005
  20. La Mafia albanaise, une menace pour l'Europe, Editions Favre, Lausanne 2000.
  21. Pascal Boniface, « « Criminologie, la dimension stratégique et géopolitique » – Trois questions à Xavier Raufer », IRIS,‎ (lire en ligne).
  22. « Alain Bauer et Xavier Raufer, marchands de peur. Lecture critique d’un étrange “Que sais-je ?” consacré aux “Violences et insécurités urbaines” », site du collectif « Les mots sont importants », octobre 2003.
  23. Laurent Bonelli, « France, Grande-Bretagne, Espagne, les suspects font désormais office de coupables — Quand les services de renseignement construisent un nouvel ennemi », sur Le Monde diplomatique,  : « MM. Alain Bauer et Xavier Raufer, parmi d’autres, n’hésitent pas à faire d’un incendie volontaire un « attentat de basse intensité », ou encore à affirmer qu’« à partir de ces zones de non-droit inaccessibles aux forces de l’ordre et grouillant d’armes de guerre, assurer la logistique d’un réseau terroriste est stricto sensu un jeu d’enfant ». »
  24. Fred Charpier, Génération Occident, Seuil, 2007.
  25. “La violence policière n’a rien d’accidentel”, entretien avec Mathieu Rigouste, lesinrocks.com, 11 décembre 2012
  26. Les marchands de peur, la bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire. Mathieu Rigouste, éditions Libertalia, février 2011.
  27. [PDF] www.edhec.com Programme du cours

Voir aussi

Articles connexes

Lien externe